Acteur français, Jean Carmet naît le 25 avril 1920 à Tours et meurt le 20 avril 1994 à Sèvres. Personnage familier du cinéma populaire des années 1970 et 1980, il tourne dans plus de 200 films et reçoit deux César du meilleur second rôle, pour Les Misérables et Merci la vie.
Jean Gabriel Edmond Carmet grandit à Bourgueil, en Indre-et-Loire, au milieu des vignes de son père. Élève sans vocation scolaire, il monte à Paris à dix-huit ans et débute comme figurant au Théâtre du Châtelet, puis à l'Opéra. Au Théâtre des Mathurins, Marcel Herrand l'embauche à tous les postes, de la régie au ravitaillement pendant la guerre. Il y côtoie Bernard Blier, Simone Signoret et Jean-Marc Thibault. Robert Dhéry l'enrôle ensuite dans la troupe des Branquignols et lui confie le rôle de Gaston Duvet dans le feuilleton radiophonique La Famille Duraton, qui lui vaut une notoriété vocale durant les années 1950. Au cinéma, il apparaît chez Marcel Carné dans Les Visiteurs du soir en 1942, puis dans Les Enfants du paradis en 1945. Il enchaîne pendant près de deux décennies les seconds rôles de Français moyen dans des comédies populaires, jouant notamment Planchet dans le diptyque des Trois Mousquetaires de Bernard Borderie en 1961.
Le tournant s'opère au début des années 1970. Il tient le rôle de Maurice, ami du héros incarné par Pierre Richard, dans Le Grand Blond avec une chaussure noire d'Yves Robert en 1972. Suit en 1974 Dupont Lajoie d'Yves Boisset, où il compose un raciste ordinaire. Il tourne alors environ six films par an, travaillant avec Bertrand Blier, Claude Chabrol, Jean Girault, Jean-Jacques Annaud et Jean-Pierre Mocky. Il incarne le Bombé aux côtés de Louis de Funès dans La Soupe aux choux en 1981, puis Thénardier dans Les Misérables de Robert Hossein en 1982, un rôle qui lui vaut son premier César. Il tourne Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré en 1983, Miss Mona de Mehdi Charef en 1986, Le Château de ma mère en 1990 et Germinal de Claude Berri en 1993.
1920 : naissance le 25 avril à Tours, enfance à Bourgueil
1938 : arrivée à Paris, figuration au Théâtre du Châtelet
1942 : premiers rôles au cinéma dans Les Visiteurs du soir de Marcel Carné
1948 : début du feuilleton radiophonique La Famille Duraton
1961 : rôle de Planchet dans Les Trois Mousquetaires de Bernard Borderie
1972 : succès populaire avec Le Grand Blond avec une chaussure noire
1974 : premier rôle principal dans Dupont Lajoie d'Yves Boisset
1981 : incarne le Bombé dans La Soupe aux choux de Jean Girault
1983 : César du meilleur second rôle pour Les Misérables
1986 : nomination au César du meilleur acteur pour Miss Mona
1989 : mariage avec Catherine Grello
1992 : second César du meilleur second rôle pour Merci la vie de Bertrand Blier
1993 : rôle dans Germinal de Claude Berri
1994 : César d'honneur remis par Gérard Depardieu en février
1994 : décès le 20 avril à Sèvres, à 73 ans
Jean Carmet est le fils de Gabriel Carmet, bourrelier et petit viticulteur de Bourgueil, et d'Edmée Doublet, d'origine vendéenne et picarde. Il passe ses quinze premières années dans la maison familiale de tuffeau, près de l'église Saint-Germain, avant de rejoindre Paris. De son premier mariage avec Raymonde Machet naissent deux fils : Olivier, devenu avocat à Paris, et Jean-François, futur auteur d'une biographie intitulée Carmet intime. Il entretient ensuite une longue liaison avec la comédienne Sonia Laroze, relation évoquée par Tatiana Vialle dans l'ouvrage Belle-fille publié en 2019. En 1989, il épouse Catherine Grello, fille du chansonnier montmartrois Jacques Grello.
Très lié à Michel Audiard, dont il partage la passion du cyclisme, il fréquente Gérard Depardieu, propriétaire du château de Tigné en Anjou, où il possède sa propre cuvée. Il compte parmi ses proches Jean-Pierre Coffe, Michel Serrault et Pierre Richard. Ambassadeur constant des vins de Bourgueil et de Chinon, il parle volontiers de viticulture en interview. Ferrovipathe, il fréquente les halls de gare. Lors de ses tournages, il quitte son domicile pour s'installer à l'hôtel afin de rester concentré sur son personnage.
Jean Carmet meurt le 20 avril 1994 à Sèvres, dans les Hauts-de-Seine, à l'âge de 73 ans, des suites d'une crise cardiaque. Il devait tenir le premier rôle du film Le Bonheur est dans le pré d'Étienne Chatiliez ; son ami Michel Serrault reprend la distribution. Gérard Depardieu et Jean-Pierre Coffe se rendent auprès du corps et lui versent un peu de vin dans la bouche, geste rapporté par sa famille. Ses obsèques rassemblent de nombreuses personnalités du cinéma français, parmi lesquelles Michel Serrault, Gérard Depardieu, Pierre Tchernia, Michel Galabru, Jean Lefebvre, Pierre Richard, Robert Hossein et Bertrand Blier. Il venait de recevoir en février un César d'honneur des mains de Gérard Depardieu, pour cinquante ans de cinéma.
Jean Carmet est inhumé au cimetière du Montparnasse, à Paris, dans la division 4. À Bourgueil, sa maison natale a été acquise en 1997 par le Syndicat des vins et transformée en Maison des Vins. Une rue Jean-Carmet a été inaugurée à Tigné le 4 juin 1994, longeant le château de Gérard Depardieu. Le Festival Jean-Carmet de Moulins, créé en 1995, perpétue son nom.
1 - Pour rester concentré durant ses tournages, il quittait systématiquement son domicile familial et s'installait dans une chambre d'hôtel pendant toute la durée du film, refusant tout retour avant la fin du travail.
2 - Ferrovipathe revendiqué, il avait gardé une fascination pour les halls de gare, qui lui avaient servi de logement à ses débuts parisiens et qu'il fréquentait toujours adulte.
3 - Devenu célèbre, il se faisait déposer de nuit à l'entrée de Bourgueil et marchait seul dans les rues du village pour éviter d'être alpagué par ses amis vignerons, avant de repartir à l'aube.
4 - Il avait accepté le premier rôle du Bonheur est dans le pré d'Étienne Chatiliez, mais son décès survenu avant le tournage conduit la production à confier le rôle à Michel Serrault.
5 - Il partageait avec Michel Audiard la passion du vélo, et rendait visite au dialoguiste durant ses derniers mois, réutilisant plus tard aux Césars une phrase tirée du roman La nuit, le jour et toutes les autres nuits.
- Métier(s) : acteur et scénariste
- Résidence principale : région parisienne, attaches à Bourgueil
- Relations de couple : Raymonde Machet (première épouse), Sonia Laroze (liaison), Catherine Grello (épouse en 1989)
- Enfants : Olivier et Jean-François, issus du premier mariage
- Distinctions : César du meilleur second rôle en 1983 (Les Misérables) et en 1992 (Merci la vie), César d'honneur en 1994
« Des gens qui font du vin complètement sincère et qui ne suivent aucune mode, que la mode de leur goût. »
— Interview radio France Bleu, reprise en 2018
« Je ne parle jamais de Michel. Je n'y pense qu'au présent. Il n'est pas un souvenir. Il est indissoluble de ma vie. »
— Discours aux César, hommage à Michel Audiard, cité par Wikipédia d'après le roman La nuit, le jour et toutes les autres nuits
La seule arme qui m'intéresse, c'est le tire-bouchon.
Un sous-marin, pour une baleine, c'est un gros suppositoire.
Celui qui dit qu'il est arrivé, c'est qu'il n'est pas allé bien loin.
Boire ou conduire il faut choisir, mais on ne va tout de même pas rentrer à pied.
Avoir des dettes, c'est le seul moyen de rester dans la mémoire des classes commerçantes.
« Des gens qui font du vin complètement sincère et qui ne suivent aucune mode, que la mode de leur goût. »
— Interview radio France Bleu, reprise en 2018
« Je ne parle jamais de Michel. Je n'y pense qu'au présent. Il n'est pas un souvenir. Il est indissoluble de ma vie. »
— Discours aux César, hommage à Michel Audiard, cité par Wikipédia d'après le roman La nuit, le jour et toutes les autres nuits
La seule arme qui m'intéresse, c'est le tire-bouchon.
Un sous-marin, pour une baleine, c'est un gros suppositoire.
Celui qui dit qu'il est arrivé, c'est qu'il n'est pas allé bien loin.
Boire ou conduire il faut choisir, mais on ne va tout de même pas rentrer à pied.
Avoir des dettes, c'est le seul moyen de rester dans la mémoire des classes commerçantes.