Cette année marque le 120ᵉ anniversaire de sa naissance.
Dino Buzzati est un écrivain, journaliste et peintre italien, né en 1906 à Belluno et mort en 1972 à Milan, resté célèbre dans le monde entier pour son roman Le Désert des Tartares, qui explore l'attente et la fuite du temps.
Dino Buzzati-Traverso naît le 16 octobre 1906 à San Pellegrino, un hameau de la commune de Belluno, en Vénétie. Il est le fils de Giulio Cesare Buzzati, professeur de droit international, et d'Alba Mantovani, issue d'une famille de la noblesse vénitienne et sœur de l'écrivain Dino Mantovani. Après la mort prématurée de son père en 1920, le jeune Dino poursuit sa scolarité au lycée Parini de Milan, puis entreprend des études de droit à l'université de Milan, qu'il mène à leur terme sans jamais exercer la profession d'avocat. Passionné très tôt par le dessin et par les montagnes des Dolomites qui entourent sa ville natale, il développe en parallèle un goût pour l'écriture. À la fin des années 1920, peu avant d'achever ses études, il entre comme rédacteur au Corriere della Sera, le grand quotidien milanais auquel il restera fidèle toute sa vie, y compris après la reconnaissance que lui vaudra la littérature.
En 1940, Dino Buzzati publie Le Désert des Tartares, roman qui installe durablement sa réputation internationale en racontant l'attente vaine d'un officier posté dans une forteresse isolée. Il poursuit une œuvre abondante mêlant fantastique et observation du quotidien, avec notamment le conte pour enfants La Famosa invasione degli orsi in Sicilia en 1945, puis Il crollo della Baliverna, récompensé en 1954 par le Premio Napoli ex aequo avec le poète Vincenzo Cardarelli. En 1958, le recueil Sessanta racconti lui vaut le Premio Strega, la plus haute distinction littéraire italienne, la même année où il présente sa première exposition personnelle de peinture à Milan. Il publie ensuite le roman de science-fiction Il grande ritratto en 1960, puis Un amore en 1964. En 1969, il surprend son lectorat avec Poema a fumetti, bande dessinée reprenant le mythe d'Orphée et Eurydice, dont le personnage d'Eura s'inspire en partie de son épouse Almerina Antoniazzi ; l'ouvrage reçoit le Premio Paese Sera en 1970.
1906 : Naissance à San Pellegrino, près de Belluno, en Vénétie.
1920 : Mort de son père, Giulio Cesare Buzzati.
1928 : Entrée au Corriere della Sera, à Milan.
1940 : Publication du roman Le Désert des Tartares.
1945 : Publication du conte La Famosa invasione degli orsi in Sicilia.
1954 : Premio Napoli pour Il crollo della Baliverna, ex aequo avec Vincenzo Cardarelli.
1958 : Premio Strega pour Sessanta racconti ; première exposition personnelle de peinture, à Milan.
1960 : Publication du roman Il grande ritratto.
1961 : Mort de sa mère, Alba Mantovani.
1964 : Publication du roman Un amore.
1966 : Mariage avec Almerina Antoniazzi, le 8 décembre ; publication du recueil Il colombre.
1969 : Publication de Poema a fumetti.
1970 : Premio Paese Sera pour Poema a fumetti.
1971 : Publication de I miracoli di Val Morel et du recueil Le notti difficili.
1972 : Mort à Milan, le 28 janvier.
Dino Buzzati grandit dans une famille de la bourgeoisie cultivée vénitienne : son père, Giulio Cesare Buzzati, enseigne le droit international, tandis que sa mère, Alba Mantovani, descend d'une lignée noble de Venise. Il est scolarisé au lycée Parini de Milan avant de poursuivre des études de droit. Sur le plan personnel, Buzzati se marie tardivement, à l'âge de soixante ans, avec Almerina Antoniazzi, le 8 décembre 1966 ; le couple reste uni jusqu'à la mort de l'écrivain en 1972 et aucun enfant n'est documenté. Son frère cadet, Adriano Buzzati-Traverso, devient quant à lui un généticien reconnu.
Peu enclin à l'engagement politique explicite, Buzzati essuie dans l'Italie politisée des années 1950 et 1960 des critiques lui reprochant de se tenir à l'écart des causes collectives, une réserve qu'il revendique au nom de son attention portée à la condition humaine plutôt qu'aux idéologies. Grand marcheur des Dolomites depuis l'enfance, il cultive aussi la peinture en amateur exigeant, admirant notamment l'illustrateur britannique Arthur Rackham. Sa relation avec Almerina Antoniazzi, de plusieurs décennies sa cadette, nourrit directement certaines de ses dernières œuvres graphiques, dans lesquelles elle apparaît sous des traits à peine voilés.
Dino Buzzati meurt le 28 janvier 1972 à Milan, à l'âge de soixante-cinq ans, des suites d'un cancer du pancréas. Son dernier recueil, Le notti difficili, publié l'année précédente, est interprété après coup comme le signe qu'il avait conscience de la gravité de sa maladie. Les sources consultées ne permettent pas d'identifier précisément l'établissement où il est soigné dans ses derniers mois, ni le détail des hommages publics rendus à sa mort. Conformément à ses volontés, son corps est incinéré et ses cendres sont dispersées dans les Dolomites, au pied de la Croda da Lago, dans le massif qu'il avait arpenté et décrit toute sa vie.
Buzzati ne possède pas de sépulture au sens traditionnel : ses cendres ont été dispersées dans les Dolomites, au pied de la Croda da Lago, massif rocheux proche de Cortina d'Ampezzo qui inspira une partie de son œuvre. Sa mémoire littéraire est entretenue par le Centro Studi Buzzati et par l'Associazione Internazionale Dino Buzzati, fondée en France en 1976 pour faire connaître son œuvre hors d'Italie.
1 - Bien qu'ayant obtenu son diplôme de droit à Milan, Dino Buzzati n'exerça jamais comme avocat : il consacra toute sa carrière au Corriere della Sera, gravissant les échelons de simple rédacteur jusqu'à rédacteur en chef adjoint.
2 - La même année que son Premio Strega, en 1958, Buzzati présenta à Milan sa première exposition personnelle de peinture, révélant une activité artistique restée longtemps secondaire par rapport à l'écriture.
3 - Dans Poema a fumetti, publié en 1969, le personnage féminin d'Eura, réincarnation d'Eurydice, emprunte certains traits à Almerina Antoniazzi, l'épouse de l'écrivain.
4 - La phrase d'ouverture de sa nouvelle Gli inviti superflui, « Je voudrais que tu viennes chez moi un soir d'hiver », compte parmi les vers les plus souvent cités de Buzzati en Italie.
5 - Son conte pour enfants de 1945, La Famosa invasione degli orsi in Sicilia, a été adapté en 2019 dans un film d'animation réalisé par le dessinateur Lorenzo Mattotti, associant les scénaristes Thomas Bidegain et Jean-Claude Carrière.
6 - Dès 1976, soit quatre ans après sa mort, une association fut fondée en France pour promouvoir son œuvre, signe de la popularité particulière rencontrée par Buzzati auprès du lectorat francophone.
- Métier(s) : Écrivain, journaliste et peintre
- Résidence principale : Milan (Italie)
- Relations de couple : Marié à Almerina Antoniazzi (1966-1972)
- Enfants : Aucun enfant connu
- Distinctions : Premio Napoli (1954), Premio Strega (1958), Premio Paese Sera (1970)
« Dieu qui n'existes pas, je t'implore. »
— Phrase attribuée à Dino Buzzati, citée dans des analyses critiques francophones de son œuvre (traduit de l'italien)
« Je voudrais que tu viennes chez moi un soir d'hiver. »
— Incipit de la nouvelle "Gli inviti superflui", recueil Sessanta racconti, 1958 (traduit de l'italien)
Rome, capitale de l'eau bénite.
Dans l'ingrate forêt vierge de la vie.
La vraie prière est une fatigue immense.
Il n'est jamais trop tard pour se barrer.
Quel poids, la présence de Dieu quand on ne la désire pas !
Cette abominable manie de ne pas dire tout de suite qui l'on est !
Et que signifie la vie, s'il n'y a pas le mal, le remords, les pleurs.
Ainsi va la vie, notre destin n'est qu'à deux pas, semblable au grand serpent. Nous observons tout autour de nous, avec défiance, et nous ne voyons rien...