Cette année marque le 1er anniversaire de sa disparition.
Portrait de Édouard Karali , dit Édika, dessinateur et scénariste français de bande dessinée humoristique né au Caire : son style absurde, volontiers scatologique, et ses récits à « non-chute » ont fait de lui un auteur culte associé à Fluide glacial .
Né le 17 décembre 1940 à Héliopolis, dans l’agglomération du Caire (Égypte), Édouard Karali commence sa vie professionnelle dans la publicité. À 19 ans, il quitte l’Égypte avec sa famille, puis travaille au Liban comme maquettiste avant de devenir illustrateur dans le secteur publicitaire. Quinze ans plus tard, il s’installe en France et s’insère dans la presse BD : Pilote et Charlie Mensuel publient ses premiers dessins, tandis que Psikopat — le journal animé par son frère Paul Carali — lui offre un terrain d’expérimentation. Cette période impose ses marqueurs : un trait expressif, des corps déformés, un goût pour la surcharge de détails et une comédie qui progresse par accumulation. Il adopte aussi une posture méta, parlant de ses propres hésitations, de la fabrication du gag et de la difficulté à « finir » une histoire, qui deviendra l’un de ses signes.
En 1979, sollicité par Gotlib et Jacques Diament, il entre à Fluide glacial et devient rapidement un pilier du mensuel, jusqu’à signer plus d’une soixantaine de couvertures et de nombreuses unes. Son humour privilégie l’absurde, avec une part assumée de scatologie et de sexualité, et des récits qui avancent par digressions : l’absence volontaire de chute devient un gag en soi. Nombre d’épisodes se déroulent d’ailleurs dans la rédaction du magazine, transformée en décor de fiction. Il se met en scène à travers Bronsky Proko, entouré d’une famille récurrente, et installe un bestiaire de personnages loufoques, dont le chat Clark Gaybeul, figure centrale. Sa bibliographie chez Fluide glacial compte 37 albums, de Débiloff profondikoum (1981) à Pas d’panique ! (2018), en passant par Peurs bleues (2002) et Histoires obliques (2013). Depuis 2008, Clark Gaybeul dispose en outre d’une série dédiée, prolongeant cet univers.
1940 : naissance le 17 décembre à Héliopolis (agglomération du Caire, Égypte)
1959 : quitte l’Égypte à 19 ans ; travaille ensuite au Liban comme maquettiste
1976 : s’installe en France et collabore à la presse BD, dont Pilote et Charlie Mensuel
1979 : rejoint Fluide glacial à l’invitation de Gotlib et Jacques Diament
1981 : publication de l’album Débiloff profondikoum
1982 : parution de Homo-sapiens connarduss et Yeah !
1994 : publication de Destins yaourt
2002 : parution de Peurs bleues
2008 : lancement de la série Clark Gaybeul
2013 : publication de Histoires obliques
2018 : parution de Pas d’panique !
2025 : décès annoncé le 16 décembre
Sur le plan familial, Édouard Karali est le frère du dessinateur Paul Carali. Il quitte l’Égypte à 19 ans avec sa famille, puis se fixe durablement en France au milieu des années 1970, où il rejoint son frère. Leur proximité est connue dans le milieu de la BD : Édika collabore notamment à Psikopat , le magazine lié à Paul Carali, en parallèle de publications dans Pilote et Charlie Mensuel . Cette dimension familiale accompagne ses premiers pas dans la presse satirique et humoristique. Les sources biographiques retiennent surtout ces éléments de parenté et de parcours.
La parentèle documentée mentionne sa nièce Mélaka et son neveu Olivier Ka, ainsi que sa belle-sœur Gudule. Un hommage publié en décembre 2025 évoque aussi sa famille, ses enfants et ses petits-enfants, sans en détailler l’identité. Dans son œuvre, il se caricature via Bronsky Proko et met en scène une famille fictive et un chat, Clark Gaybeul ; ces personnages relèvent de la création, mais prolongent publiquement son goût pour l’autodérision. Les engagements publics, quand ils sont évoqués, passent principalement par son travail publié au sein de Fluide glacial et de ses albums.
1 - Dans ses planches, Édika revendique la « non-chute » : l’histoire s’étire, bifurque, puis s’interrompt, et l’impossibilité de conclure devient le gag principal, appuyé par des dialogues interminables et volontairement digressifs.
2 - Il se caricature sous le nom de Bronsky Proko, figure d’auteur débordé par son propre récit, entouré d’une famille récurrente. Ce dispositif lui sert à commenter la fabrication du gag, les hésitations du narrateur et l’improvisation affichée.
3 - Son chat Clark Gaybeul, clin d’œil phonétique à Clark Gable, devient un personnage récurrent au comportement très humain. Depuis 2008, il dispose même d’une série à part entière, prolongeant cet univers sur la durée.
4 - Très associé à Fluide glacial , il signe un grand nombre d’illustrations de couverture : un hommage récent du magazine souligne 83 unes, dont une dernière en 2023, et rappelle sa place d’auteur phare depuis 1979.
La disparition d’Édika, annoncée par la rédaction de Fluide Glacial, intervient à l’âge de 85 ans. Le magazine salue un auteur majeur de la bande dessinée humoristique et rappelle son statut d’auteur phare depuis son arrivée en 1979, ainsi que l’empreinte laissée par ses couvertures et ses personnages récurrents. Les hommages décrivent un créateur réservé dans la vie publique, mais d’une liberté totale sur la page, et adressent des pensées à sa famille, à ses proches et à ses lecteurs.