Cette année marque le 110ᵉ anniversaire de sa naissance.
Éditeur français majeur, Robert Laffont a profondément transformé le paysage éditorial en ouvrant largement la France aux littératures étrangères et en développant des collections grand public exigeantes, devenues des références du catalogue francophone.
Né le 30 novembre 1916 à Marseille, Robert Laffont effectue sa scolarité au lycée Thiers avant de fréquenter brièvement l’Institut d’études politiques de Paris, qu’il quitte pour se tourner vers le journalisme et la lecture professionnelle. En 1941, il fonde sa maison d’édition dans sa ville natale, avant de l’installer à Paris en 1945. Dès l’après-guerre, il adopte une vision résolument internationale, convaincu que le lectorat français doit avoir accès aux grands auteurs étrangers contemporains. En 1945, il crée la collection « Pavillons », dédiée aux littératures du monde, qui devient l’un des piliers de son catalogue. Les années 1950 et 1960 voient l’essor de nouveaux domaines éditoriaux, avec une diversification vers les essais, les documents et les œuvres de réflexion destinées à un public large.
Au cours des années 1960, la collection « Réponses » offre un cadre d’expression accessible pour des ouvrages d’analyse et de vulgarisation, consolidant son engagement en faveur d’une édition à la fois populaire et rigoureuse. En 1982, la collection « Bouquins » intègre son catalogue : destinée à accueillir des textes de référence en format relié, elle devient l’une des séries les plus prestigieuses de l’édition francophone. Parallèlement, il publie des écrivains majeurs comme Umberto Eco, Gabriel García Márquez, Stephen King ou Isaac Asimov, ainsi que des documents historiques ou politiques qui marquent l’opinion. Visionnaire, il défend toute sa vie une conception ouverte de l’édition, conciliant qualité littéraire, accessibilité et curiosité internationale. Il se retire progressivement dans les années 2000, laissant à sa mort en 2010 une maison solidement établie au cœur du groupe Editis.
Aucune controverse judiciaire n’a marqué sa carrière. Certaines publications documentaires ou politiques ont suscité des débats ponctuels, liés à la réception de thèmes sensibles, mais sans procédure ni scandale durable. Ces discussions s’inscrivent dans le cadre normal de l’activité éditoriale et n’ont pas affecté son image professionnelle.
1941 : création de la maison d’édition à Marseille
1945 : installation à Paris et lancement de « Pavillons »
1960 : développement de la collection « Réponses »
1970 : diversification documentaire
1982 : intégration de la collection « Bouquins »
1984 : officier de la Légion d’honneur
1996 : commandeur de la Légion d’honneur
2000 : retrait progressif de l’édition
2010 : décès à Paris
Robert Laffont grandit à Marseille et entretient toute sa vie un lien fort avec la Méditerranée. Après un passage par Paris pour ses études et sa carrière, il se marie avec Annette Laffont, avec laquelle il a trois enfants. Sa vie privée reste globalement discrète, même si son attachement profond à Saint-Tropez est régulièrement évoqué dans les hommages publics. Il y séjourne longuement, considérant la ville comme son refuge personnel. Professionnellement, il se distingue par son rôle pionnier dans la diffusion d’auteurs étrangers, convaincu que la traduction constitue un outil essentiel d’ouverture culturelle et d’accès à la diversité littéraire mondiale.
Ses choix éditoriaux témoignent d’une volonté de concilier exigence et diffusion large : collections structurantes, textes de référence, ouvrages documentaires et publications littéraires majeures font de son catalogue un repère durable pour les lecteurs francophones. Il encourage également une édition encyclopédique et patrimoniale, dont « Bouquins » demeure l’exemple le plus emblématique. Son œuvre professionnelle contribue à la modernisation du secteur et à l’émergence en France d’un marché ouvert aux écrivains internationaux de premier plan.
Robert Laffont meurt le 10 mai 2010 à Paris, à l’âge de quatre-vingt-treize ans, des suites de complications respiratoires mentionnées dans la presse. Sa disparition suscite de nombreux hommages soulignant son rôle fondateur dans l’édition moderne et son apport à la diffusion de la littérature étrangère. Figure majeure du monde du livre, il laisse derrière lui un catalogue riche et diversifié, devenu un marqueur important de l’histoire éditoriale française de la seconde moitié du XXe siècle.
Robert Laffont est inhumé au cimetière marin de Saint-Tropez, lieu qu’il affectionnait particulièrement et où il passait de longs séjours. Ce cadre méditerranéen constitue aujourd’hui un lieu de mémoire pour celles et ceux qui souhaitent lui rendre hommage, tandis que ses collections, toujours vivantes, perpétuent son influence dans les bibliothèques francophones.
1 - Il est l’un des premiers éditeurs français à miser systématiquement sur la traduction d’auteurs étrangers, ouvrant largement le catalogue francophone à des écrivains anglo-saxons, russes, italiens ou latino-américains.
2 - Très attaché à Saint-Tropez, il considérait la Méditerranée comme un refuge personnel, y séjournait longuement et souhaitait y être enterré, ce qui sera réalisé au cimetière marin.
3 - La collection « Bouquins », intégrée à sa maison en 1982, reste associée à son nom et demeure aujourd’hui l’une des références éditoriales les plus reconnues des lecteurs francophones.
- Métier(s) : éditeur
- Résidence principale : Paris, France
- Relations : marié à Annette Laffont
- Enfants : trois enfants
- Distinctions : officier de la Légion d’honneur (1984), commandeur (1996)
Tous les gens qui se prennent au sérieux me font éclater de rire...
— Robert Laffont