Résumé biographique

Jean-Baptiste Charcot, explorateur polaire et médecin océanographe français né en 1867 et disparu en mer en 1936, fils du neurologue Jean-Martin Charcot, commanda quatre expéditions antarctiques et de nombreuses missions arctiques entre 1903 et 1936. À bord du Français puis du célèbre Pourquoi-Pas ?, il cartographia des milliers de kilomètres de côtes inconnues, enrichit les connaissances en océanographie, biologie et météorologie polaires et donna son nom à l’île Charcot, à la terre Charcot et à de multiples lieux géographiques.


Parcours

Né le 15 juillet 1867 à Neuilly-sur-Seine, Jean-Baptiste Charcot effectue ses études au lycée Condorcet puis à l’École alsacienne. Admis à l’externat des hôpitaux de Paris en 1887, il interrompt ses études médicales à la mort de son père en 1893 pour administrer le patrimoine familial. Il reprend la médecine en 1895, soutient en 1898 une thèse sur l’arthrite rhumatismale progressive et exerce comme interne à l’Institut Pasteur et à la Pitié-Salpêtrière.

Passionné de navigation depuis l’adolescence, il conçoit plusieurs yachts et remporte de nombreuses régates. En 1903, il monte une expédition française de secours et de recherche après la disparition de l’expédition Nordenström. Avec Le Français, il hiverne en 1904-1905 à l’île Wandel, découvre la côte Fallières et la terre de Loubet. De 1908 à 1910, à bord du Pourquoi-Pas ? qu’il a fait construire, il explore la mer de Bellingshausen, découvre la baie Marguerite et l’île Charcot. À partir de 1912, il se consacre aux régions arctiques (Spitzberg, Groenland, terre de Jameson) et effectue chaque année des campagnes océanographiques. Mobilisé en 1914-1918, il commande des unités anti-sous-marines. Il reprend ses missions arctiques jusqu’à son naufrage en 1936. Officier de la Légion d’honneur et membre de l’Académie de marine, il laisse une œuvre scientifique majeure.


Repères de carrière

1898 : Soutenance de thèse de médecine sur l’arthrite rhumatismale progressive.
1904-1905 : Première expédition antarctique avec Le Français, hivernage à l’île Wandel.
1908-1910 : Deuxième expédition antarctique avec le Pourquoi-Pas ?, découverte de la terre Charcot.
1912 : Création du laboratoire océanographique du Muséum au Pourquoi-Pas ?.
1925 : Campagne au Scoresby Sund (Groenland oriental).
1926 : Mission au Spitzberg et au Jan Mayen.
1934-1935 : Dernière grande campagne antarctique, relevés autour des îles de Crozet et Kerguelen.
1936 : Naufrage du Pourquoi-Pas ? au large de l’Islande.


Vie personnelle et engagements

Fils unique de Jean-Martin Charcot et d’Augustine-Victoire Durvis, Jean-Baptiste Charcot grandit dans un milieu aisé et intellectuel parisien. Passionné de sport, il pratique le rugby, la boxe et l’escrime dès l’adolescence. En 1896, il épouse en premières noces Jeanne Hugo, petite-fille de Victor Hugo ; le couple divorce en 1906 et a une fille, Monique, née en 1909.

En 1907, il épouse en secondes noces la peintre Marguerite Klacsmann, dite « Meg », avec qui il a deux enfants : Martine (1919) et Daniel (1924). Très attaché à la mer et à l’Islande, il y retourne chaque année après 1920. Membre de nombreuses sociétés savantes, il soutient financièrement plusieurs institutions scientifiques et refuse systématiquement les honneurs politiques. Il entretient une correspondance régulière avec Roald Amundsen, Robert Scott et Ernest Shackleton.


Lieu de mémoire

Jean-Baptiste Charcot disparaît le 16 septembre 1936 lors du naufrage du Pourquoi-Pas ? au large de l’Islande. Son corps, retrouvé sur la côte islandaise, repose au cimetière de Montmartre à Paris dans le caveau familial Charcot. Une stèle commémorative se dresse à Reykjavik et plusieurs lieux polaires portent son nom : île Charcot, terre Charcot, glacier Charcot.


Contexte du décès

Le 15 septembre 1936, au retour d’une campagne au Groenland, le Pourquoi-Pas ? est surpris par un cyclone d’une violence exceptionnelle au large de la côte sud de l’Islande. Le navire talonne sur les récifs d’Álftafjörður et sombre en quelques minutes. Sur quarante hommes d’équipage, seul le chauffeur Eugène Gonidec survit. Le corps de Jean-Baptiste Charcot est retrouvé le 26 septembre et rapatrié pour des obsèques nationales.


Anecdotes

1 - À bord du Pourquoi-Pas ?, Jean-Baptiste Charcot faisait installer chaque année un piano demi-queue dans la salle à manger pour permettre aux officiers de jouer pendant les longues nuits polaires.
2 - Passionné de rugby, il fut président du Stade français de 1895 à 1905 et fit construire le premier terrain officiel du club à La Faisanderie.
3 - Lors de l’hivernage 1904-1905, il organisa des représentations théâtrales à bord du Français, jouant lui-même plusieurs rôles pour maintenir le moral de l’équipage.
4 - En 1910 à Melbourne, il céda une partie de son charbon à Robert Falcon Scott, sauvant ainsi l’expédition Terra Nova qui manquait de carburant.
5 - Il emmenait toujours à bord son chien esquimau Taïaut, offert par les Inuits du Groenland, qui devint la mascotte officielle de toutes ses expéditions.


Points clés

- Métier(s) : Médecin, explorateur polaire, océanographe
- Résidence principale : Paris, cimetière de Montmartre
- Relations : Jeanne Hugo (1896-1906), Marguerite Klacsmann (1907-1936)
- Enfants : Monique (1909), Martine (1919), Daniel (1924)
- Distinctions : Officier de la Légion d’honneur, médaille d’or de la Société de géographie