Cette année marque le 150ᵉ anniversaire de sa naissance.
Jules Bonnot, criminel français né le 14 octobre 1876 à Pont-de-Roide (Doubs), mécanicien de métier et meneur de la bande qui porte son nom, est l'auteur en décembre 1911 du premier braquage de l'histoire commis en automobile, avant d'être abattu le 28 avril 1912 à Choisy-le-Roi à l'issue d'un siège resté dans les mémoires.
Jules Bonnot perd sa mère avant ses quatre ans. Son père, ouvrier, n'a guère de temps à lui consacrer. L'école le signale comme "intelligent mais paresseux, indiscipliné, insolent, brutal envers ses camarades" (Le Figaro, 2009). Il part en apprentissage aux usines Peugeot, puis rejoint en 1897 le 133e régiment d'infanterie à Belley, où il obtient un certificat de bonne conduite et un brevet de tireur d'élite. Ajusteur mécanicien, il se marie en 1901 à Vouvray avec Sophie Burdet, couturière. Le couple s'installe à Lyon, où Bonnot travaille notamment chez Berliet et fréquente les cercles anarchistes. Sa femme finit par le quitter, emportant leur fils. Il bascule alors dans le banditisme, exploitant deux ateliers de mécanique à Lyon comme couverture, avec pour complice un boulanger italien nommé Platano. Il utilise dès 1906 une De Dion-Bouton pour commettre ses méfaits, alors que la police se déplace encore à cheval ou à vélo (ENSP). Recherché par la police lyonnaise en 1911, il fuit vers Paris.
A Paris, Bonnot rencontre au siège du journal anarchiste L'Anarchie à Romainville plusieurs individus qui deviendront ses complices : Raymond Callemin, dit Raymond-la-Science, Octave Garnier et Edouard Carouy notamment. Le 21 décembre 1911, il organise le braquage de la Société Générale rue Ordener, dans le 18e arrondissement de Paris. Il a sélectionné pour l'occasion une Delaunay-Belleville verte et noire de 12 CV, modèle 1910, marque de luxe réputée fiable et rapide. C'est la première fois dans l'histoire qu'une voiture est utilisée pour un braquage. La presse baptise aussitôt le groupe les "bandits en auto" puis la "bande à Bonnot". S'ensuivent plusieurs mois de fuite, de braquages et de meurtres, dont celui du sous-chef de la Sûreté parisienne. La bande écume la région parisienne sous la pression d'une traque nationale. Le préfet Lépine dirige personnellement les opérations. Edmond Locard, créateur du premier laboratoire de police scientifique français, participe au démantèlement de la bande et assiste à plusieurs perquisitions (ENSP).
Jules Bonnot épouse en août 1901 Sophie Burdet, couturière, à Vouvray. Le couple s'installe à Lyon. Un fils, Justin Louis Émile Bonnot, naît en 1904 (Archives municipales de Lyon). Sa femme finit par le quitter, et Bonnot souffre de ne plus voir son fils (source encyclopédique). Depuis septembre 1908, il vit chez le sieur Thollon, gardien de cimetière à Lyon, dont la femme devient sa maîtresse.
Jules Bonnot n'est pas issu du milieu anarchiste mais y entre par opportunité. Le criminologue Edmond Locard rapporte qu'il "n'était pas anarchiste mais aimait le faire croire car il comptait ainsi être envoyé au bagne et éviter la guillotine", ajoutant : "C'était un voleur et un assassin" (ENSP). Son rapport à l'idéologie reste donc instrumentalisé. Parmi ses complices, Raymond Callemin est le seul à présenter une réelle profondeur intellectuelle. Bonnot, lui, est décrit comme un homme de terrain, mécanicien expérimenté, dont l'expertise automobile constitue l'apport décisif à la bande. A la veille de sa mort, réfugié dans le garage de Choisy-le-Roi, il rédige un testament dans lequel il écrit : "Je suis un homme célèbre, la renommée claironne mon nom aux quatre coins du globe [...] J'ai le droit de vivre. Tout homme a le droit de vivre et puisque votre société imbécile et criminelle prétend me l'interdire, eh bien, tant pis pour vous tous" (Le Figaro, 2009).
Le 28 avril 1912, la police encercle le pavillon de Choisy-le-Roi où Jules Bonnot s'est réfugié avec un complice. Le préfet Lépine dirige l'opération en personne. Plusieurs milliers de curieux assistent au siège. Face à l'échec des charges de dynamite successives, une troisième explosion ouvre des brèches dans la masure. Bonnot, percé de onze balles dont trois à la tête, injurie encore les policiers venus l'achever. Il décède quelques heures plus tard à l'Hôtel-Dieu. Faute de procès, et après la boucherie de 1914-1918, ses crimes devinrent progressivement presque anodins dans la mémoire collective. La légende de la bande à Bonnot, elle, ne cessa de grandir (Le Figaro, 2009).
Jules Bonnot est né à Pont-de-Roide dans le Doubs. Il passe une partie de sa vie criminelle entre Lyon, Genève et Saint-Etienne, avant de rejoindre Paris en 1911. C'est dans le 18e arrondissement que se déroule son coup le plus célèbre, et à Choisy-le-Roi qu'il trouve la mort. Il est enterré au cimetière de Thiais.
C'était un voleur et un assassin.
— Edmond Locard, cité par l'ENSP
Je suis un homme célèbre, la renommée claironne mon nom aux quatre coins du globe [...] J'ai le droit de vivre. Tout homme a le droit de vivre et puisque votre société imbécile et criminelle prétend me l'interdire, eh bien, tant pis pour vous tous.
— Testament de Jules Bonnot, 28 avril 1912, cité par Le Figaro, 31 janvier 2009
C'était un voleur et un assassin.
— Edmond Locard, cité par l'ENSP
Je suis un homme célèbre, la renommée claironne mon nom aux quatre coins du globe [...] J'ai le droit de vivre. Tout homme a le droit de vivre et puisque votre société imbécile et criminelle prétend me l'interdire, eh bien, tant pis pour vous tous.
— Testament de Jules Bonnot, 28 avril 1912, cité par Le Figaro, 31 janvier 2009