Résumé biographique

Figure du communisme rural français, André Lajoinie s’impose comme un responsable du Parti communiste français issu du monde paysan, député de l’Allier, président de groupe à l’Assemblée nationale et candidat à l’élection présidentielle de 1988, avec un engagement constant en faveur des exploitants agricoles et des classes populaires.


Parcours

Né le 26 décembre 1929 à Chasteaux, en Corrèze, André Lajoinie grandit dans une famille d’agriculteurs et interrompt tôt sa scolarité pour travailler sur l’exploitation familiale. Il rejoint les Jeunesses communistes en 1946, puis le Parti communiste français en 1948, tout en s’engageant dans les organisations paysannes. Permanent syndical à partir de 1954, puis cadre de la fédération corrézienne du PCF, il devient dans les années 1960 responsable de la section agraire du comité central à Paris. Élu député de l’Allier en 1978, réélu à plusieurs reprises, il préside le groupe communiste à l’Assemblée nationale de 1981 à 1993 et dirige parallèlement l’hebdomadaire agricole La Terre. En 1988, il est candidat du PCF à l’élection présidentielle. Il poursuit son activité parlementaire et régionale jusqu’à son retrait de la vie politique en 2002.


Repères de carrière

1946 : Adhésion aux Jeunesses communistes en Corrèze.
1948 : Adhésion au Parti communiste français.
1954 : Permanent de la Fédération corrézienne des syndicats d’exploitants agricoles.
1958 : Grièvement blessé lors d’une manifestation à Brive contre la guerre d’Algérie, longue convalescence.
1963 : Nommé permanent de la section agraire du comité central du PCF à Paris.
1972 : Entrée au comité central du PCF (suppléant, puis titulaire en 1976).
1977 : Directeur de l’hebdomadaire La Terre.
1978 : Élu député de la 3e circonscription de l’Allier.
1981 : Président du groupe communiste à l’Assemblée nationale.
1988 : Candidat du PCF à l’élection présidentielle (6,76 % des suffrages au premier tour).
1992 : Conseiller régional d’Auvergne pour un nouveau mandat.
1994 : Président de l’Association nationale des élus communistes et républicains (ANECR).
1996 : Nommé chevalier de la Légion d’honneur.
1997–2002 : Président de la commission de la Production et des échanges de l’Assemblée nationale.
2002 : Fin de mandat parlementaire et retrait de la vie politique active.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un milieu paysan corrézien, André Lajoinie est le fils de Joseph Lajoinie et de Maria Jauberty. Il grandit dans un environnement marqué à la fois par la tradition catholique et par une culture républicaine laïque, entre un père proche des radicaux-socialistes et une mère très pratiquante. En août 1960, il épouse la militante communiste Paulette Rouffiange, employée de préfecture, avec laquelle il s’installe notamment à La Courneuve, dans la cité des 4000. Le couple a un fils, Laurent, né en 1962, devenu journaliste. Lajoinie articule durablement vie familiale et responsabilités politiques nationales et locales. Ses engagements publics se concentrent sur la défense des exploitants agricoles, les politiques sociales, la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, ainsi que le soutien aux mouvements internationalistes, notamment les campagnes pour la libération de Nelson Mandela et contre l’apartheid.


Anecdotes

1 – En juillet 1958, lors d’une manifestation à Brive contre la politique en Algérie, il est violemment frappé par les forces de l’ordre, subit une trépanation et passe plusieurs mois en convalescence, y compris dans un établissement en Tchécoslovaquie.
2 – Au début des années 1960, il choisit de vivre avec sa famille dans la cité des 4000 à La Courneuve, tout en étant cadre national du PCF, afin de rester proche des milieux populaires urbains.
3 – Pendant la campagne présidentielle de 1988, ses meetings sont structurés autour du triptyque « Justice, liberté, paix », tandis que la présence d’un candidat dissident, Pierre Juquin, fragilise l’unité de l’électorat communiste.
4 – Spécialiste des questions agricoles au sein du PCF, il dirige l’hebdomadaire La Terre pendant près de deux décennies et assume ensuite la direction de la revue économique Économie et politique.
5 – À l’Assemblée nationale, il est associé à la campagne « 40 milliards pour l’école, pas pour l’armement » et participe activement aux débats qui conduisent à l’adoption de la loi Gayssot contre le racisme et le négationnisme.


Lieux de mémoire

Les principaux lieux de référence associés à André Lajoinie sont sa commune natale de Chasteaux en Corrèze, où s’ancre sa trajectoire paysanne, et les territoires de l’Allier, notamment Montluçon, Saint-Pourçain-sur-Sioule et la région de Vichy-Cusset, où il exerce ses mandats. Installé en Auvergne pour l’essentiel de sa carrière élective, il meurt le 26 novembre 2024 à Cusset, après des obsèques célébrées à Vichy, devenues des lieux de mémoire pour ses proches et ses camarades de parti.


Contexte du décès

André Lajoinie décède le 26 novembre 2024 à l’âge de 94 ans, à Cusset, dans le département de l’Allier. Sa disparition est annoncée par des responsables du Parti communiste français et relayée par de nombreux médias nationaux, qui rappellent son rôle de dirigeant rural et d’ancien candidat à l’élection présidentielle de 1988. Ses obsèques se déroulent le 6 décembre 2024 dans la salle des associations de Vichy, en présence d’élus, de militants et de proches, avant son incinération. Des hommages sont publiés par la presse, les organisations politiques et syndicales, qui soulignent la continuité de son engagement au service des exploitants agricoles et des territoires qu’il a représentés.


Points clés

• Métier(s) : homme politique, agriculteur, directeur de rédaction de presse écrite
• Résidence principale : Allier, France
• Relations : Paulette Rouffiange (mariage en 1960, jusqu’au décès de celle-ci en 1999)
• Enfants : Laurent (1962)
• Distinctions : chevalier de la Légion d’honneur (1996)