Résumé biographique
Acteur français, Jean Gabin a marqué le cinéma par ses rôles dans le réalisme poétique des années 1930, son engagement pendant la Seconde Guerre mondiale et une carrière d’acteur et de chanteur qui s’étend des années 1920 aux années 1970.
Parcours
Né à Paris le 17 mai 1904 sous le nom de Jean-Alexis Moncorgé, Jean Gabin grandit à Mériel, en région parisienne, avant d’entrer très jeune dans le music-hall, notamment aux Folies Bergère et au Moulin Rouge. Il débute au cinéma à la fin des années 1920 et s’impose dans les années 1930 avec des films comme Pépé le Moko, La grande illusion, Le Quai des brumes ou La bête humaine. Exilé aux États-Unis pendant la guerre, il s’engage ensuite dans les Forces françaises combattantes comme marin puis chef de char. Après un passage difficile au sortir du conflit, il relance sa carrière au début des années 1950 et retrouve les premiers rôles avec Touchez pas au grisbi, puis enchaîne les succès jusque dans les années 1970, en travaillant avec des réalisateurs majeurs et plusieurs générations d’acteurs.
Repères de carrière
1922 : Débuts au music-hall, engagement aux Folies Bergère sous le nom de Jean Gabin
1930 : Premiers rôles marquants au cinéma parlant en France
1937 : Rôle dans Pépé le Moko et La grande illusion, qui installent sa notoriété internationale
1938 : Succès de Le Quai des brumes et La bête humaine dans le courant du réalisme poétique
1943 : Engagement dans les Forces françaises combattantes comme marin puis chef de char de régiment blindé
1951 : Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine pour La nuit est mon royaume à la Mostra de Venise
1954 : Retour au premier plan avec Touchez pas au grisbi et seconde Coupe Volpi, poursuite de la collaboration avec Marcel Carné et Jean Renoir
1958 : Interprétation de Jean Valjean dans Les Misérables, grand succès au box-office
1959 : Ours d’argent du meilleur acteur à la Berlinale pour Archimède le clochard
1963 : Création de la société de production Gafer avec Fernandel et tournage de Mélodie en sous-sol
1969 : Succès du film policier Le Clan des Siciliens, avec Alain Delon et Lino Ventura
1971 : Second Ours d’argent du meilleur acteur pour Le Chat au Festival de Berlin
1974 : Enregistrement de la chanson « Maintenant je sais » et poursuite de sa carrière d’acteur
1976 : Présidence de la première cérémonie des César et rôle dans L’Année sainte, son dernier film
Vie personnelle et engagements
Jean Gabin épouse en premières noces l’actrice Gaby Basset en 1925, mariage qui se termine par un divorce en 1931. Il se remarie en 1933 avec Jeanne (Jeanne) Mauchain, meneuse de revue, union dissoute au début des années 1940. Sa vie sentimentale est également marquée par des relations avec plusieurs actrices, dont Mireille Balin, Michèle Morgan et Marlene Dietrich aux États-Unis. En 1949, il épouse Marcelle Christiane Mary, dite Dominique Fournier, ancienne mannequin de la maison Lanvin. Le couple a trois enfants : Florence (née en 1949), Valérie (1952) et Mathias (1955). Installé une grande partie de l’année dans son domaine normand de La Pichonnière, il y développe l’élevage bovin et une écurie de chevaux de course, tout en restant actif au cinéma et proche des milieux professionnels de l’audiovisuel.
Anecdotes
1 – Jean Gabin crée de manière humoristique une « association des anciens d’HEC », détournant l’acronyme en « Hautes Études Communales » pour désigner les autodidactes sans diplômes, aux côtés de Pierre Lazareff et Marcel Bleustein-Blanchet.
2 – Pendant son exil américain durant la guerre, sa relation avec Marlene Dietrich fait beaucoup parler, le couple vivant un temps à Brentwood, en Californie, dans une villa prêtée par Greta Garbo.
3 – Réalisant un rêve ancien, il investit au début des années 1950 dans le domaine de La Pichonnière, en Normandie, où il met en place un important élevage bovin et un haras d’une quinzaine de pur-sang.
4 – En 1962, environ sept cents agriculteurs encerclent son domaine normand pour protester contre la concentration foncière ; l’épisode, très médiatisé, le conduit à louer deux fermes à de jeunes exploitants.
Lieux de mémoire
Né dans le 9e arrondissement de Paris, Jean Gabin passe son enfance à Mériel, où un musée lui est aujourd’hui consacré. Il réside ensuite principalement entre la région parisienne, son domaine de La Pichonnière et La Moncorgerie, près de Bonnefoi et Les Aspres dans l’Orne, ainsi qu’à Deauville. Mort à Neuilly-sur-Seine, il reçoit un hommage au Père-Lachaise avant que ses cendres ne soient dispersées en mer d’Iroise, au large de Brest.
Contexte du décès
Jean Gabin meurt le 15 novembre 1976 des suites d’une leucémie à l’Hôpital américain de Paris, situé à Neuilly-sur-Seine. Ses obsèques civiles ont lieu au crématorium du cimetière du Père-Lachaise, à Paris, devant une assistance nombreuse et une retransmission télévisée. Conformément à ses volontés, son corps est crématisé. Ses cendres sont transférées ensuite à Brest, puis dispersées en mer d’Iroise depuis l’aviso Détroyat, lors d’une cérémonie militaire autorisée à titre exceptionnel par le président de la République Valéry Giscard d’Estaing, en présence de son épouse, de ses enfants et de proches, dont le réalisateur Gilles Grangier et Alain Delon.
Points clés
• Métier(s) : acteur, chanteur
• Résidence principale : domaine de La Pichonnière, Bonnefoi, France
• Relations : Gaby Basset (mariage 1925–1931), Jeanne Mauchain (mariage 1933–années 1940), Dominique Fournier (mariage 1949–1976)
• Enfants : Florence (1949), Valérie (1952), Mathias (1955)
• Distinctions : Coupe Volpi de la meilleure interprétation masculine (1951, 1954), Ours d’argent du meilleur acteur à la Berlinale (1959, 1971), officier de la Légion d’honneur, décoré de l’Ordre national du Mérite et de la Médaille militaire