Résumé biographique

Figure majeure de la bande dessinée francophone, Marcel Gotlib s’impose comme un auteur central du neuvième art, créateur de personnages comme Gai-Luron et Superdupont, cofondateur des revues L’Écho des savanes et Fluide glacial, et artisan de l’essor de la BD dite « pour adultes » en France.


Parcours

Né le 14 juillet 1934 à Paris, Marcel Gottlieb, qui signera Gotlib, grandit dans une famille d’immigrés juifs de langue hongroise. Après la Seconde Guerre mondiale, il suit des cours du soir à l’École des arts appliqués Duperré tout en travaillant, puis devient lettreur chez Opera Mundi / Edi-Monde au début des années 1950. En 1962, il entre au journal Vaillant où il crée notamment Nanar et Jujube puis le chien Gai-Luron. À partir de 1965, il rejoint Pilote et dessine les Dingodossiers avec René Goscinny, avant de lancer en 1968 la série Rubrique-à-brac. En 1972, il cofonde la revue L’Écho des savanes puis, en 1975, le mensuel Fluide glacial, tout en développant de nombreuses séries humoristiques et satiriques.


Repères chronologiques

14 juillet 1934 : Naissance à Paris (14e arrondissement) dans une famille juive originaire de Roumanie et de Hongrie.
1942–1945 : Enfant caché à la campagne après la déportation et la mort de son père à Buchenwald.
1951 : Cours du soir à l’École des arts appliqués Duperré, début de carrière comme lettreur chez Opera Mundi / Edi-Monde.
1962 : Entrée à Vaillant, premières séries et apparition de Gai-Luron.
1965 : Début des Dingodossiers dans Pilote sur des scénarios de René Goscinny.
11 janvier 1968 : Première publication de la Rubrique-à-brac dans Pilote.
21 septembre 1972 : Création de Superdupont dans le no 672 de Pilote.
Mai 1972 : Cofondation de la revue L’Écho des savanes.
1er avril 1975 : Lancement de Fluide glacial, mensuel de BD humoristique.
Années 1970 : Développement de séries comme Pervers Pépère et Hamster Jovial et ses louveteaux.
1991 : Grand Prix de la ville d’Angoulême pour l’ensemble de son œuvre.
1993 : Publication de l’autobiographie de jeunesse J’existe, je me suis rencontré.
29 juin – 27 octobre 2013 : Grande rétrospective « L’effet coccinelle » à Saint-Malo.
2014–2015 : Exposition « Les mondes de Gotlib » au MAHJ à Paris puis au Musée juif de Belgique.
4 décembre 2016 : Mort au Vésinet (Yvelines) à l’âge de 82 ans.


Vie personnelle et engagements

Marcel Gotlib naît dans une famille d’immigrés juifs originaires de Roumanie et de Hongrie et passe son enfance entre Paris et la campagne, où il est caché pendant l’Occupation après l’arrestation de son père, déporté et assassiné à Buchenwald. En 1962, il épouse Claudie Liégeois. Leur fille Ariane naît en 1969 et grandit au Vésinet, dans un environnement fortement marqué par la culture cinématographique et artistique. Installé durablement au Vésinet, il y mène une vie relativement discrète, tout en demeurant une référence publique de la bande dessinée francophone. Marqué par la Shoah et par son expérience d’enfant caché, il laisse transparaître ces thèmes dans certaines œuvres et accepte d’être au centre d’expositions consacrées à son parcours, en particulier dans des institutions liées à la mémoire juive et à l’histoire de la déportation.


Anecdotes

1 – Enfant caché pendant la guerre, il raconte son séjour à la ferme de Rueil-la-Gadelière et à l’orphelinat des Groux à Verneuil-sur-Seine dans son autobiographie J’existe, je me suis rencontré.
2 – Son pseudonyme vient de la simplification de son patronyme « Gottlieb », dont il retire une lettre « t » et la lettre finale, devenant « Gotlib ».
3 – La petite coccinelle dessinée dans ses planches devient une signature récurrente, au point de donner son titre à l’exposition « L’effet coccinelle » organisée à Saint-Malo en 2013.
4 – Il est cofondateur de deux revues majeures de la BD adulte en France, L’Écho des savanes en 1972 et Fluide glacial en 1975, qui marquent durablement l’histoire de la bande dessinée.
5 – Lauréat du Grand Prix de la ville d’Angoulême en 1991, il fait l’objet l’année suivante d’une importante rétrospective au festival, consacrant officiellement son rôle central dans la BD francophone.
6 – Un astéroïde découvert en 2005 a été baptisé (184878) Gotlib en son honneur, témoignant de la reconnaissance de son œuvre jusque dans le domaine astronomique.


Lieux de mémoire

Les lieux de référence de Marcel Gotlib incluent Paris, où il naît et passe ses premières années, Rueil-la-Gadelière et Verneuil-sur-Seine, où il est hébergé enfant après la déportation de son père, ainsi que Le Vésinet, sa résidence de longue date, dont la bibliothèque municipale porte son nom et où il est inhumé. Angoulême et Saint-Malo comptent également parmi les villes associées à ses expositions et hommages.


Contexte du décès

Ancien grand fumeur, Marcel Gotlib connaît des problèmes respiratoires importants en fin de vie et vit avec un apport d’oxygène médical. Il meurt le 4 décembre 2016 à son domicile du Vésinet, dans les Yvelines, à l’âge de 82 ans. Sa disparition suscite de nombreux hommages dans la presse française et dans le milieu de la bande dessinée, rappelant son rôle dans la transformation de la BD francophone. Il est inhumé au cimetière du Vésinet, dans une tombe familiale, et reste associé à divers lieux de mémoire, dont une statue à son effigie installée à Angoulême et des expositions rétrospectives en France et en Europe.


Points clés

• Métier(s) : auteur de bande dessinée, scénariste, dessinateur, éditeur
• Résidence principale : Le Vésinet, France
• Relations : Claudie Liégeois (mariage à partir de 1962)
• Enfants : Ariane (1969)
• Distinctions : Chevalier de la Légion d’honneur ; Officier des Arts et des Lettres ; prix Phénix (1969) et Grand prix Phénix (1971) ; Grand Prix de la ville d’Angoulême (1991) ; plusieurs prix français et internationaux pour l’ensemble de son œuvre