Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa disparition.
Jean-Baptiste Charcot, médecin et explorateur polaire français né le 15 juillet 1867 à Neuilly-sur-Seine, a conduit les deux premières expéditions scientifiques françaises en Antarctique, à bord du Français puis du Pourquoi-Pas ?, et est mort en mer au large de l'Islande le 16 septembre 1936.
Fils du neurologue Jean-Martin Charcot, fondateur de l'École de la Salpêtrière, Jean-Baptiste Charcot fréquente l'École alsacienne de 1876 à 1885, où il pratique la boxe, le rugby à XV et l'escrime. Contraint d'entreprendre des études de médecine, il devient interne à l'hôpital de la Salpêtrière, puis à l'hôpital Saint-Antoine, avant de soutenir sa thèse sur l'atrophie musculaire progressive à la faculté de Paris le 5 juin 1895. Cette année-là, il fonde avec des amis du Racing Club de France le club de rugby l'Olympique, qu'il guide jusqu'au titre de champion de France de rugby à XV en 1896. En 1900, il remporte deux médailles d'argent en voile lors des Jeux olympiques de Paris. C'est à la mort de son père en 1893 qu'il commence à investir l'héritage familial dans la navigation, achetant successivement plusieurs voiliers qu'il baptise tous Pourquoi-Pas ?, répondant ainsi à ceux qui doutaient de sa vocation maritime.
À partir de 1901, Jean-Baptiste Charcot oriente ses croisières vers les régions polaires, franchissant pour la première fois le cercle arctique en 1902. En 1903, il fait construire à Saint-Malo le Français, un trois-mâts goélette de 32 mètres, et mène la première expédition française en Antarctique jusqu'en mars 1905 : 1 000 kilomètres de côtes relevées, trois cartes marines détaillées, et 75 caisses d'observations scientifiques remises au Muséum national d'histoire naturelle. Une deuxième campagne australe en 1908-1910, à bord du Pourquoi-Pas ? IV, ajoute 2 000 kilomètres de tracé côtier, des collections de zoologie et de botanique confiées à l'Institut océanographique de Monaco, et la découverte d'une nouvelle terre qui porte son nom. Nommé directeur d'études à l'École pratique des hautes études en 1911, il contribue également à la fondation des Éclaireurs de France et préside le Yacht Club de France de 1913 à sa mort. En 1926, il est élu membre libre de l'Académie des sciences, distinction qui consacre son oeuvre océanographique.
1867 : naissance le 15 juillet à Neuilly-sur-Seine, fils du neurologue Jean-Martin Charcot
1876-1885 : scolarité à l'École alsacienne à Paris
1895 : doctorat en médecine à la faculté de Paris ; naissance de sa première fille Marie-Louise, dite Marion
1896 : champion de France de rugby à XV avec l'Olympique ; mariage avec Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo
1900 : double médaille d'argent en voile aux Jeux olympiques de Paris
1903-1905 : première expédition française en Antarctique à bord du Français
1907 : mariage avec Marguerite Cléry, après divorce d'avec Jeanne Hugo
1908-1910 : deuxième expédition en Antarctique à bord du Pourquoi-Pas ? IV ; découverte de la Terre de Charcot
1911 : nommé directeur d'études à l'École pratique des hautes études ; cofonde les Éclaireurs de France
1914-1918 : service de guerre dans la Marine ; obtient la croix de guerre française et britannique
1926 : élu membre libre de l'Académie des sciences
1928 : participe aux recherches de l'explorateur norvégien Roald Amundsen, disparu en hydravion
1934 : élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur ; installe la mission de Paul-Émile Victor au Groenland
16 septembre 1936 : naufrage du Pourquoi-Pas ? IV au large de l'Islande ; mort de Charcot
Fils du professeur Jean-Martin Charcot et d'Augustine-Victoire Durvis, née Laurent-Richard, Jean-Baptiste grandit dans une famille aisée de Neuilly-sur-Seine, avec sa soeur Jeanne, née en 1865. En 1895, une infirmière de la Salpêtrière lui donne une fille, Marie-Louise, surnommée Marion (1895-1927). En 1896, il épouse Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo et ex-épouse de Léon Daudet, dont il divorce après son retour d'Antarctique en 1905. En janvier 1907, il se remarie avec Marguerite Cléry, peintre et fille de l'avocat Léon Cléry, qui l'accompagne dans plusieurs de ses voyages. De cette union naissent deux filles : Monique et Martine (1911-1979).
Jean-Baptiste Charcot partage de longues années de navigation avec Paul-Émile Victor, qu'il transporte au Groenland pour ses missions ethnographiques en 1934, 1935 et 1936. Il participe en 1928 aux recherches de l'explorateur norvégien Roald Amundsen, disparu en hydravion. Membre de la Société de géographie, dont il est vice-président en 1926, il cofonde avec le Muséum national d'histoire naturelle l'aquarium et musée de la Mer de Dinard en 1934. Reçu en audience par le roi du Danemark Christian X pour ses explorations au Groenland, il laisse des traces dans la mémoire islandaise, qui lui consacra une statue à Fáskrúðsfjörður.
Le 15 septembre 1936, le Pourquoi-Pas ? IV quitte Reykjavik par temps calme après une escale pour réparer la chaudière, en route vers Saint-Malo. Le 16 septembre au matin, une violente tempête cyclonique coule le navire sur les récifs d'Álftanes. Le bilan est de 23 morts et 17 disparus : l'unique survivant est le maître timonier Eugène Gonidec, originaire de Douarnenez. Des funérailles nationales se tiennent à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 12 octobre 1936, en présence du président Albert Lebrun. Des hommages officiels sont prononcés par des représentants de la Marine nationale et de l'Académie des sciences. Une cérémonie préalable a lieu à Reykjavik puis à Saint-Malo, port d'attache du navire, à l'arrivée des 23 cercueils.
Jean-Baptiste Charcot est inhumé au cimetière de Montmartre à Paris, après des funérailles nationales à la cathédrale Notre-Dame de Paris le 12 octobre 1936. Une stèle, oeuvre du sculpteur René Quillivic, est érigée quai Sébastopol à Saint-Malo, sa ville de coeur. Une statue est également dressée à Fáskrúðsfjörður en Islande, en hommage à ses explorations dans les eaux nordiques.
1 - En 1880, alors élève de cinquième à l'École alsacienne, Jean-Baptiste Charcot organise avec quinze camarades l'un des premiers matchs de rugby scolaire de l'histoire de France, formant le club des Sans Noms.
2 - En 1898, Charcot remonte le Nil jusqu'à Assouan en compagnie du milliardaire américain William Kissam Vanderbilt, soit quelques années avant de se consacrer entièrement à l'exploration polaire.
3 - Durant ses hivernages antarctiques, Charcot avait l'habitude de faire écouter des morceaux de musique aux manchots à l'aide d'un phonographe embarqué, pratique évoquée dans ses récits de bord publiés chez Flammarion.
4 - Quelques semaines avant le naufrage de 1936, Charcot écrit à un proche : le Pourquoi-Pas ? IV est vieux, moi aussi, et puis surtout, tout le monde s'en fout, pressentant que cette campagne serait la dernière.
5 - En 1912, le Pourquoi-Pas ? IV est officiellement désigné premier navire-école de la Marine nationale française, consacrant son rôle d'outil de formation scientifique en mer au-delà de ses seules missions d'exploration polaire.
- Métier(s) : médecin, explorateur polaire, océanographe, officier de marine
- Résidence principale : Neuilly-sur-Seine puis Paris, port d'attache Saint-Malo
- Relations de couple : Jeanne Hugo (1896, div. 1905) ; Marguerite Cléry (1907, jusqu'au décès)
- Enfants : Marie-Louise dite Marion (1895-1927) ; Monique ; Martine (1911-1979)
- Distinctions : champion de France de rugby à XV (1896) ; double médaille d'argent aux JO de Paris en voile (1900) ; croix de guerre française et britannique (1918) ; grand officier de la Légion d'honneur (1934) ; membre libre de l'Académie des sciences (1926)
50 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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Le Pourquoi pas ? IV est vieux, moi aussi, et puis surtout, tout le monde s'en fout.
— Propos rapportés dans Au vent de la destinée, lettres rassemblées par Alexis Le Conniat, Keltia Graphic, 2007 (réédition)
Vent du nord dans la matinée, entraînant avec lui brume et pluie fine, toujours la fameuse boucaille.
— Le Pourquoi-Pas ? dans l'Antarctique, Flammarion, 1910
Si la liste n'en était trop longue, je voudrais pouvoir remercier ici nominalement tous ceux qui ont permis à un fils à papa de se rendre utile et de faire son devoir.
— Le Français au pôle Sud, journal de l'expédition antarctique française 1903-1905, Flammarion, 1906