Résumé biographique
Menie Grégoire, journaliste, écrivaine et animatrice de radio française, a profondément marqué la société par son rôle pionnier dans la libération de la parole féminine. Surnommée la "Dame de cœur", elle a abordé des sujets intimes et sociétaux, contribuant à des évolutions majeures de la culture et des mœurs.
Parcours
Marie Laurentin, dite Menie Grégoire, est née le 15 août 1919 à Cholet, en Maine-et-Loire. Fille d'un architecte et d'une mère au foyer, elle grandit en Vendée. Elle poursuit des études supérieures d'histoire et d'histoire de l'art à l'Université catholique d'Angers, puis à la Sorbonne. C'est la lecture de l'ouvrage Le deuxième sexe de Simone de Beauvoir en 1949 qui déclenche sa réflexion sur les femmes et le féminisme. Elle participe ensuite à la création du Comité de liaison des associations féminines (CLAF) et commence à écrire pour des périodiques comme Maison et jardin, Elle et Esprit, s'intéressant particulièrement au contrôle des naissances.
Sa carrière radiophonique débute en 1967 à RTL, où elle anime l'émission "Allô, Ménie", puis "Responsabilité sexuelle". Ces programmes, révolutionnaires pour l'époque, donnent la parole aux auditeurs sur des sujets considérés comme tabous (sexualité, couple, maladies, vie intime), contribuant à vulgariser la psychanalyse et à "démythifier" la sexualité. Son approche novatrice a inspiré de nombreux formats de radio-confidences, et elle est souvent citée comme une précurseure des émissions de libre antenne. Elle est surnommée la "Dame de cœur" par son public. En 1981, elle anime l'émission télévisée "Avec le temps" sur FR3. Auteure de plus d'une dizaine d'ouvrages, dont l'essai Le Métier de femme (1964) et le cycle de romans Le Puy du fou, elle a également été éditorialiste pour Marie Claire et France-Soir. Elle était membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Touraine.
Controverse
Menie Grégoire a été confrontée à des controverses, notamment le 10 mars 1971, lorsque l'émission "Allô, Ménie" sur RTL, consacrée à l'homosexualité, est perturbée puis interrompue en direct par le "commando saucisson" du Mouvement de libération des femmes (MLF). Le Mouvement de libération des femmes (MLF) est un mouvement féministe apparu en France à la fin des années 1960, luttant pour l'égalité des sexes. Cette action, qui visait à dénoncer le panel d'experts jugé non représentatif des concernés, a conduit à des débordements. L'émission a ensuite été saisie par les autorités. Cet événement a illustré les tensions de l'époque autour de la libération des mœurs et de la parole, Menie Grégoire déplorant ces actions tout en reconnaissant l'importance de la parole libérée.
Repères de carrière
1919 : Naissance à Cholet.1943 : Mariage avec Roger Grégoire.
1949 : Lecture du Deuxième sexe de Simone de Beauvoir.
1950s : Participe à la Commission nationale sur l'habitat.
1961 : Collabore à un numéro spécial d'Esprit sur "La femme au travail".
1964 : Publication de l'essai Le Métier de femme.
1967 : Débuts à RTL avec l'émission "Allô, Ménie".
1970 : Publication de l'essai Passeport du couple.
1971 : Émission sur l'homosexualité interrompue par le MLF.
1975 : La loi Veil sur l'IVG est adoptée, sujet qu'elle a longuement abordé à la radio.
1976 : Participe à une émission d'Apostrophes sur l'émancipation des femmes.
1981 : Début de l'émission télévisée "Avec le temps" sur FR3.
1982 : Fin de l'émission "Allô, Ménie" sur RTL.
1983 : Publication du roman Tournelune.
1986-1999 : Collaboratrice à France-Soir.
1991 : Publication du roman Le Puy du fou.
1996 : Devient membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Touraine.
2007 : Publication des lettres de ses auditeurs dans Comme une lame de fond.
2014 : Décès à Tours.
Vie personnelle et engagements
Menie Grégoire, née Marie Laurentin, est la fille de Maurice Laurentin, architecte et capitaine, et de Marie Jactel, mère au foyer. Elle avait un frère, René Laurentin, ecclésiastique et théologien. En août 1943, elle épouse Roger Grégoire, auditeur au Conseil d'État, qui lui ouvre des portes dans les cercles politiques. Ensemble, ils ont trois filles, nées en 1944, 1946 et 1949. Mère au foyer à l'origine, sa réflexion sur le rôle des femmes et le féminisme est profondément influencée par les travaux de Simone de Beauvoir et Margaret Mead. Elle a toujours maintenu une approche pragmatique du féminisme, plus proche des réalités quotidiennes des femmes que d'une approche purement théorique.
Menie Grégoire s'est engagée publiquement à travers son travail de journaliste et d'animatrice. Elle a été une voix majeure pour la promotion du "birth control" et de l'éducation sexuelle en France, à une époque où ces sujets étaient encore très sensibles. Son émission "Allô, Ménie" a permis de libérer la parole sur des sujets intimes et sociétaux, rendant la radio accessible aux préoccupations de chacun. Son engagement ne s'est pas limité à l'antenne ; elle a également contribué à des commissions nationales sur l'habitat pour défendre les intérêts des usagers, et plus spécifiquement des femmes. Tout au long de sa carrière, elle a été une militante de l'émancipation féminine, sans pour autant toujours se revendiquer du mouvement féministe radical.
Où se recueillir ?
Menie Grégoire est décédée le 16 août 2014 à Tours, en Indre-et-Loire. Son corps repose au cimetière de Montmartre, dans la 32e division, à Paris. Cette sépulture est un lieu de recueillement pour ses proches et les nombreux auditeurs qui ont été touchés par son travail et sa personnalité, la reconnaissant comme une figure marquante de la radio française.
Contexte du décès
Menie Grégoire est décédée à l'âge de 95 ans. Sa mort est survenue des suites d'une crise cardiaque. Son décès a marqué la fin d'une vie dédiée à la communication et à l'écoute, laissant un héritage significatif dans le domaine de la radio et de la presse en France. Elle est partie le lendemain de son 95e anniversaire.
Anecdotes
1 - Le prénom "Ménie" est en réalité un diminutif de "Marie" en vendéen, sa région d'origine, qu'elle a choisi d'utiliser comme pseudonyme professionnel.
2 - En 1970, dans une interview au journal Le Monde, elle se décrit avec humour comme "un mythe à mi-chemin entre le bon Dieu, le général De Gaulle et la tireuse de cartes".
3 - L'émission "Allô, Ménie" a reçu plus de 100 000 lettres d'auditeurs durant sa diffusion à RTL, témoignant de l'ampleur du phénomène de libération de la parole qu'elle a initié.
4 - Elle a fait l'objet d'une longue psychanalyse de dix ans, une démarche personnelle qui a nourri sa compréhension des relations humaines et des problématiques abordées à l'antenne.
5 - Une enquête menée en 1957 dans les pays scandinaves sur le contrôle des naissances a fortement influencé son engagement futur pour le "birth control" en France.
6 - Dans les années 1960, Menie Grégoire a écrit des articles d'avant-garde dans le magazine Elle, ce qui l'a fait remarquer et lui a ouvert les portes de la radio.
Points clés
Métier(s) : Journaliste, Animatrice de radio, Écrivaine
Résidence principale : Tours, Paris (ville du cimetière)
Relations : Mariée à Roger Grégoire (à partir de 1943)
Enfants : Trois filles (nées en 1944, 1946 et 1949)
Distinctions : Membre de l'Académie des Sciences, Arts et Belles Lettres de Touraine (depuis 1996)






