Paul Castellano, né le 26 juin 1915 à Brooklyn et abattu le 16 décembre 1985 devant le Sparks Steak House à Manhattan, fut un parrain américain de la famille Gambino. Successeur de Carlo Gambino, il dirigea de 1976 à 1985 la plus puissante organisation criminelle des États-Unis avant son assassinat ordonné par John Gotti.
Fils d'immigrés siciliens, Paul Castellano apprend le métier de boucher auprès de son père Giuseppe et collecte les paris clandestins de la famille Mangano dès l'adolescence. Arrêté en juillet 1934 à Hartford pour un vol à main armée commis dans une mercerie, il refuse de livrer le nom de ses deux complices et purge trois mois de prison. Ce silence lui vaut, dans les milieux mafieux, la réputation d'un stand up guy. Dans les années 1940, il rejoint la famille Mangano et est promu capo par Albert Anastasia. Parallèlement, il bâtit une activité légitime dans la viande de gros avec Blue Ribbon Meats puis Dial Poultry, qu'il développe à Brooklyn et au-delà. Devenu cousin par alliance et beau-frère de Carlo Gambino par le mariage de sa sœur Catherine en 1926, il bénéficie de cette double filiation pour gravir les échelons de la famille Gambino aux côtés du sous-boss Aniello Dellacroce.
En 1975, malade, Carlo Gambino désigne Paul Castellano comme parrain actif, écartant Aniello Dellacroce, plus populaire auprès de la base. Cette décision, officialisée à la mort de Gambino en 1976, suscite une rancœur durable au sein de la faction Dellacroce, où évolue un jeune capo nommé John Gotti. Castellano se positionne en chef d'entreprise du crime et privilégie les rackets en col blanc. Il prend la tête du Concrete Club, consortium qui contrôle la livraison de béton sur les chantiers new-yorkais, et supervise le syndicat des Teamsters Local 282. Son fils Philip dirige la Scara-Mix Concrete Corporation, quasi-monopole de Staten Island. Il interdit à ses soldats le trafic de stupéfiants par crainte des peines fédérales, une consigne ouvertement contournée par les hommes de Dellacroce, ce qui nourrit le conflit interne.
Le 25 février 1985, Paul Castellano est inculpé avec huit autres parrains dans le procès dit de la Commission, fondé sur la loi RICO et instruit par le procureur Rudolph Giuliani. Libéré contre une caution de 3 millions de dollars, il est ensuite poursuivi dans un second dossier fédéral pour un trafic de voitures volées exporté à l'étranger, associé selon l'accusation à vingt-cinq meurtres. Les écoutes installées par le FBI dans son manoir de Todt Hill ont fourni l'essentiel des éléments à charge. En 1975, Castellano avait également ordonné l'assassinat de Vito Borelli, ancien compagnon de sa fille Constance, exécuté par Joseph Massino comme l'a confirmé ce dernier en 2004 lors de sa coopération avec le gouvernement.
1915 : naissance le 26 juin à Brooklyn, fils de Giuseppe Castellano et Concetta Casatu
1934 : première arrestation à Hartford pour vol à main armée, trois mois de prison
1937 : mariage avec Nina Manno
1957 : participation à la réunion d'Apalachin, condamnation pour outrage à la cour
1975 : devient parrain actif de la famille Gambino
1976 : succède officiellement à Carlo Gambino à la tête de la famille
1981 : achève la construction de son manoir néoclassique de Todt Hill, surnommé la White House
1985 : inculpation dans le procès de la Commission, libéré sous caution de 3 millions de dollars
2 décembre 1985 : décès d'Aniello Dellacroce, déclencheur du complot contre Castellano
16 décembre 1985 : abattu avec Thomas Bilotti devant le Sparks Steak House, à Manhattan
19 décembre 1985 : inhumation au Moravian Cemetery, à New Dorp, Staten Island
1992 : John Gotti condamné notamment pour le meurtre de Castellano grâce au témoignage de Salvatore Gravano
Constantino Paul Castellano grandit à Brooklyn dans une famille d'immigrés italiens. Son père Giuseppe, originaire de Castellammare di Stabia, est boucher et figure parmi les premiers membres de la famille Mangano. Sa mère Concetta Casatu élève les trois enfants du couple. Catherine, sœur aînée de Paul, épouse en 1926 le futur parrain Carlo Gambino. Paul quitte l'école à la huitième année, sans poursuivre d'études secondaires. Il épouse en 1937 sa fiancée d'enfance Nina Manno, née le 26 novembre 1916. De cette union naissent quatre enfants : Paul Jr., Philip, Joseph et Constance Castellano. Le foyer s'installe d'abord à Brooklyn avant le déménagement vers Todt Hill, à Staten Island.
À partir des années 1980, Paul Castellano vit reclus dans son manoir de dix-sept pièces, où il reçoit ses caporegimes Daniel Marino, Thomas Gambino et James Failla. Il y entretient une liaison avec sa gouvernante colombienne Gloria Olarte, ce que révèlent les écoutes du FBI. Son neveu Richard S. Castellano, acteur connu pour son rôle de Peter Clemenza dans Le Parrain de Francis Ford Coppola, prolonge la notoriété familiale dans la culture populaire. Catholique pratiquant, Paul Castellano est inhumé en cimetière non confessionnel après le refus du cardinal John O'Connor d'accorder des obsèques publiques.
Le 16 décembre 1985 vers 17h30, Paul Castellano et son sous-boss Thomas Bilotti sont abattus à coups de semi-automatique devant le Sparks Steak House, au 210 East 46th Street, à Midtown Manhattan. Le commando, composé de Vincent Artuso, Salvatore Scala, Edward Lino et John Carneglia, agit sur ordre de John Gotti et de Salvatore Gravano, postés à proximité. Castellano, soixante-dix ans, meurt sur place. La cause exacte est un traumatisme par armes à feu multiples. Le cardinal John O'Connor refuse une messe publique, et la famille opte pour des obsèques discrètes. Le 3 avril 1992, John Gotti est condamné pour ce meurtre grâce au témoignage de Salvatore Gravano ; il meurt en détention en 2002.
Paul Castellano est inhumé le 19 décembre 1985 au Moravian Cemetery, à New Dorp, sur Staten Island. Sa sépulture se trouve dans une crypte du second niveau du mausolée principal. Sa veuve Nina Manno, décédée en 1999, repose dans le même cimetière. Le manoir de Todt Hill, vendu après sa mort, demeure une référence dans l'iconographie de la mafia américaine.
1 - Paul Castellano signait habituellement ses documents C. Paul Castellano, par aversion pour son prénom de baptême Constantino, qu'il avait progressivement effacé de son identité publique.
2 - Mesurant 1,89 mètre pour environ 122 kilos, Castellano impressionnait par sa stature, ce qui lui valut le surnom de Big Paul, distinct de son autre sobriquet le Pape.
3 - Son manoir de Todt Hill fut bâti en 1981 sur un modèle inspiré de la Maison-Blanche, avec marbre de Carrare, piscine olympique et jardin à l'anglaise, valant à la résidence le surnom familial de White House.
4 - Selon les écoutes du FBI, Castellano confia à sa gouvernante Gloria Olarte qu'il devait subir la pose d'un implant pénien pour traiter son impuissance, révélation qui embarrassa profondément ses proches.
5 - Vito Borelli, compagnon de sa fille Constance, fut tué en 1975 après l'avoir comparé en privé à Frank Perdue, patron des élevages Perdue Farms, ce que Castellano interpréta comme une moquerie sur son secteur d'activité.
- Métier(s) : parrain de la famille Gambino, grossiste en viande et volaille
- Résidence principale : Todt Hill, Staten Island, New York
- Relations de couple : Nina Manno, épousée en 1937
- Enfants : Paul Jr., Philip, Joseph et Constance Castellano
- Distinctions : aucune distinction publique
« Nous ne sommes pas des enfants ici. La loi est, comment dire, une commodité. Une commodité pour certains, et une contrainte pour d'autres. »
— Écoutes FBI au manoir de Todt Hill, citées par IMDb (traduit de l'anglais)
« Cette vie qui est la nôtre, c'est une vie merveilleuse. Si tu peux la traverser comme ça et t'en tirer, c'est formidable. Mais c'est très prévisible. Il y a tellement de manières de la gâcher. »
— Écoutes FBI au manoir de Todt Hill, citées par IMDb (traduit de l'anglais)
« Nous ne sommes pas des enfants ici. La loi est, comment dire, une commodité. Une commodité pour certains, et une contrainte pour d'autres. »
— Écoutes FBI au manoir de Todt Hill, citées par IMDb (traduit de l'anglais)
« Cette vie qui est la nôtre, c'est une vie merveilleuse. Si tu peux la traverser comme ça et t'en tirer, c'est formidable. Mais c'est très prévisible. Il y a tellement de manières de la gâcher. »
— Écoutes FBI au manoir de Todt Hill, citées par IMDb (traduit de l'anglais)