Artiste polymorphe et génie du trait, Roland Topor a marqué le XXe siècle par son univers surréaliste, macabre et drolatique. Dessinateur, écrivain, poète et acteur, il a exploré toutes les formes d'expression avec une liberté créatrice absolue.
Né à Paris de parents juifs polonais, il passe une partie de son enfance caché durant l'Occupation, une expérience qui imprégnera son œuvre d'une noirceur teintée d'humour salvateur. Après des études aux Beaux-Arts de Paris, il publie ses premiers dessins dans des revues comme Bizarre et Hara-Kiri , où son trait incisif et ses thèmes provocateurs font sensation. En 1962, il fonde avec Fernando Arrabal et Alejandro Jodorowsky le mouvement Panique, une réponse subversive au surréalisme visant à célébrer le chaos et la fête. Parallèlement à son œuvre graphique, il s'illustre dans la littérature avec des romans marquants comme Le Locataire chimérique , qui sera adapté au cinéma par Roman Polanski. Son imagination débordante se déploie également dans le domaine de l'animation, notamment avec le chef-d'œuvre La Planète sauvage , dont il assure les dessins originaux.
Topor ne se limite pas au papier et investit le monde du spectacle et de l'audiovisuel avec un succès constant. Il crée pour la télévision la série culte Téléchat , qui marquera des générations d'enfants par son étrangeté poétique. Au cinéma, sa présence singulière en fait un acteur recherché, apparaissant chez Werner Herzog dans Nosferatu, fantôme de la nuit ou chez Volker Schlöndorff dans Un amour de Swann . Écrivain prolifique, il multiplie les recueils de nouvelles, les pièces de théâtre et les chansons, collaborant avec des artistes comme Jean-Michel Ribes pour l'émission Palace . En 2026, son influence sur l'illustration contemporaine et l'humour noir reste colossale. Ses dessins, régulièrement exposés dans les plus grands musées, continuent de fasciner par leur cruauté joyeuse et leur capacité à débusquer l'absurdité du monde moderne.
1938 : Naissance le 7 janvier à Paris dans le 10ème arrondissement
1958 : Premières publications de dessins dans la presse satirique française
1962 : Création du mouvement Panique avec Arrabal et Jodorowsky
1964 : Publication du roman culte Le Locataire chimérique
1973 : Prix spécial du jury à Cannes pour le film La Planète sauvage
1975 : Sortie de Mémoires d'un vieux con , parodie mordante de mémoires
1979 : Interprète Renfield dans le film Nosferatu de Werner Herzog
1983 : Création de la série télévisée Téléchat avec Henri Xhonneux
1989 : Collabore activement à l'émission humoristique Palace
1997 : Décès le 16 avril à Paris à la suite d'une hémorragie cérébrale
Né le 7 janvier 1938, il était le fils d'Abram Topor, peintre et graveur, et de Zlata Topor. Il grandit dans une atmosphère artistique stimulante malgré les épreuves de la guerre. Il a partagé sa vie avec plusieurs compagnes, dont l'actrice et réalisatrice Agnès Brisebarre. De son union avec la comédienne et poétesse Anne Van Der Elst est né un fils, Nicolas Topor, qui deviendra lui-même un artiste multidisciplinaire. Roland Topor était une figure centrale de la vie de bohème parisienne, fréquentant assidûment les cafés de Saint-Germain-des-Prés où il tenait table ouverte pour ses nombreux amis artistes et écrivains.
Son engagement était avant tout artistique et humaniste, refusant toute forme de censure ou de carcan intellectuel. Il a toujours lutté contre la bêtise et le conformisme à travers la satire et le rire noir, qu'il considérait comme la politesse du désespoir. Bien qu'il ne fût pas un militant politique au sens classique, ses dessins dénonçaient sans relâche les travers du pouvoir et de la société de consommation. En 2025, son fils et ses ayants droit veillent à la diffusion de son œuvre à travers le monde. Topor soutenait activement la jeune création et les revues indépendantes, voyant dans l'impertinence graphique une arme indispensable à la liberté d'expression. Son héritage se perpétue aujourd'hui à travers des expositions qui soulignent sa vision visionnaire de l'homme et de ses angoisses.
Roland Topor s'éteint le 16 avril 1997 à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu à Paris, à l'âge de 59 ans. Il a succombé à une hémorragie cérébrale après être tombé dans le coma quelques jours auparavant. Sa disparition a laissé un vide immense dans le paysage culturel français, ses amis Jean-Michel Ribes et Jérôme Savary saluant la perte d'un génie dont la créativité semblait inépuisable. Ses obsèques ont réuni le tout-Paris artistique dans un mélange de tristesse et d'hommages décalés, fidèles à l'esprit de l'artiste.
Il repose au cimetière du Montparnasse à Paris, dans la 14ème division. Sa sépulture, sobre, est régulièrement fleurie par ses admirateurs. Les amateurs de son œuvre peuvent également se recueillir symboliquement à la Bibliothèque nationale de France, qui conserve un fonds important de ses dessins, gravures et manuscrits originaux, témoignant de son immense apport à l'art graphique français.
1 - Roland Topor était célèbre pour son rire tonitruant et communicatif, capable de remplir une pièce entière, un rire qu'il utilisait souvent pour désamorcer les situations les plus sombres ou tendues.
2 - Pour la création de La Planète sauvage , il a dû réaliser des milliers de dessins originaux, créant une faune et une flore totalement inédites qui restent aujourd'hui des références absolues pour les illustrateurs de science-fiction.
3 - Topor adorait les calembours et les jeux de mots absurdes ; il en truffait ses conversations et ses écrits, considérant la langue comme un terrain de jeu inépuisable pour la subversion.
4 - Il a un jour affirmé que s'il dessinait des choses horribles, c'était uniquement pour ne pas avoir à les vivre dans la réalité, faisant de son art une forme d'exorcisme personnel permanent.
5 - Roland Topor a collaboré à la conception du logo et de l'identité visuelle de plusieurs théâtres parisiens, laissant son empreinte graphique jusque dans les rues de la capitale qu'il aimait tant arpenter.
- Métier(s) : Dessinateur, écrivain, acteur, scénariste
- Résidence principale : Paris, France
- Relations : Fernando Arrabal (ami), Jean-Michel Ribes (collaborateur)
- Enfants : Nicolas Topor
- Distinctions : Grand Prix des Arts de la Ville de Paris (1990)
L'estomac compense le coeur.
Quand on aime la vie, on dort.
Je ne gagne rien donc j'économise.
L'erreur, comme le rire, est humaine.
Il suffit de parler pour devenir un autre.
La morale, avec de l'argent, ça se change.
On a tous les droits quand on a le spleen.
Les nuits de la semaine restent à baptiser.
Etymologie : le casier judiciaire des mots.
Même les paranoïaques ont de vrais ennemis !
Il faut savoir profiter des mamans propices.
La moralité se perd aussi vite que les dents.
Les Français ont du vin, les Anglais de l'humour.
Théâtre et fantasme sont faits l'un pour l'autre.
Un type qui boit ne peut être foncièrement mauvais.
Le treizième travail d'Hercule : trouver un emploi.
J'aime bien les animaux domestiques, mais pas chez moi.
Faire du théâtre, l'unique manière de ne pas s'y ennuyer.
Les femmes sont plus franchement mammifères que les hommes.
L'acte le plus artistique d'un artiste : choisir son public.
Le sérieux n'est que la crasse accumulée dans les têtes vides.
Il faut s'y prendre tôt pour faire les choses au dernier moment.
A force d'entendre parler de moi, je meurs d'envie de me connaître.
Le plus bavard des perroquets peut respecter une minute de silence.
Stupéfiant ! Tout le temps que j'avais devant moi, il est derrière.
Je respecte trop la démocratie pour risquer de la dérégler en votant.
Comme les dessous intimes, l'art est froissable et se salit rapidement.
Les gens ne respectent rien dès qu'il s'agit de gagner un peu de fric !
Le malheur est un don de Dieu, il fortifie les uns, réjouit les autres.
N'importe quel comique vous dira combien il est difficile d'égayer le public.
Le pouvoir n'est que la partie visible de l'infamie de ceux qui le détiennent.
Chaque jour se répéter : "Je ne serai plus jamais aussi jeune qu'aujourd'hui".
Qui aime un chat aime tous les chats.
Qui aime son chien n'aime pas les autres.
Plus on est monté haut, plus on est descendu profond à l'intérieur de soi-même.
Qui aime un chat aime tous les chats. Qui aime son chien n'aime pas les autres.
Idée pour faire une carrière d'artiste conceptuel : signer les dessins d'enfants.
Que Dieu existe ou non, quelle importance puisque j'ai besoin de lui pour vivre !
L'erreur, comme le rire, est le propre de l'homme. Mais infiniment plus créatrice.
Puisqu'on ne vit qu'une seule fois, autant établir de bonnes relations avec soi-même.
- Les vaches folles rendent les bouchers anxieux !
- Un malheur n'arrive jamais seul.
Les rires ajoutés des émissions "comiques" à la télé, on devrait les utiliser partout.
Peu à peu, les vieilles religions perdent leur venin, les plus récentes sont les pires.
La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel.
Changer de boulot occasionne un décalage horaire plus important que de changer de continent.
La vue d'un cadavre était toujours choquante, jusqu'à ce que la télé finisse par nous y habituer.
Le temps est aussi pollué que l'espace. Je viens de passer un sale quart d'heure qui m'a convaincu.
Il vaut mieux ne pas trop chercher à savoir d'où vient l'inspiration, sinon on devient systématique.
Les religions sont peu prolixes sur cette question que j'adore : que faisait Dieu avant la création ?
Dès que les hommes de lettres se mettent à écrire, ils cessent de lire les oeuvres de leurs confrères.
Si tout le monde appuyait fermement du pied droit sur le sol pour freiner, le temps passerait moins vite.
Pour fumer moins, embrasser plus. Se méfier des allumeuses et prendre la précaution d'utiliser des filtres.
L'humanité a besoin de sublime. Le sublime du sublime, c'est l'art. Le sublime de l'art, c'est l'avant-garde.
Il faut être indulgent avec les acteurs, les défauts qu'on leur reproche ne s'appliquent jamais à celui que l'on croit.
On reconnaît facilement le photographe professionnel au milieu d'un troupeau de touristes : c'est celui qui cache son appareil.
Sur cent milliardaires, il y a quatre-vingt-dix-neuf fripouilles. Quant au centième, si on remonte son passé, il est pas blanc.
Avortement. Je suis contre. Tuer un être humain avant qu'il soit devenu un bébé est inadmissible. C'est une preuve d'impatience.
Les bébés sont d'une affligeante banalité. Ils se bornent à pousser des cris incompréhensibles comme s'ils allaient à l'abattoir.
Une bonne vieille bouteille de vin est aussi rare, aussi miraculeuse qu'un vieux pas con. Ca arrive, mais mieux vaut ne pas trop y compter.
Organiser d'urgence les jeux olympiques des dopés, toutes drogues confondues étant admises, du moment que les records tombent. Succès garanti.
Pauvres messieurs auxquels on interdit de fumer leur cigare parce que la fumée risque de réveiller le chat que la demoiselle a dans la gorge !
Pour devenir populaire, une idée doit s'incarner dans un héros, prendre un visage et même un corps humain. Bref, elle doit cesser d'être une idée.
L'argent, si concret quand on en manque ou quand on en a peu, devient léger, quasiment gazeux, aussitôt qu'il se trouve rassemblé en grande quantité.
Il est également absurde de vivre en perdant de vue le paramètre absolue de la mort que de laisser la pensée de la mort prochaine gâcher mon existence.
Les prouesses réalisées par des individus exceptionnels, grâce à leur art et à leur intelligence, tôt ou tard la technologie les rend possibles à tout le monde.
L'estomac compense le coeur.
Quand on aime la vie, on dort.
Je ne gagne rien donc j'économise.
L'erreur, comme le rire, est humaine.
Il suffit de parler pour devenir un autre.
La morale, avec de l'argent, ça se change.
On a tous les droits quand on a le spleen.
Les nuits de la semaine restent à baptiser.
Etymologie : le casier judiciaire des mots.
Même les paranoïaques ont de vrais ennemis !
Il faut savoir profiter des mamans propices.
La moralité se perd aussi vite que les dents.
Les Français ont du vin, les Anglais de l'humour.
Théâtre et fantasme sont faits l'un pour l'autre.
Un type qui boit ne peut être foncièrement mauvais.
Le treizième travail d'Hercule : trouver un emploi.
J'aime bien les animaux domestiques, mais pas chez moi.
Faire du théâtre, l'unique manière de ne pas s'y ennuyer.
Les femmes sont plus franchement mammifères que les hommes.
L'acte le plus artistique d'un artiste : choisir son public.
Le sérieux n'est que la crasse accumulée dans les têtes vides.
Il faut s'y prendre tôt pour faire les choses au dernier moment.
A force d'entendre parler de moi, je meurs d'envie de me connaître.
Le plus bavard des perroquets peut respecter une minute de silence.
Stupéfiant ! Tout le temps que j'avais devant moi, il est derrière.
Je respecte trop la démocratie pour risquer de la dérégler en votant.
Comme les dessous intimes, l'art est froissable et se salit rapidement.
Les gens ne respectent rien dès qu'il s'agit de gagner un peu de fric !
Le malheur est un don de Dieu, il fortifie les uns, réjouit les autres.
N'importe quel comique vous dira combien il est difficile d'égayer le public.
Le pouvoir n'est que la partie visible de l'infamie de ceux qui le détiennent.
Chaque jour se répéter : "Je ne serai plus jamais aussi jeune qu'aujourd'hui".
Qui aime un chat aime tous les chats.
Qui aime son chien n'aime pas les autres.
Plus on est monté haut, plus on est descendu profond à l'intérieur de soi-même.
Qui aime un chat aime tous les chats. Qui aime son chien n'aime pas les autres.
Idée pour faire une carrière d'artiste conceptuel : signer les dessins d'enfants.
Que Dieu existe ou non, quelle importance puisque j'ai besoin de lui pour vivre !
L'erreur, comme le rire, est le propre de l'homme. Mais infiniment plus créatrice.
Puisqu'on ne vit qu'une seule fois, autant établir de bonnes relations avec soi-même.
- Les vaches folles rendent les bouchers anxieux !
- Un malheur n'arrive jamais seul.
Les rires ajoutés des émissions "comiques" à la télé, on devrait les utiliser partout.
Peu à peu, les vieilles religions perdent leur venin, les plus récentes sont les pires.
La violence sucrée de l'imaginaire console tant bien que mal de la violence amère du réel.
Changer de boulot occasionne un décalage horaire plus important que de changer de continent.
La vue d'un cadavre était toujours choquante, jusqu'à ce que la télé finisse par nous y habituer.
Le temps est aussi pollué que l'espace. Je viens de passer un sale quart d'heure qui m'a convaincu.
Il vaut mieux ne pas trop chercher à savoir d'où vient l'inspiration, sinon on devient systématique.
Les religions sont peu prolixes sur cette question que j'adore : que faisait Dieu avant la création ?
Dès que les hommes de lettres se mettent à écrire, ils cessent de lire les oeuvres de leurs confrères.
Si tout le monde appuyait fermement du pied droit sur le sol pour freiner, le temps passerait moins vite.
Pour fumer moins, embrasser plus. Se méfier des allumeuses et prendre la précaution d'utiliser des filtres.
L'humanité a besoin de sublime. Le sublime du sublime, c'est l'art. Le sublime de l'art, c'est l'avant-garde.
Il faut être indulgent avec les acteurs, les défauts qu'on leur reproche ne s'appliquent jamais à celui que l'on croit.
On reconnaît facilement le photographe professionnel au milieu d'un troupeau de touristes : c'est celui qui cache son appareil.
Sur cent milliardaires, il y a quatre-vingt-dix-neuf fripouilles. Quant au centième, si on remonte son passé, il est pas blanc.
Avortement. Je suis contre. Tuer un être humain avant qu'il soit devenu un bébé est inadmissible. C'est une preuve d'impatience.
Les bébés sont d'une affligeante banalité. Ils se bornent à pousser des cris incompréhensibles comme s'ils allaient à l'abattoir.
Une bonne vieille bouteille de vin est aussi rare, aussi miraculeuse qu'un vieux pas con. Ca arrive, mais mieux vaut ne pas trop y compter.
Organiser d'urgence les jeux olympiques des dopés, toutes drogues confondues étant admises, du moment que les records tombent. Succès garanti.
Pauvres messieurs auxquels on interdit de fumer leur cigare parce que la fumée risque de réveiller le chat que la demoiselle a dans la gorge !
Pour devenir populaire, une idée doit s'incarner dans un héros, prendre un visage et même un corps humain. Bref, elle doit cesser d'être une idée.
L'argent, si concret quand on en manque ou quand on en a peu, devient léger, quasiment gazeux, aussitôt qu'il se trouve rassemblé en grande quantité.
Il est également absurde de vivre en perdant de vue le paramètre absolue de la mort que de laisser la pensée de la mort prochaine gâcher mon existence.
Les prouesses réalisées par des individus exceptionnels, grâce à leur art et à leur intelligence, tôt ou tard la technologie les rend possibles à tout le monde.