Alphonse Daudet, romancier et dramaturge français (1840-1897), né à Nîmes dans une famille ruinée, est l'auteur des Lettres de mon moulin et du personnage mythique Tartarin de Tarascon. Figure centrale du réalisme littéraire de la seconde moitié du XIXe siècle, il est l'un des fondateurs de l'Académie Goncourt.
Alphonse Daudet naît le 13 mai 1840 à Nîmes dans une famille catholique et légitimiste. Son père Vincent Daudet, tisserand et négociant en soieries d'ascendance cévenole, se ruine complètement en 1855, contraignant Alphonse à abandonner ses études secondaires. Il devient alors maître d'étude au collège d'Alès à l'âge de 16 ans, expérience humiliante qu'il transpose dans son premier roman, Le Petit Chose (1868). Dès 1857, il rejoint à Paris son frère aîné Ernest Daudet, futur écrivain et journaliste. Il publie en 1858 un premier recueil de vers, Les Amoureuses, puis se lie avec Frédéric Mistral, entamant une longue correspondance. En 1860, il est engagé comme secrétaire du duc de Morny, demi-frère de Napoléon III et président du Corps législatif, poste qui lui laisse du temps pour écrire.
La mort subite du duc de Morny en 1865 constitue le tournant de sa carrière : Daudet se consacre entièrement à l'écriture, comme chroniqueur au Figaro puis comme romancier. En collaboration avec le poète Paul Arène, il rédige les textes qui formeront les Lettres de mon moulin, publiées en feuilleton dans L'Événement durant l'été 1866 sous le titre Chroniques provençales. En 1872, il publie Aventures prodigieuses de Tartarin de Tarascon, personnage qui deviendra mythique. À partir de 1874, il s'oriente vers le roman de moeurs : Fromont jeune et Risler aîné (1874, prix de Jouy de l'Académie française), Jack (1876), Le Nabab (1877), Les Rois en exil (1879), Numa Roumestan (1881), L'Évangéliste (1883), L'Immortel (1888). Dramaturge prolixe, il signe dix-sept pièces de théâtre. Son cercle d'amis comprend Gustave Flaubert, Ivan Tourgueniev, Edmond de Goncourt, Émile Zola, Victor Hugo, Auguste Renoir et Claude Monet. En 1896, Edmond de Goncourt le charge de fonder un groupe littéraire qui deviendra l'Académie Goncourt, dont la première réunion se tient le 21 décembre 1903, après sa mort.
En 1886, Alphonse Daudet prête de l'argent à Édouard Drumont pour lui permettre de publier à compte d'auteur La France juive, violent pamphlet antisémite. Il est également le témoin de Drumont lors du duel qui oppose ce dernier à Arthur Meyer, directement visé dans l'ouvrage. Plusieurs chercheurs (Herbert Lottman, L'Écrivain engagé et ses ambivalences, Odile Jacob, 2003) et son fils Léon citent ses positions antijuives dans un contexte de proximité durable avec Drumont dès les années 1870. En 1897, dans les derniers mois de sa vie, Daudet affiche des convictions anti-dreyfusardes, sans toutefois rompre avec Émile Zola, qui prononce son oraison funèbre au Père-Lachaise. Certains de ses textes, notamment Numa Roumestan (1881), ont par ailleurs été qualifiés d'antiméridionalistes, paradoxe noté par la critique pour un auteur présenté comme le chantre de la Provence.
Le 29 janvier 1867, Alphonse Daudet épouse Julia Allard (1844-1940), poétesse et journaliste qu'il a rencontrée en 1865. Leur union dure trente ans. Julia devient sa collaboratrice étroite : il dit d'elle que pas une page n'a été écrite sans qu'elle l'ait relue ou retouchée. Trois enfants naissent de cette union : Léon (1867), futur écrivain et homme politique, Lucien (1878), littérateur, et Edmée (1886), dont le parrain est Edmond de Goncourt. La famille séjourne régulièrement à Champrosay (commune de Draveil, en lisière de la forêt de Sénart), propriété acquise en 1887, qui inspire notamment Jack (1876). Julia Allard reçoit chaque jeudi dans leur appartement parisien des invités tels que Zola, Goncourt, Maupassant, Ernest Renan et Léon Gambetta.
Daudet entretient de profondes amitiés littéraires avec Flaubert, Tourgueniev, Goncourt et Zola, malgré les divisions de l'affaire Dreyfus. Il est fait chevalier de la Légion d'honneur en 1870, après son service dans la Garde nationale lors du siège de Paris.
Alphonse Daudet meurt le 16 décembre 1897 à Paris, au 41 rue de l'Université, à 57 ans. La cause directe est un ictus apoplectique (accident vasculaire cérébral foudroyant), survenu à table au moment du dîner, en présence de sa femme Julia, de ses enfants Léon, Lucien et Edmée et de leur grand-mère Allard. Son fils Léon, présent, relate la scène dans ses Souvenirs : son père s'effondre subitement après avoir trempé sa cuiller dans son assiette. La maladie de fond est le tabes dorsalis, complication neurologique de la syphilis contractée dans sa jeunesse. Les obsèques sont célébrées en l'église Sainte-Clotilde à Paris. Émile Zola prononce l'oraison funèbre au cimetière du Père-Lachaise. Georges Clemenceau avait demandé des funérailles nationales, qui lui furent refusées.
Alphonse Daudet est inhumé au cimetière du Père-Lachaise à Paris, division 26, dans une chapelle familiale ornée d'un buste en bronze, oeuvre du sculpteur Alexandre Falguière fondue par Thiébaut. Julia Daudet repose dans la même chapelle. Sa maison de Champrosay, à Draveil (Essonne), où il réside de 1868 à 1897, est associée à plusieurs oeuvres dont Jack et La Petite Paroisse. À Fontvieille (Bouches-du-Rhône), le moulin Saint-Pierre, dit moulin d'Alphonse Daudet, est devenu un lieu touristique, bien que l'écrivain n'y ait jamais habité. Sa naissance à Nîmes, dans le Gard, et son ancrage provençal marquent durablement son oeuvre.
653 voies portent son nom en France, ce qui en fait l'une des personnalités les plus présentes dans l'odonymie française.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Pas une page, qu'elle n'ait revue ou retouchée.
— Alphonse Daudet à propos de Julia Allard, rapporté par plusieurs biographes
La haine, c'est la colère des faibles !
Il y a parfois du courage à fuir...
Les hommes vieillissent, mais ne mûrissent pas.
La gourmandise commence quand on n'a plus faim.
Au pays de fleurs, plus on est petit, plus on embaume.
Le prisonnier voit la liberté plus belle qu'elle n'est.
Où serait le mérite, si les héros n'avaient jamais peur ?
Les larmes entretiennent les plaies, elles ne les cicatrisent pas.
Le roman est l'histoire des hommes et l'histoire le roman des rois.
La nuit tombe, vous frôle en passant de son aile noire toute humide.
A quinze ans, vingt ans tout au plus, on est déjà achevé d'imprimer.
Le jour, c'est la vie des êtres, mais la nuit, c'est la vie des choses.
L'épithète doit être la maîtresse du substantif, jamais sa femme légitime.
Ah ! pourquoi faut-il se quitter, au moment où l'on a tant besoin de s'aimer ?
L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite.
Morte !... morte !... Il y a de ces mots qu'on prononce sans pouvoir les comprendre.
Le seul menteur du Midi, s'il y en a un, c'est le soleil. Tout ce qu'il touche, il l'exagère.
La meilleur façon d'imposer une idée aux autres, c'est de leur faire croire qu'elle vient d'eux.
La meilleure façon d'imposer une idée aux autres, c'est de leur faire croire qu'elle vient d'eux.
L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire.
Voyez-vous, mes enfants, quand le blé est mûr, il faut le couper ; quand le vin est tiré, il faut le boire.
La vie, c'est une boite d'instruments qui piquent et coupent. A toute heure nous nous ensanglantons les mains.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : "usage externe", comme sur les fioles de pharmacie !
Les femmes aiment à consoler, et porter ses chagrins de coeur en écharpe est la meilleure façon de réussir auprès d'elles.
La gloire, c'est comme un cigare qu'on mettrait dans la bouche par le bout allumé. D'abord ça brûle, et puis, on ne sent plus que la cendre.
Pas une page, qu'elle n'ait revue ou retouchée.
— Alphonse Daudet à propos de Julia Allard, rapporté par plusieurs biographes
La haine, c'est la colère des faibles !
Il y a parfois du courage à fuir...
Les hommes vieillissent, mais ne mûrissent pas.
La gourmandise commence quand on n'a plus faim.
Au pays de fleurs, plus on est petit, plus on embaume.
Le prisonnier voit la liberté plus belle qu'elle n'est.
Où serait le mérite, si les héros n'avaient jamais peur ?
Les larmes entretiennent les plaies, elles ne les cicatrisent pas.
Le roman est l'histoire des hommes et l'histoire le roman des rois.
La nuit tombe, vous frôle en passant de son aile noire toute humide.
A quinze ans, vingt ans tout au plus, on est déjà achevé d'imprimer.
Le jour, c'est la vie des êtres, mais la nuit, c'est la vie des choses.
L'épithète doit être la maîtresse du substantif, jamais sa femme légitime.
Ah ! pourquoi faut-il se quitter, au moment où l'on a tant besoin de s'aimer ?
L'oeuvre qu'on portait en soi paraît toujours plus belle que celle qu'on a faite.
Morte !... morte !... Il y a de ces mots qu'on prononce sans pouvoir les comprendre.
Le seul menteur du Midi, s'il y en a un, c'est le soleil. Tout ce qu'il touche, il l'exagère.
La meilleur façon d'imposer une idée aux autres, c'est de leur faire croire qu'elle vient d'eux.
La meilleure façon d'imposer une idée aux autres, c'est de leur faire croire qu'elle vient d'eux.
L'homme du Midi ne ment pas, il se trompe. Il ne dit pas toujours la vérité, mais il croit la dire.
Voyez-vous, mes enfants, quand le blé est mûr, il faut le couper ; quand le vin est tiré, il faut le boire.
La vie, c'est une boite d'instruments qui piquent et coupent. A toute heure nous nous ensanglantons les mains.
Que de gens sur la bibliothèque desquels on pourrait écrire : "usage externe", comme sur les fioles de pharmacie !
Les femmes aiment à consoler, et porter ses chagrins de coeur en écharpe est la meilleure façon de réussir auprès d'elles.
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