Cette année marque le 10ᵉ anniversaire de sa disparition.
André Turcat, né le 23 octobre 1921 à Marseille et décédé le 4 janvier 2016, était un pilote d'essai français diplômé de l'École polytechnique, pilote en chef du programme Concorde et premier pilote à avoir fait décoller le supersonique franco-britannique, le 2 mars 1969 à Toulouse-Blagnac.
André Édouard Marcel Turcat grandit dans une famille marseillaise liée à l'industrie automobile : son oncle Léon Turcat était cofondateur des Ateliers de Construction d'Automobiles Turcat-Méry, fabricant de voitures de course. Sorti de l'École polytechnique en 1942 avec l'intention initiale de rejoindre les Ponts et Chaussées, il s'engage finalement dans l'Armée de l'air, participe aux Forces aériennes de la France Libre pendant la Seconde Guerre mondiale, puis sert comme chef d'opérations en Indochine à bord de Douglas C-47. Breveté pilote d'essai numéro 131 à l'École du Personnel Navigant d'Essai (EPNER) d'Istres, il est nommé directeur de cette école en 1952. L'année suivante, il rejoint la SFECMAS, rapidement absorbée par Nord-Aviation, où il prend en charge la campagne d'essais du Gerfaut I. En 1954, il devient, à bord de cet avion expérimental, le premier pilote européen à franchir le mur du son en palier. Sur le Gerfaut II, il établit en 1957 plusieurs records mondiaux de vitesse ascensionnelle, atteignant 15 000 mètres d'altitude en 3 minutes et 56 secondes.
La décennie suivante consacre André Turcat comme l'un des pilotes d'essai les plus titrés du monde occidental. Aux commandes du Griffon, propulsé par un turbo-statoréacteur, il pulvérise en février 1959 le record mondial de vitesse sur 100 kilomètres en circuit fermé à 1 643 km/h, ce qui lui vaut de recevoir des mains du vice-président américain Richard Nixon le Harmon Trophy, la plus haute récompense aéronautique américaine. Ce trophée lui sera décerné une seconde fois en 1970, pour le programme Concorde. En 1962, il rejoint Sud-Aviation comme directeur adjoint puis directeur des essais en vol, avec pour mission principale de piloter le prototype du Concorde. Brian Trubshaw, son homologue britannique chez la British Aircraft Corporation, dirige simultanément les essais côté anglais. Le 2 mars 1969, André Turcat prend les commandes du prototype 001, accompagné de Henri Perrier, Michel Rétif et Jacques Guinard pour un vol inaugural de 27 minutes à Toulouse-Blagnac. Le 1er octobre de la même année, il pilote le premier passage supersonique du Concorde. À sa retraite, le 31 mars 1976, il totalise 740 heures de vol sur Concorde et plus de 6 500 heures sur 110 appareils différents.
1921 : naissance le 23 octobre à Marseille.
1942 : diplômé de l'École polytechnique, promotion 1940 ; engagement dans les Forces aériennes de la France Libre.
1945 : mariage avec Élisabeth Marie Borelli, dite Julie, à Marseille, le 8 mai, jour de la capitulation allemande.
1947 : obtention du brevet de pilote militaire.
1951 : obtention du brevet de pilote d'essai à l'EPNER d'Istres (numéro 131).
1952 : nomination comme directeur de l'École du Personnel Navigant d'Essai de Brétigny-sur-Orge.
1954 : premier pilote européen à franchir le mur du son en palier, à bord du Gerfaut I (Nord-Aviation).
1959 : record mondial de vitesse en circuit fermé sur 100 km à 1 643 km/h aux commandes du Griffon ; remise du Harmon Trophy par Richard Nixon.
1962 : recrutement par Sud-Aviation comme directeur adjoint des essais en vol pour le programme Concorde.
1969 : premier vol du Concorde 001, le 2 mars à Toulouse-Blagnac (27 minutes) ; premier vol supersonique du Concorde, le 1er octobre.
1970 : deuxième Harmon Trophy pour le programme Concorde.
1971 : remise des insignes de Commandeur de la Légion d'honneur par Michel Debré, le 22 janvier.
1976 : dernier vol officiel, le 31 mars ; départ en retraite à 54 ans.
1983 : fondation de l'Académie nationale de l'air et de l'espace (ANAE) à Toulouse.
1984 : mandat de député européen sous l'étiquette RPR ; rapporteur de la politique spatiale européenne.
1990 : doctorat en histoire de l'art chrétien.
1998 : intronisation au International Air and Space Hall of Fame du San Diego Air and Space Museum.
2005 : nommé Grand Officier de l'Ordre national de la Légion d'honneur ; publication des mémoires Pilote d'essais.
2010 : témoignage à la barre lors du procès de l'accident du Concorde du 25 juillet 2000.
2013 : lauréat du Prix Icare de l'Association des journalistes professionnels de l'aéronautique et de l'espace.
2016 : décès le 4 janvier à Beaurecueil, dans les Bouches-du-Rhône.
André Turcat est né dans une famille d'industriels marseillais. Son père, Émile Gaston Turcat, appartient à la lignée des fondateurs de Turcat-Méry, manufacture automobile réputée au début du XXe siècle ; son oncle Léon Turcat en fut cofondateur. Sa mère se prénommait Claire Victoria Jeane Marie Françoise Fleury. Le 8 mai 1945, jour de l'armistice, André Turcat épouse Élisabeth Marie Borelli, surnommée Julie, à Marseille. Le couple aura trois enfants, dont les prénoms ne sont pas documentés dans les sources publiques. André Turcat établit sa résidence dans la région d'Aix-en-Provence, à Beaurecueil, où il s'éteint en 2016. Il avait également un lien fort avec Toulouse, ville où se déroula l'essentiel de sa carrière d'essais et où il fut maire adjoint chargé du logement social.
Après sa retraite aéronautique, André Turcat embrasse une vie intellectuelle et civique diversifiée. Il siège comme député européen sous l'étiquette RPR dans les années 1980, en tant que rapporteur de la politique spatiale européenne, et conseille l'Agence spatiale européenne sur le programme de navette Hermès. Membre de l'Académie des Jeux floraux de Toulouse à titre de mainteneur, il obtient un doctorat en histoire de l'art en 1990 et une licence en théologie catholique. Passionné par la sculpture française de la Renaissance en Espagne, il publie notamment Moi, Étienne Jamet, alias Esteban Jamete : sculpteur français de la Renaissance en Espagne condamné par l'Inquisition. L'astrophysicien Pierre Léna, qui conçut en 1973 l'idée d'utiliser le Concorde pour observer une éclipse solaire totale, travailla avec Turcat pour cette mission.
André Turcat décède le 4 janvier 2016 à son domicile de Beaurecueil, dans les Bouches-du-Rhône, à l'âge de 94 ans. La cause précise du décès n'a pas été rendue publique par la famille. Patrick Gandil, directeur général de l'Aviation civile, lui rend hommage en le qualifiant de "pilote d'essai de légende". Alain Vidalies, secrétaire d'État chargé des Transports, déclare qu'André Turcat a écrit quelques-unes des plus belles pages de l'industrie aéronautique française. L'Académie de l'air et de l'espace, qu'il avait fondée en 1983, lui consacre un numéro spécial de sa lettre, recueillant les témoignages de Michel Rétif, Henri Perrier et Brian Trubshaw, ses compagnons de l'aventure Concorde. Le musée Aeroscopia de Blagnac, qu'il avait visité en novembre 2014, rappelle que c'est à bord du Concorde 201 conservé dans ses collections qu'il avait franchi Mach 2,22.
André Turcat est décédé et inhumé dans la région d'Aix-en-Provence, à Beaurecueil. Ses archives de travail sont conservées et consultables aux Archives départementales de la Haute-Garonne, à Toulouse, sous la référence Fonds Turcat. Le Concorde 001 qu'il pilota lors du premier vol est exposé au musée Aeroscopia de Blagnac.
1 - En 1940, André Turcat intègre Polytechnique avec l'intention de rejoindre les Ponts et Chaussées. C'est, selon ses propres termes, "à tout hasard, et pour faire de la technique" qu'il opte finalement pour l'Armée de l'air.
2 - Le 2 mars 1969, avant le décollage, André Turcat déclare aux journalistes qu'il est assis aux commandes d'un projet ayant déjà coûté plus de onze milliards de francs et "cent soixante-dix tonnes de matière grise".
3 - En 1973, au Salon du Bourget, après une démonstration du Concorde, André Turcat est invité à monter à bord du Tupolev-144 soviétique, surnommé "Concordski". Il décline l'invitation.
4 - En 1973, le jeune astrophysicien Pierre Léna convainc André Turcat d'utiliser le Concorde pour observer l'éclipse solaire du 30 juin : à bord, les chercheurs bénéficient de 74 minutes d'obscurité totale, contre 7 minutes au sol.
5 - Après sa retraite aéronautique à 54 ans, André Turcat obtient un doctorat en histoire de l'art chrétien en 1990, puis une licence en théologie catholique, publiant notamment une biographie d'un sculpteur français de la Renaissance condamné par l'Inquisition espagnole.
6 - André Turcat fut toujours gêné par l'attention médiatique centrée sur sa personne lors du premier vol du Concorde, estimant que cela nuisait à la reconnaissance des milliers de personnes qui avaient contribué au programme, selon ses déclarations à Flight International en 2003.
- Métier(s) : pilote d'essai, directeur des essais en vol, fondateur d'académie, député européen, historien de l'art
- Résidence principale : Beaurecueil (Bouches-du-Rhône)
- Relations de couple : Élisabeth Marie Borelli, dite Julie (épousée le 8 mai 1945)
- Enfants : trois enfants (prénoms non documentés)
- Distinctions : Légion d'honneur (Grand Officier, 2005 ; Commandeur, 1971), Harmon Trophy (1959 et 1970), Ordre national du Mérite, Médaille de l'Aéronautique, Croix de Guerre des théâtres d'opérations extérieures, Commandeur de l'Ordre de l'Empire britannique, International Air and Space Hall of Fame (1998), Prix Icare (2013)
16 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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La machine vole, et je peux ajouter qu'elle vole bien.
— Déclaration à l'atterrissage après le premier vol du Concorde, 2 mars 1969, rapportée dans plusieurs sources de presse dont lessentieldeleco.fr
C'est à tout hasard, et pour faire de la technique, que j'ai choisi l'armée de l'Air.
— Interview reprise par Aéromorning, article sur le Prix Icare 2013
La relaxe des personnes, et particulièrement celle de Claude Frantzen, est évidemment un soulagement pour toute la communauté aéronautique.
— Déclaration après le jugement du procès Concorde, rapportée par Aéromorning, 2012