Cette année marque le 110ᵉ anniversaire de sa naissance.
Figure de proue du journalisme français et femme politique engagée, Françoise Giroud a marqué le vingtième siècle par sa plume acérée et son influence sur l'évolution de la condition féminine. Cofondatrice de l'hebdomadaire L'Express, elle demeure un modèle de rigueur intellectuelle et de modernité.
Née Lea France Gourdji, elle quitte préocement l'école pour subvenir aux besoins de sa famille et débute comme dactylo avant de devenir scripte pour le cinéma, travaillant notamment avec Jean Renoir sur La Grande Illusion. Durant la Seconde Guerre mondiale, elle s'engage dans la Résistance, ce qui lui vaut d'être incarcérée à la prison de Fresnes en 1944. À la Libération, elle se tourne vers le journalisme et participe au lancement du magazine Elle avec Hélène Lazareff, dont elle devient la directrice de la rédaction. En 1953, elle cofonde L'Express avec Jean-Jacques Servan-Schreiber. Sous sa direction, le titre devient le premier "newsmagazine" à la française, un laboratoire d'idées politiques et sociales où elle impose un style direct, nerveux et exigeant. Sa vision du métier, centrée sur l'indépendance et la clarté, révolutionne durablement la presse d'opinion en France.
En 1974, Jacques Chirac, alors Premier ministre sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing, l'appelle au gouvernement pour occuper le poste de Secrétaire d'État à la Condition féminine, une première mondiale. Elle y lance les "cent mesures" pour les femmes, visant à réduire les inégalités dans le travail et la vie civile. Elle devient ensuite ministre de la Culture en 1976. Après son passage au gouvernement, elle revient à ses premières amours : l'écriture. Elle publie de nombreux essais et biographies à succès, tels que Alma Mahler ou Une femme honorable, tout en tenant une chronique hebdomadaire influente dans Le Nouvel Observateur. Jusqu'à sa disparition en 2003, elle reste une observatrice lucide et respectée de la vie publique, présidant notamment l'association Action contre la Faim, alliant ainsi son talent littéraire à une éthique de l'action humanitaire.
En 1974, la révélation de son passé sous l'Occupation a fait l'objet de vives discussions. Bien que son engagement dans la Résistance soit établi, des doutes ont été soulevés par certains détracteurs sur la nature exacte de ses activités durant les premières années de la guerre. Plus tard, en 1979, la polémique sur la médaille de la Résistance, qu'elle aurait obtenue dans des conditions discutées selon un article de L'Express (son ancien journal), a entraîné une crise médiatique majeure. Ces épisodes, bien que n'ayant jamais abouti à des condamnations judiciaires, ont durablement marqué sa carrière politique et sa relation avec le milieu de la presse, illustrant la complexité de son parcours personnel durant les années de conflit.
1916 : Naissance le 21 septembre à Genève, Suisse.
1932 : Débuts au cinéma comme scripte et assistante de Jean Renoir.
1944 : Arrestation par la Gestapo et incarcération à la prison de Fresnes.
1945 : Devient directrice de la rédaction du magazine Elle.
1953 : Fondation de l'hebdomadaire L'Express.
1958 : Crée l'expression "Nouvelle Vague" dans un article célèbre.
1974 : Nomination comme Secrétaire d'État à la Condition féminine.
1976 : Devient ministre de la Culture sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing.
1983 : Rejoint Le Nouvel Observateur comme éditorialiste.
1984 : Publication de la biographie Une femme honorable (Marie Curie).
1992 : Présidente de l'association Action contre la Faim.
1993 : Membre du comité de parrainage de la Coordination pour l'éducation à la non-violence.
2003 : Décès le 19 janvier à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine.
Françoise Giroud était la fille de Salih Gourdji, directeur de l'Agence télégraphique ottomane, et de Elda Faragi. Elle a vécu une relation passionnée et tourmentée avec Jean-Jacques Servan-Schreiber pendant plus de vingt ans. Mère de deux enfants, Alain-Dan (décédé accidentellement en 1972) et Caroline Eliacheff, célèbre psychanalyste, elle a traversé de nombreuses épreuves personnelles qui ont nourri son œuvre littéraire. Femme de réseaux, elle entretenait des amitiés solides avec des intellectuels comme François Mitterrand ou Bernard-Henri Lévy, tout en cultivant une indépendance d'esprit qui la rendait parfois redoutable pour son propre camp politique.
Ses engagements étaient multiples : outre la cause des femmes, elle s'est investie dans la lutte contre la faim dans le monde et pour la liberté de la presse. Elle a été une membre active de l'Académie Goncourt, où elle a défendu une littérature exigeante et accessible. Passionnée par le pouvoir des mots, elle a passé une partie de sa vie à promouvoir l'éducation et la culture pour tous. Sa résidence parisienne était un lieu de débats intellectuels intenses. Elle a consacré ses dernières années à l'écriture de mémoires et de réflexions sur la vieillesse et la transmission, restant fidèle à sa devise : "On ne subit pas l'avenir, on le fait".
Le 19 janvier 2003, Françoise Giroud succombe à l'Hôpital américain de Neuilly-sur-Seine des suites d'une chute survenue quelques jours plus tôt à l'Opéra Comique. La cause exacte du décès est un traumatisme crânien ayant entraîné des complications neurologiques irréversibles. Ses obsèques ont été célébrées dans l'intimité, suivies d'une crémation au cimetière du Père-Lachaise. De nombreuses personnalités, dont Jacques Chirac et Jean-Pierre Raffarin, ont salué la perte d'une "conscience française". Bernard-Henri Lévy a prononcé un hommage vibrant, soulignant son courage et sa modernité. Ses cendres ont été dispersées selon ses volontés, loin des hommages nationaux qu'elle avait déclinés de son vivant.
Bien qu'elle n'ait pas de sépulture traditionnelle, la mémoire de Françoise Giroud est honorée par une place à son nom dans le 4e arrondissement de Paris, près du Centre Pompidou. La Bibliothèque nationale de France conserve ses archives professionnelles, incluant ses carnets de notes de L'Express. Un prix Françoise-Giroud pour le portrait journalistique a été créé par l'association de ses amis pour perpétuer son exigence professionnelle et son talent pour l'art du portrait.
1 - Françoise Giroud a inventé le terme "Nouvelle Vague" pour décrire la jeunesse de 1958 dans un article de L'Express. L'expression a ensuite été récupérée par la critique cinématographique pour désigner le mouvement de Godard et Truffaut.
2 - Pour tester la résistance de ses futurs journalistes, elle les recevait souvent dans un bureau plongé dans la pénombre, ne laissant qu'une lampe braquée sur le candidat. Elle estimait que la clarté d'esprit se révélait mieux sous la pression.
3 - Elle a un jour refusé une invitation à dîner de la Reine d'Angleterre pour ne pas manquer le bouclage de son journal. Pour elle, l'actualité immédiate passait toujours avant les honneurs protocolaires, même les plus prestigieux.
4 - Passionnée par les chapeaux, elle en possédait une collection impressionnante et ne sortait jamais sans un accessoire élégant. Elle considérait que le maintien physique était le reflet d'une discipline mentale indispensable à l'exercice du journalisme.
- Métier(s) : Journaliste, écrivaine, ministre.
- Résidence principale : Paris, France.
- Relations de couple : Jean-Jacques Servan-Schreiber (relation longue).
- Enfants : Alain-Dan, Caroline Eliacheff.
- Distinctions : Grand Officier de la Légion d'honneur, Prix Interallié.
62 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Agir, c'est se protéger.
Un président n'a pas d'amis.
L'élégance est toujours noire.
Se souvenir, c'est s'écorcher.
On ne tire pas sur une ambulance.
Il n'y a pas de guerre sans morts.
Le foot, c'est la guerre sans morts.
On ne retient pas la vie qui s'en va.
On ne donne pas la vie. On la transmet.
Le monde n'a jamais été un océan de paix.
La prostitution est un phénomène masculin.
A travailler on s'ennuie moins qu'à s'amuser.
C'est voluptueux, de ranger ; mais c'est tuant.
Quels drôles de métiers que les métiers d'argent.
Rien n'est jamais joué si l'on se refuse à subir.
Seules les bêtes font des petits sans les désirer.
Il y a des abîmes d'où personne ne peut vous sortir.
Quant aux bons souvenirs, ce sont des bijoux perdus.
Tout chef politique doit avoir l'instinct du tueur !
Les bêtes savent quand on est malade : elles fuient.
Les raisons du commerce sont toujours les plus fortes.
La jeunesse est courte. C'est la vie qui est longue...
On ne possède pas un chat, c'est lui qui vous possède.
L'indifférence est une infirmité de l'esprit et du coeur.
Vieillir, c'est autre chose aussi. C'est se désintéresser.
Vivre sans téléphone portable, vous imaginez le supplice ?
Seuls les vivants respectables font des morts respectables.
Souvent, ceux qui sont au pouvoir se croient invulnérables.
Si la mort me saisit cette nuit, je dirai : "Merci la vie !"
On ne prend pas une nationalité comme on prend son parapluie.
Bonheur : faire ce que l'on veut et vouloir ce que l'on fait.
L'amour devenu sans objet n'entretient aucun foyer de lumière.
Bien vieillir, en littérature, c'est ce qu'il y a de plus difficile.
Le désir n'a jamais fait la preuve de l'existence de l'objet du désir.
Garçon ou fille, homme ou femme, il n'y a que des individus fiables ou non.
La politique, c'est cela : avoir une vision et agir pour qu'elle se réalise.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables et qu'on n'a pas remplacés.
C'est parce que nous avons terriblement besoin de Dieu que nous l'inventons...
Connu ou pas, talentueux ou besogneux, un auteur est toujours un sac de nerfs.
La féminité n'est pas une incompétence. Elle n'est pas non plus une compétence.
Les femmes ne sont pas faites pour collectionner les hommes, ça les démoralise.
Si le sida ne s'attrapait qu'à travers des seringues, il n'intéresserait personne.
Tout se passe comme si chacun sentait vaguement que le pouvoir n'a plus de pouvoir.
La télévision n'est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent.
Le chômage est comme une marée noire qui recouvre l'herbe verte, là où elle a poussé.
Les hommes ont toujours eu beaucoup de courage pour supporter les malheurs des femmes.
La situation la plus insupportable n'est pas le malheur subi, c'est le malheur imaginé.
Les Bourses ne traduisent pas l'état des économies, mais la psychologie des investisseurs.
C'est important, la musique... La seule chose qui fédère les jeunes gens. Une sorte d'espéranto.
Le discours, c'est ce qui distingue la personne humaine de l'animal et le démocrate de la brute.
Je ne crois pas à l'importance de ce que je fais, mais je crois important de savoir ce que je fais.
Ce n'est pas la peine d'avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième.
Les livres que l'on écarte sont toujours ceux dont on s'aperçoit plus tard qu'on en a justement besoin.
Le bonheur ne se cherche pas : on le rencontre. Il n'est que de savoir le reconnaître et de pouvoir l'accueillir.
J'ai toujours pensé que les salaires devaient s'établir en raison inverse de l'intérêt que l'on prend à son travail.
Les footballeurs n'ont plus de nationalité. Ils n'ont que des clubs qui ont plus ou moins d'argent pour les acheter.
Une femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.
Je ne crois pas que la justice règne jamais parce que l'injustice n'est pas dans les lois, elle est en chacun de nous.
A 20 ans, un mois me paraissait long, aujourd'hui il s'évanouit à peine entamé. Il y a autant de temps qu'il y a d'âges.
C'est un drôle de pays, la France, où les négociations ont toujours lieu après le déclenchement des grèves et non avant.
Que cela plaise ou non, les Français n'aiment pas les étrangers. Les pauvres, bien sûr. Les riches, on les appelle des touristes.
C'est la nécessité de combattre qui semble oubliée... ce qui domine semble être la certitude tranquille d'un progrès en marche...
Libre, c'est le mot que l'on emploie pour les hommes. Des femmes en rupture de mariage ou de liaison, on dit qu'elles sont seules.
Dieu que les Français aiment donc les règlements ! Ils en mettent partout, même là où ils n'ont rien à faire : dans la littérature.
Les révoltes qui se manifestent par les armes, on peut les mater. Celles qui naissent et se propagent par l'esprit sont insaisissables.
Les échecs ne sont pas le champ de l'intelligence, du talent, de l'imagination, mais tout bêtement celui de la pure logique mathématique.
Agir, c'est se protéger.
Un président n'a pas d'amis.
L'élégance est toujours noire.
Se souvenir, c'est s'écorcher.
On ne tire pas sur une ambulance.
Il n'y a pas de guerre sans morts.
Le foot, c'est la guerre sans morts.
On ne retient pas la vie qui s'en va.
On ne donne pas la vie. On la transmet.
Le monde n'a jamais été un océan de paix.
La prostitution est un phénomène masculin.
A travailler on s'ennuie moins qu'à s'amuser.
C'est voluptueux, de ranger ; mais c'est tuant.
Quels drôles de métiers que les métiers d'argent.
Rien n'est jamais joué si l'on se refuse à subir.
Seules les bêtes font des petits sans les désirer.
Il y a des abîmes d'où personne ne peut vous sortir.
Quant aux bons souvenirs, ce sont des bijoux perdus.
Tout chef politique doit avoir l'instinct du tueur !
Les bêtes savent quand on est malade : elles fuient.
Les raisons du commerce sont toujours les plus fortes.
La jeunesse est courte. C'est la vie qui est longue...
On ne possède pas un chat, c'est lui qui vous possède.
L'indifférence est une infirmité de l'esprit et du coeur.
Vieillir, c'est autre chose aussi. C'est se désintéresser.
Vivre sans téléphone portable, vous imaginez le supplice ?
Seuls les vivants respectables font des morts respectables.
Souvent, ceux qui sont au pouvoir se croient invulnérables.
Si la mort me saisit cette nuit, je dirai : "Merci la vie !"
On ne prend pas une nationalité comme on prend son parapluie.
Bonheur : faire ce que l'on veut et vouloir ce que l'on fait.
L'amour devenu sans objet n'entretient aucun foyer de lumière.
Bien vieillir, en littérature, c'est ce qu'il y a de plus difficile.
Le désir n'a jamais fait la preuve de l'existence de l'objet du désir.
Garçon ou fille, homme ou femme, il n'y a que des individus fiables ou non.
La politique, c'est cela : avoir une vision et agir pour qu'elle se réalise.
Les cimetières sont pleins de gens irremplaçables et qu'on n'a pas remplacés.
C'est parce que nous avons terriblement besoin de Dieu que nous l'inventons...
Connu ou pas, talentueux ou besogneux, un auteur est toujours un sac de nerfs.
La féminité n'est pas une incompétence. Elle n'est pas non plus une compétence.
Les femmes ne sont pas faites pour collectionner les hommes, ça les démoralise.
Si le sida ne s'attrapait qu'à travers des seringues, il n'intéresserait personne.
Tout se passe comme si chacun sentait vaguement que le pouvoir n'a plus de pouvoir.
La télévision n'est pas le reflet de ceux qui la font, mais de ceux qui la regardent.
Le chômage est comme une marée noire qui recouvre l'herbe verte, là où elle a poussé.
Les hommes ont toujours eu beaucoup de courage pour supporter les malheurs des femmes.
La situation la plus insupportable n'est pas le malheur subi, c'est le malheur imaginé.
Les Bourses ne traduisent pas l'état des économies, mais la psychologie des investisseurs.
C'est important, la musique... La seule chose qui fédère les jeunes gens. Une sorte d'espéranto.
Le discours, c'est ce qui distingue la personne humaine de l'animal et le démocrate de la brute.
Je ne crois pas à l'importance de ce que je fais, mais je crois important de savoir ce que je fais.
Ce n'est pas la peine d'avoir du talent à la cinquième ligne si le lecteur ne dépasse pas la troisième.
Les livres que l'on écarte sont toujours ceux dont on s'aperçoit plus tard qu'on en a justement besoin.
Le bonheur ne se cherche pas : on le rencontre. Il n'est que de savoir le reconnaître et de pouvoir l'accueillir.
J'ai toujours pensé que les salaires devaient s'établir en raison inverse de l'intérêt que l'on prend à son travail.
Les footballeurs n'ont plus de nationalité. Ils n'ont que des clubs qui ont plus ou moins d'argent pour les acheter.
Une femme serait vraiment l'égale de l'homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.
Je ne crois pas que la justice règne jamais parce que l'injustice n'est pas dans les lois, elle est en chacun de nous.
A 20 ans, un mois me paraissait long, aujourd'hui il s'évanouit à peine entamé. Il y a autant de temps qu'il y a d'âges.
C'est un drôle de pays, la France, où les négociations ont toujours lieu après le déclenchement des grèves et non avant.
Que cela plaise ou non, les Français n'aiment pas les étrangers. Les pauvres, bien sûr. Les riches, on les appelle des touristes.
C'est la nécessité de combattre qui semble oubliée... ce qui domine semble être la certitude tranquille d'un progrès en marche...
Libre, c'est le mot que l'on emploie pour les hommes. Des femmes en rupture de mariage ou de liaison, on dit qu'elles sont seules.
Dieu que les Français aiment donc les règlements ! Ils en mettent partout, même là où ils n'ont rien à faire : dans la littérature.
Les révoltes qui se manifestent par les armes, on peut les mater. Celles qui naissent et se propagent par l'esprit sont insaisissables.
Les échecs ne sont pas le champ de l'intelligence, du talent, de l'imagination, mais tout bêtement celui de la pure logique mathématique.