Chercheur et essayiste français, Albert Jacquard a popularisé la génétique des populations et a porté un discours humaniste sur l’éducation, la solidarité et les biens communs. Polytechnicien devenu scientifique, il a marqué le débat public par ses livres de vulgarisation et ses prises de position citoyennes.
Né à Lyon, Albert Jacquard suit des études à l’École polytechnique (promotion 1945), puis se forme à la statistique avant d’entrer dans la haute fonction publique. Il travaille à la SEITA, où il occupe des fonctions d’organisation puis de direction, et assure ensuite des missions de contrôle de gestion pour des entreprises publiques. À partir du milieu des années 1960, il se réoriente vers la recherche : il obtient un certificat de génétique, part aux États-Unis étudier la génétique des populations à l’université Stanford, puis revient en France avec un diplôme d’études approfondies de génétique. À l’INED, il devient directeur de recherches (1968-1991), soutient un doctorat de génétique (1970) puis un doctorat d’État en biologie humaine (1972). Il enseigne ensuite en Suisse à partir de 1973, notamment à l’université de Genève, tout en poursuivant ses travaux de démographie et de biologie humaine.
À la fin des années 1970, il devient une figure de la vulgarisation scientifique avec Éloge de la différence : la génétique et les hommes (1978), qui met en garde contre les dérives d’un « racisme scientifique » et insiste sur l’unité de l’espèce humaine. Son travail est reconnu par des distinctions, dont le prix scientifique de la Fondation de France et sa nomination comme officier de la Légion d’honneur en 1980 ; il est également membre du Comité consultatif national d’éthique (1983-1988). Parallèlement, il publie des essais plus politiques, comme J’accuse l’économie triomphante (1995), et des ouvrages de réflexion accessibles, dont Petite philosophie à l’usage des non-philosophes (1997). Conférencier, il tient aussi souvent une chronique quotidienne régulièrement sur France Culture de 2001 à 2010, et s’engage publiquement auprès des personnes défavorisées, notamment comme président d’honneur de Droit au logement.
1925 : naissance à Lyon (France)
1945 : intègre l’École polytechnique (X 1945)
1951 : devient secrétaire général adjoint à la SEITA (jusqu’en 1961)
1966 : obtient un certificat de génétique et part étudier à l’université Stanford
1968 : devient directeur de recherches à l’INED (jusqu’en 1991)
1973 : expert en génétique auprès de l’OMS (jusqu’en 1985)
1978 : publie Éloge de la différence : la génétique et les hommes
1983 : entre au Comité consultatif national d’éthique (jusqu’en 1988)
2001 : débute une chronique quotidienne sur France Culture (jusqu’en 2010)
2013 : décès à Paris (France)
Issu d’une famille catholique originaire du Jura, Albert Jacquard est le fils de François Jacquard, directeur à la Banque de France, et de Marie-Louise Fourgeot. Enfant, il est victime d’un accident de voiture qui coûte la vie à son plus jeune frère et à ses grands-parents paternels et le laisse durablement marqué. Il épouse Alix Domergue, avec qui il a trois fils : Bertrand, Pierre et Benoît. Il vit principalement à Paris, notamment dans le VIe arrondissement, en gardant une vie privée relativement discrète. Ses proches apparaissent peu dans ses interventions publiques, centrées sur la science et le débat civique.
Dans l’espace public, il associe souvent recherche et engagement. Il soutient à plusieurs reprises les luttes pour le droit au logement et devient président d’honneur de l’association Droit au logement. Il défend également l’accessibilité de l’école et l’inclusion des personnes handicapées, et s’implique dans des débats éthiques sur le génome humain, notamment contre la marchandisation du vivant. À partir des années 2000, il prend position sur des questions de biens communs et de culture de paix, et apporte son soutien au mouvement du logiciel libre ainsi qu’à la diffusion de l’espéranto.
Né à Lyon, Albert Jacquard est surtout associé à Paris, où il a travaillé et vécu de longues années. Son activité de chercheur le rattache à l’Institut national d’études démographiques, tandis que sa présence médiatique renvoie à France Culture, où il tient une chronique quotidienne entre 2001 et 2010. Pour un hommage public, l’église Saint-Sulpice, à Paris, reste un lieu marquant de ses obsèques.
Atteint d’un cancer, Albert Jacquard meurt à son domicile parisien des suites d’une leucémie, à l’âge de 87 ans. Sa disparition suscite de nombreux hommages dans les milieux scientifiques, associatifs et culturels, où il est connu pour sa pédagogie et son engagement auprès des plus précaires. Des obsèques religieuses sont célébrées à l’église Saint-Sulpice, à Paris, en présence de militants, notamment de l’association Droit au logement, et la cérémonie est présidée par Mgr Jacques Gaillot. Il est ensuite inhumé dans l’intimité familiale.
Albert Jacquard est inhumé au cimetière parisien de Bagneux, aux côtés de son épouse Alix, dans la division 35. Les visiteurs peuvent s’y recueillir dans un lieu sobre, conforme à l’image d’un homme attaché à la simplicité. Le cimetière, situé à Bagneux (Hauts-de-Seine), est accessible depuis Paris par les transports en commun.
1 - Polytechnicien, il a d’abord mené une carrière d’ingénieur et de haut fonctionnaire avant de se réorienter vers la génétique au milieu des années 1960, obtenant ensuite deux doctorats et devenant directeur de recherches à l’INED.
2 - Entre 2001 et 2010, il tient sur France Culture une chronique radiophonique quotidienne, rare longévité pour un scientifique, qui prolonge son activité de conférencier et sa volonté de rendre accessibles les enjeux de société.
3 - En décembre 2010 puis en 2011, il apparaît aux côtés de Richard Stallman pour critiquer l’usage du terme « propriété intellectuelle » et défendre l’idée de biens communs de la connaissance, en cohérence avec ses positions humanistes.
4 - Son essai Éloge de la différence : la génétique et les hommes (1978) devient un titre de référence de la vulgarisation française, souvent cité pour son refus des hiérarchies biologiques et sa critique des usages idéologiques de la science.
- Métier(s) : biologiste, généticien, chercheur, essayiste
- Résidence principale : Paris (France)
- Relations : Alix Domergue (épouse)
- Enfants : Bertrand Jacquard, Pierre Jacquard, Benoît Jacquard
- Distinctions : prix scientifique de la Fondation de France (1980), officier de la Légion d’honneur (1980), grand officier de l’ordre national du Mérite (2012)
Sans imagination il ne pourrait y avoir création.
La lucidité est le point de départ de la sagesse.
Etre heureux, c'est se savoir beau dans le regard des autres.
Sans l'homme, l'univers n'est qu'un continuum sans structure.
Dieu est innocent de la toute-puissance dont on a voulu l'accabler.
Pour moi, le bonheur, c'est de se sentir beau dans le regard des autres.
L'important n'est pas que mon discours soit vrai, mais qu'il soit sincère.
L'amoureux qui espère ressent plus de bonheur que l'amoureux qui a obtenu !
Beaucoup plus profond, plus fondamental, est le besoin d'être unique pour être vraiment.
La véritable activité de l'homme consiste à se construire soi-même en rencontrant les autres.
Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre.
On peut apprendre à un ordinateur à dire Je t'aime, mais on ne peut pas lui apprendre à aimer.
Communiquer, c'est mettre en commun, et mettre en commun, c'est l'acte même qui nous constitue.
Pour mettre un terme définitif aux guerres, la seule issue est de développer l'art de la rencontre.
Tout pouvoir est provisoire ; celui qui l'exerce doit savoir qu'il aura un jour à rendre des comptes.
En imaginant demain, ce qu'apparemment aucun animal ne sait faire, nous avons donné valeur au présent.
Être conscient que demain existera et que je peux avoir une influence sur lui, est le propre de l'homme.
Le premier obstacle est l'idée préconçue. Nous ne savons souvent voir que ce que nous sommes prêts à voir.
Tolérer, c'est accepter du bout des lèvres, c'est bien vouloir, c'est, de façon négative, ne pas interdire.
Darwin préconisait de faire disparaître les lois et les coutures qui empêchent les plus capables de réussir.
Oublions ces examens qui agissent comme des aimants pernicieux en orientant les efforts vers la "réussite".
La laïcité est l'acceptation de toutes les opinions et de tout les comportements qui savent respecter l'autre.
L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions.
Les religions devraient solennellement proclamer que toute guerre en leur nom constitue véritablement un blasphème.
La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence.
Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande.
Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.
S'élever contre les corridas, c'est défendre notre part d'humanité, une part qui dans notre société est en grave danger.
Je comprends enfin que, pour sortir de l'enfance, il ne s'agit plus d'être le plus fort; il s'agit de savoir rencontrer.
L'échange des biens matériels est un échange qui ne produit pas, alors que l'échange des idées est un échange qui produit.
L'objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l'aventure d'une vie à découvrir, à orienter, à construire.
Le monde évolue par bifurcations qu'aucune conscience n'a jamais prévues, mais nous sommes responsables de celles qui s'annoncent.
Le véritable remède contre le chômage est qu'il n'y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.
Mon objectif ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui.
Sur le Titanic en train de sombrer, est-il raisonnable de consacrer beaucoup d'efforts et d'intelligence à obtenir une meilleure cabine ?
Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche.
Les autres ne sont pas notre enfer parce qu'ils sont les autres ; ils créent notre enfer lorsqu'ils n'acceptent pas d'entrer en relation avec nous.
"En quoi êtes-vous bon ?" , j'ai répondu : "En tout, sauf en gymnastique". Les professeurs m'ont cru. J'ai donc été bon. Je regrette pour la gymnastique.
Il est nécessaire que la morale d'un peuple soit décidée par le peuple lui-même ; d'où le besoin d'une nouvelle forme de démocratie : la démocratie de l'éthique.
La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous.
Communiquer, c'est mettre en commun ; et mettre en commun, c'est l'acte qui nous constitue. Si l'on estime que cet acte est impossible, on refuse tout projet humain.
Je préfère, orgueilleusement, être celui qui devient moi en une longue marche dont le point de départ, s'il existe, a peu d'intérêt, dont seule importe la direction.
C'est, je crois, le philosophe Vladimir Jankélévitch qui fait remarquer que chacun de nous est provisoire, certes, mais que le fait que nous ayons existé est définitif.
Respecter autrui, c'est le considérer comme une partie de soi, ce qui correspond à une évidence si l'on accepte la définition : je suis les liens que je tisse avec d'autres.
La vie, ce concept mystérieux, est ramenée à la présence d'ADN. Il n'y a plus de frontière entre matière animée et inanimée. Tout n'est qu'une question de degré de complexité.
Transformer les citoyens en moutons soumis est le rêve de bien des pouvoirs. Pour y parvenir les moyens sont nombreux ; les intoxiquer de parasciences peut-être fort efficace.
Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandant leurs drogues.
Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandent leurs drogues.
Sans imagination il ne pourrait y avoir création.
La lucidité est le point de départ de la sagesse.
Etre heureux, c'est se savoir beau dans le regard des autres.
Sans l'homme, l'univers n'est qu'un continuum sans structure.
Dieu est innocent de la toute-puissance dont on a voulu l'accabler.
Pour moi, le bonheur, c'est de se sentir beau dans le regard des autres.
L'important n'est pas que mon discours soit vrai, mais qu'il soit sincère.
L'amoureux qui espère ressent plus de bonheur que l'amoureux qui a obtenu !
Beaucoup plus profond, plus fondamental, est le besoin d'être unique pour être vraiment.
La véritable activité de l'homme consiste à se construire soi-même en rencontrant les autres.
Désormais la solidarité la plus nécessaire est celle de l'ensemble des habitants de la Terre.
On peut apprendre à un ordinateur à dire Je t'aime, mais on ne peut pas lui apprendre à aimer.
Communiquer, c'est mettre en commun, et mettre en commun, c'est l'acte même qui nous constitue.
Pour mettre un terme définitif aux guerres, la seule issue est de développer l'art de la rencontre.
Tout pouvoir est provisoire ; celui qui l'exerce doit savoir qu'il aura un jour à rendre des comptes.
En imaginant demain, ce qu'apparemment aucun animal ne sait faire, nous avons donné valeur au présent.
Être conscient que demain existera et que je peux avoir une influence sur lui, est le propre de l'homme.
Le premier obstacle est l'idée préconçue. Nous ne savons souvent voir que ce que nous sommes prêts à voir.
Tolérer, c'est accepter du bout des lèvres, c'est bien vouloir, c'est, de façon négative, ne pas interdire.
Darwin préconisait de faire disparaître les lois et les coutures qui empêchent les plus capables de réussir.
Oublions ces examens qui agissent comme des aimants pernicieux en orientant les efforts vers la "réussite".
La laïcité est l'acceptation de toutes les opinions et de tout les comportements qui savent respecter l'autre.
L'oisiveté est, dit-on, la mère de tous les vices, mais l'excès de travail est le père de toutes les soumissions.
Les religions devraient solennellement proclamer que toute guerre en leur nom constitue véritablement un blasphème.
La fraternité a pour résultat de diminuer les inégalités tout en préservant ce qui est précieux dans la différence.
Il faut prendre conscience de l'apport d'autrui, d'autant plus riche que la différence avec soi-même est plus grande.
Manifester son bonheur est un devoir ; être ouvertement heureux donne aux autres la preuve que le bonheur est possible.
S'élever contre les corridas, c'est défendre notre part d'humanité, une part qui dans notre société est en grave danger.
Je comprends enfin que, pour sortir de l'enfance, il ne s'agit plus d'être le plus fort; il s'agit de savoir rencontrer.
L'échange des biens matériels est un échange qui ne produit pas, alors que l'échange des idées est un échange qui produit.
L'objectif de toute éducation devrait être de projeter chacun dans l'aventure d'une vie à découvrir, à orienter, à construire.
Le monde évolue par bifurcations qu'aucune conscience n'a jamais prévues, mais nous sommes responsables de celles qui s'annoncent.
Le véritable remède contre le chômage est qu'il n'y ait plus de travail pour personne, mais pour chacun une place dans la société.
Mon objectif ce n'est pas de construire la société de demain, c'est de montrer qu'elle ne doit pas ressembler à celle d'aujourd'hui.
Sur le Titanic en train de sombrer, est-il raisonnable de consacrer beaucoup d'efforts et d'intelligence à obtenir une meilleure cabine ?
Ceux qui prétendent détenir la vérité sont ceux qui ont abandonné la poursuite du chemin vers elle. La vérité ne se possède pas, elle se cherche.
Les autres ne sont pas notre enfer parce qu'ils sont les autres ; ils créent notre enfer lorsqu'ils n'acceptent pas d'entrer en relation avec nous.
"En quoi êtes-vous bon ?" , j'ai répondu : "En tout, sauf en gymnastique". Les professeurs m'ont cru. J'ai donc été bon. Je regrette pour la gymnastique.
Il est nécessaire que la morale d'un peuple soit décidée par le peuple lui-même ; d'où le besoin d'une nouvelle forme de démocratie : la démocratie de l'éthique.
La liberté n'est pas la possibilité de réaliser tous ses caprices ; elle est la possibilité de participer à la définition des contraintes qui s'imposeront à tous.
Communiquer, c'est mettre en commun ; et mettre en commun, c'est l'acte qui nous constitue. Si l'on estime que cet acte est impossible, on refuse tout projet humain.
Je préfère, orgueilleusement, être celui qui devient moi en une longue marche dont le point de départ, s'il existe, a peu d'intérêt, dont seule importe la direction.
C'est, je crois, le philosophe Vladimir Jankélévitch qui fait remarquer que chacun de nous est provisoire, certes, mais que le fait que nous ayons existé est définitif.
Respecter autrui, c'est le considérer comme une partie de soi, ce qui correspond à une évidence si l'on accepte la définition : je suis les liens que je tisse avec d'autres.
La vie, ce concept mystérieux, est ramenée à la présence d'ADN. Il n'y a plus de frontière entre matière animée et inanimée. Tout n'est qu'une question de degré de complexité.
Transformer les citoyens en moutons soumis est le rêve de bien des pouvoirs. Pour y parvenir les moyens sont nombreux ; les intoxiquer de parasciences peut-être fort efficace.
Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandant leurs drogues.
Ceux qui prêchent la croissance de la consommation, dans les pays où les besoins vitaux sont déjà plus que satisfaits, sont aussi néfastes que les dealers répandent leurs drogues.