Biographie

Jean-Martin Charcot, neurologue français né en 1825 et mort en 1893, est considéré comme le fondateur de la neurologie moderne. Professeur à la Salpêtrière pendant plus de trente ans, il transforma cet hospice en centre mondial des maladies nerveuses, forma des générations de médecins dont Sigmund Freud et Georges Gilles de la Tourette, et établit la méthode anatomo-clinique qui permit de distinguer et décrire la sclérose en plaques, la maladie de Parkinson et la sclérose latérale amyotrophique.


Parcours

Né le 29 novembre 1825 à Paris dans une famille modeste, Jean-Martin Charcot intègre la faculté de médecine de Paris en 1844. Interne des hôpitaux de Paris en 1848 sous Pierre Rayer, il soutient en 1853 une thèse sur les arthrites. Nommé médecin des hôpitaux en 1856, il est affecté à la Salpêtrière en 1862 où il obtient un service dédié. Il y développe l’anatomie pathologique et la clinique des maladies nerveuses, collaborant notamment avec Guillaume Duchenne et Alfred Vulpian.

Professeur d’anatomie pathologique en 1872, il obtient en 1882 la première chaire mondiale de clinique des maladies du système nerveux. Ses leçons du mardi à la Salpêtrière, illustrées par des démonstrations de patientes hystériques sous hypnose, attirent un public international. Il décrit la sclérose en plaques (1868), la sclérose latérale amyotrophique (1874), la maladie de Charcot-Marie-Tooth (1886) et différencie la maladie de Parkinson de autres tremblements. À partir de 1878, ses travaux sur l’hystérie et l’hypnose marquent profondément la psychiatrie naissante. Membre de l’Académie de médecine (1873) et de l’Académie des sciences (1882), il dirige l’école neurologique française jusqu’à sa mort.


Repères de carrière

1853 : Thèse de doctorat sur les arthrites.
1862 : Chef de service à la Salpêtrière.
1868 : Description de la sclérose en plaques.
1872 : Titulaire de la chaire d’anatomie pathologique.
1882 : Création de la chaire de clinique des maladies nerveuses.
1885-1886 : Sigmund Freud suit ses cours à la Salpêtrière.
1886 : Description de la maladie de Charcot-Marie-Tooth avec Pierre Marie.
1892 : Publication du troisième volume des Leçons du mardi.


Vie personnelle et engagements

Fils de Simon-Pierre Charcot, carrossier, et de Jeanne-Marie Saunier, Jean-Martin Charcot grandit avec trois frères dont deux meurent précocement. Orphelin de mère à treize ans, il se consacre tôt aux études. Le 2 décembre 1862, il épouse Augustine-Victoire Durvis, veuve riche issue d’une famille de négociants, avec qui il a deux enfants : Jeanne en 1865 et Jean-Baptiste en 1867.

La famille réside boulevard Saint-Germain dans l’hôtel de Varengeville. Passionné de dessin et d’art, il collectionne objets et meubles anciens. Membre de plusieurs sociétés savantes, il refuse toute appartenance politique affichée. Il entretient des relations étroites avec Alphonse Daudet, Léon Gambetta et le tsarévitch Nicolas. Sa fortune personnelle lui permet de financer laboratoires et équipements à la Salpêtrière.


Lieu de mémoire

Jean-Martin Charcot meurt le 16 août 1893 à soixante-sept ans. Il résidait à Paris boulevard Saint-Germain et passait ses étés à Neuilly-sur-Seine. Inhumé au cimetière de Montmartre dans le caveau familial, sa tombe accueille également sa femme et ses deux enfants. La Salpêtrière conserve des plaques et salles portant son nom.


Contexte du décès

Jean-Martin Charcot décède subitement d’un œdème pulmonaire aigu le 16 août 1893 à l’auberge Les Grillons, près du lac des Settons dans la Nièvre, lors d’une partie de pêche avec son élève Paul Richer. Une alerte cardiaque avait déjà eu lieu en 1890. Ses obsèques nationales se déroulent le 19 août à la Salpêtrière avant l’inhumation à Montmartre.


Anecdotes

1 - Passionné de dessin depuis l’enfance, Jean-Martin Charcot réalisait lui-même les croquis de ses patientes et des lésions anatomiques pour ses publications et leçons.
2 - Il possédait une guenon offerte par l’empereur Pierre II du Brésil qu’il installait à table pour étudier ses mimiques en comparaison avec les symptômes hystériques.
3 - En 1884, il dîna avec le tsarévitch Nicolas II et Léon Gambetta pour discuter de l’alliance franco-russe en présence de ses élèves.
4 - Pendant le siège de Paris en 1871, il continua ses dissections à la Salpêtrière malgré les bombardements prussiens et protégea ses patientes.
5 - Refusant toute photographie de lui en tenue de ville, il n’autorisait que les portraits en blouse blanche dans son service.


Points clés

- Métier(s) : Neurologue, professeur de clinique des maladies nerveuses
- Résidence principale : Paris, cimetière de Montmartre
- Relations : Augustine-Victoire Durvis (1862-1893)
- Enfants : Jeanne (1865-1940), Jean-Baptiste (1867-1936)
- Distinctions : Chevalier (1857) puis officier de la Légion d’honneur, membre de l’Académie de médecine (1873), membre de l’Académie des sciences (1882)