Charles Pasqua [ ʃaʁl paskwa] est un résistant et un homme politique français, né le 18 avril 1927 à Grasse (Alpes-Maritimes) et mort le 29 juin 2015 à Suresnes (Hauts-de-Seine).
D'origine corse, il entre dans la Résistance à l'âge de 15 ans. Il débute comme commercial pour la société Ricard, dont il devient le numéro deux en 1967, avant de quitter l’entreprise la même année en raison de son engagement politique croissant.
Figure montante du gaullisme, il rejoint le controversé Service d'action civique (SAC), acquérant une réputation d’homme de l’ombre. En 1968, il s’implante dans les Hauts-de-Seine, où il devient député, sénateur et président du conseil général : il exerce une autorité telle qu'il est longtemps considéré comme le « parrain » du département.
En 1976, il est membre fondateur du Rassemblement pour la République (RPR), dont il incarne l'aile souverainiste et sécuritaire. Il joue un rôle clé dans les campagnes de Jacques Chirac, notamment lors de l'élection présidentielle de 1981, qui voit la défaite de Valéry Giscard d'Estaing. Il est plus en retrait dans les années qui suivent.
Il accède à une visibilité nationale comme ministre de l'Intérieur lors des deux premières cohabitations (1986-1988 et 1993-1995). Il y adopte une politique de fermeté en matière d’immigration, de délinquance et de terrorisme, marquée par un durcissement des conditions de séjour et un renforcement des pouvoirs policiers.
Fidèle à ses convictions souverainistes, il milite activement pour le « non » au référendum de 1992 sur le traité de Maastricht. En 1999, avec Philippe de Villiers, il crée le Rassemblement pour la France (RPF) et conduit une liste aux élections européennes qui crée la surprise en arrivant en deuxième position.
En 2004, il perd son mandat de député européen mais redevient sénateur des Hauts-de-Seine, siégeant comme apparenté au groupe UMP, dont il critique la ligne pro-européenne. Ses dernières années en politique sont marquées par un rôle déclinant alors qu’il tente de relancer un courant gaulliste souverainiste.
Homme de réseaux, il est salué pour son influence et critiqué pour l’opacité de ses pratiques. Il est impliqué dans plusieurs affaires judiciaires, avec deux condamnations à des peines de prison avec sursis et quatre relaxes. Son style souvent jugé autoritaire et son franc-parler marquent le débat public.
Le sage ne tire pas la queue du tigre, même lorsqu'il dort !
Les murs influencent les moeurs politiques. A l'Assemblée, on tue au poignard, au Sénat, on empoisonne avec le sourire.
Les promesses des hommes politiques n'engagent que ceux qui les reçoivent.
La démocratie s'arrête là où commence la raison d'état.
Je suis prêt à assumer une certaine culture du secret. Mais de là à être traité de corrompu ! Il y a des jours où ça me rend malade !
Ce n'est pas en rassemblant un borgne et un paralytique qu'on fait un champion de cross.
Dans un même appartement, on peut toujours cohabiter sans être obligé au concubinage.