Arthur Rimbaud, poète français du XIXe siècle et figure du symbolisme, produisit des œuvres novatrices avant d'abandonner la littérature pour une existence d'aventurier et de négociant en Afrique.
Arthur Rimbaud commence à écrire des poèmes à 15 ans, influencé par Baudelaire, Hugo et Banville, avec des œuvres comme Le Dormeur du val et Vénus anadyomène. Il fuit Charleville pour Paris en 1870, rencontre Paul Demeny et Georges Izambard, et publie ses premiers vers. Lors de la Commune de Paris en 1871, il théorise dans ses lettres du voyant le rôle du poète comme explorateur de l'inconnu via un dérèglement des sens. Il entame une relation tumultueuse avec Paul Verlaine, voyageant à Londres et en Belgique, où un incident armé en 1873 marque la fin de leur liaison. Rimbaud publie Une saison en enfer en 1873 et prépare Les Illuminations. À 20 ans, il abandonne la poésie pour une vie d'aventurier : apprentissage de langues, engagements militaires éphémères aux Indes néerlandaises en 1876, voyages en Europe. De 1880 à 1891, il s'établit en Afrique comme négociant à Aden et Harar, gérant café, ivoire et armes pour Ménélik II, explorant l'Ogaden et rédigeant des rapports géographiques. Sa correspondance familiale et professionnelle documente ces pérégrinations.
1854 : Naissance à Charleville le 20 octobre.
1865 : Entrée au collège de Charleville, premiers prix en latin.
1869 : Premier prix au Concours académique pour un poème en vers latins.
1870 : Première fugue à Paris en août, arrestation et séjour à Douai chez Izambard.
1870 : Publication de Les Étrennes des orphelins dans la Revue pour tous.
1871 : Lettres du voyant à Izambard et Demeny en mai ; arrivée à Paris en septembre.
1871 : Lecture de Le Bateau ivre aux Vilains Bonshommes le 30 septembre.
1872 : Participation à l'Album zutique ; voyage à Londres avec Verlaine en juillet.
1873 : Publication de Une saison en enfer à Bruxelles en octobre.
1873 : Drame de Bruxelles le 10 juillet, Verlaine condamné à deux ans de prison.
1875 : Études d'allemand à Stuttgart ; traversée à pied du Saint-Gothard.
1876 : Engagement dans l'armée coloniale néerlandaise en mai ; désertion à Java en août.
1880 : Embauché à Aden comme surveillant de tri de café le 25 août.
1880 : Arrivée à Harar en décembre pour gérer le comptoir Bardey.
1883 : Rédaction du Rapport sur l'Ogadine publié en février 1884 par la Société de géographie.
Arthur Rimbaud naît dans une famille modeste à Charleville ; son père, capitaine Frédéric Rimbaud, abandonne la famille en 1860, laissant Vitalie Cuif élever seule les cinq enfants, dont Arthur, Frédéric, Vitalie et Isabelle. Climat familial rigide, marqué par l'autorité maternelle, pousse Rimbaud à des fugues dès 1870. Sa relation amoureuse tumultueuse avec Paul Verlaine débute en 1871, incluant voyages à Londres et en Belgique, et culmine par le drame de Bruxelles en 1873, où Verlaine tire sur lui. Aucune autre relation durable n'est documentée, bien qu'il envisage un mariage en 1883 et vive brièvement avec une Abyssine nommée Mariam en 1884. Sans enfants, Rimbaud s'engage dans des causes libertaires et anti-bourgeoises, soutenant la Commune de 1871 via des poèmes comme Chant de guerre parisien. En Afrique, il adopte des pratiques locales, possède un Coran annoté et exprime une résignation fataliste. Ses lettres révèlent un homme infatigable, polyglotte, mais marqué par des maladies récurrentes. Il refuse l'esclavage commercial mais emploie des domestiques.
1- En 1870, lors de sa première fugue à Paris, Rimbaud est arrêté à la gare du Nord pour billet irrégulier et détenu à la prison Mazas ; Izambard paie sa caution et l'héberge à Douai.
2- Le 10 juillet 1873, à Bruxelles, Verlaine, ivre, tire deux coups de revolver sur Rimbaud, le blessant au poignet ; Rimbaud porte plainte, menant à la condamnation de Verlaine à deux ans de prison.
3- En 1876, engagé dans l'armée néerlandaise, Rimbaud déserte à Java après quelques semaines, s'embarque sur le voilier Wandering Chief et survit à une tempête au cap de Bonne-Espérance.
4- En 1883, Rimbaud photographie lui-même son portrait à Harar, envoyant les épreuves à sa famille pour illustrer les paysages locaux.
5- En 1886, lors de l'expédition d'armes au Choa, Rimbaud traverse l'Ogaden avec Borelli, premier Européen à explorer la région, notant scrupuleusement les observations géographiques.
6- En 1891, alité à Marseille, Rimbaud dicte un message sibyllin sur des lots de dents et exprime des délires mystiques, criant Allah Kérim selon sa sœur Isabelle.
Arthur Rimbaud réside principalement à Charleville, Roche, Paris, Londres, Bruxelles, Aden et Harar. Il fréquente Douai, Stuttgart, Java, Chypre, l'Égypte et l'Abyssinie. Décédé le 10 novembre 1891 à Marseille, il est inhumé au cimetière de Charleville-Mézières.
En avril 1891, Rimbaud, souffrant d'une synovite au genou droit aggravée par des marches et efforts, est transporté en civière de Harar à Zeilah, puis à Aden. Hospitalisé, il est amputé de la jambe droite le 27 mai à l'hôpital de la Conception à Marseille. Convalescent à Roche en juillet, son état empire avec insomnies, manque d'appétit et paralysie progressive due à un cancer. Retour à Marseille en août, il délire, se confesse et meurt le 10 novembre 1891 à 10 heures, à 37 ans. Son corps est rapatrié à Charleville pour obsèques intimes le 16 novembre.
• Métier(s) : poète, aventurier, négociant
• Résidence principale : Harar, Éthiopie
• Relations : Paul Verlaine, 1871-1873
• Enfants : aucun
• Distinctions : Premier prix de vers latins au Concours académique, 1869 ; Rapport sur l'Ogadine publié par la Société de géographie, 1884
389 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
Je est un autre.
L'amour est à réinventer.
La vie fleurit par le travail.
Le ciel est joli comme un ange.
Il faut être absolument moderne.
Esclaves, ne maudissons pas la vie.
Je me crois en enfer, donc j'y suis.
L'enfer ne peut attaquer les païens.
La vie est la farce à mener par tous.
L'éternitéC'est la mer mêléeAu soleil.
La nature n'est qu'un spectacle de bonté.
La morale est la faiblesse de la cervelle.
Tous les êtres ont une fatalité au bonheur.
La femme ne sait plus même être courtisane !
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
C'est perdre son argent que de perdre son temps.
Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.
L'ivresse, c'est le dérèglement de tous les sens.
O saisons ô châteauxL'âme n'est pas sans défauts.
Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?
O saisons ô châteaux
L'âme n'est pas sans défauts.
Ah ! Que le temps vienneOù les coeurs s'éprennent.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.
La vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde.
J'ai fait la magique étudeDu Bonheur, que nul n'élude.
J'ai fait la magique étude
Du Bonheur, que nul n'élude.
Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort !
Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle !
La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains !
O flots abracadabrantesquesPrenez mon coeur, qu'il soit sauvé.
Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes.
La seule chose insupportable, c'est que rien n'est supportable.
Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.
Plus de lendemain, braises de satin, votre ardeur est le devoir.
Allons ! La marche, le fardeau, le désert, l'ennui et la colère.
Si stupide que soit son existence, l'homme s'y rattache toujours.
Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère.
Elle est retrouvée. Quoi ? - L'Eternité. C'est la mer allée avec le soleil.
Le travail humain ! c'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps.
Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux.
L'amour veut vivre aux dépens de sa soeur, l'amitié vit aux dépens de son frère.
L'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque chose, un énervement.
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre.
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour.
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, je dirai quelque jour vos naissances latentes.
Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, elle sera poète, elle aussi !
Le monde est très grand et plein de contrées magnifiques que l'existence de mille hommes ne suffirait pas à visiter.
J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.
Le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions.
Je est un autre.
L'amour est à réinventer.
La vie fleurit par le travail.
Le ciel est joli comme un ange.
Il faut être absolument moderne.
Esclaves, ne maudissons pas la vie.
Je me crois en enfer, donc j'y suis.
L'enfer ne peut attaquer les païens.
La vie est la farce à mener par tous.
L'éternitéC'est la mer mêléeAu soleil.
La nature n'est qu'un spectacle de bonté.
La morale est la faiblesse de la cervelle.
Tous les êtres ont une fatalité au bonheur.
La femme ne sait plus même être courtisane !
On n'est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
C'est perdre son argent que de perdre son temps.
Le monde a soif d'amour : tu viendras l'apaiser.
L'ivresse, c'est le dérèglement de tous les sens.
O saisons ô châteauxL'âme n'est pas sans défauts.
Le monde marche ! Pourquoi ne tournerait-il pas ?
O saisons ô châteaux
L'âme n'est pas sans défauts.
Ah ! Que le temps vienneOù les coeurs s'éprennent.
Ah ! Que le temps vienne
Où les coeurs s'éprennent.
La vision de la justice est le plaisir de Dieu seul.
La vraie vie est absente. Nous ne sommes pas au monde.
J'ai fait la magique étudeDu Bonheur, que nul n'élude.
J'ai fait la magique étude
Du Bonheur, que nul n'élude.
Je redoute l'hiver parce que c'est la saison du confort !
Et c'est encore la vie ! - Si la damnation est éternelle !
La main à plume vaut la main à charrue. Quel siècle à mains !
O flots abracadabrantesquesPrenez mon coeur, qu'il soit sauvé.
Le combat spirituel est aussi brutal que la bataille d'hommes.
La seule chose insupportable, c'est que rien n'est supportable.
Plus de lendemain,
Braises de satin,
Votre ardeur
Est le devoir.
Plus de lendemain, braises de satin, votre ardeur est le devoir.
Allons ! La marche, le fardeau, le désert, l'ennui et la colère.
Si stupide que soit son existence, l'homme s'y rattache toujours.
Les aubes sont navrantes. Toute lune est atroce et tout soleil amer.
Un soir, j'ai assis la Beauté sur mes genoux. - Et je l'ai trouvée amère.
Elle est retrouvée. Quoi ? - L'Eternité. C'est la mer allée avec le soleil.
Le travail humain ! c'est l'explosion qui éclaire mon abîme de temps en temps.
Je ne demande pas de prières ; avec votre confiance seulement, je serai heureux.
L'amour veut vivre aux dépens de sa soeur, l'amitié vit aux dépens de son frère.
L'action n'est pas la vie, mais une façon de gâcher quelque chose, un énervement.
Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens.
Je suis esclave de mon baptême. Parents, vous avez fait mon malheur et vous avez fait le vôtre.
Plus fortes que l'alcool, plus vastes que nos lyres,
Fermentent les rousseurs amères de l'amour.
A noir, E blanc, I rouge, U vert, O bleu : voyelles, je dirai quelque jour vos naissances latentes.
Quand sera brisé l'infini servage de la femme, quand elle vivra pour elle et par elle, elle sera poète, elle aussi !
Le monde est très grand et plein de contrées magnifiques que l'existence de mille hommes ne suffirait pas à visiter.
J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ; des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile, et je danse.
Le poète est vraiment voleur de feu. Il est chargé de l'humanité, des animaux même ; il devra faire sentir, palper, écouter ses inventions.