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Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.

Biographie

Jacques-Armand Cardon, dit Cardon, est un dessinateur et caricaturiste français né le 30 novembre 1936 au Havre et mort le 5 avril 2026 à Angers, à 89 ans. Collaborateur du Canard enchaîné pendant plus de quarante ans, il est connu pour un style graphique singulier fondé sur des personnages vus de dos et un trait en hachures.


Parcours

Né au Havre le 30 novembre 1936, Jacques-Armand Cardon passe son enfance dans le centre Bretagne, loin d'un père ouvrier voilier fait prisonnier dès 1940 et mort en captivité en 1942. Il grandit dans les baraquements du château de Soye à Ploemeur, en pleine reconstruction de Lorient après les bombardements. À 17 ans, il entre comme ouvrier aux arsenaux de la Marine à Lorient. Son service militaire à Toulon lui ouvre les portes de l'école des beaux-arts locale, où il étudie la lithographie à partir de 1957, puis pratique la gravure et la sculpture. Après son service, il se marie, retourne brièvement à Lorient, puis s'installe à Paris. En 1961, il publie ses premiers dessins dans Bizarre, aux éditions Jean-Jacques Pauvert, qui lui fait rencontrer l'équipe fondatrice d'Hara-KiriCabu, Wolinski, Roland Topor, François Cavanna et le professeur Choron. Il se reconnaît particulièrement dans Gébé, lui aussi issu du milieu ouvrier.

À partir de 1962, Cardon collabore à Siné Massacre, à L'Humanité et à la revue du SNESup. En 1968, il participe à L'Enragé aux côtés de Siné, Gébé, Wolinski et Topor. De 1970 à 1978, il signe des bandes dessinées politiques dans Charlie Hebdo, L'Écho des savanes et Politique Hebdo, ainsi que dans L'Humanité Dimanche jusqu'en 1979. En 1973, il entre au Canard enchaîné, pour lequel il travaillera plus de quarante ans, développant un style immédiatement reconnaissable : personnages croqués de dos dans un univers bétonné, dessin en hachures, absence quasi systématique de bulles ou de légendes. Il collabore par ailleurs régulièrement au Monde et participe à l'émission télévisée Tac au Tac, produite par Jean Frapat. En 1974, il réalise L'Empreinte, court-métrage d'animation de sept minutes, qui reçoit le prix de la première œuvre au festival d'Annecy et est sélectionné au festival de Cannes en 1975. En mai 1981, il cofonde la revue Le Père Denis avec Kerleroux, Andrés Vázquez de Sola et Grandremy. Installé en Anjou depuis le début des années 2000, il continue de publier jusqu'à sa mort.


Repères chronologiques

1936 : naissance le 30 novembre au Havre (Seine-Inférieure)
1940 : son père, ouvrier voilier, est fait prisonnier ; il mourra en captivité en 1942
1953 : entre comme ouvrier aux arsenaux de la Marine à Lorient, à 17 ans
1957 : s'inscrit à l'école des beaux-arts de Toulon lors de son service militaire ; étudie la lithographie, la gravure et la sculpture
1961 : premiers dessins publiés dans Bizarre (éditions Jean-Jacques Pauvert) ; rencontre l'équipe d'Hara-Kiri
1962 : débuts dans Siné Massacre et L'Humanité
1967 : dessins publiés dans l'anthologie Planète, L'Humour noir de Jacques Sternberg, incluant la série des chaises impossibles
1968 : collabore à L'Enragé avec Siné, Gébé, Wolinski et Topor
1973 : entre au Canard enchaîné ; publication de Ligne de fuite (Albin Michel) et de La Véridique histoire des compteurs à air (éditions de La Courtille)
1974 : réalise le court-métrage d'animation L'Empreinte, primé au festival d'Annecy
1981 : cofonde la revue Le Père Denis avec Kerleroux, Vázquez de Sola et Grandremy
1986 : publication du recueil Comment crier et quoi (éditions du Héron)
2010 : parution de Cardon vu de dos — trente ans de dessins plus que politiques (éditions L'Échappée), 240 dessins rétrospectifs
2015 : reçoit la médaille de la ville de Ploemeur et le titre de citoyen d'honneur
2020 : publication de Cathédrale Cardon (Super Loto éditions/Monte-en-l'air), condensé de toute sa carrière
2022 : parution de Ras le bol (Super Loto éditions/Les Requins Marteaux), compilation de planches pour L'Humanité Dimanche et Politique Hebdo de 1970 à 1976 ; sélectionné au prix du patrimoine du festival de BD d'Angoulême 2023
2026 : mort le 5 avril à Angers, à 89 ans


Vie personnelle et engagements

Fils d'un ouvrier voilier mort en captivité allemande en 1942, Jacques-Armand Cardon grandit sans père dans le centre Bretagne puis à Lorient, dans les baraquements du château de Soye. Cette enfance marquée par la guerre et le deuil nourrit durablement son œuvre. À l'issue de son service militaire, il se marie — son épouse n'est pas identifiée nommément dans les sources consultées — et s'installe à Paris avant de rejoindre l'Anjou au début des années 2000, où il demeure jusqu'à sa mort. Il laisse plusieurs filles, qui ont annoncé son décès à l'AFP ; leurs prénoms n'ont pas été rendus publics. Son frère ou ses éventuels autres membres de fratrie ne sont pas documentés dans les sources disponibles.

Cardon se dit proche de Gébé, issu comme lui du monde ouvrier, et entretient des liens durables avec les milieux de la presse satirique engagée à gauche. Sa carrière témoigne d'un attachement constant aux questions sociales et politiques, sans adhésion partisane affichée. Il est l'un des présidents d'honneur de l'association Mémoire de Soye, qui perpétue le souvenir de la cité ouvrière où il a grandi à Ploemeur. Son court-métrage L'Empreinte (1974) est qualifié par ses filles d'allégorie de l'aliénation, de l'éducation répressive et du conditionnement social — prolongement direct de ses engagements graphiques.


Contexte du décès

Jacques-Armand Cardon est décédé le dimanche 5 avril 2026 à Angers (Maine-et-Loire), à l'âge de 89 ans.  Le décès a été annoncé à l'AFP le mardi 7 avril 2026 par ses filles. 


Anecdotes

1 - Avant de tenir un crayon de façon professionnelle, Cardon travaillait les métaux : ouvrier aux arsenaux de la Marine de Lorient dès 17 ans, il ne se consacre au dessin qu'après son service militaire, à plus de 20 ans.
2 - Son court-métrage d'animation L'Empreinte (1974), qu'il écrit et réalise seul, met en scène un enfant portant une planche dans le dos. Sélectionné au festival de Cannes et primé à Annecy, il ne dure que sept minutes.
3 - La série des chaises impossibles, dessinée dès 1962, paraît cinq ans plus tard dans l'anthologie de Jacques Sternberg — soit l'une de ses premières publications à toucher un public international, bien avant son entrée au Canard enchaîné.
4 - Son album Cathédrale Cardon (2020), qu'il déclarait mûrir depuis soixante ans, met en scène un homme nu égaré dans une cathédrale gothique inspirée de Notre-Dame. Il l'avait conçu comme un moyen d'évacuer les peurs de son enfance de guerre.
5 - En 1981, Cardon dessine pour un ballet du chorégraphe québécois Paul-André Fortier à Montréal — une collaboration peu connue qui témoigne d'une pratique artistique débordant largement le dessin de presse.
6 - Ras le bol (2022), compilation de planches réalisées entre 1970 et 1976, est sélectionné au prix du patrimoine du festival international de la bande dessinée d'Angoulême 2023, soit un demi-siècle après leur première parution.


Points clés

- Métier(s) : dessinateur de presse, caricaturiste, illustrateur, réalisateur de dessin animé
- Résidence principale : Angers (Anjou), depuis le début des années 2000
- Relations de couple : marié
- Enfants : plusieurs filles 
- Distinctions : prix de la première œuvre au festival d'Annecy (1974) pour L'Empreinte ; sélection au festival de Cannes (1975) ; médaille de la ville de Ploemeur et titre de citoyen d'honneur (2015) ; sélection au prix du patrimoine du festival d'Angoulême (2023) pour Ras le bol


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Autres dessinateurs nés dans les années 1930

Questions autour de Jacques-Armand Cardon

Qui est né le même jour que Jacques-Armand Cardon ?
Chandra Bahadur Dangi, Henry Selick, Chrissy Teigen, Jonathan Swift et Elisha Cuthbert sont nés le 30 novembre comme Jacques-Armand Cardon.
À quel âge est mort Jacques-Armand Cardon ?
Jacques-Armand Cardon est mort à 89 ans, le 5 avril 2026.
Qui est mort le même jour que Jacques-Armand Cardon ?
Isao Takahata, Charlton Heston, Claude Miller, Tchang Kaï-chek et Howard Hughes sont morts le 5 avril comme Jacques-Armand Cardon.
Quels dessinateurs français sont du signe Sagittaire comme Jacques-Armand Cardon ?
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