Théologien et prêtre augustin, Martin Luther est l'initiateur de la Réforme protestante qui a bouleversé la civilisation occidentale. En défiant l'autorité papale par ses écrits, il a placé la Bible et la conscience individuelle au cœur de la foi chrétienne moderne.
Martin Luther naît le 10 novembre 1483 à Eisleben. Fils d'un exploitant de mines, il étudie les arts libéraux à l'université d'Erfurt avant de s'orienter brièvement vers le droit. En juillet 1505, après avoir survécu à un violent orage où il promet de se consacrer à Dieu, il entre au couvent des Augustins d'Erfurt. Ordonné prêtre en 1507, il devient docteur en théologie en 1512 et occupe la chaire d'enseignement biblique à l'université de Wittemberg. Ses réflexions sur l'Épître de Paul aux Romains le convainquent que le salut est un don gratuit de Dieu reçu par la foi seule, une intuition qui entre en conflit direct avec les pratiques ecclésiastiques de son temps.
Le 31 octobre 1517, il publie ses 95 thèses pour dénoncer le commerce des indulgences. Ce geste déclenche une rupture irrémédiable avec Rome. Excommunié par le pape Léon X en 1521, il refuse de se rétracter devant l'empereur Charles Quint lors de la Diète de Worms. Mis au ban de l'Empire, il est mis à l'abri par Frédéric III le Sage au château de la Wartbourg. Sous le pseudonyme de chevalier Georges, il y traduit le Nouveau Testament en allemand. À son retour à Wittemberg en 1522, il organise la nouvelle Église, abolit les vœux monastiques et se marie en 1525 avec Catherine de Bora. Il consacre le reste de sa vie à consolider la Réforme et à achever la traduction complète de la Bible en 1534.
La fin de la vie de Martin Luther est marquée par une radicalisation de ses positions, notamment envers la communauté juive. En 1543, il publie Des Juifs et de leurs mensonges, un pamphlet d'une extrême violence. Par ailleurs, son soutien à la répression sanglante de la guerre des Paysans en 1525, au nom de l'obéissance aux autorités établies, a également suscité de vives critiques historiques.
1483 : Naissance le 10 novembre à Eisleben.
1505 : Entrée au couvent des Augustins d'Erfurt en juillet.
1512 : Devient docteur en théologie à Wittemberg.
1517 : Publication des 95 thèses contre les indulgences le 31 octobre.
1521 : Excommunication par le pape et comparution devant la Diète de Worms.
1522 : Retour à Wittemberg après un séjour clandestin à la Wartbourg.
1525 : Mariage avec Catherine de Bora le 13 juin.
1534 : Publication de la version complète de la Bible en allemand.
1543 : Rédaction du pamphlet antisémite Des Juifs et de leurs mensonges.
1546 : Décès le 18 février à Eisleben.
Martin Luther est issu d'une famille de mineurs sédentarisés en Saxe. Fils aîné de Hans Luder et Marguerite Lindemann, il grandit dans une atmosphère familiale stricte et exigeante. Très proche de son frère Jacob, il s'éloigne des ambitions paternelles qui le destinaient au droit pour suivre sa vocation religieuse. En 1525, son union avec Catherine de Bora, une ancienne religieuse, marque une rupture symbolique avec le célibat ecclésiastique. Le couple fonde une famille nombreuse comptant six enfants, dont Magdalena, dont la mort prématurée causera à Luther de profondes périodes de dépression et d'angoisse durant ses dernières années.
Ses engagements dépassent le cadre strictement théologique pour toucher à la culture et à l'éducation. Passionné de musique, il compose de nombreux chorals, dont C'est un rempart que notre Dieu, pour permettre aux fidèles de participer activement au culte. Son travail de traducteur a joué un rôle primordial dans la fixation de la langue allemande moderne. Sur le plan politique, Luther défend la doctrine des deux royaumes, distinguant l'ordre temporel du spirituel. Tout au long de sa vie, il lutte contre plusieurs "incarnations de l'Antéchrist" selon sa vision, s'attaquant aussi bien à la papauté qu'à l'expansion de l'Empire ottoman, tout en prônant une soumission absolue aux princes souverains.
Martin Luther s'éteint le 18 février 1546 à Eisleben, sa ville natale, à l'âge de 62 ans. Il s'y était rendu pour arbitrer un conflit entre les comtes de Mansfeld. Sa mort est officiellement attribuée à un accident vasculaire cérébral, bien que des rumeurs de suicide par pendaison aient été diffusées par certains détracteurs catholiques avant d'être démenties par les historiens. Affaibli par plusieurs maladies chroniques comme la gravelle et des acouphènes violents, il confirme sa foi sur son lit de mort. Sa dépouille est transportée à Wittemberg où il est inhumé dans l'église de la Toussaint, aux côtés de son ami et collaborateur Philippe Mélanchthon.
Eisleben demeure la ville charnière de sa vie, marquant à la fois sa naissance et son décès. Wittemberg est le centre de son activité réformatrice, notamment l'église de la Toussaint et l'université où il a enseigné durant 35 ans. Le château de la Wartbourg constitue son lieu de refuge emblématique où il a traduit le Nouveau Testament. Erfurt conserve le souvenir de ses années de formation universitaire et monastique. Enfin, la ville d'Eisenach est liée à sa jeunesse scolaire au sein de la famille Cotta.
Sa vocation religieuse est née d'une terreur panique : surpris par la foudre lors d'un orage en 1505, il hurla à sainte Anne qu'il se ferait moine s'il survivait, une promesse qu'il se sentit incapable de briser.
Passionné de musique, il fut le premier à introduire les cantiques en langue populaire dans la liturgie, estimant que le chant aidait à chasser les pensées sombres et les démons qui tourmentaient l'esprit des fidèles.
Son quotidien était marqué par des maux physiques qu'il documentait ouvertement, souffrant d'acouphènes violents que les médecins modernes attribuent aujourd'hui à une manifestation potentielle de la maladie de Menière.
Les cloches appellent à l'office et n'y vont jamais.
Qui n'aime point le vin, les femmes ni le chant restera sot toute sa vie.
Il n'y a pas de plus adorable, tendre et charmante relation que celle d'un bon mariage.
Mon coeur déborde de gratitude envers la musique qui, si souvent m'a consolé et qui m'a attiré de grands malheurs.
Les cloches appellent à l'office et n'y vont jamais.
Qui n'aime point le vin, les femmes ni le chant restera sot toute sa vie.
Il n'y a pas de plus adorable, tendre et charmante relation que celle d'un bon mariage.
Mon coeur déborde de gratitude envers la musique qui, si souvent m'a consolé et qui m'a attiré de grands malheurs.