Cette année marque le 80ᵉ anniversaire de sa disparition.
Né à Auxerre et guillotiné à Paris en 1946, Marcel Petiot est un médecin et tueur en série français, condamné à mort pour vingt-six assassinats commis pendant l'Occupation. Sous le pseudonyme de « Docteur Eugène », il attirait ses victimes en leur promettant un faux réseau d'exfiltration.
Marcel André Henri Félix Petiot grandit à Auxerre dans une famille modeste, fils de Félix Petiot, employé des Postes, et de Marthe Bourdon. Mobilisé en janvier 1916, il combat dans l'armée française et est blessé et gazé lors de la seconde bataille de l'Aisne, ce qui entraîne plusieurs séjours en hôpitaux psychiatriques, notamment à Fleury-les-Aubrais. Réformé puis renvoyé au front, il bénéficie d'un programme accéléré de formation médicale après la guerre et obtient son diplôme de médecine en 1921. En mars 1922, il s'installe à Villeneuve-sur-Yonne, ville bourguignonne d'environ 4 000 habitants, où il ouvre un cabinet et acquiert une réputation populaire en multipliant les consultations gratuites pour les indigents. Sous l'étiquette du Parti radical-socialiste, il entre au conseil municipal en 1925 puis devient maire en juillet 1926.
Après une carrière politique marquée par des accusations de fraude à l'assurance et de détournement de fonds, défendu à chaque procédure par maître René Floriot, Petiot est révoqué de son mandat de maire en 1931, puis élu conseiller général de l'Yonne avant d'être définitivement écarté de tout mandat électif en 1934 pour vol de courant électrique. Il s'installe à Paris en 1933, exerce dans le 9e arrondissement, puis acquiert en 1941 un hôtel particulier au 21 rue Le Sueur, dans le 16e arrondissement. Pendant l'Occupation, il pratique des avortements clandestins, fournit de faux certificats médicaux et trafique des stupéfiants. À partir de 1942, il met en place un faux réseau d'évasion vers l'Amérique du Sud sous le pseudonyme de « Docteur Eugène », attirant des Juifs traqués, des résistants et des marginaux.
Le 11 mars 1944, alertés par les voisins en raison d'une fumée épaisse et d'une odeur pestilentielle, pompiers et policiers découvrent au 21 rue Le Sueur les restes de vingt-sept corps démembrés et brûlés, ainsi que des dizaines de valises contenant les effets des victimes. Petiot prend la fuite et se cache parmi les Forces françaises de l'intérieur sous l'identité du « capitaine Henri Valéry ». Il est arrêté le 31 octobre 1944 dans le métro parisien. Son procès s'ouvre le 18 mars 1946 devant la Cour d'assises de la Seine, présidé par Marcel Leser. Défendu par maître René Floriot, l'accusé revendique soixante-trois meurtres en affirmant avoir tué « pour la France ». Le 4 avril 1946, après trois heures de délibération sur 135 charges, il est condamné à mort pour le meurtre prémédité de vingt-six personnes.
1897 : naissance à Auxerre le 17 janvier
1916 : mobilisation dans l'armée française en janvier
1921 : obtention du diplôme de médecine
1922 : installation comme médecin à Villeneuve-sur-Yonne
1926 : élection comme maire de Villeneuve-sur-Yonne en juillet
1927 : mariage avec Georgette Lablais à Seignelay le 4 juin
1928 : naissance de son fils unique Gerhardt le 19 avril
1931 : révocation de son mandat de maire
1933 : installation à Paris
1941 : acquisition de l'hôtel particulier du 21 rue Le Sueur
1944 : découverte du charnier de la rue Le Sueur le 11 mars
1944 : arrestation le 31 octobre dans le métro parisien
1946 : procès aux assises de la Seine du 18 mars au 4 avril
1946 : condamnation à mort le 4 avril
1946 : exécution par guillotine le 25 mai à la prison de la Santé
Marcel Petiot naît dans une famille bourguignonne d'employés. Son père, Félix Petiot, travaille pour les Postes françaises à Auxerre ; sa mère, Marthe Bourdon, élève les deux enfants du couple. Son frère cadet, Maurice Petiot, né le 20 décembre 1906, devient commerçant rue du Pont à Auxerre et sera plus tard inquiété comme complice présumé. Scolarisé à Auxerre, Marcel est expulsé de plusieurs établissements pour troubles graves du comportement, avant d'achever son cursus secondaire. Le 4 juin 1927, à Seignelay, il épouse Georgette Valentine Lablais, fille d'un commerçant local propriétaire à Paris du restaurant « Chez Marius », rue de Bourgogne. Leur fils unique Gerhardt naît le 19 avril 1928 à Villeneuve-sur-Yonne.
L'entourage proche est durablement marqué par le procès. Georgette Petiot, mise en cause pour recel, bénéficie d'un non-lieu accordé par le juge d'instruction Ferdinand Gollety, tout comme Maurice Petiot, poursuivi pour homicide involontaire. Après l'exécution de son mari, Georgette travaille dans une boulangerie rue Notre-Dame-de-Nazareth, à Paris, et défend l'innocence de son époux devant la presse en février 1948. Gerhardt Petiot émigre en Amérique du Sud à la fin des années 1940. Politiquement, Marcel Petiot s'est revendiqué du Parti radical-socialiste puis, lors de son arrestation, fut porteur de cartes du Parti communiste et de l'Association France-URSS.
Marcel Petiot est exécuté par guillotine le 25 mai 1946, à 5 h 7 du matin, dans la cour de la prison de la Santé, dans le 14e arrondissement de Paris. Le bourreau est Jules-Henri Desfourneaux. Petiot est le premier condamné de droit commun guillotiné en France après la Libération. Selon les témoins présents, l'avocat général Pierre Dupin recueille ses dernières paroles : « Je suis un voyageur qui emporte ses bagages. » Son avocat, maître René Floriot, ne se tient pas devant l'échafaud à la demande expresse de son client. Aucune cérémonie religieuse publique n'a lieu, conformément au protocole appliqué aux suppliciés de droit commun.
Marcel Petiot est inhumé au cimetière parisien d'Ivry-sur-Seine, dans le carré dit « des suppliciés », où sont historiquement regroupés les corps des condamnés guillotinés à Paris. L'hôtel particulier du 21 rue Le Sueur, théâtre des crimes, a depuis été démoli.
1 - Lors de son arrestation le 31 octobre 1944, Petiot est trouvé porteur d'un revolver 9 mm, de trente et un mille francs, d'une carte du Parti communiste et de plusieurs papiers d'identité aux noms de Valéry, Wetterwald, Gilbert, de Frutos et Cacheux.
2 - Surnommé « Docteur Satan » et « Barbe-bleue des temps modernes » par la presse, il fait l'objet d'une couverture comparable à celle du procès de Henri Désiré Landru en 1921, selon Le Figaro du 17 avril 1946.
3 - Pendant son procès, Petiot affichait une attitude désinvolte, allant jusqu'à dormir durant certaines audiences et plaisanter avec les jurés, malgré les 135 charges retenues contre lui.
4 - L'enquête a recensé quarante-sept valises contenant les affaires de ses victimes, retrouvées chez son complice présumé Albert Neuhausen, marchand de cycles à Courson-les-Carrières.
5 - Sa biographie a inspiré le roman La Tête sur les épaules d'Henri Troyat publié en 1951, ainsi que le film Docteur Petiot de Christian de Chalonge en 1990, dans lequel Michel Serrault tient le rôle-titre.
- Métier(s) : médecin généraliste, homme politique, criminel
- Résidence principale : Paris, 21 rue Le Sueur (16e arrondissement) à partir de 1941
- Relations de couple : Georgette Valentine Lablais, épouse depuis le 4 juin 1927
- Enfants : Gerhardt Petiot, né le 19 avril 1928
- Distinctions : aucune
« Tu me fais chier. »
— Propos rapportés à l'avocat général Pierre Dupin au matin de l'exécution, 25 mai 1946, prison de la Santé
« Ça ne va pas être beau. »
— Propos à maître René Floriot devant la guillotine, 25 mai 1946, prison de la Santé
« Je suis un voyageur qui emporte ses bagages. »
— Dernières paroles à l'avocat général Pierre Dupin, 25 mai 1946, prison de la Santé, rapportées par l'INA et la presse de l'époque
« Tu me fais chier. »
— Propos rapportés à l'avocat général Pierre Dupin au matin de l'exécution, 25 mai 1946, prison de la Santé
« Ça ne va pas être beau. »
— Propos à maître René Floriot devant la guillotine, 25 mai 1946, prison de la Santé
« Je suis un voyageur qui emporte ses bagages. »
— Dernières paroles à l'avocat général Pierre Dupin, 25 mai 1946, prison de la Santé, rapportées par l'INA et la presse de l'époque