Ignace de Loyola, né Íñigo López de Oñaz y Loyola en 1491 à Azpeitia, dans le Pays basque espagnol, est un prêtre et théologien catholique d'origine basque, fondateur de la Compagnie de Jésus en 1540, dont les Exercices spirituels constituent l'une des oeuvres majeures de la spiritualité chrétienne occidentale.
Íñigo López de Oñaz y Loyola naît le 23 octobre 1491 au château de Loyola, dans la municipalité d'Azpeitia, province du Guipuscoa. Fils cadet de don Beltrán Yáñez de Oñaz y Loyola et de Marina Sáenz de Licona y Balda, tous deux issus de la petite noblesse basque, il est le dernier d'une fratrie de treize enfants. Orphelin de mère à l'âge de sept ans, il quitte Loyola en 1506 pour devenir page à la cour du roi Ferdinand le Catholique, roi d'Aragon et régent de Castille. Devenu adulte, il entre au service de Juan Velázquez de Cuéllar, trésorier général, puis intègre les forces du duc de Lara, vice-roi de Navarre. Le 20 mai 1521, lors du siège de Pampelune par les troupes franco-navarraises de François Ier, il est grièvement blessé aux jambes par un boulet de canon alors qu'il exhorte les défenseurs à poursuivre le combat. Rapatrié à Loyola, il subit plusieurs opérations douloureuses et gardera une claudication définitive. Sa convalescence, au cours de laquelle il lit des ouvrages sur la vie du Christ et des saints en l'absence de romans de chevalerie dans la maison familiale, marque le début d'une profonde transformation intérieure.
Après sa guérison, Ignace se rend en pèlerinage au sanctuaire de Montserrat, où il dépose symboliquement ses armes devant la Vierge Noire, puis s'installe à Manrèse en 1522, où il mène une vie d'ascèse et commence à rédiger ce qui deviendra les Exercices spirituels. Il effectue un pèlerinage à Jérusalem en 1523, avant de comprendre la nécessité des études et de s'engager dans un long parcours universitaire, successivement à Alcalá de Henares, à Salamanque, puis à Paris où il s'inscrit au collège Sainte-Barbe en 1528. C'est là qu'il latinise son prénom et qu'il noue des amitiés déterminantes avec Pierre Favre, étudiant savoyard, et François Xavier, Navarrais. Le 15 août 1534, sur la colline de Montmartre, il réunit six compagnons - Pierre Favre, François Xavier, Diego Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla et Simon Rodriguez de Azevedo - pour prononcer des voeux communs. Ordonné prêtre à Venise en 1537, Ignace présente avec ses compagnons la formule de leur ordre au pape Paul III, qui approuve officiellement la fondation de la Compagnie de Jésus par la bulle Regimini militantis Ecclesiae du 27 septembre 1540. Élu supérieur général à l'unanimité en avril 1541, il dirige l'ordre depuis Rome jusqu'à sa mort, supervisant la rédaction des Constitutions de la Compagnie entre 1547 et 1556. A sa mort, l'ordre compte plus de mille membres et ses Exercices spirituels, publiés en version définitive en 1548, ont été diffusés dans l'ensemble du monde catholique.
Ignace de Loyola est le dernier-né des treize enfants de don Beltrán Yáñez de Oñaz y Loyola, chef de clan d'une famille de la petite noblesse basque, et de Marina Sáenz de Licona y Balda. Sa mère décède lorsqu'il a sept ans. Orphelin de père à quinze ans, il est placé sous la tutelle d'un proche de sa mère, Juan Velázquez de Cuéllar, trésorier général du royaume, qui l'initie à la vie de cour. Il n'a jamais eu de conjoint ni d'enfants, ayant prononcé les voeux de chasteté dès le rassemblement de Montmartre en 1534. Sa fratrie compte plusieurs frères dont l'un, Martín García de Loyola, reprend la tête du clan familial. Après la blessure de Pampelune, Ignace conserve une claudication permanente à la jambe droite, séquelle des multiples opérations subies et de la refracture délibérée de l'os pour corriger une première mauvaise consolidation.
À Paris, Ignace de Loyola partage sa chambre avec Pierre Favre et François Xavier, qui deviendront les premiers piliers de la Compagnie de Jésus. Il développe également des liens profonds avec Diego Laynez, qui lui succédera comme deuxième supérieur général de l'ordre. Ignace engage la Compagnie de Jésus dans des chantiers concrets : éducation, missions en Asie confiées à François Xavier, soutien à la réforme tridentine sous l'impulsion du pape Paul III. Il dicte entre 1553 et 1555 le Récit du pèlerin, son autobiographie, au père Luis Gonçalvès da Câmara, répondant ainsi à la demande pressante de ses compagnons qui souhaitaient garder son testament spirituel. Il correspond activement par lettres jusqu'aux derniers jours de sa vie, adressant plus de six mille missives documentées.
Ignace de Loyola meurt le 31 juillet 1556 à Rome, dans une petite maison jouxtant l'église aujourd'hui disparue de Santa Maria della Strada. Souffrant depuis des années de crises douloureuses épigastriques accompagnées de fièvre, il est affaibli dans les derniers mois de 1556, les médecins de la Compagnie dont le docteur Balthazar de Torrès ainsi que le docteur Alexandre Petronius étant appelés à son chevet. L'anatomiste Realdo Colombo, successeur de Vésale à la chaire d'anatomie de Padoue, procède à l'éviscération du corps avant embaumement et décrit des calculs dans la veine porte hépatique. L'Académie nationale de médecine a conclu en 2011 à l'hypothèse la plus probable d'une lithiase biliaire compliquée d'une fistule bilio-portale. Son corps repose depuis dans l'église du Gesù à Rome. Il est béatifié par le pape Paul V le 19 avril 1609, puis canonisé par le pape Grégoire XV le 12 mars 1622, en même temps que François Xavier et Thérèse d'Avila, lors de la première canonisation collective de l'histoire de l'Église catholique.
Ignace de Loyola est inhumé dans l'église baroque du Gesù à Rome, principale église de la Compagnie de Jésus, dont la construction avait été planifiée de son vivant. Un autel monumental lui est dédié dans le transept gauche de l'édifice, réalisé par Andrea Pozzo entre 1695 et 1699. Le sanctuaire de Loyola à Azpeitia, érigé à l'emplacement du château natal, demeure un lieu de pèlerinage actif.
1491 : naissance le 23 octobre à Azpeitia (Guipuscoa), Pays basque espagnol
1498 : décès de sa mère Marina Sáenz de Licona y Balda
1506 : devient page à la cour de Ferdinand le Catholique à Arévalo
1517 : entre au service militaire du vice-roi de Navarre
1521 : blessé aux deux jambes lors du siège de Pampelune, le 20 mai
1522 : pèlerinage à Montserrat, retraite à Manrèse et début de la rédaction des Exercices spirituels
1523 : pèlerinage à Jérusalem
1528 : s'inscrit à l'Université de Paris (collège Sainte-Barbe)
1534 : voeux de Montmartre le 15 août avec Pierre Favre, François Xavier, Diego Laynez, Alphonse Salmeron, Nicolas Bobadilla et Simon Rodriguez
1537 : ordination sacerdotale à Venise
1540 : approbation de la Compagnie de Jésus par la bulle Regimini militantis Ecclesiae du pape Paul III, le 27 septembre
1541 : élu supérieur général de la Compagnie de Jésus
1548 : publication des Exercices spirituels en version définitive
1553 : début de la dictée du Récit du pèlerin au père Luis Gonçalvès da Câmara
1556 : décès le 31 juillet à Rome
1 - Lors de sa convalescence à Loyola en 1521, Ignace réclame des romans de chevalerie pour se distraire. N'en trouvant pas dans la demeure familiale, il doit se contenter d'une Vie du Christ et d'une Légende dorée des saints, lectures qui déclencheront sa conversion.
2 - Ignace se fait refracturer délibérément la jambe droite une seconde fois après une première mauvaise consolidation, dans l'espoir d'éviter une boiterie visible sous ses bas de chevalier. L'opération, sans anesthésie, ne résout pas complètement le problème et il conserve une claudication sa vie durant.
3 - L'anatomiste Realdo Colombo, qui pratique l'éviscération d'Ignace peu d'heures après son décès en juillet 1556, consigne dans son traité De re anatomica publié en 1559 la présence de calculs dans la veine porte hépatique, fournissant involontairement le premier cas documenté de fistule bilio-portale de l'histoire médicale.
4 - Le changement de prénom d'Íñigo en Ignace n'est pas, comme la tradition le rapporte, une décision délibérée prise à Paris : selon l'historien Diarmaid MacCulloch, il résulte d'une erreur de scribe lors de son inscription à l'Université de Paris, erreur qu'Ignace a conservée.
5 - Atteint de fièvre chronique et de douleurs épigastriques tout au long de sa vie, Ignace accomplit à pied de Paris à Rouen en trois jours, et traversa l'Espagne du nord jusqu'à Valence en passant par Tolède, toujours claudicant, sans que ces souffrances n'interrompent ses entreprises.
- Métier(s) : prêtre, théologien, fondateur d'ordre religieux
- Résidence principale : Rome (États pontificaux)
- Relations de couple : aucune (voeux de chasteté)
- Enfants : aucun
- Distinctions : canonisé le 12 mars 1622 par le pape Grégoire XV ; fête liturgique le 31 juillet
« L'amour doit se mettre plus dans les oeuvres que dans les paroles. »
— Exercices spirituels, texte définitif (1548), traduit de l'espagnol
« Ce que je vois blanc, je le croirai noir si l'Église hiérarchique le définit ainsi. »
— Exercices spirituels, règle 13, texte définitif (1548), traduit du latin
« Jusqu'à la vingt-sixième année de sa vie, il fut un homme adonné aux vanités du monde ; il se délectait surtout dans l'exercice des armes, avec un grand et vain désir de gagner l'honneur. »
— Récit du pèlerin (autobiographie dictée à Luis Gonçalvès da Câmara, 1553-1555), traduit de l'espagnol