Cette année marque le 120ᵉ anniversaire de sa naissance.
Jacques Becker est un réalisateur et scénariste français, né le 15 septembre 1906 à Paris et mort le 21 février 1960 dans la même ville. Ancien assistant de Jean Renoir, il signe en moins de vingt ans une œuvre marquante du cinéma français, dont Casque d'Or, Touchez pas au grisbi et Le Trou.
Issu d'une famille bourgeoise parisienne, Jacques Becker rencontre Jean Renoir en 1921 à Marlotte-sur-Loing, par l'intermédiaire de la famille de Paul Cézanne fils. Passionné de jazz et de cinéma, il embarque comme steward sur les paquebots reliant Le Havre à New York et y croise en 1928 le réalisateur américain King Vidor, qui souhaite l'engager comme acteur. Becker préfère la mise en scène. Après un passage forcé dans la société Fulmen dirigée par son père, il démissionne et rejoint Jean Renoir en 1931 sur le tournage de La Chienne. Il restera son assistant pendant près de sept ans, sur Boudu sauvé des eaux, Chotard et Cie, Madame Bovary, Partie de campagne, Les Bas-fonds, La Grande Illusion et La Marseillaise. Avec Pierre Prévert, il tourne deux moyens métrages en 1935.
En 1939, Becker entame le tournage de L'Or du Cristobal, interrompu faute de moyens et achevé par Jean Stelli. Mobilisé puis fait prisonnier de guerre, il est rapatrié à la suite d'une intervention de la Croix-Rouge. Sous l'Occupation, il réalise trois films aux tons très différents : Dernier Atout (1942), Goupi Mains Rouges (1943) et Falbalas (1945), avec Micheline Presle. Après-guerre, il enchaîne Antoine et Antoinette (1947), Grand prix au Festival de Cannes, et Rendez-vous de juillet (1949), Prix Louis-Delluc, qui révèle Daniel Gélin, Nicole Courcel et Maurice Ronet. Suivent Édouard et Caroline (1951), Casque d'Or (1952) avec Simone Signoret et Serge Reggiani, Touchez pas au grisbi (1954) qui relance Jean Gabin et révèle Lino Ventura, puis Le Trou (1960), son dernier film.
1906 : naissance le 15 septembre à Paris
1921 : rencontre Jean Renoir à Marlotte-sur-Loing
1931 : devient assistant de Jean Renoir sur La Chienne
1937 : tient un petit rôle dans La Grande Illusion de Renoir
1942 : réalise son premier long métrage abouti, Dernier Atout
1943 : sortie de Goupi Mains Rouges
1947 : Grand prix à Cannes pour Antoine et Antoinette
1949 : Prix Louis-Delluc pour Rendez-vous de juillet
1952 : Casque d'Or avec Simone Signoret
1954 : Touchez pas au grisbi relance Jean Gabin
1957 : épouse l'actrice Françoise Fabian à Autheuil dans l'Eure
1958 : réalise Montparnasse 19 avec Gérard Philipe
1959 : naissance de sa fille Marie Becker
1960 : achève Le Trou, son dernier film
1960 : décès le 21 février à Paris
Jacques Louis Thomas Becker naît dans le 1er arrondissement de Paris, fils de Louis Étienne Becker, administrateur de la société d'accumulateurs Fulmen, et de Margaret Burns, d'origine anglaise, qui tient une maison de couture rue Cambon, à proximité immédiate de Coco Chanel. Élève turbulent, il fait ses études aux lycées Condorcet et Carnot, puis fréquente l'école Breguet, future ESIEE Paris. En premières noces, il épouse Geneviève Marguerite Boyard (1912-2012), dont il a deux fils, le futur réalisateur Jean Becker, né en 1933, et le directeur de la photographie Étienne Becker. Sa fille Sophie Becker épouse l'acteur Pierre Vaneck.
En 1957, à Autheuil dans l'Eure, Jacques Becker épouse en secondes noces l'actrice Françoise Fabian, de vingt-sept ans sa cadette. Le couple a une fille, Marie, née en 1959. Becker entretient des liens d'amitié professionnels durables avec Jean Renoir, Henri-Georges Clouzot qu'il défend devant la commission d'épuration à la Libération, et Howard Hawks. Membre actif du Comité de libération du cinéma français, il participe à la captation clandestine d'images destinées au film documentaire La Libération de Paris, le matériel étant entreposé sur le plateau de Falbalas.
Jacques Becker meurt le 21 février 1960 à son domicile de la rue de Presbourg, dans le 16e arrondissement de Paris, à l'âge de 53 ans, des suites d'une hémochromatose, quinze jours avant la sortie en salle de son dernier film, Le Trou. La famille restera grevée par des dettes fiscales que sa veuve Françoise Fabian renoncera à accepter avec la succession. Le numéro d'avril 1960 des Cahiers du cinéma lui consacre un hommage rassemblant les contributions de Jean Cocteau, Jean Renoir, Jean Aurel et Jean-Luc Godard, qui salue en lui un cinéaste demeuré « français à la française ». François Truffaut publie un hommage critique dans France Observateur.
Jacques Becker est inhumé dans le caveau familial du cimetière du Montparnasse, 22e division, à Paris. Bertrand Tavernier ouvre son documentaire Voyage à travers le cinéma français (2016) par un long développement consacré à Becker, qu'il qualifie de « cinéaste de la décence ordinaire ».
1 - Adolescent, Jacques Becker se fait engager comme steward sur les paquebots reliant Le Havre à New York pour rencontrer des jazzmen américains. C'est lors d'une de ces traversées, en 1928, qu'il croise King Vidor, qui souhaite l'engager comme acteur.
2 - L'expression « politique des auteurs », acte de naissance de la critique des Cahiers du cinéma, apparaît pour la première fois sous la plume de François Truffaut dans un article consacré à Ali Baba et les Quarante Voleurs de Becker, paru en février 1955.
3 - Sur le tournage de Falbalas en 1944, Becker dissimule la caméra et la pellicule qui serviront au tournage clandestin du documentaire La Libération de Paris, projet du Comité de libération du cinéma français dont il est membre.
4 - Son fils Jean Becker fait ses débuts comme stagiaire assistant réalisateur sur Touchez pas au grisbi en 1953, puis reste son assistant sur Montparnasse 19 et Le Trou.
5 - Selon le décompte établi par Becker lui-même dans son entretien aux Cahiers du cinéma de février 1954, Édouard et Caroline compte près de 1 250 raccords, ce qui en fait le film le plus découpé techniquement de toute sa filmographie.
- Métier(s) : réalisateur, scénariste
- Résidence principale : Paris, 16e arrondissement
- Relations de couple : Geneviève Boyard (première épouse), Françoise Fabian (seconde épouse, mariage en 1957)
- Enfants : Jean Becker, Étienne Becker, Sophie Becker, Marie Becker
- Distinctions : Grand prix du Festival de Cannes 1947 pour Antoine et Antoinette, Prix Louis-Delluc 1949 pour Rendez-vous de juillet
« Les sujets ne m'intéressent pas en tant que sujets, seuls les personnages m'intéressent. »
— Entretien aux Cahiers du cinéma n° 32, février 1954
« Ce qui a gêné les gens dans Casque d'Or, c'est la lenteur du temps, l'absence de toute ellipse, l'abondance des temps morts. »
— Entretien aux Cahiers du cinéma n° 32, février 1954
« Quand on fait de la mise en scène, on dialogue peu parce qu'on cherche à donner le plus de vie et de vérité possible à la scène et au jeu ; on est alors obligé de critiquer constamment le texte jusque sur le plateau. »
— Entretien aux Cahiers du cinéma n° 32, février 1954
« Les sujets ne m'intéressent pas en tant que sujets, seuls les personnages m'intéressent. »
— Entretien aux Cahiers du cinéma n° 32, février 1954
« Ce qui a gêné les gens dans Casque d'Or, c'est la lenteur du temps, l'absence de toute ellipse, l'abondance des temps morts. »
— Entretien aux Cahiers du cinéma n° 32, février 1954
« Quand on fait de la mise en scène, on dialogue peu parce qu'on cherche à donner le plus de vie et de vérité possible à la scène et au jeu ; on est alors obligé de critiquer constamment le texte jusque sur le plateau. »
— Entretien aux Cahiers du cinéma n° 32, février 1954