Résumé biographique

Michel Duchaussoy, comédien français né en 1938 et mort en 2012, fut l’une des figures majeures du théâtre et du cinéma hexagonal pendant plus de cinquante ans. Sociétaire de la Comédie-Française de 1967 à 1984, pensionnaire honoraire ensuite, il incarna avec élégance et finesse plus de cent vingt rôles au théâtre, alternant classiques et créations contemporaines, tout en marquant le grand public par ses compositions au cinéma dans Que la bête meure, Le Testament d’Orphée ou Milou en mai.


Parcours

Né le 29 novembre 1938 à Valenciennes, Michel Duchaussoy intègre le Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris en 1957 dans la classe de Fernand Ledoux. Premier prix de comédie moderne en 1961, il entre la même année à la Comédie-Française comme pensionnaire. Il y débute dans Le Mariage de Figaro et devient rapidement sociétaire en 1967 (486e sociétaire). Il y interprète les grands rôles du répertoire : Don Juan, Alceste, Britannicus, Ruy Blas, Néron, Hamlet et plus de quatre-vingt-dix personnages classiques ou modernes.

Parallèlement au théâtre, il tourne dès 1962 avec Jean-Pierre Melville (L’Aîné des Ferchaux). Claude Chabrol le révèle au cinéma en 1969 avec Que la bête meure et La Femme infidèle. Il travaille ensuite avec Louis Malle, André Téchiné, Bertrand Tavernier, Costa-Gavras et Yves Robert. À la télévision, il incarne des personnages marquants dans Les Rois maudits (1972), Belphégor (2001) et Le Comte de Monte-Cristo (1998). Il quitte la Comédie-Française en 1984 pour se consacrer pleinement au cinéma et à la télévision tout en continuant le théâtre (notamment avec Jérôme Savary et Jean-Luc Tardieu). Voix régulière de doublage, il prête sa voix à Marlon Brando et Kenneth Branagh. Nommé deux fois aux César (meilleur second rôle 1979 et 2001), il reçoit le Molière du comédien en 2003 pour Phèdre.


Repères de carrière

1961 : Entre comme pensionnaire à la Comédie-Française.
1967 : Devient 486e sociétaire de la Comédie-Française.
1969 : Que la bête meure de Claude Chabrol.
1972 : Les Rois maudits (série télévisée).
1984 : Quitte la Comédie-Française.
2003 : Molière du comédien pour Phèdre.
2001 : Nomination César meilleur second rôle pour Le Libertin.
2011 : Dernier rôle au cinéma dans La Fille du puisatier.


Vie personnelle et engagements

Fils d’un ingénieur des mines et d’une mère au foyer, Michel Duchaussoy grandit à Valenciennes puis à Amiens. Il perd son père très jeune et est élevé par sa mère. Marié brièvement à Isabelle de Funès, nièce de Louis de Funès, de mai 1970 à octobre 1971, il n’a pas d’enfants de cette union. Il entretient ensuite une longue relation avec l’actrice Corinne Le Poulain, avec qui il a une fille, la comédienne Julia Duchaussoy, née le 30 juillet 1979.

Engagé syndicalement, il fut délégué du Syndicat français des acteurs (SFA) et défendit les droits des intermittents. Passionné de peinture et de musique classique, il collectionnait les tableaux et jouait du piano. Il soutint activement l’association Enfants et Santé et participa à plusieurs lectures caritatives.


Lieu de mémoire

Michel Duchaussoy meurt le 13 mars 2012 à Paris à l’âge de soixante-treize ans. Il résidait dans le 10e arrondissement de Paris. Crémation au crématorium du cimetière du Père-Lachaise le 20 mars 2012, lieu de repos de ses cendres. Une plaque commémorative honore sa mémoire à la Comédie-Française.


Contexte du décès

Michel Duchaussoy décède subitement d’un arrêt cardiaque le 13 mars 2012 à son domicile parisien dans le 10e arrondissement. Il avait été opéré d’un cancer de la gorge en 2004 mais s’en était remis. Ses obsèques religieuses ont lieu le 20 mars à l’église Saint-Roch, suivies d’une crémation au Père-Lachaise en présence de personnalités du théâtre et du cinéma.


Anecdotes

1 - Lors de sa prise de rôle d’Alceste dans Le Misanthrope en 1973, il joua la célèbre tirade du « Le pauvre homme ! » en regardant fixement Louis Seigner dans la salle, provoquant un silence glacial.
2 - Il doublait régulièrement Marlon Brando en français depuis 1980 et refusa toujours d’imiter la voix légendaire de l’acteur américain, préférant garder son propre timbre.
3 - En 1969, sur le tournage de Que la bête meure, il apprit le décès de sa mère le matin même et tourna malgré tout la scène de la confrontation finale avec Jean Yanne.
4 - Passionné de peinture, il exposa ses propres toiles sous le pseudonyme « Michel D. » dans plusieurs galeries parisiennes dans les années 1990.
5 - Il refusa trois fois le rôle principal dans la série Maigret avant d’accepter enfin en 2004 pour deux épisodes tournés avec Bruno Cremer.


Points clés

- Métier(s) : Comédien, sociétaire de la Comédie-Française
- Résidence principale : Paris, crématorium du Père-Lachaise
- Relations : Isabelle de Funès (1970-1971), Corinne Le Poulain (longue relation)
- Enfants : Julia (1979)
- Distinctions : Molière du comédien 2003, deux nominations aux César