Pierre Mauroy est un homme politique français, Premier ministre de 1981 à 1984 sous François Mitterrand et maire de Lille de 1973 à 2001. Son gouvernement a instauré la retraite à 60 ans et engagé les lois de décentralisation.
Né en 1928 à Cartignies, dans le Nord, Pierre Mauroy devient professeur d'enseignement technique à Colombes en 1952. Élu en 1955 secrétaire général du syndicat des collèges d'enseignement technique au sein de la Fédération de l'Éducation nationale, il s'engage parallèlement aux Jeunesses socialistes, dont il est secrétaire national de 1955 à 1959. En 1950, il fonde la Fédération nationale Léo-Lagrange, mouvement d'éducation populaire. Au sein de la Section française de l'Internationale ouvrière, il devient secrétaire général adjoint en 1966. À la création du Parti socialiste en 1969, Guy Mollet lui propose son soutien pour prendre la tête du parti, mais Pierre Mauroy est battu d'une voix par Alain Savary. Au congrès d'Épinay-sur-Seine en 1971, il apporte son appui à François Mitterrand, contribuant à la prise de contrôle du parti par ce dernier.
Premier adjoint en 1971, Pierre Mauroy devient maire de Lille en 1973 après la démission d'Augustin Laurent, fonction qu'il conserve jusqu'en 2001. Élu député du Nord, il préside l'établissement public régional du Nord-Pas-de-Calais de 1974 à 1981. Le 21 mai 1981, François Mitterrand le nomme Premier ministre. Ses gouvernements engagent la retraite à 60 ans, la cinquième semaine de congés payés, la semaine de 39 heures, les nationalisations et les lois de décentralisation portées par Gaston Defferre. Robert Badinter y fait adopter l'abolition de la peine de mort. Après le tournant de la rigueur, il quitte Matignon en juillet 1984 et cède la place à Laurent Fabius. Premier secrétaire du Parti socialiste de 1988 à 1992, il est ensuite sénateur du Nord jusqu'en 2011 et préside l'Internationale socialiste de 1992 à 1999. En 2001, il transmet la mairie de Lille à Martine Aubry.
En 2010, Pierre Mauroy, son ancien directeur de cabinet Bernard Masset et l'élue parisienne Lyne Cohen-Solal sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Lille dans une affaire liée à la gestion de fonds de la communauté urbaine de Lille. Le 4 février 2011, le tribunal le condamne à 20 000 euros d'amende avec sursis pour abus de confiance et le déclare tenu, avec ses coprévenus, de rembourser 19 654 euros à la collectivité, alors que le parquet avait requis une relaxe générale.
1928 : naissance le 5 juillet à Cartignies, dans le Nord
1950 : fondation de la Fédération nationale Léo-Lagrange
1951 : mariage avec Gilberte Deboudt
1966 : secrétaire général adjoint de la SFIO
1971 : soutien à François Mitterrand au congrès d'Épinay-sur-Seine
1973 : maire de Lille et député du Nord
1981 : nomination comme Premier ministre le 21 mai
1984 : départ de Matignon, remplacé par Laurent Fabius
1988 : premier secrétaire du Parti socialiste
1992 : sénateur du Nord, président de l'Internationale socialiste et fondateur de la Fondation Jean-Jaurès
2001 : fin du mandat de maire de Lille, transmis à Martine Aubry
2011 : condamnation pour abus de confiance par le tribunal de Lille
2013 : décès le 7 juin à Clamart, hommage national aux Invalides le 11 juin
2013 : le grand stade de la métropole lilloise est rebaptisé Stade Pierre-Mauroy le 21 juin
Aîné d'une famille de sept enfants, Pierre Mauroy naît à Cartignies, dans le Nord, d'un père instituteur. En 1936, la famille s'installe à Haussy, où le père est nommé directeur d'école ; la découverte du monde ouvrier et la victoire du Front populaire marquent durablement le jeune homme. La famille connaît l'exode de 1940. Il étudie aux lycées du Cateau-Cambrésis et de Cambrai, avant d'intégrer l'École normale nationale d'apprentissage de Cachan. En 1948, il rencontre Gilberte Deboudt, née en 1927 à Cambrai, qu'il épouse le 12 mai 1951. Le couple a un fils, Fabien. Gilberte Mauroy meurt à Lille en février 2022, à 95 ans.
Engagé très tôt dans l'éducation populaire, Pierre Mauroy préside la Fédération Léo-Lagrange qu'il a fondée en 1950. En 1992, il crée la Fondation Jean-Jaurès, liée au Parti socialiste, qu'il préside ensuite. Son ancrage lillois structure son parcours : il soutient l'arrivée du TGV dans la métropole et le développement du quartier d'affaires Euralille. Proche de François Mitterrand pendant deux décennies, il accompagne aussi la montée de Martine Aubry, à qui il transmet la mairie de Lille en 2001. Il soutient Ségolène Royal en 2007, puis Martine Aubry et François Hollande lors de la primaire socialiste de 2011.
Atteint d'une tumeur cancéreuse au poumon, Pierre Mauroy meurt le 7 juin 2013 à l'hôpital d'instruction des armées Percy, à Clamart, des suites d'un malaise lié au traitement de ce cancer. Un hommage national est rendu le 11 juin dans la cour des Invalides, où le président François Hollande prononce l'éloge funèbre. Son cercueil est ensuite exposé pendant quarante-huit heures dans le hall de l'hôtel de ville de Lille. Une cérémonie religieuse se tient à la cathédrale Notre-Dame de la Treille. Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault et plusieurs anciens chefs de gouvernement, dont Michel Rocard et Lionel Jospin, assistent aux obsèques.
Pierre Mauroy est inhumé le 13 juin 2013 au cimetière de l'Est, à Lille. Le 21 juin de la même année, le grand stade de la métropole, situé à Villeneuve-d'Ascq, est rebaptisé Stade Pierre-Mauroy. À Lille, l'ancienne rue de Paris porte désormais son nom, et un institut consacré à son action publique perpétue sa mémoire.
1 - Bien qu'il ait donné son nom au grand stade de la métropole lilloise, Pierre Mauroy s'était initialement opposé à ce projet, lui préférant la construction d'un équipement plus modeste.
2 - À ses débuts, il fonde la Fédération nationale Léo-Lagrange en 1950, alors qu'il n'a que vingt-deux ans ; ce mouvement d'éducation populaire devient l'un des plus suivis en France.
3 - Dans un livre-entretien, Pierre Mauroy rapporte que Georges Marchais, secrétaire général du Parti communiste, lui aurait dit que son bilan social valait mieux que celui de 1936 et de la Libération.
4 - Chaque année, il participait à la Braderie de Lille, vaste marché populaire où ses déambulations parmi les habitants étaient devenues un rendez-vous attendu de la vie municipale.
5 - Décrit comme « croyant mais pas pratiquant », il avait néanmoins souhaité que ses obsèques comprennent une cérémonie religieuse à la cathédrale Notre-Dame de la Treille, à Lille.
- Métier(s) : homme politique, professeur d'enseignement technique
- Résidence principale : Lille
- Relations de couple : marié à Gilberte Deboudt de 1951 à 2013
- Enfants : un fils, Fabien
- Distinctions : Premier ministre (1981-1984), maire de Lille (1973-2001), président de l'Internationale socialiste (1992-1999)
23 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Car, ne nous y trompons pas, la crise est aussi une naissance. »
— Déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, 6 avril 1983
« la retraite à soixante ans, le passage à cinq semaines de congés payés, une politique culturelle forte menée par Jack Lang »
— Livre-entretien Une vie socialiste, Fondation Jean-Jaurès
La rigueur, c'est l'austérité plus l'espoir.
Il n'y a pas de métier masculin et de métier féminin.
La nationalisation est une des formes du génie français.
Face au chômage, la solution de la sagesse, c'est que les travailleurs travaillent moins.
La crise n'est pas comme une maladie dont ne ne peut sortir : elle est comme une sorte de nouvelle naissance !
« Car, ne nous y trompons pas, la crise est aussi une naissance. »
— Déclaration de politique générale à l'Assemblée nationale, 6 avril 1983
« la retraite à soixante ans, le passage à cinq semaines de congés payés, une politique culturelle forte menée par Jack Lang »
— Livre-entretien Une vie socialiste, Fondation Jean-Jaurès
La rigueur, c'est l'austérité plus l'espoir.
Il n'y a pas de métier masculin et de métier féminin.
La nationalisation est une des formes du génie français.
Face au chômage, la solution de la sagesse, c'est que les travailleurs travaillent moins.
La crise n'est pas comme une maladie dont ne ne peut sortir : elle est comme une sorte de nouvelle naissance !