Résumé biographique
Romancier et journaliste français, René Barjavel s’impose comme l’un des précurseurs de la science-fiction à la française, avec des romans d’anticipation comme Ravage, Le Voyageur imprudent, La Nuit des temps ou Le Grand Secret, qui explorent les rapports entre progrès technique, catastrophes globales et destin humain.
Parcours
Né le 24 janvier 1911 à Nyons dans une famille de boulanger et de paysans, René Barjavel étudie au collège de Nyons puis à Cusset avant de débuter dans le journalisme au Progrès de l’Allier à Moulins à la fin des années 1920. Il rejoint ensuite la revue Le Document puis les Éditions Denoël, où il devient responsable de fabrication et dirige une collection pour la jeunesse. Pendant l’Occupation, il publie ses premiers grands romans d’anticipation, dont Ravage et Le Voyageur imprudent. Après la guerre, il alterne scénarios et dialogues de cinéma, essais et œuvres de fiction. À partir de la fin des années 1960, une nouvelle phase de sa carrière s’ouvre avec La Nuit des temps, Le Grand Secret, ses chroniques dominicales et des récits plus personnels comme La Charrette bleue ou L’Enchanteur.
Repères de carrière
24 janvier 1911 : Naissance à Nyons (Drôme) dans une famille de boulanger et de paysans.
1929 : Débuts au Progrès de l’Allier comme journaliste à Moulins.
1935-1936 : Entrée à la revue Le Document, puis aux Éditions Denoël à Paris comme chef de fabrication.
1943 : Publication de Ravage, roman d’anticipation majeur, et de Le Voyageur imprudent en feuilleton.
1946-1947 : Parution de Tarendol et de l’essai Cinéma total, premières incursions dans l’amour et la réflexion sur le cinéma.
Années 1950 : Activité soutenue de scénariste et dialoguiste pour le cinéma, notamment sur plusieurs films populaires.
1966 : Publication de l’essai La Faim du tigre sur la condition humaine et l’équilibre du vivant.
1968 : Sortie de La Nuit des temps, roman de science-fiction qui rencontre un large public.
1969 : La Nuit des temps reçoit le prix des Libraires.
1973 : Parution de Le Grand Secret, récompensé par le Prix Maison de la Presse.
1978-1979 : Essai Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester et reconnaissance européenne avec un Prix Europa pour l’ensemble de l’œuvre.
1980 : Publication du récit autobiographique La Charrette bleue, lauréat du prix Saint-Simon.
1981-1984 : Romans Une rose au paradis puis L’Enchanteur, variation sur la matière arthurienne.
24 novembre 1985 : Décès à Paris après une crise cardiaque, alors qu’il achève l’essai Demain le Paradis.
1986 et après : Parution posthume de Demain le Paradis et création du prix René-Barjavel de la nouvelle, qui entretient la mémoire de son œuvre.
Vie personnelle et engagements
Issu d’un milieu modeste, René Barjavel grandit entre la boulangerie familiale de Nyons et la campagne drômoise, expérience qu’il transpose plus tard dans La Charrette bleue. En 1936, il épouse Madeleine-Louise de Wattripont, avec qui il aura deux enfants, Renée, née en 1937, et Jean, né en 1938. Installé à Paris tout en restant attaché à sa région natale, il conserve toute sa vie l’habitude de pétrir lui-même son pain. Il s’intéresse aux enseignements spirituels de G. I. Gurdjieff et participe à des groupes d’étude qui nourrissent ses interrogations sur le sens de l’existence. Ses essais, notamment Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester, expriment une forte vigilance face au nucléaire civil, aux dérives technologiques et aux atteintes à l’environnement, dans une perspective de responsabilité collective.
Anecdotes
1 – Fils de boulanger, il pétrit son pain toute sa vie et affirme que ce geste manuel le relie à son enfance drômoise et à un rythme de vie plus simple.
2 – Les premières publications de Ravage et de Le Voyageur imprudent paraissent pendant l’Occupation, en feuilleton dans la presse, avant de devenir des romans emblématiques de l’anticipation française.
3 – L’idée de La Nuit des temps naît d’une brève dépêche fantaisiste annonçant des signaux mystérieux captés au-dessus du pôle Sud, que Barjavel développe avec le cinéaste André Cayatte avant d’en faire un roman.
4 – Dans Lettre ouverte aux vivants qui veulent le rester, il prend position contre le programme nucléaire civil français, en prolongeant les thèmes de catastrophe technologique déjà présents dans ses fictions.
5 – En 1976, dans une chronique sur l’affaire Ranucci, il défend une position très ferme en faveur de la peine capitale, texte souvent cité pour illustrer la dimension polémique de ses interventions journalistiques.
6 – Dès 1995, un prix littéraire de nouvelle portant son nom est créé à Roanne, confirmant son rôle de référence pour la science-fiction et l’anticipation francophones.
Lieux de mémoire
Nyons, ville natale de René Barjavel, conserve une place centrale dans sa mémoire, avec la maison familiale et un collège qui porte son nom, associés à des Journées Barjavel régulières. À Paris, où il a longtemps vécu et travaillé, il meurt à l’hôpital Cochin. Sa tombe se trouve dans le cimetière du hameau de Tarendol, sur la commune de Bellecombe-Tarendol, en Drôme, devenue un lieu de recueillement pour les lecteurs.
Contexte du décès
René Barjavel meurt le 24 novembre 1985 à l’hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de Paris, des suites d’un malaise cardiaque survenu à l’âge de soixante-quatorze ans. Ses obsèques donnent lieu à de nombreux hommages de la presse et du milieu littéraire. Il est inhumé dans le cimetière du hameau de Tarendol, près des paysages de son enfance qu’il a largement décrits dans La Charrette bleue. Depuis sa disparition, diverses cérémonies commémoratives, dont celles organisées à Nyons, entretiennent le souvenir de son œuvre et de sa personnalité d’écrivain-journaliste attaché à sa terre natale.
Points clés
• Métier(s) : romancier, nouvelliste, essayiste, chroniqueur, journaliste, scénariste, dialoguiste
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Madeleine-Louise de Wattripont (mariage à partir de 1936)
• Enfants : Renée (née en 1937), Jean (né en 1938)
• Distinctions : Prix des Libraires pour La Nuit des temps (1969), Prix Maison de la Presse pour Le Grand Secret (1973), Prix Saint-Simon pour La Charrette bleue (1980), Prix Europa pour l’ensemble de l’œuvre (1979)