L'ancienne femme d'État française Edith Cresson demeure une figure pionnière de la vie politique pour avoir été la première femme à occuper la fonction de Premier ministre en France. Membre historique du Parti socialiste, elle a marqué les institutions par son franc-parler et son engagement européen.
Diplômée de l'école de haut enseignement commercial pour les jeunes filles et titulaire d'un doctorat en démographie, Edith Cresson rejoint le Parti socialiste dès les années 1960. Fidèle soutien de François Mitterrand, elle est élue députée de la Vienne en 1981 avant d'occuper plusieurs portefeuilles ministériels stratégiques. Elle dirige successivement les ministères de l'Agriculture, du Commerce extérieur et du Tourisme, puis de l'Industrie. En mai 1991, elle entre dans l'histoire en étant nommée à Matignon par le président Mitterrand. Son passage au gouvernement est marqué par la création du contrat d'orientation pour les jeunes et la délocalisation de l'ENA à Strasbourg. Malgré une hostilité médiatique et politique particulièrement virulente, elle défend avec vigueur une vision industrielle forte pour la France, s'opposant notamment aux méthodes commerciales japonaises de l'époque, avant de démissionner en avril 1992 après moins d'un an de fonction.
Après son départ de Matignon, elle poursuit sa carrière à l'échelle européenne en devenant commissaire européenne à la recherche, à l'innovation et à l'éducation sous la présidence de Jacques Santer. Son mandat se termine prématurément en 1999 suite à une crise institutionnelle majeure menant à la démission collective de la Commission. Retirée de la vie politique active nationale depuis le début des années 2000, elle se consacre à la Fondation des Écoles de la deuxième chance, qu'elle a créée pour favoriser l'insertion des jeunes sortis du système scolaire sans qualification. En ce début d'année 2026, à l'âge de 91 ans, elle reste une observatrice attentive de la vie publique et de la place des femmes dans les hautes sphères de l'État. Elle intervient régulièrement lors de colloques sur l'innovation et l'éducation, conservant une influence intellectuelle notable au sein de la gauche réformiste et des réseaux pro-européens.
Le mandat d'Edith Cresson à la Commission européenne a été entaché par l'affaire dite du "favoritisme", concernant le recrutement de son ami proche, le chirurgien René Berthelot, comme conseiller scientifique. En 2006, la Cour de justice des Communautés européennes a reconnu qu'elle avait manqué à ses obligations de commissaire, bien qu'aucune sanction financière ne lui ait été infligée. Sur le plan politique français, elle a également fait l'objet de critiques pour ses déclarations jugées polémiques sur les investissements japonais et sur les mœurs britanniques. Ces controverses, amplifiées par un traitement médiatique parfois taxé de sexiste à l'époque de son passage à Matignon, ont durablement marqué sa carrière publique et alimenté les débats sur la difficulté d'exercice du pouvoir par les femmes sous la Ve République.
1974 : Nommée secrétaire nationale du Parti socialiste chargée de la jeunesse.
1979 : Élue députée au Parlement européen.
1981 : Devient la première femme ministre de l'Agriculture sous la présidence de François Mitterrand.
1983 : Élection à la mairie de Châtellerault dans la Vienne.
1984 : Nommée ministre du Commerce extérieur et du Tourisme.
1988 : Devient ministre de l'Industrie et de l'Aménagement du territoire.
1991 : Nommée Premier ministre le 15 mai, première femme à ce poste en France.
1992 : Démissionne de ses fonctions à Matignon le 2 avril.
1995 : Devient commissaire européenne à la recherche et à l'éducation.
1997 : Lancement officiel de la première École de la deuxième chance.
1999 : Démission collective de la Commission Santer suite à des accusations de gestion irrégulière.
2006 : Arrêt de la Cour de justice européenne concernant les manquements à ses fonctions de commissaire.
2013 : Promotion au grade de Grand Officier de la Légion d'honneur.
2019 : Reçoit un hommage à Matignon de la part d'Édouard Philippe pour son rôle historique.
2026 : Continue de présider d'honneur le réseau des Écoles de la deuxième chance en janvier.
Née Edith Campion à Boulogne-Billancourt, elle est la fille de Gabriel Campion, inspecteur des finances. Elle épouse en 1959 Jacques Cresson, haut dirigeant au sein du groupe automobile Peugeot, avec qui elle partage sa vie jusqu'au décès de celui-ci en 2001. Le couple a eu deux filles, Nathalie et Alexandra, dont la vie privée est restée strictement protégée des médias durant toute la carrière politique de leur mère. Issue d'un milieu bourgeois et intellectuel, elle a su s'imposer dans un univers politique très masculin grâce à un caractère affirmé et une formation académique d'excellence effectuée à Paris.
Ses relations sociales incluent des amitiés durables avec des figures du mitterrandisme comme Roland Dumas ou Robert Badinter. Elle a trouvé en François Mitterrand un mentor politique absolu, ce dernier ayant favorisé son ascension à chaque étape clé. Passionnée par les questions de transmission et de pédagogie, elle s'investit corps et âme dans sa fondation, considérant l'éducation comme le levier principal de la cohésion sociale. Ses passions privées concernent la littérature et la musique classique, domaines où elle cultive une discrétion totale. Depuis sa retraite politique, elle entretient des liens suivis avec les nouveaux cadres du Parti socialiste, leur prodiguant des conseils sur les questions industrielles et européennes.
1 - Durant son enfance, Edith Cresson a appris à parler couramment l'anglais grâce à des nourrices britanniques, une maîtrise linguistique qui lui a été très utile lors de ses négociations à la Commission européenne.
2 - En 1981, sa nomination à l'Agriculture a provoqué une vive contestation de la part du syndicat FNSEA, les agriculteurs manifestant avec des slogans hostiles au fait d'être dirigés par une femme.
3 - Elle a été l'une des premières personnalités politiques à alerter sur le risque de désindustrialisation de la France, prônant dès les années 1990 une alliance européenne forte face à la concurrence technologique asiatique.
4 - Amatrice d'art moderne, elle a contribué à l'introduction d'œuvres contemporaines dans les ministères qu'elle a dirigés, considérant que l'esthétique et la modernité devaient accompagner l'action politique et industrielle de l'État.
- Métier(s) : Femme d'État, Ancienne Premier ministre
- Résidence principale : Paris, France
- Relations de couple : Jacques Cresson (1959-2001)
- Enfants : Nathalie, Alexandra
- Distinctions : Grand-Croix de l'ordre national du Mérite, Grand Officier de la Légion d'honneur
La bourgeoisie sue l'ennui.
L'argent, ce n'est ni bien ni mal, c'est neutre, l'argent !
Un homme qui n'est pas intéressé par les femmes est, d'une certaine façon, un peu handicapé.
Pour réussir en politique, que l'on soit un homme ou une femme, il faut avoir une capacité à convaincre. Convaincre, c'est séduire, donc il vaut mieux être bien physiquement.
La bourgeoisie sue l'ennui.
L'argent, ce n'est ni bien ni mal, c'est neutre, l'argent !
Un homme qui n'est pas intéressé par les femmes est, d'une certaine façon, un peu handicapé.
Pour réussir en politique, que l'on soit un homme ou une femme, il faut avoir une capacité à convaincre. Convaincre, c'est séduire, donc il vaut mieux être bien physiquement.