Naissance
Marsillargues (34), France
Décès
Nationalité
Astrologie

Commémoration

Cette année marque le 40ᵉ anniversaire de sa disparition.

Biographie

Gaston Defferre, homme politique français né le 14 septembre 1910 à Marsillargues et mort le 7 mai 1986 à Marseille, fut maire de la cité phocéenne de 1944 à 1945 puis de 1953 à sa mort. Résistant, ministre à plusieurs reprises, il a donné son nom à deux lois majeures : la loi-cadre de 1956 et celle de 1982 sur la décentralisation.


Parcours

Avocat inscrit au barreau de Marseille en 1931 après des études de droit à la faculté d'Aix-en-Provence, Gaston Defferre adhère en 1933 à la 10e section de la SFIO. Sous l'Occupation, il rejoint le réseau Brutus fondé avec Pierre Fourcaud et André Boyer, qu'il dirige après l'arrestation de ce dernier en décembre 1943. À la libération de Marseille, le 21 août 1944, il s'empare du quotidien Le Petit Provençal, qu'il rebaptise Le Provençal et dont il sera directeur de 1951 à sa mort. Maire de Marseille à la Libération, il perd la mairie en novembre 1945 au profit du communiste Jean Cristofol, avant de la reconquérir en 1953 grâce à une coalition rassemblant des libéraux et des conservateurs. Il occupera ce fauteuil sans interruption pendant trente-trois ans, soutenu par des fidèles comme Charles-Émile Loo et Jean-Victor Cordonnier.

Sous la IVe République, Gaston Defferre cumule les portefeuilles ministériels : secrétaire d'État chargé de l'Information dans le gouvernement Félix Gouin (1946), ministre de la Marine marchande sous René Pleven et Henri Queuille (1950-1951), puis ministre de la France d'outre-mer dans le gouvernement Guy Mollet (1956-1957). À ce dernier poste, il rédige avec son directeur de cabinet Pierre Messmer et l'appui de Félix Houphouët-Boigny la loi-cadre du 23 juin 1956, qui instaure le suffrage universel et le collège unique dans les territoires africains et amorce le processus de décolonisation. Candidat malheureux à la présidence de la République en 1969 — en tandem avec Pierre Mendès France comme éventuel Premier ministre —, il recueille 5,01 % des suffrages au premier tour. À partir de 1971, il rallie François Mitterrand au sein du nouveau Parti socialiste.


Controverse

Les longs mandats marseillais de Gaston Defferre sont marqués par des relations documentées avec des figures du milieu, en particulier les frères Antoine et Barthélemy « Mémé » Guérini, rencontrés dans la Résistance. Plusieurs de ses gardes du corps, dont Nick Venturi et Antoine Paolini, fréquentaient ce milieu. Dans les années 1970, le juge Pierre Michel, qui enquête sur la French Connection et sur le caïd Gaëtan Zampa, met en cause des proches du maire ; il est assassiné le 21 octobre 1981. Le 31 mai 1983, l'assassinat de deux gardiens de la paix par Action directe provoque une manifestation policière réclamant la démission du ministre de l'Intérieur Defferre et du garde des Sceaux Robert Badinter ; François Mitterrand prépare alors la succession au profit de Pierre Joxe, effective en juillet 1984. La même année 1983, le découpage électoral en secteurs de Marseille adopté par la loi PLM lui permet de conserver la mairie malgré un nombre de voix inférieur à celui de la liste menée par Jean-Claude Gaudin.


Repères chronologiques

1910 : naissance le 14 septembre à Marsillargues, dans l'Hérault, au sein d'une famille protestante cévenole
1931 : prestation de serment comme avocat au barreau de Marseille
1935 : mariage le 13 septembre avec Andrée Aboulker, médecin ; divorce en mars 1945
1942 : entrée dans la clandestinité au sein du réseau Brutus
1944 : prise de fonction comme maire de Marseille à la Libération, en août
1946 : second mariage avec Marie-Antoinette « Paly » Swaters, le 14 septembre
1953 : reconquête de la mairie de Marseille en mai
1956 : promulgation, le 23 juin, de la loi-cadre sur les territoires d'outre-mer
1965 : retrait de la candidature présidentielle après l'échec de l'opération Monsieur X portée par L'Express
1967 : duel à l'épée le 21 avril à Neuilly-sur-Seine contre le député René Ribière
1969 : candidat à la présidentielle, il obtient 5,01 % des voix au premier tour
1973 : troisième mariage avec l'écrivaine Edmonde Charles-Roux
1981 : nomination comme ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation, le 21 mai
1982 : promulgation, le 2 mars, de la première loi de décentralisation
1986 : décès le 7 mai à Marseille, des suites d'une chute survenue dans la nuit du 5 au 6 mai


Vie personnelle et engagements

Gaston Defferre est le second enfant de Paul Defferre (1882-1961), avoué à Nîmes, et de Suzanne Causse (1882-1971). Sa fratrie compte trois autres enfants : Marie-Louise (1908), Monique (1912) et Jacques (1914). Il passe une partie de son enfance à Dakar, où son père a ouvert un bureau, avant de rentrer en métropole en 1922. Après le lycée Alphonse-Daudet à Nîmes, il étudie le droit à l'université d'Aix-Marseille. Il se marie trois fois et n'a pas d'enfant : d'abord avec Andrée Aboulker, médecin issue d'une famille juive d'Alger et cousine de José Aboulker, puis en 1946 avec l'infirmière Marie-Antoinette Swaters, et enfin en 1973 avec l'écrivaine Edmonde Charles-Roux, prix Goncourt 1966 pour Oublier Palerme.

Issu d'un milieu protestant cévenol, Gaston Defferre a mis à la disposition de la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X l'église marseillaise de la Mission de France. Pratiquant assidu de la voile, il participe régulièrement à des régates en Méditerranée. Sur le plan politique local, il s'entoure d'hommes fidèles comme Irma Rapuzzi, Philippe Sanmarco ou Jean-Victor Cordonnier, mais voit s'éloigner Michel Pezet, un temps présenté comme son dauphin avant la rupture de 1986. Sa proximité avec François Mitterrand, qu'il soutient dès la rénovation du Parti socialiste de 1971, le conduit à occuper une position privilégiée au sein des gouvernements Pierre Mauroy puis Laurent Fabius.


Contexte du décès

Gaston Defferre meurt le 7 mai 1986 à l'hôpital de la Timone, à Marseille, des suites d'une congestion cérébrale. Dans la nuit du 5 au 6 mai, après une réunion du comité directeur de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône au cours de laquelle il avait été mis en minorité par les partisans de Michel Pezet, il rentre seul dans son appartement du quartier d'Endoume, prend un soporifique et fait une chute. Blessé au cou, il appelle son médecin et ami Jean-Louis Sanmarco ; les marins-pompiers de Marseille le transportent dans le coma à l'hôpital, où il décède le lendemain matin. Ses obsèques sont célébrées le 12 mai à la cathédrale de la Major par Mgr Robert Coffy et Mgr Roger Etchegaray, dans le cadre d'un culte œcuménique. Lionel Jospin prononce l'éloge funèbre, en présence de François Mitterrand, Pierre Mauroy, Laurent Fabius, Jacques Chirac et Jacques Chaban-Delmas.


Lieux de mémoire

Gaston Defferre est inhumé au cimetière Saint-Pierre de Marseille, dans la pinède d'Arcussia. Selon ses volontés, sa tombe est ornée d'un simple rocher brut provenant des Cévennes, sans plaque commémorative. Son épouse Edmonde Charles-Roux, morte le 20 janvier 2016, repose à ses côtés.


Anecdotes

1 - Le 21 avril 1967, Gaston Defferre dispute le dernier duel connu de l'histoire de France, à l'épée, contre le député gaulliste René Ribière. Le combat, arbitré par Jean de Lipkowski dans un jardin de Neuilly-sur-Seine, fait suite à un « Taisez-vous, abruti ! » lancé à l'Assemblée.
2 - Réformé pour pleurésie en 1940, il choisit néanmoins de s'engager. Pendant la clandestinité, il utilisa successivement les pseudonymes de Danvers, puis de Massereau à partir de 1943, et celui d'Élie au sein du réseau Brutus.
3 - Lors de la libération de Marseille en août 1944, il s'empare physiquement du Petit Provençal avec une milice dirigée par Nick Venturi, fondant l'empire de presse régional qui pèsera sur la vie politique marseillaise pendant quatre décennies.
4 - En 1962, il déclare à propos des rapatriés d'Algérie : « Français d'Algérie, allez vous faire réadapter ailleurs », phrase qui marquera durablement les relations entre la municipalité et les pieds-noirs de Marseille.
5 - À sa demande, sa veuve Edmonde Charles-Roux fit modeler un moulage de sa main par le sculpteur César, conformément à un souhait qu'il avait exprimé : refuser toute place ou rue à son nom, mais laisser une main « qui dira aux Marseillais ce que Gaston Defferre a fait ».


Points clés

- Métier(s) : avocat, homme politique, directeur de presse
- Résidence principale : Marseille (quartier d'Endoume)
- Relations de couple : marié à Andrée Aboulker (1935-1945), Marie-Antoinette Swaters (1946-1992) puis Edmonde Charles-Roux (1973-1986)
- Enfants : aucun
- Distinctions : Grand-croix de la Légion d'honneur ; Croix de guerre 1939-1945


Postérité

21 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des personnalités avec le plus de voies à leur nom en France

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Autres ministres français de l'intérieur

Citations

« Taisez-vous, abruti ! »

— Assemblée nationale, séance du 20 avril 1967, propos rapportés par France Info et Le Point

« Français d'Algérie, allez vous faire réadapter ailleurs. »

— Déclaration de juillet 1962, citée par Wikipédia et plusieurs ouvrages historiques sur les rapatriés

« Surtout lorsque je meurs, je ne veux ni place, ni rue à mon nom. Faites modeler ma main et gardez-la en souvenir, une main qui dira aux Marseillais lorsque je ne serai plus là, voilà ce que Gaston Defferre a fait. »

— Propos rapportés par Edmonde Charles-Roux, Destimed, 2016

« Taisez-vous, abruti ! »

— Assemblée nationale, séance du 20 avril 1967, propos rapportés par France Info et Le Point

« Français d'Algérie, allez vous faire réadapter ailleurs. »

— Déclaration de juillet 1962, citée par Wikipédia et plusieurs ouvrages historiques sur les rapatriés

« Surtout lorsque je meurs, je ne veux ni place, ni rue à mon nom. Faites modeler ma main et gardez-la en souvenir, une main qui dira aux Marseillais lorsque je ne serai plus là, voilà ce que Gaston Defferre a fait. »

— Propos rapportés par Edmonde Charles-Roux, Destimed, 2016

Questions autour de Gaston Defferre

Qui était Gaston Defferre ?
Gaston Defferre était un homme politique français, résistant, avocat et directeur de presse, maire de Marseille de 1944 à 1945 puis de 1953 à 1986.
Combien de temps Gaston Defferre a-t-il été maire de Marseille ?
Gaston Defferre a exercé les fonctions de maire de Marseille pendant plus de trente-trois ans, de mai 1953 à sa mort en mai 1986, après un premier passage de 1944 à 1945.
Quelle est la loi Defferre la plus connue ?
Deux lois portent son nom : la loi-cadre du 23 juin 1956 sur les territoires d'outre-mer, qui amorce la décolonisation africaine, et la loi du 2 mars 1982 sur la décentralisation.
Gaston Defferre a-t-il été ministre ?
Oui, Gaston Defferre fut ministre à plusieurs reprises sous la IVe République, puis ministre d'État, ministre de l'Intérieur et de la Décentralisation de 1981 à 1984 sous François Mitterrand.
Qui était l'épouse de Gaston Defferre ?
Gaston Defferre s'est marié trois fois ; sa dernière épouse, Edmonde Charles-Roux, écrivaine et prix Goncourt 1966, l'a épousé en 1973 et lui a survécu jusqu'en 2016.
Comment Gaston Defferre est-il mort ?
Gaston Defferre est mort le 7 mai 1986 à l'hôpital de la Timone à Marseille, des suites d'une congestion cérébrale provoquée par une chute survenue chez lui dans la nuit du 5 au 6 mai.
Pourquoi Gaston Defferre s'est-il battu en duel ?
Le 21 avril 1967, Gaston Defferre dispute le dernier duel connu de l'histoire de France, à l'épée, contre le député gaulliste René Ribière, après l'avoir traité d'« abruti » à l'Assemblée nationale.
Qui est né le même jour que Gaston Defferre ?
Ayọ, Nathalie Roussel, Gérard Larcher, Alexander von Humboldt et Morten Harket sont nés le 14 septembre comme Gaston Defferre.
À quel âge est mort Gaston Defferre ?
Gaston Defferre est mort à 75 ans, le 7 mai 1986.
Qui est mort le même jour que Gaston Defferre ?
Quels responsables politiques français sont du signe Vierge comme Gaston Defferre ?
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