Dirigeant de la famille Genovese, Frank Costello a marqué l'histoire du crime organisé américain par son influence politique. Surnommé le « Premier ministre de la pègre », il a privilégié la corruption et l'infiltration commerciale à la violence directe pour stabiliser les activités du Syndicat national du crime.
Francesco Castiglia naît en Calabre en 1891 avant d'émigrer à New York en 1895. Il adopte le pseudonyme de Frank Costello lors de ses débuts dans la criminalité urbaine à East Harlem. Son association avec Lucky Luciano au début des années 1920 lui permet de bâtir un réseau de contrebande d'alcool durant la Prohibition. Il se spécialise rapidement dans l'établissement de liens avec les responsables de Tammany Hall, la machine politique new-yorkaise. En 1931, il participe à la structuration de la Cosa Nostra et devient le bras droit de Luciano au sein de la famille Genovese. Il prend la direction opérationnelle de l'organisation en 1936, suite à l'incarcération de Luciano, et développe massivement les revenus liés aux machines à sous et aux casinos à travers les États-Unis.
Son leadership est caractérisé par une recherche constante de compromis entre les familles mafieuses. Cependant, les années 1950 marquent son déclin. En 1951, il est contraint de témoigner devant la commission sénatoriale Kefauver, où son audition télévisée fragilise sa position. Parallèlement, il affronte l'opposition interne de Vito Genovese. En mai 1957, il survit à une tentative d'assassinat orchestrée par Vincent Gigante. Suite à cet événement, il choisit de céder le contrôle de la famille à Genovese pour éviter un conflit ouvert. Il se retire alors des affaires opérationnelles tout en conservant un rôle de conseiller officieux jusqu'à sa disparition.
La carrière de Frank Costello a été exposée publiquement lors des auditions de la commission Kefauver en 1951. Bien qu'il n'ait pas été condamné pour des crimes de sang à cette occasion, l'enquête a révélé l'étendue de ses réseaux de corruption au sein de la magistrature et de la police de New York. En 1952, il est condamné à dix-huit mois de prison pour outrage au Sénat, puis à cinq ans en 1954 pour évasion fiscale. Par ailleurs, sa décision de suivre une thérapie psychiatrique pour traiter son anxiété, révélée à la fin des années 1940, a suscité des critiques au sein de la mafia, où cette démarche était perçue comme un signe de vulnérabilité.
1891 : Naissance à Lauropoli, en Italie.
1895 : Arrivée de sa famille à New York.
1915 : Première condamnation pour port d'arme illégal.
1931 : Intégration de la Commission de la Mafia.
1936 : Devient chef par intérim de la famille Genovese.
1946 : Participation à la conférence de La Havane.
1951 : Témoignage télévisé devant la commission Kefauver.
1952 : Incarcération pour outrage au Sénat.
1957 : Tentative d'assassinat et retrait des affaires.
1973 : Décès le 18 février à Manhattan.
Fils de Luigi Castiglia et Maria-Giuseppa Di Meo, il grandit dans l'East Harlem. En 1914, il épouse Lauretta Giegerman, avec qui il reste marié jusqu'à son décès. Le couple réside longtemps au Majestic, un immeuble luxueux de Central Park West. Costello cultive l'image d'un homme d'affaires élégant, fréquentant les cercles mondains et limitant ses apparitions dans les lieux traditionnels de la pègre. Amateur de jardinage et de littérature, il s'est efforcé de séparer sa vie criminelle de sa vie domestique, bien que ses revenus proviennent quasi exclusivement d'activités illégales.
Sur le plan social, il a utilisé la philanthropie pour consolider son influence locale, finançant diverses œuvres de charité à New York. Ses relations incluaient des personnalités du monde du spectacle et des entrepreneurs attirés par son pouvoir de médiation. Jusqu'à sa mort, il est resté le modèle du mafieux diplomate, favorisant l'infiltration des institutions plutôt que la confrontation violente avec l'État.
Frank Costello décède d'une crise cardiaque le 18 février 1973 à l'hôpital Doctors de Manhattan, à l'âge de 82 ans. Ses funérailles se déroulent dans la discrétion au cimetière Saint-Raymond dans le Bronx, loin du faste habituel des obsèques de parrains. Sa mort marque la fin d'une époque pour le Syndicat du crime, celle des chefs capables de naviguer entre le monde souterrain et les instances politiques officielles.
L'immeuble Le Majestic à New York reste le lieu associé à son apogée et à sa retraite. À Las Vegas et New Orleans, les réseaux qu'il a contribué à établir pour les jeux d'argent constituent les vestiges de son empire commercial. Sa sépulture se trouve au cimetière Saint-Raymond, dans le Bronx.
1 - Durant les auditions Kefauver, il refuse que son visage soit filmé. Les caméras se fixent alors sur ses mains, dont la nervosité trahie par ses gestes devient une image célèbre de l'histoire médiatique américaine.
2 - Sa voix enrouée et son influence sur le milieu politique ont servi d'inspiration partielle pour le personnage de Vito Corleone dans l'œuvre de Mario Puzo, Le Parrain.
3 - Lors de la tentative d'assassinat en 1957, le tireur a crié « Ceci est pour toi, Frank ! », mais la balle n'a fait qu'érafler son cuir chevelu car Costello avait tourné la tête au même moment.
4 - Il fut l'un des rares chefs de sa génération à admettre publiquement avoir consulté un psychiatre, Richard Hoffmann, pour gérer son stress lié à ses activités criminelles.
- Métier(s) : Chef mafieux, entrepreneur
- Résidence principale : Manhattan, New York
- Relations de couple : Lauretta Giegerman (1914-1973)
- Enfants : Aucun
- Distinctions : Aucune (surnommé le « Premier ministre de la pègre »)