Cette année marque le 10ᵉ anniversaire de sa disparition.
Gotlib, de son vrai nom Marcel Gottlieb, est un auteur français de bande dessinée né le 14 juillet 1934 à Paris. Cofondateur de Fluide glacial et de L'Écho des savanes, il a profondément renouvelé la bande dessinée humoristique pour adultes en France.
Fils d'Ervin Gottlieb, peintre en bâtiment d'origine roumaine, et de Régina Berman, couturière d'origine hongroise, Marcel Gottlieb grandit dans le 18e arrondissement de Paris. En septembre 1942, son père est arrêté par la police française, transféré au camp de Drancy puis déporté à Blechhammer avant d'être assassiné à Buchenwald le 10 février 1945. Sa mère, prévenue d'une rafle imminente, place Marcel et sa soeur chez des agriculteurs de Rueil-la-Gadelière, en Eure-et-Loir. À partir de 1947, il passe trois ans au château des Groux à Verneuil-sur-Seine. En 1951, il suit les cours du soir de l'École supérieure des arts appliqués Duperré, dans la classe de Georges Pichard, tout en travaillant à l'Office commercial pharmaceutique. Il devient lettreur chez Opera Mundi avant d'effectuer un service militaire de vingt-huit mois. Ses débuts dans la bande dessinée ont lieu en 1962 dans le journal Vaillant, où il crée notamment la série Nanar, Jujube et Piette, au sein de laquelle naît le personnage de Gai-Luron.
En février 1965, Gotlib sollicite un rendez-vous au journal Pilote. René Goscinny, rédacteur en chef, lui propose de collaborer aux Dingodossiers, série parodique inspirée du magazine américain Mad. Gotlib poursuit ensuite en solo avec La Rubrique-à-brac, publiée de 1968 à 1974 dans Pilote, où s'imposent ses running gags récurrents autour d'Isaac Newton et de la coccinelle. En 1972, avec Nikita Mandryka et Claire Bretécher, il cofonde L'Écho des savanes, premier mensuel de bande dessinée pour adultes en France. Le 1er avril 1975, il lance Fluide glacial avec son ami d'enfance Jacques Diament, sous l'enseigne de la société Audie. Le magazine publie des séries majeures : Rhââ Lovely, Pervers Pépère, Superdupont (coécrit avec Jacques Lob), Gai-Luron. En 1991, Gotlib reçoit le grand prix de la ville d'Angoulême. Il cède la société Audie à Flammarion en 1995 tout en conservant la rédaction des éditoriaux de Fluide glacial jusqu'en 2000.
1934 : naissance le 14 juillet à Paris, 14e arrondissement
1942 : arrestation de son père par la police française ; Marcel est placé à la ferme à Rueil-la-Gadelière
1945 : mort de son père Ervin Gottlieb à Buchenwald le 10 février
1947 : séjour de trois ans au château des Groux, Verneuil-sur-Seine
1951 : cours du soir à l'École Duperré dans la classe de Georges Pichard
1962 : débuts dans la bande dessinée dans le journal Vaillant ; création de Nanar, Jujube et Piette
1965 : entrée au journal Pilote ; collaboration avec René Goscinny sur Les Dingodossiers
1968 : lancement en solo de La Rubrique-à-brac dans Pilote
1972 : cofondation de L'Écho des savanes avec Nikita Mandryka et Claire Bretécher
1975 : lancement de Fluide glacial le 1er avril avec Jacques Diament
1986 : publication du dernier album de bande dessinée, La Bataille navale ou Gai-Luron en slip
1991 : grand prix de la ville d'Angoulême
1993 : publication de l'autobiographie J'existe, je me suis rencontré
1995 : cession de la société Audie à Flammarion
2016 : décès le 4 décembre au Vésinet, à l'âge de 82 ans
Marcel Gottlieb passe son enfance dans le 18e arrondissement de Paris, à l'école de la rue Ferdinand-Flocon. Son père Ervin, peintre en bâtiment, est mort en déportation à Buchenwald en 1945 ; sa mère Régina survit et reprend son activité de couturière. Gotlib épouse Claudie, avec qui il a une fille, Ariane Gotlieb, qui gère son fonds patrimonial après sa mort. Un fils est décédé jeune. La famille s'installe au Vésinet, dans les Yvelines. Son ami d'enfance Jacques Diament, cofondateur de Fluide glacial, est l'un de ses collaborateurs les plus proches.
Gotlib entretient une amitié littéraire avec l'écrivain Georges Perec, qui cite son oeuvre parmi ses sources d'inspiration dans La Vie mode d'emploi (1978). Fervent amateur de musique, il admire Georges Brassens sans jamais le rencontrer et consacre une double page de Pilote à la dissolution des Beatles en 1970. Il gratte la guitare et compose le générique d'une émission d'Europe 1 avec René Goscinny en 1969. André Franquin est une influence majeure déclarée. Gotlib souffre de longues périodes de dépression suivies en psychanalyse, qu'il évoque dans son autobiographie J'existe, je me suis rencontré.
Gotlib décède le 4 décembre 2016 au Vésinet, dans les Yvelines, à l'âge de 82 ans, à la suite d'un accident vasculaire cérébral survenu quelques jours auparavant. Les éditions Dargaud annoncent le décès à l'Agence France-Presse. La ministre de la Culture Audrey Azoulay salue sa mémoire dans un communiqué officiel, estimant qu'il a montré que l'humour est vital pour la démocratie. Le dessinateur britannique Terry Gilliam publie un message illustré de condoléances. L'ensemble de la profession de la bande dessinée, dont le magazine Fluide glacial, rend hommage à sa disparition.
Marcel Gotlib repose au cimetière du Vésinet, dans les Yvelines, auprès de sa mère et de son fils. Depuis le 5 octobre 2018, la bibliothèque municipale du Vésinet porte le nom de bibliothèque Marcel-Gotlib. Un astéroïde, découvert en 2005 par Jean-Claude Merlin, a été nommé (184878) Gotlib en son honneur.
1 - Graphiste de formation, Gotlib est autodidacte pour le dessin. Maladroit au crayon, il met au point dès ses débuts une technique personnelle : crayonnés sur carnet de croquis, puis recopiés à l'encre sur la planche pour préserver le papier d'encrage.
2 - En 1965, René Goscinny lui recommande d'utiliser le papier des dessinateurs de Mad, plus lisse que le Canson traditionnel. Gotlib adopte aussitôt ce support, qui lui permet de tracer des traits plus fins à la plume et au pinceau.
3 - La société Audie, qui édite Fluide glacial à partir de 1975, doit son nom à l'épouse de Gotlib : Claudie. Audie est une contraction de « Amusement, Umour, Dérision, Ilarité Et toutes ces sortes de choses ».
4 - Le guitariste Marcel Dadi lui rend hommage en composant Marcel's Rag, présent dans l'album La guitare à Dadi 1. En retour, Gotlib réalise la pochette de La guitare à Dadi 3.
5 - L'écrivain Georges Perec introduit dans La Vie mode d'emploi (1978) les personnages de Bougret et Charolles, directement inspirés des personnages récurrents de la Rubrique-à-brac, et cite Gotlib parmi ses sources d'inspiration.
6 - Gotlib rédige lui-même les éditoriaux de Fluide glacial de 1975 à 2000. La société Audie, dont le nom est issu du prénom de Claudie, est rachetée par Flammarion en 1995 ; Gotlib conserve toutefois la tribune de ces éditoriaux jusqu'à son départ.
- Métier(s) : auteur de bande dessinée, dessinateur, scénariste, éditeur
- Résidence principale : Le Vésinet (Yvelines)
- Relations de couple : marié à Claudie
- Enfants : Ariane Gotlieb (fille) ; un fils décédé jeune
- Distinctions : Prix Phénix du Meilleur scénariste comique (1969) ; Prix Phénix pour l'Ensemble de son oeuvre (1971) ; Mad Award de la National Cartoonists Society (1972) ; Prix du meilleur album au festival d'Angoulême pour Gai-Luron (1976) ; Grand Prix de la ville de Hyères (1981) ; Grand prix de la ville d'Angoulême (1991) ; Prix Raymond-Poïvet à Angoulême (2001) ; Grand Prix Saint-Michel (2007)
« Je suis avant tout athée mais, d'un autre côté, je suis juif. »
— Le Monde, 13 mars 2014 (entretien à l'occasion de l'exposition au Musée d'Art et d'Histoire du judaïsme)
« L'humour est une chose trop sérieuse pour la confier à des rigolos. »
— Rubrique-à-brac, tome 2, éd. Dargaud, 1971, p. 86
« Mon bonheur n'a jamais été de dessiner, c'était de raconter des conneries. »
— Ma vie-en-vrac, entretiens avec Gilles Verlant, Flammarion, 2006
« Goscinny n'a jamais réalisé tout le bien qu'il nous a fait. Je lui dois tout. »
— Ma vie-en-vrac, entretiens avec Gilles Verlant, Flammarion, 2006, p. 144
« Le jour où il y aura moins de cons, les gens seront plus heureux et il n'y aura plus de créateurs. »
— Propos cités dans Télérama, 31 janvier 2020
Si quelque chose ne peut plus empirer, ça empirera quand même.
La beauté n’est que simulacre, la jeunesse n’est qu’un leurre.
Sais-tu que la douleur, si elle ne faisait pas mal, serait parfaitement supportable ?
Je n'ai jamais été un grand lecteur de BD. Je suis surtout un grand lecteur de romans.
L'hippopotame, puisqu'il faut l'appeler par son nom, est un charmant animal au tempérament badin et primesautier, qui adore folâtrer au bord des fleuves africains où il vit.
Je n'ai pas arrêté de me raconter, surtout dans Rubrique-à-brac, mais toujours avec recul et dérision. Ça m'amuse de me dessiner sur un piédestal. Je me grandis parce que je ne suis pas grand-chose.
Je suis un type compliqué, j'ai toujours eu un mal fou à ouvrir en grand les vannes de mes émotions. Je suis constipé du cœur,. Grosse lacune que je comble tant bien que mal en faisant le " rigolo", un paravent très pratique dissimulant parfaitement les états d'âme embarrassants et générateurs de honte.