Résumé biographique

Régine Deforges, romancière et éditrice française, est reconnue pour son œuvre libre et son engagement contre la censure. Figure pionnière de l'édition féminine et auteure à succès, elle a marqué la littérature par sa défense des droits des femmes et sa contribution à la libération des thèmes érotiques.


Parcours

Régine Marie Léone Deforges est née le 15 août 1935 à Montmorillon, dans la Vienne. Fille d'un représentant de commerce et d'une dactylographe, elle est élevée dans différentes institutions religieuses où elle développe très tôt une passion pour les livres. Un épisode de son adolescence, où son journal intime est dérobé et ses écrits personnels brûlés, la marque profondément et lui inspirera plus tard des œuvres majeures. Sa jeunesse est également marquée par un séjour en Guinée à 17 ans, où elle travaille comme caissière dans une banque. Elle a situé plusieurs de ses romans dans la région de Montmorillon, notamment sur les rives de la Gartempe, ancrant ainsi son œuvre dans un terroir littéraire personnel.


Son parcours professionnel débute comme libraire et relieur avant qu'elle ne devienne éditrice. En 1968, elle fonde sa propre maison d'édition, l'Or du temps, devenant ainsi la première femme éditrice en France. Elle se spécialise dans la littérature érotique, ce qui lui vaut des procès et des condamnations pour "outrage aux bonnes mœurs", la privant même de ses droits civiques temporairement. En parallèle de son travail d'éditrice, elle publie une quarantaine d'œuvres, dont le cycle romanesque à succès La Bicyclette bleue, vendu à plus de 10 millions d'exemplaires. Son écriture est un plaidoyer féministe, défendant la liberté des femmes et l'exploration de la sexualité, y compris le lesbianisme.


Controverse

Régine Deforges a été confrontée à de multiples controverses liées à la censure. Dès 1968, la publication du Con d'Irène, un texte attribué à Louis Aragon, entraîne la saisie de l'ouvrage 48 heures après sa mise en vente et sa condamnation pour "outrage aux bonnes mœurs par la voie du livre". Cette condamnation la prive de ses droits civiques pendant trois ans, avant d'être amnistiée par le président Georges Pompidou. Par la suite, son cycle La Bicyclette bleue a également fait l'objet d'accusations de plagiat, bien que Régine Deforges ait toujours nié ces allégations, les procès lui ayant donné raison.


Repères de carrière

1935 : Naissance à Montmorillon.
1968 : Fonde sa maison d'édition, l'Or du temps.
1968 : Publication et saisie du livre Le Con d'Irène.
1981 : Publication du premier volume de La Bicyclette bleue.
1989-1992 : Présidente de la Société des gens de lettres.
1992 : La trilogie La Bicyclette bleue est adaptée en téléfilm.
1993 : Publication de Le Cahier volé, adapté au cinéma en 1993.
2006 : Quitte le jury du prix Femina.
2007 : Publication du dernier tome de La Bicyclette bleue.
2009 : Co-signe un texte réclamant la dépénalisation de l'euthanasie.
2013 : Publication de ses mémoires, L'enfant du 15 août.
2014 : Décès à Paris.
2015 : Création du Prix Régine-Deforges en son honneur.

Vie personnelle et engagements

Régine Deforges est née à Montmorillon, dans une famille dont le père était représentant de commerce et la mère dactylographe. Elle a été mariée deux fois. Son premier mariage fut avec Pierre Spengler, un industriel, avec qui elle a eu un fils, Franck Spengler. Son second mariage fut avec le dessinateur Pierre Wiazemsky, dit Wiaz, avec qui elle a eu une fille, Léa Wiazemsky. Elle a également eu une fille, Camille Deforges-Pauvert, avec l'éditeur Jean-Jacques Pauvert. Sa vie privée a été marquée par une discrétion relative, bien qu'elle ait parfois abordé des aspects de son parcours personnel dans ses mémoires. Ses relations et ses engagements sont principalement liés à son milieu littéraire et artistique.

Régine Deforges a mené des engagements publics significatifs. Elle a activement combattu la censure et défendu la liberté d'expression des auteurs. Ses œuvres sont imprégnées d'un fort féminisme, plaidant pour l'émancipation des femmes et le droit à l'autonomie, y compris dans leur sexualité. Elle était également membre du comité d'honneur de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité et a cosigné en 2009 un texte pour la dépénalisation de l'euthanasie. Ces prises de position reflètent une personnalité engagée, qui n'hésitait pas à défendre des causes sociétales importantes pour elle.


Où se recueillir ?

Régine Deforges est décédée le 3 avril 2014 à Paris. Son corps repose au cimetière du Montparnasse (3e division). Un jardin public a été nommé en son honneur dans le 12e arrondissement de Paris, le Jardin Régine Deforges, inauguré en 2025. Ce lieu, ouvert sur le quartier de Bercy, est un hommage à la romancière et éditrice, offrant un espace de mémoire et de recueillement.


Contexte du décès

Régine Deforges est décédée à l'l'hôpital Cochin, dans le 14e arrondissement de Paris. Elle est morte des suites d'une crise cardiaque, à l'âge de 78 ans. Son décès a marqué la fin d'une carrière prolifique et engagée, laissant derrière elle une œuvre littéraire abondante et un héritage dans le monde de l'édition française.


Anecdotes

1 - À l'âge de 15 ans, le vol de son journal intime et la contrainte de le brûler en public, où elle consignait un amour pour une fille, ont inspiré son roman Le Cahier volé.
2 - Elle a été la première femme à fonder sa propre maison d'édition en France, L'Or du temps, en 1968, une initiative pionnière dans un milieu dominé par les hommes.
3 - Malgré son image sulfureuse due à ses publications érotiques, elle a révélé dans ses mémoires être une "grande sentimentale", contrastant avec l'image publique qu'elle renvoyait.
4 - La saga La Bicyclette bleue, qui est son plus grand succès, a été vendue à plus de 10 millions d'exemplaires à travers le monde, consolidant sa renommée internationale.
5 - Elle a toujours mis un point d'honneur à publier des livres "qui dérangent", même si cela lui valait des procès et des censures, défendant ainsi sa vision de la liberté d'expression.
6 - Régine Deforges était membre du jury du prix Femina jusqu'en 2006, mais l'a quitté après l'exclusion de son amie Madeleine Chapsal, montrant sa fidélité en amitié.


Points clés

Métier(s) : Romancière, Éditrice, Scénariste, Réalisatrice
Résidence principale : Paris, Paris (ville du cimetière)
Relations : Pierre Spengler (ex-mari), Pierre Wiazemsky (mari), Jean-Jacques Pauvert (compagnon)
Enfants : Franck Spengler (fils), Léa Wiazemsky (fille), Camille Deforges-Pauvert (fille)
Distinctions : Présidente de la Société des gens de lettres (1989–1992), Membre du jury du prix Femina (jusqu'en 2006)