Résumé biographique
Violette Nozière, née en 1915 à Neuvy-sur-Loire et condamnée pour parricide dans les années 1930, occupe une place durable dans l’histoire criminelle et judiciaire française, au croisement des faits divers médiatisés, des débats sur l’inceste et des nombreuses œuvres culturelles inspirées par son affaire.
Parcours
Née le 11 janvier 1915 à Neuvy-sur-Loire, Violette Nozière grandit dans le 12e arrondissement de Paris, où son père travaille aux chemins de fer. Lycéenne, elle mène une double vie entre études et fréquentations du Quartier latin. En août 1933, elle empoisonne ses parents, entraînant la mort de son père et la survie de sa mère. Arrêtée puis jugée, elle est condamnée à mort le 12 octobre 1934, peine commuée en travaux forcés à perpétuité, avant une réduction à douze ans de détention. Incarcérée notamment à Haguenau puis Rennes, elle est libérée le 29 août 1945. Installée ensuite à Paris, elle devient secrétaire-comptable, puis commerçante et gérante d’établissements hôteliers et de restauration. Réhabilitée en 1963, elle meurt en 1966.
Repères de carrière
11 janvier 1915 : Naissance à Neuvy-sur-Loire (Nièvre).
Années 1920-1930 : Scolarité à Paris, au lycée Voltaire puis au lycée Fénelon.
21 août 1933 : Empoisonnement de ses parents rue de Madagascar à Paris ; décès de son père, survie de sa mère.
28 août 1933 : Arrestation par la brigade criminelle à Paris.
12 octobre 1934 : Condamnation à mort par la cour d’assises de la Seine pour parricide et empoisonnement.
6 août 1942 : Réduction de peine à douze ans de travaux forcés.
29 août 1945 : Libération de la maison centrale de Rennes.
17 novembre 1945 : Levée de l’interdiction de séjour par le général de Gaulle.
16 décembre 1946 : Mariage avec Pierre Coquelet à Neuvy-sur-Loire.
1947-1959 : Naissances de ses cinq enfants, une fille et quatre garçons.
Années 1950 : Gestion d’hôtels et de cafés-hôtels à Clamart puis à L’Aigle (Orne).
Avril 1957 : Installation et reprise de l’Hôtel de la Forêt à La Bouille (Seine-Maritime).
13 mars 1963 : Réhabilitation par la cour d’appel de Rouen.
26 novembre 1966 : Décès à Petit-Quevilly (Seine-Maritime).
1978 : Sortie du film Violette Nozière de Claude Chabrol, inspiré de son histoire.
Vie personnelle et engagements
Fille unique de Baptiste Nozière et de Germaine Hézard, Violette Nozière grandit dans un milieu ouvrier parisien. Dans les années 1930, elle entretient une relation avec Jean Dabin, étudiant en droit, qui joue un rôle important dans le contexte de l’affaire. Après sa libération en 1945, elle s’installe à Paris sous le nom de Germaine Hézard et travaille comme secrétaire-comptable à la Fédération chrétienne des étudiants. Elle épouse en 1946 Pierre Coquelet, cuisinier puis commerçant, avec lequel elle aura cinq enfants entre 1947 et 1959. Le couple tient successivement un café-hôtel à Clamart, un hôtel à L’Aigle, puis l’Hôtel de la Forêt à La Bouille. Sa vie adulte se déroule ensuite dans un cadre familial et professionnel discret, marqué par une pratique religieuse renforcée depuis sa détention.
Anecdotes
1 – L’affaire a suscité un important débat public sur l’inceste et l’autorité paternelle, les déclarations de Violette contre son père étant largement commentées par la presse des années 1930.
2 – Elle a bénéficié successivement de la clémence de trois chefs d’État français (Albert Lebrun, Philippe Pétain et Charles de Gaulle), de la commutation de sa peine jusqu’à sa libération et la levée de son interdiction de séjour.
3 – En 1933, des surréalistes publient un volume collectif intitulé Violette Nozières, avec des poèmes d’André Breton, Paul Éluard ou René Char et des dessins de Salvador Dalí, Max Ernst ou René Magritte.
4 – Une fois libérée, elle vit et travaille à Paris sous le nom de sa mère, « Germaine Hézard », afin de s’éloigner de la notoriété de son affaire.
5 – En 1963, sa réhabilitation par la cour d’appel de Rouen constitue un cas exceptionnel de réhabilitation d’une personne initialement condamnée à mort pour un crime de droit commun.
6 – Son histoire inspire le film Violette Nozière réalisé par Claude Chabrol, sorti en 1978, avec Isabelle Huppert dans le rôle principal.
Lieux de mémoire
Les lieux de référence de Violette Nozière s’articulent autour de Neuvy-sur-Loire, où elle naît, est baptisée et où elle repose au cimetière familial, et de Paris, notamment le 12e arrondissement (rue de Madagascar) et le Quartier latin. Sa vie de commerçante la conduit ensuite à Clamart, L’Aigle et La Bouille, avant ses dernières années à Petit-Quevilly, près de Rouen.
Contexte du décès
En janvier 1963, Violette Nozière est opérée d’une tumeur cancéreuse au sein à Rouen. Sa santé se dégrade ensuite, avec une décalcification des vertèbres lombaires puis un cancer des os qui la rend infirme et l’oblige à cesser son activité de restauratrice. En 1965, la famille s’installe au 14 avenue des Canadiens, au Petit-Quevilly, en Seine-Maritime. C’est à ce domicile qu’elle meurt le 26 novembre 1966, à l’âge de 51 ans. Elle est inhumée dans le caveau familial de Neuvy-sur-Loire, aux côtés de ses parents et de son mari, devenant un point de mémoire local de l’affaire.
Points clés
• Métier(s) : lycéenne, employée de bureau, secrétaire-comptable, commerçante, gérante d’hôtel, tenancière de café-restaurant
• Résidence principale : Petit-Quevilly, France (dernières années de vie)
• Relations : Jean Dabin (relation au début des années 1930) ; Pierre Coquelet (marié de 1946 à 1961)
• Enfants : cinq enfants (une fille et quatre garçons), nés entre 1947 et 1959
• Distinctions : grâces présidentielles successives (Lebrun, Pétain, de Gaulle) ; réhabilitation judiciaire par la cour d’appel de Rouen (1963)






