Georges Gilles de La Tourette

Naissance
Saint-Gervais-les-Trois-Clochers (86), France
Décès
paralysie générale
Nationalité
Astrologie

Biographie

Georges Gilles de La Tourette, né le 30 octobre 1857 à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers et mort le 22 mai 1904 à Prilly, est un médecin neurologue français, élève de Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière, dont le nom est attaché au syndrome neurologique des tics qu'il a décrit en 1885.


Parcours

Georges Albert Édouard Brutus Gilles de La Tourette naît dans une famille de la bourgeoisie poitevine et entame ses études secondaires au pensionnat de Châtellerault, où il obtient son baccalauréat à seize ans. Il commence sa formation médicale à l'École de médecine de Poitiers en 1873, avant de rejoindre Paris en 1876 et l'hôpital Laennec. Reçu interne des hôpitaux de Paris, il intègre en 1884 le service de Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière, dont il devient le secrétaire particulier et l'un des disciples les plus actifs. En 1885, il publie dans les Archives de Neurologie son article fondateur sur neuf cas de patients associant tics moteurs, écholalie et coprolalie, syndrome auquel Charcot lui-même donnera son nom. Chef de clinique de Charcot de 1887 à 1889, il poursuit ensuite sa carrière auprès de Fulgence Raymond, successeur de Charcot à la Salpêtrière.

Agrégé de médecine et de médecine légale en 1894, Gilles de La Tourette consacre l'essentiel de ses travaux à l'hystérie et à l'hypnotisme, dans la stricte filiation de l'École de la Salpêtrière. Il publie en 1891 son Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie d'après l'enseignement de la Salpêtrière, ouvrage de référence en trois volumes, ainsi que les Leçons de clinique thérapeutique sur les maladies du système nerveux en 1898. Il collabore avec Paul Richer sur l'hypnotisme et avec l'historien Gabriel Legué pour éditer en 1886 l'autobiographie de sœur Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun. Polygraphe, il publie une biographie de Théophraste Renaudot, fondateur de La Gazette, et tient sous le pseudonyme de Paracelse une chronique scientifique à la Revue hebdomadaire. En 1900, sa maîtrise de l'anglais lui vaut la direction du service médical de l'Exposition universelle de Paris.


Controverse

En 1889, Gilles de La Tourette intervient publiquement dans l'affaire criminelle Gouffé-Eyraud-Bompard : Gabrielle Bompard, complice de Michel Eyraud dans l'assassinat de l'huissier Toussaint-Augustin Gouffé, plaide avoir agi sous emprise hypnotique. Face aux médecins de l'École de Nancy, qui soutiennent la possibilité du crime sous hypnose, Gilles de La Tourette publie en 1891 L'Épilogue d'un procès célèbre, dans lequel il défend la thèse inverse de l'École de la Salpêtrière. La condamnation des deux accusés est invoquée pour valider sa position. Dans son ouvrage de 1887 L'hypnotisme et les états analogues au point de vue médico-légal, il mentionne pourtant deux cas de meurtres commis par des patientes hystériques hypnotisées, contradiction relevée par les historiens de la médecine.


Repères chronologiques

1857 : naissance le 30 octobre à Saint-Gervais-les-Trois-Clochers, dans la Vienne
1873 : début des études de médecine à l'École de médecine de Poitiers
1884 : entrée comme interne dans le service de Jean-Martin Charcot à la Salpêtrière
1885 : publication de l'étude sur la maladie des tics convulsifs dans les Archives de Neurologie
1886 : édition, avec Gabriel Legué, de l'autobiographie de sœur Jeanne des Anges, préfacée par Charcot
1887 : mariage avec Marie Detrois à Loudun le 2 août ; nomination comme chef de clinique de Charcot
1887 : parution de L'hypnotisme et les états analogues au point de vue médico-légal
1891 : publication du Traité clinique et thérapeutique de l'hystérie d'après l'enseignement de la Salpêtrière
1893 : tentative d'assassinat par Rose Kamper-Lecoq, ancienne patiente, qui le blesse à la tête
1893 : décès de son mentor Jean-Martin Charcot, puis de son fils aîné Jean, atteint de méningite
1894 : agrégation de médecine et de médecine légale
1898 : parution des Leçons de clinique thérapeutique sur les maladies du système nerveux
1900 : direction du service médical de l'Exposition universelle de Paris
1901 : internement en Suisse, organisé par Jean-Baptiste Charcot ; diagnostic de syphilis tertiaire
1904 : décès le 22 mai à la clinique de Cery, à Prilly, près de Lausanne


Vie personnelle et engagements

Georges Gilles de La Tourette est le fils aîné de Théodore Édouard Gilles de La Tourette (1827-1902), négociant, maire de Moussac-sur-Vienne et suppléant du juge de paix du canton de L'Isle-Jourdain, et de Laetitia Augry des Effes de Laudonnière (1831-1894). Issu d'une lignée poitevine comptant plusieurs médecins, il fait ses humanités au pensionnat de Châtellerault avant de rejoindre l'École de médecine de Poitiers, puis l'hôpital Laennec à Paris. Le 2 août 1887, il épouse à Loudun sa cousine Marie Detrois (1867-1922), de dix ans sa cadette, en présence de Jean-Martin Charcot et du médecin légiste Paul Brouardel, tous deux témoins. De cette union naissent quatre enfants, dont l'aîné Jean meurt en bas âge d'une méningite en 1893.

Installé au 14 rue de Beaune dans le 7e arrondissement de Paris, puis au 39 rue de l'Université à partir de 1893, Gilles de La Tourette fréquente assidûment les milieux littéraires et journalistiques, entretenant une correspondance suivie avec le chroniqueur Georges Montorgueil et le romancier Jules Claretie. Sous le pseudonyme de Paracelse, il signe des chroniques scientifiques dans la Revue hebdomadaire et donne des conférences publiques sur le théâtre, le mesmérisme et la littérature. Attaché à sa région natale, il consacre plusieurs travaux d'histoire à Loudun, dont sa biographie de Théophraste Renaudot, fondateur du journalisme français et lui-même natif de la ville.


Contexte du décès

À partir de 1893, Gilles de La Tourette présente une oscillation entre épisodes dépressifs et accès hypomaniaques, attribués rétrospectivement à une neurosyphilis tertiaire. En 1901, Jean-Baptiste Charcot, fils de son maître, l'attire en Suisse sous un prétexte et le fait interner à la clinique psychiatrique de Cery, à Prilly, près de Lausanne, où la paralysie générale est diagnostiquée. Son état se dégrade progressivement, avec crises convulsives et démence. Il meurt à Cery le 22 mai 1904, à 46 ans. Ses funérailles sont suivies par ses anciens collègues de la Salpêtrière, dont Henry Meige, qui rédige sa nécrologie. Son corps est ensuite rapatrié en France pour être inhumé dans le caveau familial de Loudun.


Lieux de mémoire

Georges Gilles de La Tourette repose au cimetière communal de Loudun, dans la Vienne, dans le caveau familial. Son nom reste associé au syndrome qu'il a décrit en 1885, désigné comme maladie de Gilles de La Tourette par Charcot lui-même, et reconnu à partir des années 1960 par la communauté neurologique internationale.


Anecdotes

1 - Sa thèse de doctorat de 1885, consacrée à l'étude des empreintes de pas comme aide au diagnostic neurologique, lui vaut le prix Godard l'année suivante, sur une méthode inspirée de la médecine légale alors balbutiante.
2 - Le 6 décembre 1893, son ancienne patiente Rose Kamper-Lecoq se présente à son cabinet et tire trois coups de revolver, l'atteignant à la nuque, après qu'il a refusé de l'indemniser de 50 francs pour des séances d'hypnose qu'elle jugeait dommageables.
3 - Polyglotte, il maîtrisait suffisamment l'anglais pour traduire les travaux américains qui inspirèrent son article fondateur sur les tics convulsifs, dans lequel il s'appuie notamment sur la description faite en 1825 par Jean-Marc Gaspard Itard du cas de la marquise de Dampierre.
4 - En collaboration avec Gabriel Legué, il édite en 1886 l'autobiographie de sœur Jeanne des Anges, supérieure des Ursulines de Loudun au XVIIe siècle, dans laquelle il analyse l'amour non partagé porté au prêtre Urbain Grandier comme un cas d'hystérie.
5 - Un article qu'il consacre à l'hystérie dans l'armée allemande aurait provoqué la colère personnelle du chancelier Otto von Bismarck, selon les chroniques de l'époque rapportées par ses biographes.


Points clés

- Métier(s) : médecin neurologue, agrégé de médecine et de médecine légale, chef de clinique à la Salpêtrière
- Résidence principale : Paris, 7e arrondissement (rue de Beaune puis rue de l'Université)
- Relations de couple : Marie Detrois (épouse, 1887-1904)
- Enfants : quatre enfants, dont l'aîné Jean, mort en bas âge en 1893
- Distinctions : prix Godard 1886, agrégation de médecine 1894, direction du service médical de l'Exposition universelle de Paris en 1900


Publicité
Explorer

Autres médecins nés dans les années 1850

Questions autour de Georges Gilles de La Tourette

Quel est le vrai nom de Georges Gilles de La Tourette ?
Son nom complet à l'état civil est Georges Albert Édouard Brutus Gilles de La Tourette, « Gilles » faisant partie intégrante du patronyme.
Pourquoi le syndrome porte-t-il le nom de Georges Gilles de La Tourette ?
En 1885, Gilles de La Tourette publie une étude sur neuf patients présentant tics moteurs, écholalie et coprolalie. C'est son maître Jean-Martin Charcot qui choisit de baptiser le syndrome du nom de son élève.
Qui était l'épouse de Georges Gilles de La Tourette ?
Il a épousé le 2 août 1887 à Loudun sa cousine Marie Detrois (1867-1922), de dix ans sa cadette. Charcot et le médecin légiste Paul Brouardel furent leurs témoins.
Qu'est-il arrivé à Georges Gilles de La Tourette en 1893 ?
Son ancienne patiente Rose Kamper-Lecoq, atteinte de troubles psychiatriques, tira sur lui trois coups de revolver à son cabinet et le blessa à la tête, lui reprochant un préjudice qu'elle attribuait à des séances d'hypnose.
De quoi est mort Georges Gilles de La Tourette ?
Il est mort le 22 mai 1904 à la clinique psychiatrique de Cery, à Prilly près de Lausanne, d'une paralysie générale liée à une neurosyphilis tertiaire diagnostiquée en 1901.
Où est enterré Georges Gilles de La Tourette ?
Son corps a été rapatrié de Suisse et inhumé dans le caveau familial du cimetière communal de Loudun, dans la Vienne.
Qui est né le même jour que Georges Gilles de La Tourette ?
Alfred Sisley, Mario Testino, Vincent Lagaf', Henry Winkler et John Adams sont nés le 30 octobre comme Georges Gilles de La Tourette.
À quel âge est mort Georges Gilles de La Tourette ?
Georges Gilles de La Tourette est mort à 46 ans, le 22 mai 1904.
Qui est mort le même jour que Georges Gilles de La Tourette ?
Philip Roth, John Derek, Jules Renard, Robert Marchand et Wolfgang Reitherman sont morts le 22 mai comme Georges Gilles de La Tourette.
Quels médecins français sont du signe Scorpion comme Georges Gilles de La Tourette ?
Alain Bombard, Xavier Bichat et Henri Laborit sont du signe Scorpion.
Lien copié dans le presse-papier !