Jean Lefebvre, acteur français né en 1919 et mort en 2004, s'est imposé comme l'un des seconds rôles comiques les plus populaires du cinéma français, notamment pour Jean Lefebvre dans Les Tontons flingueurs et Fougasse dans la série du Gendarme.
Jean Marcel Lefebvre naît le 3 octobre 1919 à Valenciennes, dans le Nord, fils de Georges Marcel Lefebvre et de Zélia Louise Mathilde Masquelier. Atteint de poliomyélite à 18 mois, il reste appareillé jusqu'à l'âge de dix ans et développe très tôt un goût pour la comédie, cherchant à s'attirer la sympathie de ses camarades par le rire. Ses études, orientées vers la pharmacie, sont interrompues par la Seconde Guerre mondiale. Après la Libération, il entre au Conservatoire de Paris en 1948 et y obtient un deuxième prix d'opéra comique, ce qui le destine d'abord au chant lyrique. Repéré par le professeur d'art dramatique René Simon, il bifurque vers le cabaret parisien au début des années 1950, se produisant notamment à l'Amiral. C'est là qu'il rencontre Robert Dhéry, qui l'intègre à la troupe des Branquignols aux côtés de Jean Carmet, Darry Cowl, Louis de Funès, Micheline Dax et Francis Blanche, avec lesquels il tourne notamment aux États-Unis.
Après de premières apparitions dans Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot et Et Dieu créa la femme de Roger Vadim, Jean Lefebvre s'impose dans le registre comique au tournant des années 1960. Le film Ne nous fâchons pas de Georges Lautner, aux côtés de Lino Ventura, lui donne en 1966 le statut d'acteur de premier plan. Il incarne Paul Volfoni, frère de Bernard Blier, dans Les Tontons flingueurs, puis le maréchal des logis Fougasse dans la série du Gendarme de Saint-Tropez face à Louis de Funès, et Pithiviers dans La Septième Compagnie de Robert Lamoureux. Des tensions avec le réalisateur Jean Girault et avec Louis de Funès marquent le tournage des films suivants du Gendarme. Grand joueur, il accumule des dettes de casino qui l'obligent, à partir des années 1980, à accepter des rôles pour des raisons alimentaires plutôt qu'artistiques. Il cofonde l'émission Les Grosses Têtes sur RTL et publie l'ouvrage Qu'est-ce qu'elles me trouvent ? en 1991.
1919 : naissance le 3 octobre à Valenciennes
1948 : entrée au Conservatoire de Paris
1950 : mariage avec Micheline Reine Grasser
1955 : apparition dans Les Diaboliques d'Henri-Georges Clouzot
1961 : rôle dans La Belle Américaine de Robert Dhéry
1962 : divorce d'avec Micheline Reine Grasser
1963 : Paul Volfoni dans Les Tontons flingueurs de Georges Lautner
1964 : premier rôle de Fougasse dans Le Gendarme de Saint-Tropez
1966 : consécration avec Ne nous fâchons pas de Georges Lautner
1967 : mariage avec la comédienne Yori Bertin
1973 : Mais où est donc passée la septième compagnie ?, rôle de Pithiviers
1974 : remariage avec Yori Bertin
1984 : publication de l'ouvrage Pourquoi ça n'arrive qu'à moi ?
1991 : publication de l'ouvrage Qu'est-ce qu'elles me trouvent ?
1994 : mariage avec Brigitte Lerebours à Las Vegas
1999 : gain de quinze millions de francs au Loto
2004 : décès le 9 juillet à Marrakech
Fils d'un petit industriel du Nord, Jean Lefebvre grandit à Valenciennes où il fréquente le lycée Henri-Wallon, qui lui vaut le surnom de « Fifi l'oiseau » en raison de son goût pour le chant. Il se marie quatre fois, dont deux fois avec la même femme : Micheline Reine Grasser en 1950, puis la comédienne Yori Bertin, épousée en 1967, dont il divorce en 1973 avant de la réépouser en 1974. Il épouse enfin Brigitte Lerebours en 1994 à Las Vegas. Il est père de cinq enfants : Bernard, Catherine, Marie-Christine et Carole, nés de sa dernière union, et Pascal, né de son mariage avec Yori Bertin.
Habitué des casinos de Deauville et Trouville, Jean Lefebvre y côtoie d'anciens membres de la troupe des Branquignols comme Francis Blanche et Jean Richard, avec lesquels il partage un goût prononcé pour le jeu. En 1999, il remporte quinze millions de francs au Loto, une somme qui ne suffit toutefois pas à effacer ses dettes. Il s'installe ensuite à Marrakech, où il ouvre le restaurant La Bohème, nommé en hommage à son ami Charles Aznavour et inauguré avec Johnny Hallyday et Claude Brasseur. Il y vit entouré de chiens, d'un perroquet et d'oiseaux en volière, aux côtés de sa compagne.
Jean Lefebvre meurt le 9 juillet 2004 à l'âge de 84 ans, des suites d'une crise cardiaque, dans sa résidence du restaurant La Bohème à Marrakech, au Maroc. Ses funérailles se déroulent en l'église de Saint-Nom-la-Bretèche, dans les Yvelines. Il est ensuite incinéré et ses cendres sont répandues sur le mont Blanc. Sa disparition suscite de nombreux hommages : le réalisateur Gérard Oury exprime sa tristesse, Michel Galabru salue son immense popularité, et Robert Hossein, ami de longue date avec lequel il avait partagé un logement à ses débuts, évoque leur amitié fidèle malgré des débuts financièrement difficiles.
Les cendres de Jean Lefebvre sont répandues sur le mont Blanc après son incinération, à la suite de funérailles célébrées en l'église de Saint-Nom-la-Bretèche, dans les Yvelines, où se sont rassemblés proches et amis du monde du cinéma. Il ne possède pas de sépulture visitable, son choix de dispersion en montagne ayant remplacé toute inhumation traditionnelle.
1 - Jean Lefebvre entame des études de pharmacie avant la guerre, une orientation qu'il abandonne après avoir été repéré par le professeur René Simon, alors qu'il visait initialement une carrière de chanteur d'opéra comique au Conservatoire.
2 - Il est renvoyé de deux collèges pour ses facéties, ayant déjà, enfant, cherché à faire rire ses camarades de classe pour compenser son appareillage orthopédique lié à la poliomyélite contractée à 18 mois.
3 - Passionné de jeux d'argent, il fréquente assidûment le casino d'Enghien-les-Bains et les casinos normands aux côtés d'anciens membres des Branquignols, ce qui le contraint plus tard à accepter des rôles alimentaires.
4 - Il fonde à Marrakech le restaurant La Bohème, un nom choisi en hommage à son ami le chanteur Charles Aznavour, inauguré en compagnie de Johnny Hallyday et de Claude Brasseur.
5 - Il remporte quinze millions de francs au Loto en 1999, une fortune qui ne suffit pourtant pas à éponger les dettes de jeu accumulées tout au long de sa carrière.
6 - Membre fondateur de l'émission Les Grosses Têtes sur RTL au début des années 1980, il s'y distinguait par la candeur de ses questions, notamment sur des sujets liés à la sexualité.
- Métier(s) : acteur
- Résidence principale : Marrakech, Maroc
- Relations de couple : marié à Micheline Reine Grasser, Yori Bertin (deux fois) et Brigitte Lerebours
- Enfants : Bernard, Catherine, Marie-Christine, Carole et Pascal
- Distinctions : élu troisième acteur comique préféré des Français selon un sondage IFOP de 1981
Je ne vais pas continuer à servir la soupe à monsieur Louis de Funès.
— Propos rapportés dans la presse au sujet de son retrait de la série du Gendarme, cité par Wikipédia FR
J'ai tourné tellement de navets que ma carrière ressemble à un potager.
— Déclaration rapportée par Wikipédia FR, sans datation précise disponible
Je devais être pharmacien, mais j'avais une vocation de comédien. Mais j'ai un frère aux Arts et Métiers, un autre à Centrale. Si je montais sur les planches, j'allais passer pour un dégénéré.
— L'Écho républicain de la Beauce et du Perche, 6 juillet 1966
Les vrais amis sont ceux sur lesquels on peu compter même quand on en a besoin.