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54 personnalités prénommées Alain

Biographie

Alain Bombard, biologiste et médecin français né à Paris en 1924 et décédé en 2005, est entré dans l'histoire en traversant seul l'Atlantique en 1952 sur un canot pneumatique sans provisions, prouvant qu'un naufragé peut survivre grâce aux seules ressources de la mer.


Parcours

Né le 27 octobre 1924 dans le 5e arrondissement de Paris, Alain Bombard est le fils de Gaston Bombard, ingénieur, et de Marie Stodel. Après des études secondaires au lycée Henri-IV et à l'École alsacienne à Paris, puis au lycée de Saint-Brieuc, il entre à la faculté de médecine de Paris en 1943. Spécialiste en biologie humaine, il effectue son internat à l'hôpital de Boulogne-sur-Mer de 1949 à 1951. Confronté aux conséquences mortelles de naufrages survenus à proximité du port, il se convainc que les naufragés meurent davantage de désespoir que de faim ou de soif. Il rejoint l'Institut océanographique de Monaco, où un mécène lui finance un laboratoire pour étudier les naufrages, les techniques de pêche, la composition de l'eau de mer et les propriétés nutritives du plancton. En mai 1952, il quitte Monaco à bord d'un Zodiac Mark III de 4,65 mètres baptisé l'Hérétique, en compagnie du marin anglais Jack Palmer.

Palmer abandonne à Tanger ; Bombard reprend seul la mer, fait escale à Casablanca puis à Las Palmas, d'où il s'élance le 20 octobre 1952 pour la traversée solitaire. Après 65 jours de mer, il atteint la Barbade le 23 décembre 1952, ayant perdu 25 kilos et souffrant d'anémie. De retour en France, il publie en 1953 Naufragé volontaire, traduit en quinze langues. Il s'installe à Amiens et fonde La Coryphène, un laboratoire marin mobile qui effectue des campagnes en Méditerranée à partir de 1955. Des difficultés financières l'obligent à vendre ses navires en 1965. Sa rencontre avec l'industriel Paul Ricard, fondateur d'un observatoire océanographique en Méditerranée, lui permet de rebondir : de 1967 à 1985, Bombard dirige le laboratoire de biologie marine de la fondation Ricard. Adhérent au Parti socialiste depuis 1974, il est nommé en 1981 secrétaire d'État à l'Environnement dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy, poste qu'il quitte après un mois.


Controverse

Le 3 octobre 1958, lors d'un test de radeau pneumatique par gros temps sur la barre d'Étel (Morbihan), l'embarcation de Bombard chavire. Le canot de sauvetage local, le Vice-Amiral-Schwerer II, se retourne à son tour en portant secours. Le bilan est de neuf morts, dont quatre membres de l'équipe de Bombard et cinq sauveteurs ételois. Une information judiciaire pour homicide involontaire est ouverte au parquet de Lorient. L'enquête maritime conduite par l'amiral André Jubelin dédouane Bombard, établissant que l'équipage du canot de sauvetage n'avait pas installé les grilles de protection de son hélice. La polémique nationale engendrée par le drame marque durablement Bombard, qui tente de se suicider en 1963. Par ailleurs, ses thèses sur la survie en mer - notamment la possibilité de boire de l'eau de mer en petites quantités - sont contestées par le médecin et navigateur allemand Hannes Lindemann, dont les observations après une traversée de l'Atlantique en 1956 sont retenues par l'Organisation mondiale de la santé pour ses recommandations de survie maritime.


Repères chronologiques

1924 : Naissance le 27 octobre à Paris (5e arrondissement)
1943 : Entrée à la faculté de médecine de Paris
1949 : Début de l'internat à l'hôpital de Boulogne-sur-Mer
1951 : Traversée de la Manche à la nage ; arrivée à l'Institut océanographique de Monaco
1952 : Traversée solitaire de l'Atlantique à bord de l'Hérétique (20 octobre - 23 décembre)
1953 : Publication de Naufragé volontaire, traduit en quinze langues
1958 : Drame de la barre d'Étel (3 octobre) : neuf morts lors d'un test de radeau pneumatique
1963 : Tentative de suicide à la suite du drame d'Étel ; mobilisation contre les boues rouges à Cassis
1967 : Délégué général du laboratoire de biologie marine de la fondation Paul Ricard
1974 : Adhésion au Parti socialiste
1976 : Reconnaissance officielle de la traversée de 1952 ; l'Hérétique intègre le musée de la Marine à Paris
1979 : Élu conseiller général du canton de Six-Fours-les-Plages
1981 : Secrétaire d'État à l'Environnement (premier gouvernement Pierre Mauroy) ; élu député européen
2000 : Nommé officier de la Légion d'honneur
2005 : Décès le 19 juillet à l'hôpital militaire de Toulon


Vie personnelle et engagements

Issu d'une famille protestante parisienne, Alain Bombard est le fils de Gaston Bombard, ingénieur, et de Marie Stodel. Enfant, il découvre la voile lors de vacances d'hiver en Bretagne, dans la baie de l'Arcouest, où son moniteur est le physicien Frédéric Joliot-Curie. Marié une première fois vers l'âge de 19 ans, il a deux enfants de cette première union. Il épouse en secondes noces Ginette Brunon en 1952, avec qui il a cinq enfants, dont son fils Christophe Bombard. Le couple s'installe d'abord à Amiens, où Bombard réside une vingtaine d'années, avant de se fixer dans le Var.

Proche du compositeur Igor Stravinsky, avec qui il envisage un moment une carrière musicale avant d'en être dissuadé, Bombard s'engage très tôt dans la protection maritime. Il s'oppose en 1963 au déversement des boues rouges de l'usine Pechiney dans la Méditerranée, aux côtés de Paul Ricard. Son opposition résolue au gavage des oies pour la production de foie gras lui vaut des menaces de mort contre sa famille. Il réside dans ses dernières années à Toulon, dans le Var, où il est hospitalisé quelques semaines avant son décès en juillet 2005.


Contexte du décès

Alain Bombard est admis à l'hôpital militaire de Toulon environ un mois avant son décès, survenu le 19 juillet 2005 à l'âge de 80 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Le lieu et la nature des obsèques ne sont pas documentés dans les sources disponibles. Le navigateur Gérard d'Aboville lui consacre un éloge dans le quotidien Libération le 20 juillet 2005, rappelant que Bombard avait compris que l'espoir est la première ressource du naufragé. La présence de l'Hérétique au musée de la Marine à Paris depuis 1976 témoigne de la reconnaissance officielle de son expérience.


Lieux de mémoire

Alain Bombard est inhumé au nouveau cimetière de Bandol (Var). Son embarcation de 1952, l'Hérétique, est conservée au musée national de la Marine à Paris depuis 1976. Le terme « bombard », entré dans le vocabulaire courant, désigne en France le radeau pneumatique de sauvetage à gonflage automatique, présent de manière réglementaire à bord de nombreux navires.


Anecdotes

1 - Durant ses vacances d'hiver en Bretagne, le jeune Bombard apprend la voile dans la baie de l'Arcouest, surnommée « Sorbonne-plage » car elle accueille des universitaires comme Marie Curie et Jean Perrin. Son moniteur de voile est Frédéric Joliot-Curie.
2 - Lors de la traversée, une fuite d'air se déclare dans un flotteur de l'Hérétique. Bombard la colmate grâce à une « colle biologique » que lui seul, en tant qu'homme, peut produire - fait qu'il relate lui-même dans son récit de bord.
3 - Au large de l'Atlantique, Bombard hèle le cargo l'Arakaka. Le capitaine l'embarque, corrige une erreur de navigation de 600 milles et lui offre un repas frugal, mais Bombard refuse de rester à bord et reprend la mer.
4 - Avant de se consacrer à la biologie, Bombard envisage une carrière musicale. Le compositeur Igor Stravinsky, qui compte parmi ses proches, l'en aurait dissuadé. Des témoins de son entourage rapportent que Bombard conserva toute sa vie une passion pour la musique.
5 - Georges Perec cite Alain Bombard au souvenir n° 241 de son recueil Je me souviens (1978), le classant parmi les 480 faits marquants de sa génération. Son nom est aussi mentionné dans l'album Coke en stock des aventures de Tintin.
6 - À la Barbade en décembre 1952, Bombard avait perdu 25 kilos et tous ses ongles, souffrait d'anémie et dut subir l'ablation d'un rein. Les relevés quotidiens de sa tension artérielle plaçaient ses valeurs minimales lors des phases de désespoir, pas à la fin du voyage.


Points clés

- Métier(s) : Biologiste, médecin
- Résidence principale : Toulon (Var) dans ses dernières années ; précédemment Amiens (Somme)
- Relations de couple : Premier mariage (début des années 1940) ; Ginette Brunon (secondes noces, 1952)
- Enfants : Sept enfants (deux d'un premier mariage, cinq avec Ginette Brunon), dont Christophe Bombard
- Distinctions : Officier de la Légion d'honneur (2000) ; Gloire du sport


Postérité

33 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

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Citations

« Ce qui me gêne le plus dans la vie, c'est d'avoir un physique jovial. Si j'avais l'air d'un pisse-froid on me prendrait beaucoup plus au sérieux. »

— Philippe Cadart, « Alain Bombard au nom de la mer », Cent ans de vie dans la région, tome 3 : 1939-1958, La Voix du Nord éditions, hors série du 17 juin 1999, p. 78 (cité dans la notice Wikipedia francophone)

« Je n'ai jamais cru que mon expérience était une folie. J'avais 30 % de chance de mourir et 70 % de réussir. Croyez-vous qu'escalader l'Annapurna vous donne plus de chances ? »

— Entretien non daté, cité dans Cols Bleus magazine, Ministère des Armées (defense.gouv.fr)

« Naufragés des légendes, victimes raides et hâtives, je sais que vous n'êtes pas morts de la mer, que vous n'êtes pas morts de la faim, que vous n'êtes pas morts de la soif, car ballotés sous le cri des mouettes, vous êtes morts d'épouvante. »

— Naufragé volontaire, Éditions de Paris, 1953 (cité dans Cols Bleus magazine, Ministère des Armées, defense.gouv.fr)

« J'étais un hérétique pour plusieurs raisons. J'allais essayer de me rendre, avec un engin réputé non navigable, à un point déterminé à l'avance. Plus grave était le fait que je m'attaquais à la croyance générale selon laquelle on ne peut pas vivre exclusivement sur les ressources de la mer et que l'eau salée n'est pas potable. »

— Naufragé volontaire, Éditions de Paris, 1953 (cité dans Cols Bleus magazine, Ministère des Armées, defense.gouv.fr)

Questions autour de Alain Bombard

Qu'a prouvé Alain Bombard lors de sa traversée de l'Atlantique en 1952 ?
Alain Bombard a prouvé qu'un naufragé peut survivre sans vivres ni eau douce en se nourrissant de poissons, de plancton et d'eau de mer en petites quantités, à rebours des croyances de l'époque qui limitaient la survie à quelques jours.
Quel héritage Alain Bombard a-t-il laissé au vocabulaire maritime français ?
Son patronyme est devenu un nom commun en français. Le terme « bombard » désigne le radeau pneumatique de sauvetage à gonflage automatique, rendu obligatoire sur certaines catégories de navires par décret en 1958.
Alain Bombard a-t-il exercé des fonctions politiques ?
Oui. Alain Bombard a été brièvement secrétaire d'État à l'Environnement en 1981 dans le premier gouvernement de Pierre Mauroy, puis député européen de 1981 à 1994 sous l'étiquette du Parti socialiste.
Quelles étaient les thèses d'Alain Bombard sur la survie des naufragés ?
Alain Bombard soutenait que les naufragés meurent davantage de désespoir que de faim ou de soif, et qu'en conservant l'espoir et en exploitant les ressources de la mer - poissons, plancton, eau de mer en petites quantités - un naufragé peut survivre plusieurs semaines.
Quel est le livre qu'Alain Bombard a publié sur sa traversée de l'Atlantique ?
Alain Bombard a publié Naufragé volontaire en 1953, relatant ses 65 jours de traversée solitaire de l'Atlantique à bord de l'Hérétique. L'ouvrage a été traduit en quinze langues et constitue le principal récit de son expérience.
Qui est né le même jour que Alain Bombard ?
Jean Schultheis, Elastigirl, Laurent Berger, Lucie Zhang et Gilles Legardinier sont nés le 27 octobre comme Alain Bombard.
À quel âge est mort Alain Bombard ?
Alain Bombard est mort à 80 ans, le 19 juillet 2005.
Qui est mort le même jour que Alain Bombard ?
Pétrarque, James Garner, Félix Potin, Pascal Renwick et Jack Warden sont morts le 19 juillet comme Alain Bombard.
Quels médecins sont nés à Paris comme Alain Bombard ?
Quels médecins français sont du signe Scorpion comme Alain Bombard ?
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