Cette année marque le 90ᵉ anniversaire de sa naissance.
Michel Aumont, acteur français né le 15 octobre 1936 à Paris, a consacré plus de soixante ans de carrière au théâtre et au cinéma, passant trente-sept ans à la Comédie-Française dont il fut sociétaire honoraire, et remportant quatre prix Molière.
Né à Paris le 15 octobre 1936, Michel Henri Aumont grandit dans un milieu de théâtre : son père est régisseur administratif à la Comédie-Française et sa mère, Hélène Gerber, est comédienne. Dès l'enfance, il accompagne cette dernière au Festival d'Avignon, où il joue de petits rôles dans des spectacles. En 1954, il entre au Conservatoire national d'art dramatique, où il suit les classes de Denis d'Inès et de Jean Debucourt. En 1956, il remporte un premier prix de comédie moderne dans Le Tragique malgré lui de Tchekhov et un premier accessit de comédie classique dans La Jalousie du barbouillé de Molière. Dès sa sortie du Conservatoire, il est engagé comme pensionnaire à la Comédie-Française le 1er septembre 1956. Son contrat spécifie qu'il incarnera les rôles de composition -- vieux barons et pères nobles -- ce qu'il réalise avec aisance malgré son jeune âge. Il devient sociétaire le 1er janvier 1965, puis sociétaire honoraire en janvier 1994.
À la Comédie-Française, Michel Aumont forge un compagnonnage artistique durable avec Jean-Paul Roussillon, avec qui il monte L'Avare de Molière dès 1969 -- rôle tenu pendant vingt ans --, La Nostalgie, camarade de François Billetdoux en 1974 et La Dame de chez Maxim de Georges Feydeau en 1981. Sa carrière cinématographique débute en 1972 avec La Femme en bleu de Michel Deville. Il collabore ensuite avec Claude Chabrol dans Nada (1974), Claude Zidi dans La Course à l'échalote (1975) et Ripoux contre ripoux (1990), Bertrand Tavernier dans Des enfants gâtés (1977) et Un dimanche à la campagne (1984). Sa relation la plus régulière au cinéma est celle entretenue avec Francis Veber, pour qui il joue dans Le Jouet (1976), Les Compères (1983), Le Placard (2001), Tais-toi ! (2003), La Doublure (2006) et L'Emmerdeur (2008). Il remporte ses quatre prix Molière en 1993, 1999, 2000 et 2007, pour Macbett d'Eugène Ionesco, Rêver peut-être de Jean-Claude Grumberg, Un sujet de roman de Sacha Guitry et À la porte de Vincent Delecroix.
1936 : naissance le 15 octobre à Paris de Michel Henri Aumont, fils d'un régisseur de la Comédie-Française et de la comédienne Hélène Gerber.
1952 : premières apparitions scéniques ; première trace documentée d'activité professionnelle, dans La Puissance et la gloire de Graham Greene au Théâtre de l'Oeuvre.
1956 : premier prix de comédie moderne au Conservatoire ; engagement comme pensionnaire à la Comédie-Française le 1er septembre.
1965 : nomination au rang de sociétaire de la Comédie-Française le 1er janvier.
1969 : première incarnation d'Harpagon dans L'Avare de Molière, rôle qu'il tiendra pendant vingt ans à la Comédie-Française.
1972 : débuts au cinéma dans La Femme en bleu de Michel Deville ; premières adaptations télévisées importantes.
1984 : nomination au César du meilleur second rôle masculin pour Un dimanche à la campagne de Bertrand Tavernier.
1993 : premier prix Molière, dans la catégorie comédien, pour Macbett d'Eugène Ionesco mis en scène par Jorge Lavelli.
1994 : accession au statut de sociétaire honoraire de la Comédie-Française en janvier.
1999 : deuxième prix Molière, du comédien dans un second rôle, pour Rêver peut-être de Jean-Claude Grumberg.
2000 : troisième prix Molière, du comédien, pour Un sujet de roman de Sacha Guitry.
2003 : prix du Brigadier pour Le Jour du destin de Michel del Castillo ; nomination commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres.
2007 : quatrième prix Molière, du spectacle seul en scène, pour À la porte de Vincent Delecroix mis en scène par Marcel Bluwal.
2015 : nomination grand officier de l'ordre national du Mérite.
2019 : décès le 28 août à Paris, à l'âge de 82 ans, des suites d'un cancer.
Michel Aumont est le fils d'un régisseur administratif de la Comédie-Française et de la comédienne Hélène Gerber, née Simone Jacquin, dont la soeur Irène Tilly-Jacquin épousa le peintre Jean Dorville. Formé au Conservatoire national d'art dramatique dans les classes de Denis d'Inès et de Jean Debucourt, il doit à son environnement familial une immersion précoce dans le milieu du spectacle. Il est l'époux de Nadège Aumont et père d'une fille prénommée Catherine. Sa discrétion sur sa vie privée est documentée par de nombreuses sources : l'avis de décès publié en 2019 mentionne uniquement son épouse et sa fille, sans autre précision familiale.
Michel Aumont a confié à plusieurs reprises avoir choisi le théâtre en partie pour surmonter une timidité naturelle, déclarant qu'il faisait du théâtre pour se cacher, parce que jouer c'est n'être pas soi-même. Sur les planches de la Comédie-Française, il a vu débuter Isabelle Adjani et côtoyé des générations d'acteurs. Il a reconnu dans un entretien au Parisien en 2002 avoir traversé une période de dépendance à l'alcool, à laquelle il avait ensuite mis fin. Officier de la Légion d'honneur, grand officier de l'ordre national du Mérite depuis 2015 et commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres depuis 2003, il incarne une figure discrète de la vie culturelle française.
Michel Aumont décède le 28 août 2019 à Paris, à l'âge de 82 ans, des suites d'un cancer. Ses obsèques se tiennent dans la plus stricte intimité, comme l'indique l'avis de décès publié par son épouse Nadège Aumont et sa fille Catherine Aumont. Gilles Jacob, ancien président du Festival de Cannes, salue un très grand comédien de théâtre et de cinéma. Le ministre de la Culture Franck Riester rend hommage à un acteur populaire qui avait su conquérir le coeur des Français, passant du théâtre au cinéma avec une générosité discrète qui emplissait chacun de ses rôles. La Comédie-Française, dont il était sociétaire honoraire, communique également un hommage officiel à sa disparition.
Michel Aumont est incinéré à l'issue de ses obsèques célébrées dans la stricte intimité à Paris. Selon des sources biographiques secondaires, ses cendres reposent au cimetière du Père-Lachaise, division 45, dans le 20e arrondissement de Paris. Ce cimetière accueille également les sépultures de nombreuses personnalités du monde des arts et de la scène française. Aucune stèle commémorative publique n'a été annoncée par la famille.
1 - Bien que son contrat à la Comédie-Française le destinât aux rôles de vieux barons, Michel Aumont y interpréta Harpagon dans L'Avare de Molière pendant vingt ans, à partir de 1969, alors qu'il n'avait pas encore 35 ans à la création du rôle.
2 - Il a suivi sa mère comédienne Hélène Gerber au Festival d'Avignon dès l'enfance, jouant de petits rôles dans des spectacles avant même d'entrer au Conservatoire, ce qui fait de lui l'un des acteurs les plus précocement initiés au répertoire classique de sa génération.
3 - Dans un entretien au Parisien en 2002, il reconnaît avoir traversé une période de dépendance à l'alcool, affirmant qu'il avait tout arrêté quelque quinze ans auparavant, soit au milieu des années 1980, période correspondant à son activité intense au cinéma et au théâtre.
4 - Sa discrétion est telle que l'avis de décès publié en 2019 dans la presse ne comporte aucune indication sur le lieu ni la nature des obsèques, se limitant à mentionner qu'elles auraient lieu dans la plus stricte intimité.
5 - Il confie à l'Institut de France en 2010 que c'est lui qui, enthousiaste à la lecture du texte de Lionel Goldstein, fait circuler la pièce David et Edward jusqu'à ce qu'elle parvienne au metteur en scène Marcel Bluwal et au directeur du Théâtre de l'Oeuvre, aboutissant ainsi à la production du spectacle qui lui vaudra une reconnaissance critique tardive.
6 - Officier de la Légion d'honneur, commandeur des Arts et des Lettres depuis 2003 et grand officier de l'ordre national du Mérite depuis 2015, il cumule trois distinctions honorifiques nationales, ce qui est rare pour un comédien cantonné aux seconds rôles cinématographiques.
- Métier(s) : acteur de théâtre, de cinéma et de télévision
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : Nadège Aumont (épouse)
- Enfants : Catherine Aumont (fille)
- Distinctions : quatre prix Molière (1993, 1999, 2000, 2007), prix du Brigadier (2003), officier de la Légion d'honneur, commandeur de l'ordre des Arts et des Lettres (2003), grand officier de l'ordre national du Mérite (2015)
c'est tellement bon cette saleté-là ! Heureusement, j'ai tout arrêté il y a quinze ans.
— Le Parisien, interview, 2002 (au sujet de sa dépendance à l'alcool)
On a toujours tout à prouver. On n'est jamais sûr de soi, c'est toujours à recommencer. Je m'escrime à chaque fois comme si c'était la première fois. Je suis un acteur d'instinct.
— Ouest-France, interview de Laurent Beauvallet, 20 juin 2016
Moi comme les autres, on est partagé entre l'irritation d'être regardé, interrogé, et le plaisir d'être regardé et interrogé, et vu, et aimé par les autres. On a ça simultanément en soi.
— France 3, portrait télévisé, 3 avril 1993