Naissance
Déville-lès-Rouen (76), France
Décès
Nationalité
Astrologie
Taille 174 cm

Autre personnalité née le 23/12/1925

Biographie

Le 1er mai 1993 marque la mort de Pierre Bérégovoy, homme d'État français né le 23 décembre 1925 à Déville-lès-Rouen. Ancien ouvrier ajusteur devenu Premier ministre de François Mitterrand d'avril 1992 à mars 1993, il reste l'une des rares figures issues du monde ouvrier à avoir accédé au sommet de la Ve République.


Parcours

Fils d'un immigré ukrainien et d'une mère normande, Pierre Bérégovoy quitte le lycée à seize ans pour soutenir sa famille. Il décroche un brevet d'enseignement industriel et un CAP d'ajusteur-fraiseur au lycée technique d'Elbeuf, puis entre à la SNCF par concours en 1942. Engagé dans la Résistance via le réseau Résistance-fer, il participe à la libération de la banlieue rouennaise en juin 1944. Après guerre, il adhère à la SFIO et fonde le syndicat FO des cheminots de Rouen en 1948. En 1949, il rejoint le cabinet de Christian Pineau, ministre des Travaux publics, comme chargé des relations syndicales. Il intègre Gaz de France en 1950 comme agent technico-commercial, gravit les échelons par promotion interne et termine sa carrière comme directeur adjoint d'une filiale. Proche collaborateur de Pierre Mendès France au sein du PSA puis du PSU, il rejoint le nouveau Parti socialiste après le congrès d'Épinay de 1971.

En mai 1981, François Mitterrand le nomme secrétaire général de la présidence de la République, poste jusqu'alors réservé aux énarques. Il devient ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale dans les gouvernements Pierre Mauroy entre 1982 et 1984, puis ministre de l'Économie, des Finances et du Budget sous Laurent Fabius de 1984 à 1986. Il pilote la déréglementation des marchés financiers avec son directeur de cabinet Jean-Charles Naouri. Après la cohabitation, il retrouve Bercy de 1988 à 1992, sous Michel Rocard puis Édith Cresson, et incarne la « politique du franc fort » contre l'inflation. Élu maire de Nevers en 1983 et député de la Nièvre en 1986, il est nommé Premier ministre le 2 avril 1992 en remplacement d'Édith Cresson, à 66 ans, devenant le plus âgé chef de gouvernement nommé sous la Ve République.


Controverse

Le 3 février 1993, Le Canard enchaîné révèle que Pierre Bérégovoy a bénéficié en 1986 d'un prêt sans intérêt d'un million de francs accordé par l'industriel Roger-Patrice Pelat, ami intime de François Mitterrand, pour acheter un appartement rue des Belles-Feuilles dans le 16e arrondissement de Paris. Le prêt, enregistré devant notaire, est légal, mais l'identité du prêteur, déjà mis en cause dans l'affaire Pechiney-Triangle, plonge le Premier ministre dans la tourmente à la veille des élections législatives. L'instruction du juge Thierry Jean-Pierre met également au jour des libéralités accordées à des proches de la famille. Pierre Bérégovoy, qui avait fait de la lutte contre la corruption une priorité de son discours de politique générale du 8 avril 1992, est accusé d'incohérence durant toute la campagne.


Repères chronologiques

1925 : naissance le 23 décembre à Déville-lès-Rouen
1942 : entrée à la SNCF comme cheminot
1943 : engagement dans le réseau Résistance-fer
1948 : mariage avec Gilberte Bonnet le 13 novembre à Rouen
1950 : embauche à Gaz de France à Rouen
1960 : participation à la fondation du Parti socialiste unifié
1971 : ralliement à François Mitterrand au congrès d'Épinay
1981 : nomination comme secrétaire général de l'Élysée
1982 : ministre des Affaires sociales et de la Solidarité nationale
1983 : élection comme maire de Nevers
1984 : nomination au ministère de l'Économie et des Finances
1986 : élection comme député de la Nièvre
1992 : nomination comme Premier ministre le 2 avril
1993 : départ de Matignon le 29 mars, suicide le 1er mai à Nevers


Vie personnelle et engagements

Pierre Bérégovoy est l'aîné de quatre enfants. Son père, Adrien Bérégovoy, est un ancien capitaine de l'Empire russe, menchevik, qui a émigré en France en 1923 et a tenu un café-épicerie après avoir été ouvrier métallurgiste. Sa mère, Irène Baudelin, est une ouvrière française. Élevé à partir de cinq ans par sa grand-mère maternelle, Pierre Bérégovoy fréquente l'école primaire supérieure puis le lycée technique d'Elbeuf. Il épouse Gilberte Bonnet le 13 novembre 1948 à Rouen. Le couple a trois enfants : Catherine, née en 1945, Lise, née en 1960, et Pierre, né en 1963. Sa sœur Jeannine Neveu sera maire de Pougues-les-Eaux de 1995 à 2008, et son frère Michel Bérégovoy député socialiste de Seine-Maritime.

Militant syndical formé chez Force ouvrière, Pierre Bérégovoy garde tout au long de sa carrière des liens étroits avec le monde ouvrier dont il est issu. Disciple de Pierre Mendès France, dont il devient un proche collaborateur dans les années 1960, il en revendique l'héritage moral et la rigueur intellectuelle. Au sein du Parti socialiste, il se rapproche progressivement de Laurent Fabius, l'un des rares à se rendre régulièrement sur sa tombe après sa mort. Élu local enraciné à Nevers à partir de 1983, il y conserve un appartement de fonction à la mairie et y rejoint chaque week-end son épouse Gilberte, qui siégera au Conseil économique et social après 1993.


Contexte du décès

Le 1er mai 1993, jour de la Fête du travail, Pierre Bérégovoy reçoit une délégation syndicale à la mairie de Nevers, déjeune à Pougues-les-Eaux chez sa sœur Jeannine, puis assiste à une épreuve de canoë-kayak sur la Loire. En fin d'après-midi, il se fait conduire le long du canal de la Jonction et demande à son chauffeur Jean-François Ragouneau et à son garde du corps Sylvain Lesport de le laisser seul. Il se tire une balle dans la tête avec le Manurhin .357 Magnum de service de son officier de sécurité. Découvert inanimé vers 18 heures, il décède vers 22 h 15 lors de son transfert héliporté vers le Val-de-Grâce. Le 4 mai, lors des obsèques en la cathédrale de Nevers, François Mitterrand prononce un éloge funèbre resté célèbre, fustigeant ceux qui ont « livré aux chiens l'honneur d'un homme ».


Lieux de mémoire

Pierre Bérégovoy repose au cimetière Jean-Gautherin de Nevers, sous une dalle de pierre brute. Une stèle de granite rose a été érigée près du chemin de halage du canal de la Jonction, sur le lieu de son suicide. L'hôpital de Nevers, ouvert en 2003, porte son nom, ainsi qu'une allée à Paris, sur le terre-plein du boulevard de Charonne, et plus de cent vingt voies publiques en France.


Anecdotes

1 - Surnommé « Béré » par ses proches, il fut le seul ministre des Finances de la décennie 1980 à n'avoir jamais dévalué le franc, ce qui lui valut d'être désigné par le Fonds monétaire international comme l'un des rares responsables ayant gagné « le respect international » pour la monnaie française.
2 - À ses débuts à la SNCF, Pierre Bérégovoy passait le balai entre deux tâches administratives. Un de ses camarades de l'époque résumera leur ambition d'alors par cette phrase : « On rêvait de devenir sous-chef de gare. »
3 - Lorsqu'il devient secrétaire général de l'Élysée en 1981, il rompt une tradition non écrite : ce poste stratégique était jusque-là systématiquement confié à un haut fonctionnaire issu de l'ENA, jamais à un autodidacte titulaire d'un simple CAP.
4 - En février 1948, il fonde et devient le premier secrétaire général du syndicat FO des cheminots de Rouen, structure militante qu'il dirige avant même d'entrer à Gaz de France.
5 - Le scénario du court-métrage L'Homme de la berge, signé Olivier Charasson en 2010, est entièrement inspiré de la journée du 1er mai 1993 et dédié à Pierre et Gilberte Bérégovoy.


Points clés

- Métier(s) : homme d'État, ancien Premier ministre, ancien ministre de l'Économie et des Finances, ancien maire de Nevers
- Résidence principale : Nevers et Paris
- Relations de couple : marié à Gilberte Bonnet de 1948 à sa mort en 1993
- Enfants : Catherine, Lise et Pierre Bérégovoy
- Distinctions : grand-croix de l'ordre national du Mérite (1992)


Postérité

109 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des personnalités avec le plus de voies à leur nom en France

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Autres ministres français de l'economie nés dans les années 1920

Citations

« Faire l'Europe sans défaire la France. »

— Déclaration sur le traité de Maastricht, 1992

« Il ne faut pas confondre rigueur économique et rigueur sociale. »

— Discours de politique générale à l'Assemblée nationale, 8 avril 1992

« La France souffre du règne de l'argent fou, comme si tout s'achetait pourvu qu'on y mette le prix. »

— Discours de politique générale à l'Assemblée nationale, 8 avril 1992

« Faire l'Europe sans défaire la France. »

— Déclaration sur le traité de Maastricht, 1992

« Il ne faut pas confondre rigueur économique et rigueur sociale. »

— Discours de politique générale à l'Assemblée nationale, 8 avril 1992

« La France souffre du règne de l'argent fou, comme si tout s'achetait pourvu qu'on y mette le prix. »

— Discours de politique générale à l'Assemblée nationale, 8 avril 1992

Questions autour de Pierre Bérégovoy

Pourquoi Pierre Bérégovoy s'est-il suicidé ?
Selon l'enquête de police et le témoignage de ses proches, Pierre Bérégovoy souffrait d'une dépression depuis la défaite de la gauche aux législatives de mars 1993 et vivait très mal les accusations liées au prêt consenti par Roger-Patrice Pelat, révélé par Le Canard enchaîné en février 1993.
Quel a été le rôle de Pierre Bérégovoy comme Premier ministre ?
Pierre Bérégovoy a dirigé le gouvernement du 2 avril 1992 au 29 mars 1993, sous la présidence de François Mitterrand. Il a poursuivi la politique du franc fort, fait de la lutte contre la corruption une priorité affichée, et préparé sans succès les législatives de 1993, perdues par le Parti socialiste.
Qui était l'épouse de Pierre Bérégovoy ?
Pierre Bérégovoy a épousé Gilberte Bonnet le 13 novembre 1948 à Rouen. Le couple a eu trois enfants : Catherine, Lise et Pierre. Gilberte Bérégovoy a siégé au Conseil économique et social après 1993 et est décédée en 2001.
En quoi consistait l'affaire du prêt Pelat impliquant Pierre Bérégovoy ?
Il s'agit d'un prêt sans intérêt d'un million de francs accordé en 1986 par l'industriel Roger-Patrice Pelat à Pierre Bérégovoy pour l'achat d'un appartement parisien. Légal car enregistré devant notaire, il a été révélé par Le Canard enchaîné le 3 février 1993 et a alimenté la polémique durant la campagne des législatives.
Où est enterré Pierre Bérégovoy ?
Pierre Bérégovoy repose au cimetière Jean-Gautherin de Nevers, sous une dalle de pierre brute. Une stèle de granite rose a également été érigée près du chemin de halage du canal de la Jonction, à l'endroit de son suicide.
Qui est né le même jour que Pierre Bérégovoy ?
Akihito, Estella Warren, Charles-Augustin Sainte-Beuve, Alison Sudol et Carla Bruni sont nés le 23 décembre comme Pierre Bérégovoy.
À quel âge est mort Pierre Bérégovoy ?
Pierre Bérégovoy est mort à 67 ans, le 1 mai 1993.
Qui est mort le même jour que Pierre Bérégovoy ?
Michel Vinaver, Marc Dudicourt, Antonín Dvořák, David Livingstone et Régine sont morts le 1 mai comme Pierre Bérégovoy.
Quels responsables politiques sont nés en 1925 comme Pierre Bérégovoy ?
Quels responsables politiques français sont du signe Capricorne comme Pierre Bérégovoy ?
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