Cette année marque le 20ᵉ anniversaire de sa disparition.
Philippe Castelli, acteur français né le 8 juin 1925 à Chaville, est l'un des seconds rôles les plus reconnaissables du cinéma français des années 1960 à 1980. Sa silhouette longiligne, sa voix traînante à l'accent parigot et son flegme imperturbable lui ont valu des dizaines de rôles de garçons de café, maîtres d'hôtel et portiers aux côtés des plus grands réalisateurs de son époque. Il est mort le 16 avril 2006 à Paris.
Après une enfance en région parisienne et quelques études, Philippe Castelli travaille d'abord dans l'édition, en librairie, puis plusieurs années en agence publicitaire comme créateur, y compris à son propre compte. Il court les cachets et la figuration pendant les années 1950 avant de trouver une porte d'entrée décisive : au tout début des années 1960, il rejoint les candidats de Le Petit Conservatoire de la chanson, l'émission de Mireille sur la première chaîne de la RTF. La directrice du Conservatoire le conforte dans une voie comique. On le voit revenir régulièrement sur le plateau entre 1960 et 1971, interprétant des chansons humoristiques et des saynètes musicales de sa composition. Il dira lui-même que ses textes d'alors, d'une qualité littéraire qu'il jugeait supérieure à ses disques des années 1980, n'avaient pas été suffisamment exploités.
L'année 1960 marque ses débuts au cinéma avec Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol, suivi l'année suivante des Godelureaux, du même réalisateur. En 1962, il participe à Le Caporal épinglé de Jean Renoir, aux côtés de Jean-Pierre Cassel, Claude Brasseur, Claude Rich, Jean Carmet et Guy Bedos. La même année, il joue le commissaire dans Cartouche de Philippe de Broca, un rôle de sept répliques qu'il revendique sans complexe dans une interview à Jacqueline Joubert en 1961. Sa collaboration la plus fertile est celle qu'il noue avec Georges Lautner : il apparaît dans Les Tontons flingueurs (1963) dans le rôle du tailleur, Les Barbouzes (1964), Quelques messieurs trop tranquilles (1973), Flic ou voyou (1979) et Le Guignolo (1980), entre autres. Seul le film Ça va pas être triste de Pierre Sisser lui offre un rôle d'une certaine consistance dans une carrière construite sur les apparitions éclairs.
C'est Philippe Bouvard qui transforme sa notoriété. A partir de 1982, Castelli devient membre quasi permanent des Grosses Têtes sur RTL, émission qu'il fréquentait déjà depuis le milieu des années 1970. Son gimmick, "Ah, j'ai une histoire !", annonce des récits souvent improbables, racontés avec un débit lent et un ton nonchalant qui font la joie des autres sociétaires. Bouvard déclarera à son sujet : "Je fus séduit par son regard de chien battu, ses oreilles de cocker [...] Il faut être très intelligent pour savoir jouer aussi bien les imbéciles." Castelli, de son côté, ne minimise pas ce que cette émission lui a apporté : "Sans Philippe Bouvard, qui m'a imposé dans les Grosses têtes, je ne serais rien, ou alors un humble comédien, le plus souvent en quête d'un théâtre."
Philippe Castelli reste discret sur sa vie privée. Son père, Ambroise Marie Castelli dit Jean (1896-1982), ingénieur, et sa mère, Marie Céline Bouchon dite Antoinette (1894-1982), meurent la même année. Son frère Jean-Louis Castelli est photographe de plateau et acteur : les deux frères partagent une scène des Tontons flingueurs en 1963, Jean-Louis étant également le photographe de plateau du film. L'érudition de Philippe Castelli surprend ceux qui ne le connaissent qu'à travers ses rôles : grand lecteur de poètes, habitué des musées, cette facette transparaît dans ses premières chansons et poèmes, d'une tenue littéraire qu'il distingue lui-même de ses productions commerciales des années 1980. Son ami Dominique Zardi partage le même type de carrière, celle du "troisième couteau" assumé.
Avant de percer comme acteur, Philippe Castelli a travaillé plusieurs années dans le domaine de l'édition et de la librairie, puis comme créateur en agence publicitaire, y compris à son propre compte. Ce passage par la publicité prend un tour inattendu quand il devient, dans les années 1960 jusqu'à la fin des années 1980, le visage de nombreuses campagnes radio et télévisées : La Samaritaine, Peugeot, Canigou, le bonbon Polo, le Rhum Saint-Gilles, ou encore les Citroën C15 en 1985.
Philippe Castelli meurt le 16 avril 2006 à l'hôpital Georges-Pompidou à Paris 15e, à l'âge de 80 ans, des suites de problèmes cardio-respiratoires. Une messe est célébrée en l'église Saint-Jean-de-Grenelle à Paris.
Né à Chaville dans les Hauts-de-Seine, Philippe Castelli passe l'essentiel de sa carrière à Paris. Il est inhumé dans le caveau familial Loreau-Van den Berghe au cimetière de Montmartre (25e division), 18e arrondissement de Paris, aux côtés de ses parents.
Wikipedia, "Philippe Castelli", consulté juin 2026 fr.wikipedia.org/wiki/Philippe_Castelli
INA, "Castelli au Petit Conservatoire", 10 octobre 1961 ina.fr
Christian Bosséno, Télévision française : une analyse des programmes, 2007
Gérard Jugnot, Le Dictionnaire de ma vie, 2018
Jean-Michel Pedrazzani, Le livre des traits d'esprit, 2017
Interview radio, Charolais FM, Montceau-les-Mines, 1982 (Charlie Show TV et Radio)
Je fus séduit par son regard de chien battu, ses oreilles de cocker [...] Il faut être très intelligent pour savoir jouer aussi bien les imbéciles.
— Philippe Bouvard, cité sur Wikipedia fr
Sans Philippe Bouvard, qui m'a imposé dans les Grosses têtes, je ne serais rien, ou alors un humble comédien, le plus souvent en quête d'un théâtre.
— Déclaration rapportée sur Wikipedia et MUBI
Je fus séduit par son regard de chien battu, ses oreilles de cocker [...] Il faut être très intelligent pour savoir jouer aussi bien les imbéciles.
— Philippe Bouvard, cité sur Wikipedia fr
Sans Philippe Bouvard, qui m'a imposé dans les Grosses têtes, je ne serais rien, ou alors un humble comédien, le plus souvent en quête d'un théâtre.
— Déclaration rapportée sur Wikipedia et MUBI