Georges Marchais est un homme politique français, secrétaire général du Parti communiste français de 1972 à 1994 et candidat à l'élection présidentielle de 1981. Son style oratoire télévisé et ses positions sur l'URSS en font une figure régulièrement réévaluée du communisme français.
Né dans le Calvados, Georges Marchais devient mécanicien ajusteur dans une usine aéronautique d'Issy-les-Moulineaux avant la Seconde Guerre mondiale. Après la guerre, il s'engage dans l'action syndicale et devient secrétaire du syndicat des métaux d'Issy-les-Moulineaux en 1946, puis cadre de la Confédération générale du travail dans le département de la Seine. Adhérent du Parti communiste français à partir de 1947, il gravit rapidement les échelons de l'appareil. En 1956, il entre au comité central, dont il devient membre titulaire en 1959, en même temps qu'au bureau politique. Bénéficiant de la confiance de Maurice Thorez, alors secrétaire général, il succède en 1961 à Marcel Servin au poste de secrétaire à l'organisation. Sous la direction de Waldeck Rochet, il prend une place croissante et devient secrétaire général adjoint en 1970, conduisant les négociations du Programme commun avec le Parti socialiste.
En décembre 1972, Georges Marchais devient secrétaire général du Parti communiste français, succédant à Waldeck Rochet. Élu député du Val-de-Marne en 1973, il conserve un mandat parlementaire jusqu'en 1997 et siège au Parlement européen de 1979 à 1989. Il participe au courant eurocommuniste aux côtés de l'Italien Enrico Berlinguer et de l'Espagnol Santiago Carrillo, et fait renoncer le PCF à la notion de dictature du prolétariat en 1976. Candidat à l'élection présidentielle de 1981, il obtient 15,35 % des voix, derrière le socialiste François Mitterrand, dont l'élection ouvre la voie à l'entrée de ministres communistes au gouvernement. Le parti connaît ensuite un recul électoral continu, illustré par la candidature d'André Lajoinie en 1988. En 1994, affaibli par des problèmes de santé, Georges Marchais cède la direction du parti à Robert Hue.
Le passage de Georges Marchais en Allemagne durant l'Occupation a fait l'objet d'une polémique durable. À partir des années 1970, et particulièrement à la veille de la présidentielle de 1981, des publications signées Jean-François Revel et Branko Lazitch dans L'Express affirment qu'il serait parti travailler volontairement à l'usine Messerschmitt d'Augsbourg, tandis que Georges Marchais soutient avoir été soumis au service du travail obligatoire. Le résistant communiste Charles Tillon lui reproche d'avoir quitté la France pendant la guerre. La controverse, relayée par la presse, donne lieu à des procédures judiciaires en diffamation. La date exacte de son retour définitif en France reste discutée par les historiens.
1920 : naissance le 7 juin à La Hoguette (Calvados)
1941 : embauche dans l'aéronautique et mariage avec Paulette Noetinger
1946 : secrétaire du syndicat des métaux d'Issy-les-Moulineaux
1947 : adhésion au Parti communiste français
1959 : entrée au bureau politique du PCF
1961 : secrétaire à l'organisation du PCF
1970 : secrétaire général adjoint
1972 : secrétaire général du PCF
1973 : élu député du Val-de-Marne
1976 : abandon de la dictature du prolétariat au XXIIe congrès
1979 : tête de liste aux élections européennes et entrée au Parlement européen
1981 : candidat à l'élection présidentielle (15,35 %)
1994 : transmission de la direction du parti à Robert Hue
1997 : mort le 16 novembre à Paris
Georges Marchais est le fils unique de René Marchais, ouvrier carrier, et de Germaine Boscher, veuve de guerre remariée. Du côté paternel comme maternel, il a plusieurs demi-frères et sœurs. En 1941, il épouse Paulette Noetinger, dont il a trois filles, Michèle, Monique et Claudine Marchais. Après son divorce en 1959, il se remarie avec Liliane Grelot, militante communiste, avec qui il a un fils, Olivier Marchais. La famille s'installe à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, ville dont Georges Marchais devient une figure locale et où il est durablement implanté.
Proche de dirigeants communistes étrangers, Georges Marchais reçoit chez lui, à Champigny-sur-Marne, le dirigeant cubain Fidel Castro, qu'il présente comme son ami. Son fils Olivier devient plus tard l'ami d'enfance et le directeur de campagne de Fabien Roussel, futur secrétaire national du PCF. Auteur de plusieurs ouvrages politiques, dont Le Défi démocratique et Parlons franchement, il défend tout au long de sa carrière une ligne attachée à l'identité communiste. Sa dernière apparition publique a lieu lors d'un hommage rendu au poète Louis Aragon, au moulin de Villeneuve, peu avant sa mort.
Georges Marchais souffrait depuis longtemps de troubles cardiaques : il avait subi des infarctus en 1975 puis en 1989-1990, et s'était vu poser un stimulateur cardiaque en 1996. Il meurt le 16 novembre 1997 à l'hôpital Lariboisière, à Paris, des suites d'un malaise cardiaque, à l'âge de 77 ans. La classe politique lui rend hommage, le Premier ministre socialiste Lionel Jospin saluant un homme du peuple, tandis que son successeur Robert Hue prononce un éloge. L'ancien Premier ministre Édouard Balladur fait exception en exprimant des réserves. Ses obsèques, organisées par le Parti communiste français, se tiennent quelques jours plus tard.
Georges Marchais est inhumé au cimetière de Champigny-sur-Marne, ayant refusé une sépulture au cimetière du Père-Lachaise. Une place Georges-Marchais est inaugurée à Champigny-sur-Marne en 2012, suivie en 2013 d'un parvis à son nom à Villejuif, ville dont il fut le député. Débaptisé en 2014, ce parvis a ensuite retrouvé son nom à la suite de protestations et d'une décision de justice.
1 - Premier ouvrier de la métallurgie à diriger le PCF, il succède à des responsables venus d'autres métiers : Maurice Thorez fut mineur, Waldeck Rochet jardinier et Jacques Duclos pâtissier. Son profil tranchait dans l'histoire du parti.
2 - La réplique « Taisez-vous, Elkabbach ! » qu'on lui prête n'a jamais été prononcée par lui : elle provient d'imitateurs comme Thierry Le Luron et Pierre Douglas, popularisée après une interview menée par deux chaînes simultanément.
3 - Dans l'église Saint-Pierre-et-Saint-Paul d'Izé, en Mayenne, un vitrail de la Résurrection représente deux légionnaires romains : l'un porte les traits de Georges Marchais, l'autre ceux de Jacques Chirac.
4 - La formule « fais les valises, on rentre à Paris », souvent citée, est authentique : il l'a prononcée à la télévision après une déclaration de François Mitterrand provoquant la rupture du Programme commun, alors qu'il était en vacances en Corse.
5 - En 2025, l'historienne Sophie Cœuré lui a consacré une biographie, Georges Marchais ou la fin des Français rouges, signe d'un regain d'intérêt universitaire pour son rôle dans le déclin du communisme français.
- Métier(s) : homme politique, secrétaire général du Parti communiste français
- Résidence principale : Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne)
- Relations de couple : Paulette Noetinger (1941-1959), puis Liliane Grelot
- Enfants : Michèle, Monique, Claudine et Olivier Marchais
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée dans les sources consultées
« C'était p'têt pas vot'question, oui mais c'est ma réponse ! »
— Échange télévisé avec Alain Duhamel, repris dans le documentaire Georges, le cathodique (Yves Jeuland, 2007)
« L'eurocommunisme est devenu un costume beaucoup trop étroit. »
— Le Monde, juin 1980
« C'était p'têt pas vot'question, oui mais c'est ma réponse ! »
— Échange télévisé avec Alain Duhamel, repris dans le documentaire Georges, le cathodique (Yves Jeuland, 2007)
« L'eurocommunisme est devenu un costume beaucoup trop étroit. »
— Le Monde, juin 1980