John Gotti, gangster italo-américain né le 27 octobre 1940 dans le Bronx, a dirigé la famille criminelle Gambino de New York de 1985 à 2002. Trois acquittements successifs lui valent le surnom de « Teflon Don » ; condamné à perpétuité en 1992, il décède en prison d'un cancer.
John Gotti grandit dans le quartier d'East New York, à Brooklyn, dans une famille d'origine italienne. Cinquième des onze enfants survivants de John Joseph Gotti Sr., journalier occupant irrégulièrement différents postes, et de Philomena DeCarlo, il connaît une enfance marquée par la précarité. Dès l'âge de douze ans, il s'intègre aux gangs de rue liés à la mafia new-yorkaise, notamment les Fulton-Rockaway Boys, où il se lie à Angelo Ruggiero et à Wilfred « Willie Boy » Johnson. Il quitte le Franklin K. Lane High School à seize ans et entre au service de Carmine Fatico, soldat de la famille Gambino. Il participe à des détournements de camions à l'aéroport d'Idlewild — futur aéroport JFK — avec son frère Gene Gotti. En 1968, il est condamné à trois ans de prison à la pénitentiaire fédérale de Lewisburg pour un détournement de camions de la compagnie Northwest Airlines. Libéré conditionnellement en 1972, il reprend ses activités au Bergin Hunt and Fish Club d'Ozone Park, dans le Queens.
C'est sous la tutelle d'Aniello Dellacroce, sous-chef de la famille Gambino, que Gotti s'affirme comme l'un des capitaines les plus actifs de l'organisation. Initié formellement dans la famille en 1977 et nommé capitaine de l'équipe Bergin, il contribue en décembre 1978 à l'organisation du braquage de Lufthansa à l'aéroport JFK. À la mort de Dellacroce en décembre 1985, Gotti commande l'assassinat de Paul Castellano, boss de la famille, et de son sous-chef Thomas Bilotti, devant le Sparks Steak House de Manhattan le 16 décembre 1985. Il est désigné boss de la famille Gambino le 15 janvier 1986 lors d'une réunion de vingt capitaines. Sa présence médiatique ostentatoire — tenues soignées, attitudes décontractées devant les caméras lors de ses procès — lui vaut le surnom de « Dapper Don ». Trois acquittements successifs dans des procédures fédérales lui valent ensuite le surnom de « Teflon Don ». En décembre 1990, le FBI l'arrête au Ravenite Social Club, à Manhattan, grâce à des enregistrements issus de micros placés dans le bâtiment, en compagnie du cadre dirigeant Frank LoCascio.
En 1992, John Gotti est jugé devant le juge I. Leo Glasser au tribunal fédéral pour le district Est de New York. Les procureurs Andrew Maloney et John Gleeson s'appuient sur des enregistrements issus de micros posés par le FBI au Ravenite Social Club, dans lesquels Gotti évoque des assassinats et des opérations criminelles. Son sous-chef Salvatore « Sammy the Bull » Gravano accepte de témoigner contre lui en novembre 1991, après avoir appris que Gotti le mettait en cause sur ces mêmes enregistrements. Le 2 avril 1992, après quatorze heures de délibération, le jury reconnaît Gotti coupable de cinq assassinats — Paul Castellano, Thomas Bilotti, Robert DiBernardo, Liborio Milito et Louis DiBono — ainsi que de racket, d'entrave à la justice, d'évasion fiscale, de jeux illégaux, d'extorsion et de prêt usuraire. Le 23 juin 1992, le juge Glasser le condamne à la réclusion criminelle à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle et à une amende de 250 000 dollars. Des décisions judiciaires ultérieures ont établi que les trois acquittements obtenus entre 1986 et 1990 avaient été compromis par des corruptions de jurés et des intimidations de témoins.
1940 : naissance le 27 octobre dans le Bronx, à New York
1956 : abandon du Franklin K. Lane High School à seize ans
1958 : rencontre avec Victoria DiGiorgio
1962 : mariage avec Victoria DiGiorgio (6 mars)
1968 : condamné à trois ans de prison pour détournement de camions Northwest Airlines
1972 : libération conditionnelle ; retour au Bergin Hunt and Fish Club, Queens
1977 : initiation dans la famille Gambino et nomination au poste de capitaine
1978 : participation à l'organisation du braquage de Lufthansa à l'aéroport JFK (décembre)
1980 : décès accidentel de son fils Frank, renversé par un voisin (18 mars)
1985 : commande l'assassinat de Paul Castellano devant le Sparks Steak House (16 décembre)
1986 : désigné boss de la famille Gambino (15 janvier)
1990 : arrestation au Ravenite Social Club par le FBI (11 décembre)
1992 : condamné à perpétuité sans libération conditionnelle (2 avril)
1998 : diagnostic d'un cancer de la gorge ; transfert au centre médical fédéral de Springfield
2002 : décès le 10 juin à Springfield, Missouri, à soixante et un ans
John Gotti est le cinquième enfant survivant de John Joseph Gotti Sr., journalier travaillant irrégulièrement, et de Philomena DeCarlo. Ses parents sont nés à New York d'ascendance italienne. Il rencontre Victoria DiGiorgio, d'ascendance italo-russe, dans un bar en 1958 ; le couple se marie le 6 mars 1962. Ensemble, ils ont cinq enfants : Angela, Victoria, John A. Gotti (dit « Junior »), Frank — décédé accidentellement en 1980 à l'âge de douze ans — et Peter. Ses frères Gene Gotti, Peter Gotti, Richard V. Gotti et Vincent Gotti sont tous formellement initiés au sein de la famille Gambino. Sa fille Victoria Gotti épouse Carmine Agnello.
Gotti tente de tenir ses enfants à l'écart de ses activités criminelles, sans succès durable. Son fils John A. Gotti est initié dans la famille Gambino le réveillon de Noël 1988, puis rapidement promu capitaine. Sa fille Victoria Gotti, devenue romancière et personnalité télévisée, publie en 2009 un ouvrage biographique intitulé This Family of Mine. L'avocat Bruce Cutler, qui avait assuré la défense de Gotti lors des procès des années 1980, est écarté du dossier de 1992 par les procureurs, qui le désignent comme conseil permanent de l'organisation criminelle. L'avocat Roy Cohn lui avait obtenu dès 1974 un accord judiciaire favorable dans une affaire d'homicide à Staten Island.
John Gotti est diagnostiqué d'un cancer épidermoïde de la tête et du cou — cancer de la gorge — en 1998. Il est transféré au centre médical fédéral de Springfield, Missouri, pour une intervention chirurgicale. Le cancer récidive en 2000 ; il y décède le 10 juin 2002 à soixante et un ans. Le diocèse catholique de Brooklyn refuse à la famille l'organisation d'une messe de requiem ; seule une messe commémorative après l'inhumation est accordée. Les obsèques se tiennent dans un local non religieux ; une procession d'environ trois cents personnes accompagne le cortège. Aucune des autres familles criminelles new-yorkaises n'envoie de représentant.
John Gotti est inhumé dans une crypte du cimetière Saint-Jean (Saint John Cemetery) de Middle Village, dans le Queens, à New York. Son fils Frank, mort accidentellement en 1980, repose dans la même crypte. Le cimetière Saint-Jean est une nécropole catholique également occupée par d'autres membres de familles criminelles new-yorkaises.
1 - À l'âge de quatorze ans, Gotti tente de voler une bétonnière sur un chantier de construction ; la machine lui écrase les orteils et lui laisse une claudication permanente documentée dans plusieurs biographies autorisées.
2 - En décembre 1978, lors du braquage de Lufthansa à l'aéroport JFK, Gotti charge le conducteur Parnell « Stacks » Edwards de faire détruire le van utilisé. Celui-ci gare le véhicule près d'une borne d'incendie et rejoint sa petite amie : la police retrouve le camion intact le lendemain.
3 - À partir de janvier 1988, Gotti impose une réunion hebdomadaire à ses capitaines au Ravenite Social Club, contre les conseils de Salvatore Gravano. Le FBI en profite pour identifier la hiérarchie Gambino et placer des micros adjacents, à l'origine des enregistrements décisifs de 1992.
4 - En 1986, la victime Romual Piecyk — réparateur frigoriste — déclare à la barre ne plus reconnaître son agresseur. Le New York Post titre en une : « I For Gotti ! ». Il sera établi ultérieurement que des membres Gambino avaient sectionné ses lignes de frein avant le procès.
5 - En juillet 1996, à la prison de Marion, Gotti est frappé par le détenu Walter Johnson après une altercation. Il offre entre 40 000 et 400 000 dollars à la fraternité carcérale Aryan Brotherhood pour le tuer ; Johnson est transféré avant l'exécution du contrat.
- Métier(s) : chef de la famille criminelle Gambino (New York)
- Résidence principale : Ozone Park, Queens, New York (jusqu'à son incarcération en 1992)
- Relations de couple : Victoria DiGiorgio (mariés le 6 mars 1962)
- Enfants : Angela, Victoria, John A. Gotti, Frank (décédé en 1980), Peter
- Distinctions : aucune distinction officielle
« Trois contre un que je gagne cette inculpation. »
— New York Times, 24 janvier 1989 (traduit de l'anglais)
« Je vais mourir ici avant que tu aies un mal de dents, et c'est la vérité. »
— Enregistrements vidéo FBI, archive The Smoking Gun, 13 août 2004 (traduit de l'anglais)
« Je ne suis pas d'humeur pour les jouets ni les jeux. [...] Une Cosa Nostra. Une Cosa Nostra. »
— Enregistrement FBI, archive The Smoking Gun, 10 juin 2002 (traduit de l'anglais)