José Bové, né le 11 juin 1953 à Talence (Gironde), est un paysan, syndicaliste et homme politique français, cofondateur de la Confédération paysanne en 1987, connu internationalement pour le démontage du McDonald's de Millau en août 1999 et pour son engagement altermondialiste contre les OGM et la « malbouffe ».
Fils de Joseph-Marie Bové, directeur régional de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) et membre de l'Académie des sciences, et de Colette Dumeau, professeure de sciences naturelles, José Bové passe son enfance entre la France et les États-Unis, où sa famille séjourne de 1956 à 1959 à Berkeley, en Californie, le rendant bilingue. Exclu en 1968 du lycée jésuite Saint-Charles d'Athis-Mons, il obtient son baccalauréat section économie avec mention, puis entame des études à l'université de Bordeaux-Montaigne. Objecteur de conscience refusé en 1972, il est considéré comme déserteur par l'armée et trouve refuge dans une exploitation agricole des Pyrénées. En 1973, il rejoint le mouvement contre l'extension du camp militaire du Larzac, où il rencontre le syndicaliste Bernard Lambert. En 1976, il s'installe avec sa famille au hameau de Montredon sur le causse du Larzac, élève des brebis et produit des fromages et yaourts en vente directe. En 1987, il participe à la création de la Confédération paysanne, dont il devient l'un des cinq secrétaires nationaux, fonctions qu'il occupe jusqu'en 1991. Il fonde également le Syndicat des producteurs de lait de brebis, affilié à la Confédération Roquefort, et copréside la Société civile des terres du Larzac.
En 1995, José Bové participe à l'opération de Greenpeace dans le Pacifique contre la reprise des essais nucléaires décidée par le président Jacques Chirac. En 1998, il cofonde l'association ATTAC. Le 12 août 1999, il conduit avec des militants de la Confédération paysanne le démontage du chantier d'un McDonald's à Millau, acte de protestation contre les sanctions commerciales américaines frappant le roquefort français, ce qui lui vaut une condamnation à trois mois de prison ferme et une notoriété internationale. La même année, il participe aux manifestations contre le sommet de l'OMC à Seattle aux côtés d'autres militants altermondialistes. En 2001, il se rend avec une délégation de Via Campesina en Palestine, où il rencontre Yasser Arafat à Ramallah avant d'être arrêté et expulsé par l'armée israélienne. En 2007, il se porte candidat à l'élection présidentielle française au titre de divers gauche et recueille 1,32 % des suffrages (483 008 voix). Tête de liste Europe Écologie pour la circonscription Sud-Ouest lors des élections européennes de 2009, il est élu député européen, puis réélu en 2014 ; il siège au sein du groupe Verts/ALE et préside la commission Agriculture et développement rural jusqu'à son départ du Parlement européen en 2019. En 2024, le réalisateur Antoine Raimbault lui consacre le film Une affaire de principe, dans lequel l'acteur belge Bouli Lanners l'incarne, narrant son enquête de 2012 sur l'éviction du commissaire européen à la santé John Dalli dans un contexte de lobbying de l'industrie du tabac.
José Bové a fait l'objet de multiples poursuites judiciaires pour ses actions de désobéissance civile. En 1976, il est condamné à quatre mois de prison avec sursis et privation de ses droits civiques pour avoir pénétré dans le camp militaire du Larzac et soustrait des documents. En 1998, le tribunal correctionnel d'Agen le condamne à huit mois de prison avec sursis pour la destruction d'un stock de semences transgéniques de la société Novartis à Nérac. En 2001, la cour d'appel de Montpellier porte à six mois ferme sa condamnation pour la destruction de plants de riz transgénique au CIRAD en 1999, peine dont la Cour de cassation confirme le principe en novembre 2002, entraînant la révocation du sursis de 1998. Il est incarcéré en juin 2003 pour purger dix mois, mais le président Jacques Chirac lui accorde une grâce partielle ; il ne reste en détention qu'un mois et dix jours. En 2005, la cour d'appel de Toulouse le condamne à quatre mois de prison ferme pour un arrachage de maïs transgénique à Menville (Haute-Garonne) en 2004, aux côtés, notamment, de Gérard Onesta et de Noël Mamère, condamnés à des peines avec sursis. En 2009, la cour d'appel de Bordeaux le condamne à un an de prison avec sursis et 12 000 euros d'amende pour une action anti-OGM menée à Lugos (Gironde) en novembre 2006. Il s'agissait de son vingt-cinquième procès selon les sources de presse. En 2002, lors d'une déclaration à Libération au sujet des attaques contre des synagogues en France, il avait tenu des propos controversés insinuant un rôle du gouvernement israélien dans ces incidents, dont il se distancera par la suite en reconnaissant publiquement son erreur.
1953 : naissance le 11 juin à Talence (Gironde).
1956-1959 : séjour familial à Berkeley (Californie), où ses parents sont chercheurs à l'université de Californie.
1968 : exclusion du lycée jésuite Saint-Charles d'Athis-Mons.
1972 : statut d'objecteur de conscience refusé ; considéré comme déserteur.
1973 : participation au rassemblement contre l'extension du camp militaire du Larzac ; rencontre avec Bernard Lambert.
1976 : installation au hameau de Montredon sur le Larzac ; condamnation à quatre mois avec sursis pour activités antimilitaristes.
1987 : cofondation de la Confédération paysanne ; secrétaire national jusqu'en 1991.
1995 : participation à l'opération Greenpeace dans le Pacifique contre les essais nucléaires.
1998 : cofondation d'ATTAC ; condamnation à huit mois avec sursis pour destruction de semences Novartis à Nérac.
1999 : démontage du McDonald's de Millau le 12 août ; manifestations anti-OMC à Seattle.
2000 : condamnation à trois mois de prison ferme dans l'affaire du McDonald's de Millau.
2001 : participation à une marche zapatiste au Mexique ; mission Via Campesina en Palestine, arrestation par l'armée israélienne à Ramallah.
2003 : incarcération en juin, grâce présidentielle partielle accordée par Jacques Chirac ; libéré après un mois et dix jours.
2007 : candidature à l'élection présidentielle (1,32 % des voix).
2009 : élection comme député européen, tête de liste Europe Écologie dans la circonscription Sud-Ouest.
2014 : réélection au Parlement européen.
2019 : fin du mandat de député européen.
2024 : sortie du film Une affaire de principe d'Antoine Raimbault, dans lequel Bouli Lanners l'incarne.
José Bové est le fils de Joseph-Marie Bové (1929-2016), chercheur d'origine luxembourgeoise spécialiste des maladies des plantes et directeur régional de l'INRA, et de Colette Dumeau (1927-2014), professeure de sciences naturelles. Il a deux frères, l'un ingénieur, l'autre ingénieur informaticien. À l'université de Bordeaux-Montaigne, en 1971, il rencontre Alice Monier, qu'il épouse en 1989 ; ils se séparent en 2000. Ils ont deux filles, Marie et Hélène (née en 1978). Il s'est fait construire une maison en matériaux écologiques à Montredon, commune de La Roque-Sainte-Marguerite (Aveyron). Proche du philosophe et sociologue Jacques Ellul, il fréquente de 1971 à 1975 des groupes non violents, dont le Groupe de recherche et d'action non-violente (GRANV) et le Mouvement pour une alternative non-violente (MAN).
José Bové se réclame intellectuellement de la tradition de la désobéissance civile telle que théorisée par Henry David Thoreau. Il entretient des liens durables avec les mouvements paysans internationaux via Via Campesina, organisation à laquelle il a servi de porte-parole, et avec le Mouvement des sans-terre brésilien, dont il côtoie l'un des animateurs, Mario Lill. Il est également proche de Louis Kotra Uregei, fondateur de l'Union syndicale des travailleurs kanaks et des exploités (USTKE). Son engagement dépasse le cadre agricole : soutien aux indépendantistes kanaks et tahitiens, participation aux sommets altermondialistes (Forum social mondial, G8 de Gênes en 2001 où perd la vie l'activiste Carlo Giuliani). En mai 2022, il signe avec Daniel Cohn-Bendit une tribune contre l'union NUPES, critiquant le rapprochement avec La France insoumise.
1 - En 1974, lors d'un rassemblement sur le causse du Larzac, José Bové fait partie des quelques militants qui protègent François Mitterrand, candidat présidentiel battu quelques semaines plus tôt, d'une agression par des groupuscules maoïstes.
2 - Lors du démontage du McDonald's de Millau en août 1999, les organisateurs avaient eux-mêmes prévenu la police avant d'agir : l'action collective, menée à visage découvert, relevait d'une stratégie délibérée de désobéissance civile assumée publiquement.
3 - En 1977, José Bové est au volant de l'un des 90 tracteurs qui pénètrent sur le champ de tir du Larzac, transportant sur leur garde-boue un soldat contestataire en cagoule délégué par les comités de soldats : une mise en scène pensée pour les caméras et les médias.
4 - À l'issue de sa condamnation pour l'affaire du McDonald's, alors que sa peine est portée à dix mois et que le président Jacques Chirac lui accorde une grâce partielle en 2003, il ne passe finalement qu'un mois et dix jours derrière les barreaux au lieu des vingt-deux mois prononcés cumulativement.
5 - En 2024, à 70 ans révolus, José Bové se retrouve incarné au cinéma par l'acteur belge Bouli Lanners dans Une affaire de principe, thriller politique d'Antoine Raimbault coproduit par Robert Guédiguian, centré non sur ses luttes agricoles mais sur son enquête parlementaire contre les lobbies du tabac à Bruxelles en 2012.
6 - Lors de sa mission Via Campesina en Cisjordanie en 2002, José Bové rencontre Yasser Arafat au palais présidentiel de Ramallah assiégé, puis se fait arrêter par l'armée israélienne en brandissant un drapeau blanc ; à son retour à l'aéroport d'Orly, il est physiquement pris à partie par des membres du mouvement sioniste de jeunesse Betar.
- Métier(s) : paysan éleveur, syndicaliste, homme politique, ancien député européen
- Résidence principale : La Roque-Sainte-Marguerite (Aveyron, plateau du Larzac)
- Relations de couple : Alice Monier (mariés en 1989, séparés en 2000)
- Enfants : deux filles (Marie et Hélène)
- Distinctions : aucune distinction officielle documentée
Si l'on ne construit pas un monde de partage des richesses, c'est un monde de conflits multilatéraux qui nous attend.
— Interview L'Express, 15 novembre 2001
La désobéissance civique est un acte de résistance collective, qui agglomère et transcende les démarches d'individus indignés.
— abc-citations.com, sans date précise documentée (Niveau B - source secondaire de compilation)
La transgression réfléchie de la loi devient nécessaire quand les différentes formes de mobilisation, d'interpellation du pouvoir ont échoué.
— abc-citations.com, sans date précise documentée (Niveau B - source secondaire de compilation)
Si l'on ne construit pas un monde de partage des richesses, c'est un monde de conflits multilatéraux qui nous attend.
— Interview L'Express, 15 novembre 2001
La désobéissance civique est un acte de résistance collective, qui agglomère et transcende les démarches d'individus indignés.
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La transgression réfléchie de la loi devient nécessaire quand les différentes formes de mobilisation, d'interpellation du pouvoir ont échoué.
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