Résumé biographique
Dominique Lapierre, journaliste et écrivain français engagé pour l'Inde, a transformé ses best-sellers en actes humanitaires massifs, finançant écoles et hôpitaux pour les déshérités de Calcutta. La Cité de la joie (1985) dénonce la misère des bidonvilles, inspirant une fondation mondiale qui a soigné des millions.
Parcours
Dominique Lapierre naît le 30 juillet 1931 à Châtelaillon-Plage, en Charente-Maritime, d'un père diplomate et d'une mère journaliste. À treize ans, il suit son père aux États-Unis, où il fréquente une école jésuite à La Nouvelle-Orléans et distribue des journaux. Boursier Fulbright, il étudie l'économie au Lafayette College en Pennsylvanie et obtient son diplôme en 1952. À vingt et un ans, il épouse une éditrice de mode à New York et entame un périple en Chrysler 1937 vers le Mexique, puis le Japon, financé par des gains de jeux radio. De retour en France, il sert dans l'armée comme interprète et rencontre Larry Collins, caporal américain. À dix-huit ans, il publie déjà Un dollar les mille kilomètres (1949), récit de voyage qui connaît un succès précoce. Embauché à Paris-Match en 1954, il devient grand reporter, couvrant des conflits mondiaux. En 1956, avec Jean-Pierre Pedrazzini, il réalise le premier reportage automobile en URSS, un périple de 13 000 km en Simca Vedette, immortalisé en 2005 dans Il était une fois l'URSS. À Paris, il se lie à Larry Collins, correspondant de Newsweek, et ils coécrivent Paris brûle-t-il ? (1965), enquête sur la Libération de Paris vendue à vingt millions d'exemplaires et adaptée au cinéma par René Clément en 1966. Ce duo prolifique enchaîne …ou tu porteras mon deuil (1968) sur la guerre d'Espagne via le torero El Cordobés, et Ô Jérusalem (1971) sur la guerre israélo-arabe de 1948.
Installé à Ramatuelle dans le Var depuis les années 1960, avec une villa voisine de celle de Collins, Lapierre poursuit ses collaborations : Ce soir la liberté (1975) sur la partition des Indes, Les Années Sanglantes (1980) sur la guerre du Liban, et New York brûle-t-il ? (2004), thriller post-11 Septembre. Passionné par l'Inde, il y voyage souvent, apprend le bengali et rencontre Mère Teresa en 1981. Bouleversé par les bidonvilles d'Anandanagar, il publie La Cité de la joie (1985), roman sur la survie des parias, vendu à douze millions d'exemplaires et adapté en film par Roland Joffé en 1992 avec Patrick Swayze. Il fonde en 1982 l'association Action pour les enfants des lépreux de Calcutta, rebaptisée La Cité de la joie, reversant la moitié de ses droits d'auteur pour construire écoles, puits et bateaux-hôpitaux dans le delta du Gange. Coauteur avec Javier Moro de Il était minuit cinq à Bhopal (2001) sur la catastrophe chimique, il aide les victimes. Membre de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix, il reçoit en 2008 la médaille Padma Bhushan du gouvernement indien pour son action humanitaire, ayant permis de soigner un million de tuberculeux et 9 000 enfants lépreux.
Repères chronologiques
1931 : Naissance le 30 juillet à Châtelaillon-Plage.
1944 : Arrivée aux États-Unis avec son père diplomate.
1949 : Publication de Un dollar les mille kilomètres.
1952 : Diplôme d'économie à Lafayette College.
1954 : Entrée comme reporter à Paris-Match.
1956 : Reportage pionnier en URSS en Simca Vedette.
1965 : Succès de Paris brûle-t-il ? avec Larry Collins.
1971 : Publication de Ô Jérusalem.
1981 : Rencontre avec Mère Teresa à Calcutta.
1982 : Fondation de l'association La Cité de la joie.
1985 : Parution de La Cité de la joie.
2001 : Il était minuit cinq à Bhopal avec Javier Moro.
2008 : Médaille Padma Bhushan de l'Inde.
2022 : Décès le 2 décembre à Sainte-Maxime.
Contexte du décès
Dominique Lapierre s'éteint le 2 décembre 2022 à Sainte-Maxime, dans le Var, à l'âge de 91 ans, des suites d'une vieillesse paisible après un déclin progressif. Diminué par une chute en 2012 lors d'un vote à Ramatuelle, il entre en Ehpad en 2016 et est placé sous tutelle en 2014 pour raisons de santé, écartant temporairement son épouse de la gestion. Son état s'aggrave ces derniers mois, mais il reste entouré de sa famille. Les obsèques, intimes et familiales, se déroulent le 9 décembre en l'église Notre-Dame de l'Assomption à Ramatuelle, avec un message personnel de l'auteur : "En unité en famille, en famille réunie". Des hommages affluent d'Inde, où il est vu comme un sauveur, et de la communauté littéraire française.
Où se recueillir ?
La tombe de Dominique Lapierre se trouve au cimetière de Ramatuelle, dans le Var, sa résidence provençale de longue date. Inhumé auprès de ses proches dans un caveau familial sobre, le site évoque son engagement humanitaire par une plaque commémorative soulignant son legs à l'Inde et à la littérature.
Anecdotes
1 - À dix-huit ans, avec trente dollars en poche, il traverse le Mexique et le Guatemala en 1949, survivant comme laveur de carreaux, jardinier et détective privé, avant de publier Un dollar les mille kilomètres, son premier best-seller.
2 - En 1956, premier journaliste occidental à rouler en URSS, il parcourt 13 000 km en Simca Vedette avec Pedrazzini, évitant la censure soviétique par des photos cachées et des notes codées.
3 - Lors d'une rencontre avec Mère Teresa en 1981, il offre 50 000 dollars pour Calcutta ; elle répond : "Sans les gouttes d'eau, l'océan ne serait pas l'océan", inspirant sa fondation humanitaire.
4 - Pour dépeindre un taureau en arène dans …ou tu porteras mon deuil, il affronte un bovin sauvage en Andalousie, notant ses sensations pour une scène viscérale et authentique.
Points clés
- Métier(s) : Journaliste, écrivain, philanthrope
- Résidence principale : Ramatuelle (Var)
- Relations : Marié à Aliette (années 1950, décédée 2018) ; époux de Dominique Conchon-Lapierre (depuis 1980)
- Enfants : Alexandra Lapierre (née vers 1955)
- Distinctions : Prix Vérité du Cannet (1986), Médaille Padma Bhushan (2008)