Henri Désiré Landru

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Biographie

Henri Désiré Landru, né le 12 avril 1869 à Paris (XIXe arrondissement) et guillotiné le 25 février 1922 à Versailles, est un criminel français condamné pour onze meurtres commis entre 1915 et 1919, principalement dans des villas isolées de Seine-et-Oise où il attirait des femmes seules recrutées par annonces matrimoniales.


Parcours

Henri Désiré Landru grandit à Paris dans une famille modeste installée rue du Cloître-Notre-Dame. Élève appliqué à l'école des Frères de la rue de Bretonvilliers, distingué pour ses aptitudes en dessin et en mathématiques, il sert comme enfant de chœur à l'église Saint-Louis-en-l'Île, où ses parents envisagent brièvement de le diriger vers le séminaire. Il y rencontre Marie-Catherine Rémy, qu'il épousera en 1893 après son service militaire accompli au 87e régiment d'infanterie de Saint-Quentin avec le grade de sergent. Entre 1893 et 1900, Landru occupe une dizaine de postes — comptable, cartographe, couvreur, plombier — et change quinze fois d'employeur. Face aux difficultés financières provoquées par la naissance de quatre enfants, il fonde une pseudo-fabrique de bicyclettes à pétrole en organisant une campagne publicitaire nationale exigeant des acomptes, encaisse les commandes et disparaît sans livrer, commettant ainsi sa première escroquerie documentée. Condamné à deux ans de prison en 1904, à treize mois en 1906 puis à trois ans en 1909, il accumule les séjours carcéraux tout en changeant constamment de pseudonymes — Natier, Maddau, Dupont, Chatelle — pour échapper à ses victimes. En 1914, condamné par défaut à quatre ans et à la relégation à vie au bagne de Guyane pour récidive, il choisit la clandestinité.

Profitant du contexte de la Première Guerre mondiale qui multiplie les femmes seules, Landru adopte à partir de 1915 un mode opératoire méthodique : sous de faux noms, il publie des annonces matrimoniales dans des quotidiens nationaux en se présentant comme un veuf aisé. Sur 283 femmes contactées, identifiées dans son carnet de comptes tenu avec soin, il sélectionne celles dont l'isolement et le patrimoine répondent à ses critères. Il les convie dans des villas louées, d'abord à Vernouillet — où quatre personnes disparaissent — puis à Gambais, dans la villa baptisée « l'Ermitage », où sept autres disparaissent. Les billets de train à aller-retour qu'il achète — pour lui seul — figureront parmi les pièces à conviction du procès. Arrêté le 12 avril 1919, jour de son cinquantième anniversaire, au domicile rue de Rochechouart qu'il partageait avec son amie Fernande Segret, artiste lyrique, Landru est aussitôt inculpé d'escroqueries et d'homicides par le juge Bonin. Après deux ans et demi d'instruction, le procès s'ouvre le 7 novembre 1921 devant la cour d'assises de Seine-et-Oise à Versailles. Défendu par maître Vincent de Moro-Giafferi, Landru est déclaré coupable de onze meurtres le 30 novembre 1921 et condamné à mort. Son recours en grâce est rejeté par le président Alexandre Millerand. Il est guillotiné le 25 février 1922 par le bourreau Anatole Deibler devant la prison Saint-Pierre de Versailles.


Controverse

L'affaire Landru constitue l'une des procédures criminelles les plus complexes de la IIIe République française. Poursuivi pour onze meurtres — dix femmes et le fils de l'une d'elles — sans qu'aucun corps entier n'ait été retrouvé, Landru maintient sa dénégation tout au long de l'instruction et du procès. Les preuves matérielles rassemblées par l'instruction comprennent 295 fragments d'ossements calcinés découverts dans les villas de Gambais et de Vernouillet, les effets personnels des disparues retrouvés dans ses garages de Neuilly et de Clichy, les relevés bancaires attestant la spoliation systématique de ses victimes, et les tickets de chemin de fer à aller-retour démontrant qu'il rentrait seul de ses séjours en villa. Son carnet, qui recense 283 femmes avec les mentions « sans intérêt », « sous réserve » ou « sans fortune », documente la sélection méthodique de ses victimes. Lors du procès, plus de 350 témoins sont entendus. La plaidoirie de maître Vincent de Moro-Giafferi, axée sur l'absence de corps et l'insuffisance des preuves directes, ne parvient pas à écarter la condamnation à mort, prononcée au terme de huit heures de délibération. En 1967, un dessin représentant le fourneau de Gambais, réalisé par Landru de sa propre main et remis à son second avocat Auguste Navières du Treuil, est rendu public : au dos figure une phrase considérée par les historiens comme un aveu indirect de sa culpabilité. En 1922, lors de son procès en divorce, le tribunal retient que Marie-Catherine Rémy, épouse Landru, a bénéficié du produit des escroqueries commises par son mari.


Repères chronologiques

1869 : naissance le 12 avril au 41 rue de Puebla (actuelle avenue Simon-Bolivar), Paris XIXe arrondissement
1888 : officie comme sous-diacre à l'église Saint-Louis-en-l'Île, Paris
1889 : travaille comme commis d'architecte ; première fille, Marie-Henriette, née en 1891
1893 : mariage avec Marie-Catherine Rémy le 7 octobre à Paris ; service militaire accompli au 87e régiment d'infanterie
1899 : dépôt d'un brevet de bicyclette à moteur à l'Institut national de la propriété industrielle ; première escroquerie à la fausse fabrique de bicyclettes
1904 : condamné à deux ans de prison pour escroquerie au cautionnement
1906 : nouvelles condamnations à treize mois puis à trente-six mois de prison
1909 : condamné à trois ans de prison pour escroquerie matrimoniale au détriment de Jeanne Izoret
1914 : condamné par défaut à quatre ans de prison et à la relégation ; entre dans la clandestinité ; premiers contacts avec Jeanne Cuchet
1915 : location de la villa de Vernouillet ; disparition de Jeanne Cuchet et de son fils André, premières victimes documentées
1915 : location de la villa de l'Ermitage à Gambais (Seine-et-Oise) en décembre
1915-1919 : disparition de dix femmes et d'un jeune homme dans les villas de Vernouillet et de Gambais
1919 : arrestation le 12 avril rue de Rochechouart, Paris ; inculpation d'homicides par le juge Bonin le 14 avril
1921 : procès devant la cour d'assises de Versailles du 7 au 30 novembre ; condamnation à mort prononcée le 30 novembre
1922 : exécution par guillotine le 25 février devant la prison Saint-Pierre de Versailles à 6 h 05 ; inhumation au cimetière des Gonards


Vie personnelle et engagements

Henri Désiré Landru est le fils cadet de Julien Alexandre Silvain Landru, chauffeur aux Forges de Vulcain, et de Flore Henriquel, couturière et blanchisseuse à domicile. Sa sœur aînée, Florentine Marguerite Landru, est née en 1854. Son père se suicida au bois de Boulogne le 28 août 1912 ; sa mère décéda en 1910. Landru épouse le 7 octobre 1893 Marie-Catherine Rémy, sa cousine rencontrée à l'église Saint-Louis-en-l'Île. Le couple a quatre enfants : Marie-Henriette (née le 24 juin 1891), Maurice-Alexandre (né le 4 mai 1894), Suzanne (née le 7 avril 1896) et Charles-Eugène (né le 1er avril 1900). Lors de son arrestation en 1919, sa femme et son fils Maurice sont brièvement inculpés de recel avant d'obtenir un non-lieu. Immédiatement après l'exécution de leur père en 1922, Marie-Henriette, Maurice-Alexandre et Charles-Eugène demandent à substituer le nom de Rémy à celui de Landru.

Lors de son arrestation, Landru vit maritalement avec Fernande Segret, artiste lyrique âgée de vingt-sept ans, rencontrée dans un tramway parisien. Segret déclare pendant l'instruction que Landru aurait tenté de l'empoisonner à deux reprises, bien qu'elle ait continué de protester de son innocence durant le procès. Après l'exécution, Segret fait carrière dans un cabaret parisien puis exerce comme institutrice au Liban pendant une quarantaine d'années avant de se retirer à Flers (Orne). En 1963, elle intente un procès au réalisateur Claude Chabrol à propos du film Landru et obtient 10 000 francs de dommages et intérêts du producteur. En 1968, Fernande Segret se jette dans les douves du château de Flers, le jour anniversaire de la demande en mariage que Landru lui avait faite.


Contexte du décès

Henri Désiré Landru est guillotiné le 25 février 1922 à 6 h 05 à l'entrée de la prison Saint-Pierre de Versailles par le bourreau Anatole Deibler, qui note dans son carnet : « 6 h 10. Temps clair. » La demande de dernière volonté de Landru — se laver les pieds — est refusée par les autorités pénitentiaires. Son recours en grâce, déposé par son avocat maître Vincent de Moro-Giafferi, a été rejeté le 24 janvier 1922 par le président de la République Alexandre Millerand, après rejet du pourvoi en cassation le 3 février. Devant l'échafaud, à son avocat qui l'interrogeait une dernière fois sur sa culpabilité, Landru répond : « Cela, Maître, c'est mon petit bagage. » La cérémonie funèbre est assurée par la famille, qui prend en charge l'inhumation. Le bourreau Anatole Deibler et le président Millerand sont les figures institutionnelles les plus directement associées à l'issue du dossier. La presse nationale et internationale couvre l'événement en première page.


Lieux de mémoire

Henri Désiré Landru est inhumé dans le carré réservé aux condamnés à mort du cimetière des Gonards à Versailles. Conformément à la loi, sa tombe ne porte pas son nom de famille : seuls les prénoms « Henri Désiré » sont inscrits sur une simple croix en bois. L'emplacement exact de la sépulture a depuis fait l'objet de controverses, certaines sources suggérant que les restes ont été repris par la famille pour une réinhumation anonyme.


Anecdotes

1 - Pendant l'instruction, Landru réalise de sa propre main un dessin représentant le fourneau à charbon de la villa de Gambais et le remet à son second avocat Auguste Navières du Treuil. Rendu public en décembre 1967 par le garde des Sceaux Robert Badinter, le document porte au dos une phrase considérée comme un aveu indirect de ses crimes.
2 - Lors de son arrestation, Landru fredonne à Fernande Segret un air de l'opéra Manon — « Adieu, notre petite table » — alors que les inspecteurs Braunberger et Belin l'emmenaient. L'inspecteur Belin, qui avait démantelé la bande à Bonnot en 1912, dira avoir été déconcerté par le sang-froid du personnage.
3 - Durant son incarcération entre 1919 et 1922, Landru reçoit plus de 4 000 lettres, dont environ 800 demandes en mariage de femmes inconnues, phénomène documenté par le Musée du Barreau de Paris qui en conserve plusieurs dans ses collections.
4 - Lors des élections législatives de novembre 1919, environ 4 000 bulletins de vote portant le seul nom de Landru sont déposés dans les urnes, illustrant la notoriété paradoxale de l'affaire quelques mois après son arrestation.
5 - Charles Chaplin s'inspire de l'affaire Landru pour Monsieur Verdoux (1947), en rachetant le scénario original d'Orson Welles ; le film est un échec commercial aux États-Unis mais rencontre un accueil favorable en Europe, notamment en France, où Claude Chabrol en tirera son propre Landru en 1963 avec Charles Denner dans le rôle-titre.


Points clés

- Métier(s) : criminel et escroc ; anciennement commis d'architecte, comptable, cartographe, entrepreneur de travaux
- Résidence principale : Paris (XIXe arrondissement, puis divers domiciles parisiens sous faux noms)
- Relations de couple : marié à Marie-Catherine Rémy (1893–1921, divorce) ; en concubinage avec Fernande Segret au moment de l'arrestation
- Enfants : quatre — Marie-Henriette (1891), Maurice-Alexandre (1894), Suzanne (1896), Charles-Eugène (1900)
- Distinctions : aucune

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Questions autour de Henri Désiré Landru

Qui est né le même jour que Henri Désiré Landru ?
Andy Garcia, Zidrou, Max Rockatansky, Ed O'Neill et Charles Napier sont nés le 12 avril comme Henri Désiré Landru.
À quel âge est mort Henri Désiré Landru ?
Henri Désiré Landru est mort à 52 ans, le 25 février 1922.
Qui est mort le même jour que Henri Désiré Landru ?
Roger Couderc, Mark Hollis, Donald Bradman, Auguste Perret et Eddie Constantine sont morts le 25 février comme Henri Désiré Landru.
Quels criminels sont du signe Bélier comme Henri Désiré Landru ?
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