Georges Boillot est un pilote automobile et aviateur français, né le 3 août 1884 à Valentigney (Doubs) et mort pour la France le 19 mai 1916 près de Vadelaincourt. Vainqueur du Grand Prix de l'ACF en 1912 et 1913 sur Peugeot, il fut l'âme de l'équipe surnommée Les Charlatans, à l'origine de la Peugeot L76.
Mécanicien de formation, Georges Boillot débute la compétition à vélo au sein du Vélo Club de Levallois, où il enchaîne une soixantaine de victoires en catégorie amateurs avant de bifurquer vers l'automobile. En 1908, il rejoint l'écurie Lion-Peugeot aux côtés de Jules Goux, originaire comme lui de Valentigney, et de l'Italien Paolo Zuccarelli. Les trois pilotes s'illustrent dans la catégorie voiturette, dominant les épreuves de leur cylindrée et imposant un style mécanique nouveau. En 1911, sous l'impulsion de Robert Peugeot, Boillot, Goux et Zuccarelli convainquent la marque de s'engager en catégorie Grand Prix. Avec l'ingénieur suisse Ernest Henry, ils forment une cellule autonome installée à Levallois-Perret, baptisée ironiquement Les Charlatans par les techniciens de l'usine de Sochaux. De cette équipe naît la Peugeot L76, premier véhicule de compétition au monde équipé d'un moteur à double arbre à cames en tête et quatre soupapes par cylindre.
Dès sa première sortie, le 26 juin 1912, la L76 remporte le Grand Prix de l'Automobile Club de France à Dieppe, pilotée par Georges Boillot. La saison 1913 confirme sa stature : victoire à la Coupe de l'Auto, succès au Circuit de Provence et nouvelle victoire au Grand Prix de l'ACF, cette fois disputé à Amiens. Boillot devient le premier triple vainqueur de la Course de côte du Mont Ventoux, en 1910, 1912 et 1913, et son record d'ascension tient jusqu'en 1925. En mai 1914, il traverse l'Atlantique pour disputer les 500 miles d'Indianapolis. Meilleur temps des qualifications avec 99,860 mph, il frôle la barre des 100 miles à l'heure, mais une crevaison le contraint à l'abandon. Quelques semaines plus tard, au Grand Prix de l'ACF de Lyon, il livre une lutte mémorable face à l'Allemand Christian Lautenschlager sur Mercedes, avant que sa Peugeot ne le trahisse.
1884 : naissance le 3 août à Valentigney, dans le Doubs
1907 : 2e de Paris-Épernay et 3e de Paris-Dieppe en cyclisme amateur, au Vélo Club de Levallois
1908 : passage à l'automobile, rejoint l'écurie Lion-Peugeot
1910 : première victoire à la Course de côte du Mont Ventoux
1912 : victoire au Grand Prix de l'ACF à Dieppe sur Peugeot L76, le 26 juin
1913 : victoire au Grand Prix de l'ACF à Amiens et à la Coupe de l'Auto
1913 : triple vainqueur du Mont Ventoux et record d'ascension
1914 : abandon aux 500 miles d'Indianapolis après avoir signé la pole position
1914 : 2e du Grand Prix de l'ACF à Lyon, dernière course avant la guerre
1914 : mobilisé le 2 août, devient chauffeur du général Joseph Joffre
1915 : intègre l'aviation militaire à l'escadrille N°65
1916 : nommé chevalier de la Légion d'honneur le 15 mai
1916 : décès le 19 mai à l'hôpital militaire de Vadelaincourt
1921 : transfert de sa dépouille au cimetière du Père-Lachaise, par son frère André
1921 : création de la Coupe Georges Boillot à Boulogne-sur-Mer
Georges Louis Frédéric Boillot voit le jour à Valentigney, dans le Doubs, berceau de la famille Peugeot. Il est le fils de Louis Boillot, employé d'une des branches Peugeot, et de Catherine Jeanperain. Son frère cadet André Boillot, né en 1891, suit la même voie et devient un pilote automobile reconnu, vainqueur de la Targa Florio en 1919. Selon les archives Peugeot, la famille n'a aucun lien avec Jean Boillot, futur directeur général de Peugeot-Talbot Sport dans les années 1980. Georges grandit dans l'univers mécanique du Pays de Montbéliard et se forme comme mécanicien avant de migrer vers la région parisienne, où il s'établit à Levallois-Perret pour diriger le département course de Peugeot entre 1912 et 1914.
Pilote-ingénieur, Georges Boillot entretient des liens étroits avec ses coéquipiers Jules Goux et Paolo Zuccarelli, ainsi qu'avec Ernest Henry, concepteur de la Peugeot L76. À l'éclatement de la Première Guerre mondiale, il est mobilisé le 2 août 1914 et devient le chauffeur attitré du général Joseph Joffre, commandant en chef des armées françaises, qui apprécie sa conduite rapide. Frustré par cette mission éloignée du front, il demande à intégrer l'aviation. Affecté à l'escadrille N°65 du 1er groupe d'aviation, il y pilote un Nieuport et y obtient ses premières victoires aériennes face aux pilotes allemands.
Le 21 avril 1916, au-dessus du secteur de Verdun, Georges Boillot engage un combat aérien inégal face à cinq Fokker allemands. Il parvient à mettre l'un d'eux hors d'usage avant que son propre Nieuport ne soit abattu, près de Bar-le-Duc dans la Meuse. Gravement blessé, il est évacué vers l'hôpital militaire de Vadelaincourt, où il succombe à ses blessures le 19 mai 1916, à l'âge de 31 ans. Sa citation à la Légion d'honneur, prononcée le 15 mai 1916, lui parvient quelques jours avant son décès. Il est déclaré Mort pour la France et reçoit à titre posthume la Croix de guerre avec palme de bronze. La presse comtoise lui consacre des hommages dès le 19 mai, jour de sa mort, saluant ses exploits sportifs et militaires.
D'abord inhumé à Vadelaincourt, sa dépouille est transférée le 8 janvier 1921 au cimetière du Père-Lachaise (64e division) à Paris, à l'initiative de son frère André Boillot. Il y repose désormais aux côtés de ce dernier. Un monument lui est dédié à l'entrée de l'Autodrome de Linas-Montlhéry, partagé avec Robert Benoist.
1 - Avant l'automobile, Boillot était licencié au Vélo Club de Levallois et remporta environ soixante épreuves cyclistes en catégorie amateurs, terminant 2e de Paris-Épernay et 3e de Paris-Dieppe en 1907.
2 - Selon l'historien Griffith Borgeson, il aurait inventé le système de fixation rapide knock-off cap pour les roues à rayons Rudge-Whitworth, dispositif accélérant les changements de roues en course.
3 - Aux qualifications des 500 miles d'Indianapolis 1914, il établit un nouveau record mondial de vitesse au tour à 160,70 km/h, frôlant la barre symbolique des 100 miles à l'heure.
4 - Entre 1912 et 1914, parallèlement à sa carrière de pilote, il dirigeait le département course de Peugeot installé à Levallois-Perret, fait rare pour un coureur en activité à cette époque.
5 - Après une visite à Brooklands en 1913, où il découvre une routière Argyll, il fait équiper la Peugeot Grand Prix 1914 de freins sur les quatre roues, une innovation alors révolutionnaire.
6 - La Coupe Georges Boillot, organisée à Boulogne-sur-Mer de 1921 à 1928 par l'Automobile Club du Nord, vit s'affronter des pilotes comme Henry Segrave, George Eyston et Malcolm Campbell, tous trois futurs détenteurs du record de vitesse terrestre.
- Métier(s) : pilote automobile, pilote militaire
- Résidence principale : Levallois-Perret puis Paris
- Relations de couple : non documentées dans les sources consultées
- Enfants : non documentés dans les sources consultées
- Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur (1916), Croix de guerre 1914-1918 avec palme de bronze, Mort pour la France