Michel Poniatowski est un homme politique, résistant et essayiste français, ministre d'État, ministre de l'Intérieur du président Valéry Giscard d'Estaing de 1974 à 1977, cofondateur de l'UDF et figure historique du Parti républicain.
Né dans une famille princière d'origine polonaise descendant du roi Stanislas-Auguste Poniatowski, Michel Poniatowski s'engage à vingt et un ans dans la Résistance et sert comme sergent au 1er bataillon de choc. Parachuté avec son frère Philippe Poniatowski sur le terrain de Comps, dans la Drôme, le 30 juillet 1944, il participe aux combats de la libération de Montélimar, Valence puis Grenoble, où il est blessé à deux reprises. Après la guerre, il intègre l'une des premières promotions de l'École nationale d'administration (1947-1948) et est affecté au ministère des Finances. Sa carrière administrative débute au Maroc, puis se poursuit comme attaché financier à Washington en 1956, directeur adjoint du cabinet de Pierre Pflimlin au ministère des Finances, et enfin directeur des Assurances de 1963 à 1967. C'est en 1959 qu'il devient directeur de cabinet de Valéry Giscard d'Estaing, alors secrétaire d'État aux Finances, marquant le début d'une longue collaboration politique et personnelle.
Élu député du Val-d'Oise en 1967 sous l'étiquette des Républicains indépendants, Michel Poniatowski devient secrétaire général de la Fédération nationale des républicains indépendants, dont il prend la présidence en 1975. Maire de L'Isle-Adam à partir de 1971, il est ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale dans les gouvernements de Pierre Messmer de 1973 à 1974. Principal artisan de la victoire de Valéry Giscard d'Estaing à l'élection présidentielle de 1974, il est nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur le 28 mai 1974 et conserve ce portefeuille jusqu'en mars 1977. Surnommé « Ponia » par ses contemporains, il dénonce les gaullistes en parlant des « copains et des coquins », critique récurrente qui empoisonne ses relations avec Jacques Chirac. Il participe en 1978 à la fondation de l'Union pour la démocratie française aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing et Jean Lecanuet.
Après l'assassinat du député Jean de Broglie en décembre 1976, L'Express en janvier 1977 puis Le Canard enchaîné en 1980 publient des documents indiquant que Michel Poniatowski, alors ministre de l'Intérieur, aurait été informé des menaces pesant sur le député. Il désigne publiquement Patrick de Ribemont comme coupable sans preuve, ce qui vaut à la France une condamnation par la Cour européenne des droits de l'homme en 1995, Patrick de Ribemont étant définitivement mis hors de cause. Plusieurs témoignages, dont celui de Manuel Contreras, chef de la police politique chilienne sous Augusto Pinochet, ont par la suite évoqué des échanges de renseignements entre le ministère français et le régime chilien dans le cadre de l'opération Condor.
1922 : naissance le 16 mai à Paris
1944 : parachutage dans la Drôme avec le 1er bataillon de choc le 30 juillet
1946 : mariage avec Gilberte de Chavagnac le 28 février
1948 : sortie de l'École nationale d'administration
1959 : directeur de cabinet de Valéry Giscard d'Estaing aux Finances
1967 : élu député du Val-d'Oise
1971 : élu maire de L'Isle-Adam
1973 : nommé ministre de la Santé publique et de la Sécurité sociale
1974 : nommé ministre d'État, ministre de l'Intérieur le 28 mai
1977 : quitte le ministère de l'Intérieur le 29 mars
1978 : cofondation de l'Union pour la démocratie française
1979 : élu député au Parlement européen
1989 : devient sénateur du Val-d'Oise
1999 : démissionne de son mandat de maire de L'Isle-Adam
2002 : décès le 15 janvier à Opio dans les Alpes-Maritimes
Fils aîné du prince Charles-Casimir Poniatowski et d'Anne de Caraman-Chimay, Michel Poniatowski grandit dans un milieu aristocratique parisien. Il effectue ses études primaires au cours Hattemer, puis poursuit sa scolarité au lycée Saint-Louis-de-Gonzague, où il obtient le baccalauréat en 1940. Après la guerre, il décroche une licence de droit à l'université de Paris et un higher certificate à l'université de Cambridge. Le 28 février 1946, il épouse à Paris Gilberte de Chavagnac, née en 1925 et décédée en 2016. De cette union naissent quatre enfants : Ladislas en 1946, futur sénateur de l'Eure, Isabelle en 1948, Axel en 1951, qui succédera à son père à la mairie de L'Isle-Adam, et Bruno en 1952.
Compagnon de route politique et personnel de Valéry Giscard d'Estaing pendant plus de quarante ans, Michel Poniatowski entretient également des relations suivies avec Pierre Pflimlin, dont il a dirigé le cabinet sous la Quatrième République. Sa belle-fille Constance Guichard est la fille d'Olivier Guichard, ancien ministre du général de Gaulle. Passionné d'histoire, il consacre une part importante de sa vie à l'écriture et publie plusieurs ouvrages consacrés à Talleyrand, dont il descend par sa lignée paternelle. Il rejoint en 1998 la Droite libérale-chrétienne de Charles Millon, en rupture avec l'UDF qu'il avait contribué à fonder, en raison de son soutien à des alliances avec le Front national.
Michel Poniatowski s'éteint le 15 janvier 2002 à l'âge de 79 ans, dans sa propriété d'Opio, dans les Alpes-Maritimes. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique ; les communications officielles évoquent une maladie sans préciser la pathologie. Après des obsèques célébrées dans l'intimité familiale, un hommage solennel lui est rendu le 24 janvier 2002 en l'église Saint-Louis des Invalides, en présence de Valéry Giscard d'Estaing, qui parle d'une perte « comme celle d'un frère ». Le président de la République Jacques Chirac salue un homme « profondément attaché aux idées libérales et à la construction européenne ». Une messe est ensuite célébrée en l'église Saint-Martin de L'Isle-Adam, rassemblant les Adamois autour de leur ancien maire.
Une avenue Michel Poniatowski, située à L'Isle-Adam dans le Val-d'Oise, perpétue le souvenir de l'ancien maire de la commune, fonction qu'il occupa sans interruption de 1971 à 1999. La maison familiale du Rouret, dans les Alpes-Maritimes, où il effectua sa convalescence après ses blessures de guerre en 1944, est restée associée à la famille Poniatowski.
1 - Lors de son parachutage du 30 juillet 1944 sur le terrain de Comps, dans la Drôme, Michel Poniatowski saute aux côtés de son frère Philippe, qui lui assène involontairement un coup de soulier à la tête au moment de sortir de l'appareil, détail rapporté dans ses Mémoires publiés en 1997.
2 - Surnommé « Ponia » par la classe politique, il est l'auteur d'une trentaine d'ouvrages historiques et politiques, dont plusieurs volumes consacrés à Talleyrand, son ancêtre par alliance, ce qui lui vaut le Grand prix Gobert de l'Académie française en 1983.
3 - Son premier livre, Histoire de la Russie d'Amérique et de l'Alaska publié en 1958, reçoit le prix Thérouanne de l'Académie française dès 1959, soit près de dix ans avant son entrée en politique active.
4 - Ministre de la Santé en 1973, il dépose un projet de loi dépénalisant l'avortement en cas de risque pour la santé de la mère, repoussé par 225 voix contre 112 le 13 décembre 1973, soit un an avant le projet porté par Simone Veil.
5 - Il préface en 1977 le livre Le 1er Bataillon de Choc écrit par Raymond Muelle, son ancien chef de section pendant la Résistance, en signant sa préface du grade de sergent qu'il portait à la Libération.
- Métier(s) : homme politique, ministre, sénateur, essayiste
- Résidence principale : L'Isle-Adam et propriété d'Opio (Alpes-Maritimes)
- Relations de couple : marié à Gilberte de Chavagnac de 1946 à son décès
- Enfants : Ladislas, Isabelle, Axel et Bruno
- Distinctions : prix Thérouanne (1959), prix Marie-Eugène Simon-Henri-Martin (1981), Grand prix Gobert de l'Académie française (1983)
« Si j'étais juré, je me prononcerais pour la peine de mort. »
— Déclaration publique du 18 février 1976 sur l'affaire Patrick Henry
« Les Français ont le droit de sortir seuls le soir sans se faire attaquer. »
— Déclarations de ministre de l'Intérieur, 1974-1977, citées par le site du Sénat
« J'ai fait de la politique à la demande de Giscard, mais mes goûts me portent à l'Histoire. »
— Propos rapportés par le site du Sénat français
« Le danger fasciste en France ne vient pas de la droite, il vient de la gauche, dont c'est la vocation d'esprit et de méthode. »
— Déclaration de septembre 1983 sur l'élection municipale partielle de Dreux
Jusqu'ici, le présent était toujours déterminé par le passé. Aujourd'hui, il doit l'être par l'avenir.
« Si j'étais juré, je me prononcerais pour la peine de mort. »
— Déclaration publique du 18 février 1976 sur l'affaire Patrick Henry
« Les Français ont le droit de sortir seuls le soir sans se faire attaquer. »
— Déclarations de ministre de l'Intérieur, 1974-1977, citées par le site du Sénat
« J'ai fait de la politique à la demande de Giscard, mais mes goûts me portent à l'Histoire. »
— Propos rapportés par le site du Sénat français
« Le danger fasciste en France ne vient pas de la droite, il vient de la gauche, dont c'est la vocation d'esprit et de méthode. »
— Déclaration de septembre 1983 sur l'élection municipale partielle de Dreux
Jusqu'ici, le présent était toujours déterminé par le passé. Aujourd'hui, il doit l'être par l'avenir.