Joseph Joffo

† à 87 ans
le 2 avril 1931
Décédé le 6 décembre 2018
Naissance :  ParisFrance  
Nationalité : française

Biographie

Écrivain français d’origine juive, ancien coiffeur parisien devenu auteur à succès, Joseph Joffo s’est imposé avec son roman autobiographique Un sac de billes, récit de survie pendant l’Occupation qui continue de marquer l’enseignement de la Shoah en France.


Parcours

Né le 2 avril 1931 dans le 18e arrondissement de Paris, Joseph Joffo grandit dans une famille juive modeste où son père Roman tient un salon de coiffure et sa mère Anna est violoniste. Enfant du quartier de Clignancourt, il est scolarisé avec son frère Maurice à l’école de la rue Ferdinand-Flocon, décor et mémoire qu’il réinvestira plus tard dans ses livres. La Seconde Guerre mondiale fait basculer l’existence du benjamin de la fratrie : persécutée en tant que juive, la famille doit fuir, et Joseph traverse la France avec Maurice pour rejoindre la zone libre, un périple qu’il racontera dans Un sac de billes. À la Libération, il retrouve sa mère et ses frères à Paris, tandis que son père meurt en déportation à Auschwitz, événement fondateur de sa mémoire et de son futur travail d’écrivain.

À la fin de l’adolescence, certificat d’études en poche, Joseph Joffo reprend avec ses frères le salon de coiffure familial, puis participe à l’essor d’un véritable petit empire capillaire, fort d’une douzaine de salons parisiens fréquentés par des personnalités politiques et artistiques. Longtemps, il reste d’abord coiffeur avant d’écrire. En 1973, il publie Un sac de billes, roman autobiographique sur ses années de guerre, couronné par l’Académie française et rapidement traduit dans de nombreuses langues. Il enchaîne avec Anna et son orchestre, consacré à la jeunesse de sa mère, puis avec Baby-foot, La Jeune fille au pair, Agates et calots ou encore Abraham Lévy, curé de campagne, tissant une œuvre de témoignage où se mêlent mémoire de la Shoah, exil familial et chronique populaire parisienne. Il devient aussi scénariste et acteur, apparaissant notamment dans le film L’Origine de la violence.


Controverse

Autour de l’immense succès de Un sac de billes s’ouvrent, dès les années 1970, des débats sur la part exacte de réécriture assurée par Claude Klotz, connu sous le pseudonyme Patrick Cauvin, qui retravaille le manuscrit à la demande de l’éditeur. La collaboration, assumée par les intéressés, nourrit des controverses sur la frontière entre témoignage brut et roman retravaillé, sans remettre en cause la portée mémorielle du livre. Par ailleurs, l’« affaire Maurice Joffo », dans laquelle son frère est condamné pour recel de bijoux dans les années 1980, entraîne Joseph à prendre publiquement sa défense, choix qui l’expose à la critique, même si lui-même n’est pas poursuivi. Ces épisodes contribuent à complexifier l’image de l’auteur, partagé entre statut de témoin, figure populaire et personnage médiatique.


Repères chronologiques

1931 : Naissance à Paris, dans le 18e arrondissement, au sein d’une famille juive originaire d’Europe de l’Est.
1943 : Déportation de son père Roman à Auschwitz, événement tragique qui marquera durablement sa mémoire et son écriture.
1945 : Retour à Paris à la fin de la guerre ; il retrouve sa mère et ses frères et reprend une vie civile dans le quartier de Clignancourt.
1945 : Quitte l’école avec le certificat d’études et rejoint ses frères au salon de coiffure familial, début d’une carrière de coiffeur.
1973 : Publication de Un sac de billes, récit autobiographique de son enfance juive pendant l’Occupation, rapidement devenu un best-seller international.
1974 : Reçoit le prix Broquette-Gonin de l’Académie française pour Un sac de billes, qui consacre son entrée dans le paysage littéraire français.
1975 : Parution de Anna et son orchestre, qui obtient le prix RTL grand public ; il est fait citoyen d’honneur de Rumilly en mémoire de son passage pendant la guerre.
1977 : Publi­cation de Baby-foot, chronique de son adolescence d’après-guerre, prolongeant le cycle autobiographique ouvert avec Un sac de billes.
1984 : Parution de La Jeune fille au pair, roman inspiré de l’arrivée d’une jeune Allemande dans une famille juive juste après la guerre.
1995 : Publication d’Agates et calots, qui revient sur son enfance parisienne et complète le triptyque mémoriel entamé dans les années 1970.
2015 : Distingué par la Plume d’or de la Société des auteurs savoyards pour l’ensemble de son œuvre de témoignage et de récit historique.
2016 : Interprète le rôle de Kolb dans le film L’Origine de la violence, consacré aux traces contemporaines de la Shoah en Allemagne et en France.
2018 : Décès à 87 ans à Saint-Laurent-du-Var, après une longue maladie, et inhumation au cimetière du Père-Lachaise à Paris, division 62.


Vie personnelle et engagements

Dernier d’une fratrie de cinq enfants, Joseph Joffo grandit dans une famille juive d’origine russe, marquée par l’exil et l’ascension sociale dans le Paris populaire de l’entre-deux-guerres. Son père Roman, coiffeur, et sa mère Anna, violoniste, transmettent à leurs enfants à la fois un goût pour le travail artisanal et une sensibilité artistique. La déportation et la mort de son père à Auschwitz, ainsi que la fuite imposée aux deux plus jeunes fils, Joseph et Maurice, constituent le noyau intime de son œuvre. Après-guerre, il reste très lié à ses frères, avec lesquels il développe les salons de coiffure familiaux, et préserve une forte discrétion sur sa vie privée, tout en assumant publiquement son identité de rescapé et de témoin de la persécution antisémite.

Marié à Brigitte Joffo, née Flaisler, Joseph Joffo est père de trois enfants, Alexandra, Boris et Franck, qui poursuivent des carrières notamment dans les domaines de l’immobilier, de l’entreprise et de l’engagement associatif. La mémoire de la Shoah et la transmission aux jeunes générations occupent une place centrale dans sa vie publique : son livre est étudié dans de nombreuses classes et il accepte régulièrement de venir raconter son parcours à des collégiens et lycéens, comme lors de rencontres en Provence dans les années 2010. Ses liens avec des institutions mémorielles, dont le Mémorial de la Shoah qui propose des parcours autour de son histoire dans le 18e arrondissement de Paris, prolongent cet engagement. Sa famille contribue, après sa disparition, à entretenir cette mémoire à travers diverses initiatives associatives.


Lieux de référence

Le 18e arrondissement de Paris, autour de la rue Ferdinand-Flocon et du quartier de Clignancourt, reste le territoire fondateur de la vie et de l’imaginaire de Joseph Joffo, intimement lié à l’ouverture de la guerre dans Un sac de billes. Les villes de Nice et de Rumilly, traversées pendant la fuite des deux frères, figurent également parmi les lieux emblématiques de son parcours et de son œuvre. Dans ses dernières années, l’écrivain partage sa vie entre Épeigné-sur-Dême en Indre-et-Loire, Paris et Cannes, ancrant sa trajectoire entre mémoire parisienne, paysages de province et Méditerranée. Ces espaces successifs dessinent la géographie intime d’un témoin de la Shoah devenu romancier populaire.


Contexte du décès

En décembre 2018, affaibli par une longue maladie évoquée par ses proches et la presse, Joseph Joffo est hospitalisé à Saint-Laurent-du-Var, près de Nice. C’est là qu’il s’éteint à l’âge de 87 ans, dans une région qui avait déjà joué un rôle majeur dans sa vie de jeune fugitif pendant l’Occupation. L’annonce de sa disparition, relayée par son fils Franck, suscite de nombreux hommages médiatiques rappelant l’impact de Un sac de billes sur plusieurs générations d’élèves et de lecteurs. Quelques jours plus tard, une cérémonie a lieu au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, où il est inhumé. Le choix de cette nécropole parisienne, lieu central de mémoire nationale, renforce la dimension symbolique de son parcours de rescapé devenu écrivain majeur du récit de la Shoah en France.


Où se recueillir ?

La sépulture de Joseph Joffo se trouve au cimetière du Père-Lachaise, à Paris, dans la division 62, section qui rassemble de nombreuses figures du monde culturel et intellectuel. Sa tombe y est identifiée comme celle d’un écrivain et témoin ayant consacré une grande partie de son œuvre au récit de l’enfance juive persécutée. Les lecteurs de Un sac de billes et des livres qui lui font suite peuvent s’y recueillir en associant ce lieu à la mémoire des enfants cachés et des familles juives déportées depuis la France. Ce site parisien, accessible au grand public, est devenu l’un des principaux points de repère pour honorer sa mémoire.


Anecdotes

1 - Avant de devenir écrivain, Joseph Joffo s’impose comme coiffeur réputé : avec ses frères, il dirige jusqu’à douze salons à Paris, employant plusieurs centaines de personnes. Des figures comme François Mitterrand, Jacques Chirac, Alain Delon ou Jean-Paul Belmondo comptent parmi une clientèle fidèle qu’il aime évoquer avec humour.

2 - Le manuscrit de Un sac de billes, d’abord refusé par plusieurs éditeurs, est accepté par Jean-Claude Lattès à condition d’être retravaillé avec l’écrivain Claude Klotz. Devenu un best-seller traduit dans une vingtaine de langues et couronné par l’Académie française, le livre dépasse les vingt millions d’exemplaires vendus et s’impose comme un classique scolaire.

3 - L’univers de Joseph Joffo a donné lieu à de multiples adaptations : un premier film Un sac de billes réalisé par Jacques Doillon en 1975, une seconde version au cinéma par Christian Duguay en 2017 et plusieurs bandes dessinées. L’auteur lui-même apparaît plus tard au cinéma dans L’Origine de la violence, film qui interroge les traces contemporaines des camps nazis.

4 - Dans les années 2010, malgré l’âge et la maladie, Joseph Joffo continue à rencontrer des classes, notamment dans le sud de la France. À L’Isle-sur-la-Sorgue, il raconte ainsi son histoire devant des centaines d’élèves, répondant à leurs questions sur la fuite, les rafles et la survie, prolongeant en personne le travail de mémoire amorcé par ses livres.


Points clés

- Métier(s) : écrivain autobiographique, romancier, scénariste, acteur, coiffeur
- Résidence principale : entre Épeigné-sur-Dême, Paris et Cannes
- Relations : marié à Brigitte Joffo (née Flaisler)
- Enfants : Alexandra, Boris et Franck Joffo
- Distinctions : prix Broquette-Gonin (1974), prix RTL grand public (1975), Plume d’or de la Société des auteurs savoyards, citoyen d’honneur de Rumilly


Questions autour de Joseph Joffo

Qui est né le même jour que Joseph Joffo ?
Hans Christian Andersen, Éric Besson, Marvin Gaye, Marc Caro et Charles de Courson sont nés le 2 avril comme Joseph Joffo.
À quel âge est mort Joseph Joffo ?
Joseph Joffo est mort à 87 ans, le 6 décembre 2018.
Qui est mort le même jour que Joseph Joffo ?
Ron Leibman, Don Ameche, Martin Parr, Andrée Damant et César sont morts le 6 décembre comme Joseph Joffo.
Qui est né en avril comme Joseph Joffo ?
Francis Ford Coppola, Mary Costa, Roy Thinnes, Brigitte Auber et Ubu sont nés en avril comme Joseph Joffo.
Qui est né en 1931 ?
Leslie Caron, Christopher George, Éric Tabarly, Barbara Bain et Corinne Marchand sont nés en 1931 comme Joseph Joffo.
Qui a le même signe astrologique que Joseph Joffo ?
William Shatner, Amancio Ortega Gaona, Claire Maurier, Terence Hill et Daniel Buren sont du signe Bélier comme Joseph Joffo.
Qui est né à Paris ?
Pascale Petit, Brigitte Auber, Bernadette Chirac, Anouk Ferjac et Ginette Kolinka sont nés à Paris comme Joseph Joffo.
Qui sont les autres Joseph célèbres ?

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