Résumé biographique

Comédien français actif au théâtre, au cinéma, à la télévision et dans le doublage, Jacques François (1920-2003) s’impose comme un visage familier des seconds rôles, notamment dans des comédies populaires comme Le Jouet, Je suis timide mais je me soigne, Le Père Noël est une ordure ou L’Opération Corned Beef, après une formation théâtrale rigoureuse et un engagement militaire durant la Seconde Guerre mondiale.


Parcours

Né le 16 mai 1920 à Paris 16e, Henri Jacques Daniel Paul François grandit dans une famille bourgeoise, son père étant avocat et sa mère américaine. Il étudie au lycée Condorcet, à l’école Fénelon puis à la villa Saint-Jean de Fribourg, avant de suivre les cours de théâtre de Charles Dullin, René Simon et Raymond Roulleau. Engagé dans la marine au début de la Seconde Guerre mondiale, puis capitaine dans la 1re armée du général de Lattre, il est décoré de la Croix de guerre 1939-1945. Après la guerre, il débute au cinéma au début des années 1940 et travaille à Hollywood à la MGM avant de revenir en France, où il alterne théâtre (notamment chez Jean Anouilh) et cinéma. À partir des années 1970, il enchaîne plus de cent rôles à l’écran, souvent dans des emplois de notables, tout en poursuivant le doublage et la télévision.


Repères de carrière

1939 : Engagement dans la marine nationale au début de la Seconde Guerre mondiale.
1941 : Premiers rôles sur scène et au cinéma, notamment dans des pièces comme La Fureur d’aimer.
1943 : Apparition dans le film de cape et d’épée Le Capitaine Fracasse.
1944-1945 : Capitaine dans la 1re armée du général de Lattre, officier de liaison lors de la libération de Paris et de la campagne d’Allemagne.
1946 : Création de la pièce Les Incendiaires et rôle dans le film L’Affaire du collier de la reine.
1948-1949 : Séjour à Hollywood, contrat avec la MGM et rôle dans Entrons dans la danse (The Barkleys of Broadway) aux côtés de Fred Astaire et Ginger Rogers.
1958 : Auteur et interprète de la pièce Monsieur de France au théâtre des Bouffes-Parisiens.
1972 : Rôle du directeur Plantier dans la comédie satirique Tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil.
1973 : Participation à Les Aventures de Rabbi Jacob, qui renforce sa visibilité populaire.
1976 : Interprète Blénac, rédacteur en chef, dans Le Jouet de Francis Veber.
1978 : Rôles dans La Zizanie et Je suis timide mais je me soigne.
1982 : Interprète le pharmacien Poinsot dans Le Père Noël est une ordure et un officier supérieur dans Le Gendarme et les gendarmettes.
1983 : Distribution de Papy fait de la résistance, où il figure parmi les seconds rôles marquants.
1990 : Rôle de notable dans L’Opération Corned Beef de Jean-Marie Poiré.
1992 : Publication de ses mémoires Rappels et poursuite de ses apparitions au cinéma et à la télévision jusqu’au début des années 2000.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un milieu aisé, élevé entre un père avocat et une mère américaine, Jacques François évoque une enfance marquée par des tensions familiales, qu’il compense par un attachement précoce au théâtre et aux études classiques. Pendant la guerre, il sert dans la marine puis dans la 1re armée de de Lattre, expérience qui structure durablement son rapport à la discipline et à l’engagement public. Le 10 mars 1966, il épouse la comédienne Madeleine Delavaivre, rencontrée lors d’une tournée mondiale du Misanthrope où il joue Alceste et elle Célimène ; le couple a un fils, Cyril, né en 1967. Parfaitement bilingue français-anglais, il met souvent sa maîtrise des langues au service de rencontres professionnelles internationales, notamment comme interprète dans certaines émissions culturelles, tout en restant très lié au monde théâtral parisien.


Anecdotes

1 – À la fin des années 1940, il signe un contrat avec la MGM et part à Hollywood pour jouer le rôle principal de Letter from an Unknown Woman, finalement attribué à Louis Jourdan ; son passage aux États-Unis ne laisse à l’écran qu’un rôle dans Entrons dans la danse mais il lui permet de fréquenter le cercle des « Français de Hollywood ».
2 – Excédé de ne pas être utilisé par les studios américains, il raconte être monté directement au bureau du directeur de la MGM pour demander des comptes, apprenant à cette occasion que son contrat avait été discrètement cédé à Universal.
3 – Bilingue, il sert d’interprète à Alec Guinness lors d’une émission littéraire de grande audience, mettant à profit sa connaissance de l’anglais pour faciliter les échanges avec le public français.
4 – Pour Le Père Noël est une ordure, il accepte d’interpréter le pharmacien Poinsot sans cachet plutôt que de voir son salaire considérablement réduit, par solidarité avec la production et par intérêt pour le rôle.
5 – Il reçoit plusieurs distinctions officielles, dont la Croix de guerre 1939-1945, le grade d’officier de la Légion d’honneur et celui d’officier des Arts et des Lettres, qui reconnaissent à la fois son engagement militaire et sa contribution au théâtre et au cinéma.
6 – Ses mémoires Rappels, publiés en 1992, mêlent souvenirs de guerre, anecdotes de tournage et portraits du milieu théâtral parisien, offrant un regard rétrospectif sur six décennies de carrière.


Lieux de mémoire

Né dans le 16e arrondissement de Paris et décédé dans le 18e, Jacques François reste associé à la capitale, où il réside dans plusieurs quartiers, notamment autour des rues Freycinet et Jouffroy d’Abbans. Ses principaux terrains de jeu artistiques sont les théâtres parisiens (Bouffes-Parisiens, Mathurins, Atelier, Noctambules) et les studios de cinéma. Après sa mort, il est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, ses cendres étant conservées par sa famille, ce qui ancre durablement sa mémoire dans le paysage parisien.


Contexte du décès

Le 25 novembre 2003, à l’âge de 83 ans, Jacques François meurt à Paris, à l’hôpital Bretonneau (18e arrondissement), des suites de complications pulmonaires et respiratoires survenues dans le prolongement de la canicule de 2003. Son état de santé fragilisé conduit à son hospitalisation, où il s’éteint entouré de ses proches. Sa disparition est largement relayée par les médias nationaux, qui soulignent l’ampleur de sa filmographie et son importance dans le paysage des seconds rôles du cinéma français. Il est incinéré au crématorium du Père-Lachaise, et ses cendres sont remises à sa famille. Plusieurs hommages publics lui sont rendus, rappelant sa carrière au théâtre, au cinéma, à la télévision et dans le doublage.


Points clés

• Métier(s) : acteur de théâtre et de cinéma, comédien de télévision, auteur dramatique, comédien de doublage
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : mariage avec la comédienne Madeleine Delavaivre (à partir de 1966, jusqu’à son décès en 2003)
• Enfants : un fils, Cyril (né en 1967)
• Distinctions : officier de la Légion d’honneur, officier des Arts et des Lettres, Croix de guerre 1939-1945