Naissance
Charleville-Mézières (08), France
Décès
Nationalité
Astrologie
17 personnalités prénommées Arthur

Autre personnalité née le 20/10/1854

Biographie

Arthur Rimbaud est un poète français né le 20 octobre 1854 à Charleville-Mézières et mort à 37 ans à Marseille en 1891. Il compose toute son oeuvre entre quinze et vingt et un ans avant d'abandonner la littérature pour une vie de négociant en Afrique.


Parcours

Jean Nicolas Arthur Rimbaud grandit à Charleville, dans les Ardennes. Fils du capitaine Frédéric Rimbaud, qui abandonne la famille en 1860, il est élevé par sa mère Marie-Catherine-Vitalie Cuif dans une discipline sévère. Au collège municipal de Charleville à partir de 1865, il accumule les prix académiques, notamment lors du Concours académique en 1869. Son professeur de rhétorique Georges Izambard encourage ses premiers poèmes : le 2 janvier 1870, Étrennes des orphelins paraît dans La Revue pour tous. Lors de la Commune de Paris (1871), il rédige ses lettres dites « du voyant », adressées à Georges Izambard le 13 mai et à Paul Demeny le 15 mai 1871 : il y formule une théorie poétique du dérèglement des sens et cite Charles Baudelaire comme premier « voyant » de la littérature française. Sur invitation de Paul Verlaine, il gagne Paris à l'automne 1871 et lit Le Bateau ivre dans les cercles littéraires de la capitale.

À Paris, Rimbaud s'installe chez Paul Verlaine et son épouse Mathilde Mauté. Sa présence dans les milieux littéraires parisiens fait sensation, notamment lors de l'exposition du tableau Un coin de table de Henri Fantin-Latour au Salon de 1872. La relation amoureuse entre les deux poètes les conduit à voyager en Angleterre et en Belgique entre 1871 et 1873. En 1873, à la ferme familiale de Roche dans les Ardennes, Rimbaud achève Une saison en enfer, seul recueil qu'il fera imprimer de son vivant (Alliance typographique, Bruxelles). Après la rupture avec Verlaine, il remet le manuscrit des Illuminations à ce dernier lors d'une rencontre à Stuttgart en 1875, puis abandonne définitivement la poésie à vingt et un ans. Il parcourt l'Europe, s'engage dans l'armée coloniale néerlandaise pour se rendre à Java en mai 1876 et déserte dès le 14 août, s'installe à Chypre en 1878 comme contremaître dans une carrière de pierres, avant de gagner Aden (Yémen) en août 1880.


Controverse

Le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Paul Verlaine tire deux coups de revolver sur Arthur Rimbaud lors d'une altercation, le blessant à la main gauche. Rimbaud retire sa plainte, mais les autorités belges poursuivent l'affaire. Le tribunal correctionnel de Bruxelles condamne Paul Verlaine le 8 août 1873 à deux ans d'emprisonnement, peine maximale pour voies de fait. Le jugement fait explicitement mention de la relation entre les deux poètes, l'homosexualité étant retenue comme facteur aggravant. Verlaine purge sa peine à la prison de Mons jusqu'en 1875. Rimbaud rentre dans les Ardennes sans assister au procès.


Repères chronologiques

1854 : Naissance le 20 octobre à Charleville, dans les Ardennes.
1860 : Départ définitif du père, Frédéric Rimbaud, qui abandonne le foyer familial.
1865 : Entrée au collège municipal de Charleville.
1869 : Premier prix au Concours académique.
1870 : Publication d'Étrennes des orphelins dans La Revue pour tous (2 janvier). Fugues à Paris lors de la guerre franco-prussienne.
1871 : Rédaction des lettres du Voyant (13 et 15 mai). Arrivée à Paris sur invitation de Paul Verlaine ; lecture du Bateau ivre dans les cercles littéraires.
1872 : Figure dans le tableau Un coin de table d'Henri Fantin-Latour, exposé au Salon de 1872 (musée d'Orsay).
1873 : Tir de revolver par Paul Verlaine à Bruxelles (10 juillet). Verlaine condamné à deux ans d'emprisonnement (8 août). Parution d'Une saison en enfer (Bruxelles).
1875 : Remise du manuscrit des Illuminations à Paul Verlaine à Stuttgart. Abandon définitif de la poésie.
1876 : Engagement dans l'armée coloniale néerlandaise (mai) pour Java ; désertion le 14 août ; retour à Charleville en décembre.
1880 : Installation à Aden (Yémen) le 25 août chez Alfred Bardey ; arrivée à Harar (Éthiopie) en décembre.
1883 : Autoportrait photographique à Harar, envoyé à la famille en guise de témoignage sur les paysages locaux.
1884 : Publication par Paul Verlaine des Poètes maudits, qui révèle l'oeuvre de Rimbaud au grand public.
1886 : Publication des Illuminations dans la revue La Vogue par Félix Fénéon, à l'insu de Rimbaud.
1891 : Amputation de la jambe droite à l'hôpital de la Conception, Marseille (27 mai). Décès le 10 novembre. Inhumation au cimetière de Charleville-Mézières (16 novembre).


Vie personnelle et engagements

Jean Nicolas Arthur Rimbaud est le fils du capitaine Frédéric Rimbaud et de Marie-Catherine-Vitalie Cuif, issue d'une famille de propriétaires ruraux ardennais. Son père abandonne le foyer en 1860, laissant la mère élever seule leurs quatre enfants. Arthur a un frère, Jean Nicolas Frédéric, et deux soeurs, Vitalie et Isabelle Rimbaud. Cette dernière, née en 1860, est présente à ses côtés lors de son agonie à l'hôpital de la Conception et publie à titre posthume en 1921 son témoignage Rimbaud mourant. Arthur Rimbaud entretient de 1871 à 1873 une relation amoureuse avec le poète Paul Verlaine. Il ne se marie pas et ne laisse aucun enfant connu.

Dès l'adolescence, Rimbaud noue une amitié étroite avec Ernest Delahaye, ami d'enfance de Charleville et futur auteur de témoignages biographiques. À Paris, il se lie avec le poète Germain Nouveau lors d'un séjour à Londres en 1874. Sa relation avec Paul Verlaine provoque un scandale dans les milieux littéraires parisiens. En Afrique, il entretient des relations professionnelles avec Alfred Bardey, son employeur à Aden et Harar, et participe en 1886 à l'expédition de l'explorateur Jules Borelli à travers l'Ogaden. Dans sa correspondance africaine, adressée à sa mère et à sa soeur Isabelle, il ne fait aucune mention de son oeuvre poétique.


Contexte du décès

En février 1891, Arthur Rimbaud ressent une douleur persistante au genou droit, diagnostiquée comme ostéosarcome (cancer osseux). Transporté depuis Harar en civière jusqu'à Aden, puis embarqué pour Marseille, il est admis à l'hôpital de la Conception le 20 mai 1891 et y subit l'amputation de la jambe droite le 27 mai. Après un séjour à la ferme de Roche dans les Ardennes, son état se dégrade. Il rentre à l'hôpital de la Conception le 23 août et y décède le 10 novembre 1891 à 10 heures du matin. Sa soeur Isabelle Rimbaud, présente à ses côtés, affirme qu'il a reçu les derniers sacrements ; ce récit est contesté par plusieurs biographes, dont Graham Robb. Paul Verlaine rend hommage à l'annonce du décès.


Lieux de mémoire

Arthur Rimbaud est inhumé au cimetière de Charleville-Mézières (Ardennes), où son corps est rapatrié le 16 novembre 1891 après des obsèques intimes. Un musée lui est consacré dans sa ville natale depuis 1969 (musée Arthur Rimbaud). En 2004, la maison familiale dite « Maison des Ailleurs » ouvre ses portes au public. Une plaque commémorative est apposée à l'hôpital de la Conception à Marseille.


Anecdotes

1 - Le tableau Un coin de table d'Henri Fantin-Latour (1872, musée d'Orsay) devait initialement inclure le poète Albert Mérat, qui refusa d'être représenté aux côtés de Rimbaud, dont le comportement le scandalisait. La composition finale fut révisée en conséquence avant le Salon de 1872.
2 - Les Illuminations furent publiées en 1886 dans la revue La Vogue par Félix Fénéon, à l'insu de Rimbaud, alors commerçant à Harar. Le poète avait remis le manuscrit à Paul Verlaine lors d'une rencontre à Stuttgart en 1875.
3 - En mai 1876, Rimbaud s'engage dans l'armée coloniale néerlandaise pour se rendre à Java. Il déserte dès le 14 août 1876 après un bref séjour sur l'île et rentre à Charleville en décembre de la même année.
4 - En 1883, Rimbaud réalise un autoportrait photographique à Harar et envoie des épreuves à sa famille pour lui montrer les paysages locaux. Aucune de ses lettres africaines ne mentionne son oeuvre poétique ni sa réputation en France.
5 - Plus de 130 ans après sa mort, le cimetière de Charleville-Mézières reçoit encore régulièrement des lettres adressées à Rimbaud, expédiées du monde entier. Ces missives anonymes ont été rassemblées dans un ouvrage publié sous le titre Rimbaud, Poste Restante.


Points clés

- Métier(s) : Poète, commerçant, négociant
- Résidence principale : Charleville-Mézières (Ardennes)
- Relations de couple : Paul Verlaine (1871-1873)
- Enfants : Aucun
- Distinctions : Premier prix au Concours académique (1869)


Postérité

389 voies portent son nom en France.

Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.

Voir le top des écrivains avec le plus de voies à leur nom

Célébrité liée

1 relation

Autres poètes nés dans les années 1850

Citations

Je est un autre.

— Lettre à Georges Izambard, 13 mai 1871

Je n'ai même jamais connu personne qui s'ennuyât autant que moi.

— Lettre à sa famille, Aden, janvier 1885

Aden qui est, tout le monde le reconnaît, le lieu le plus ennuyeux du monde, après toutefois celui que vous habitez.

— Lettre à sa famille, Aden, 22 septembre 1880

Je dis qu'il faut être voyant, se faire voyant. Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.

— Lettre à Paul Demeny, 15 mai 1871 (dite « Lettre du Voyant »)

Je est un autre.
L'amour est à réinventer.
La vie fleurit par le travail.
Le ciel est joli comme un ange.
Il faut être absolument moderne.
Esclaves, ne maudissons pas la vie.
Je me crois en enfer, donc j'y suis.
L'enfer ne peut attaquer les païens.
La vie est la farce à mener par tous.
L'éternitéC'est la mer mêléeAu soleil.
La nature n'est qu'un spectacle de bonté.
La morale est la faiblesse de la cervelle.
Tous les êtres ont une fatalité au bonheur.
La femme ne sait plus même être courtisane !
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
C'est perdre son argent que de perdre son temps.
Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.
L'ivresse, c'est le dérèglement de tous les sens.
O saisons ô châteauxL'âme n'est pas sans défauts.
Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?
O saisons ô châteaux
L'âme n'est pas sans défauts.
Ah ! Que le temps vienneOù les coeurs s'éprennent.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.
La vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde.
J'ai fait la magique étudeDu Bonheur, que nul n'élude.
J'ai fait la magique étude
Du Bonheur, que nul n'élude.
Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort !
Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle !
La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains !
O flots abracadabrantesquesPrenez mon coeur, qu'il soit sauvé.
Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes.
La seule chose insupportable, c'est que rien n'est supportable.
Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.
Plus de lendemain, braises de satin, votre ardeur est le devoir.
Allons ! La marche, le fardeau, le désert, l'ennui et la colère.
Si stupide que soit son existence, l'homme s'y rattache toujours.
Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère.
Elle est retrouvée. Quoi ? - L'Eternité. C'est la mer allée avec le soleil.
Le travail humain ! c'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps.
Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux.
L'amour veut vivre aux dépens de sa soeur, l'amitié vit aux dépens de son frère.
L'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque chose, un énervement.
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre.
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour.
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, je dirai quelque jour vos naissances latentes.
Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, elle sera poète, elle aussi !
Le monde est très grand et plein de contrées magnifiques que l'existence de mille hommes ne suffirait pas à visiter.
J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.
Le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions.

Questions autour de Arthur Rimbaud

Quel est le vrai nom d'Arthur Rimbaud ?
Jean Nicolas Arthur Rimbaud est son nom de naissance complet.
Pourquoi Arthur Rimbaud a-t-il arrêté d'écrire de la poésie ?
Vers 1875, à vingt et un ans, il abandonne définitivement la poésie sans explication publiée et part en Afrique comme commerçant. La raison précise de cet abandon reste débattue par les biographes.
Que faisait Arthur Rimbaud en Afrique ?
De 1880 à 1891, il travaille à Aden (Yémen) puis à Harar (Éthiopie) dans le commerce du café, des peaux et des armes, d'abord pour la maison Bardey, puis en indépendant.
Quel est le seul livre publié du vivant d'Arthur Rimbaud ?
Une saison en enfer, imprimé en 1873 à Bruxelles par l'Alliance typographique, est le seul recueil qu'il ait lui-même fait éditer de son vivant.
Arthur Rimbaud a-t-il eu des enfants ?
Aucun enfant n'est documenté dans les sources biographiques.
Où est enterré Arthur Rimbaud ?
Au cimetière de Charleville-Mézières, dans les Ardennes. Son corps y est rapatrié le 16 novembre 1891 après son décès à l'hôpital de la Conception, à Marseille.
Qui est né le même jour que Arthur Rimbaud ?
Snoop Dogg, Akira Oda, Jordan De Luxe, Mickey Mantle et Dannii Minogue sont nés le 20 octobre comme Arthur Rimbaud.
À quel âge est mort Arthur Rimbaud ?
Arthur Rimbaud est mort à 37 ans, le 10 novembre 1891.
Qui est mort le même jour que Arthur Rimbaud ?
Louis Cyr, Jack Palance, Christian Adam, Abel Gance et Anicée Alvina sont morts le 10 novembre comme Arthur Rimbaud.
Quels écrivains français sont du signe Balance comme Arthur Rimbaud ?
Lien copié dans le presse-papier !