Résumé biographique

Cinéaste français, Henri-Georges Clouzot est un réalisateur, scénariste et producteur associé au film noir, connu pour des œuvres comme Le Salaire de la peur, Les Diaboliques, Le Corbeau ou Quai des Orfèvres, qui occupent une place centrale dans l’histoire du cinéma policier et du thriller en Europe.


Parcours

Né le 20 novembre 1907 à Niort, Henri-Georges Clouzot grandit dans une famille de libraires avant de s’installer à Brest, puis à Paris pour étudier les sciences politiques et travailler comme journaliste. Il débute au cinéma dans les années 1930 comme scénariste et adaptateur, notamment aux studios de Babelsberg à Berlin, où il supervise des versions françaises de films allemands. Pendant l’Occupation, il devient chef du département scénario de la Continental et réalise son premier long métrage, L’Assassin habite au 21, en 1942, suivi de Le Corbeau en 1943. Après une interdiction professionnelle à la Libération, il revient à la réalisation avec Quai des Orfèvres, puis enchaîne des succès internationaux comme Le Salaire de la peur, Les Diaboliques, Le Mystère Picasso, La Vérité, jusqu’à ses derniers projets marqués par des problèmes de santé.


Repères de carrière

1931 : Débuts comme scénariste et réalisation du court métrage La Terreur des Batignolles.
Années 1930 : Travail de scénariste et dialoguiste pour plusieurs productions françaises et allemandes aux studios de Babelsberg.
1942 : Premier long métrage de cinéma, L’Assassin habite au 21, produit par la Continental.
1943 : Sortie de Le Corbeau, film polémique qui entraîne son interdiction professionnelle à la Libération.
1947 : Retour à la réalisation avec Quai des Orfèvres, succès critique et public.
1949 : Manon reçoit le Lion d’or à la Mostra de Venise.
1953 : Le Salaire de la peur obtient la Palme d’or à Cannes et l’Ours d’or à Berlin.
1955 : Sortie de Les Diaboliques, adapté de Boileau-Narcejac.
1956 : Réalisation du documentaire Le Mystère Picasso, plus tard déclaré trésor national en France.
1960 : Succès de La Vérité, avec Brigitte Bardot, et nomination à l’Oscar du meilleur film étranger.
1964 : Tournage interrompu de L’Enfer après un infarctus du réalisateur.
1965–1967 : Série de documentaires musicaux avec Herbert von Karajan pour la télévision.
1968 : Dernier long métrage de fiction, La Prisonnière.
12 janvier 1977 : Décès à Paris, après plus de trois décennies d’activité dans le cinéma européen.


Vie personnelle et engagements

Issu d’un milieu de libraires et de collectionneurs, Henri-Georges Clouzot grandit dans un environnement où la littérature, la musique et les arts occupent une place importante. Après un projet avorté de carrière navale en raison de sa myopie, il s’oriente vers le journalisme, la chanson et le théâtre. À la fin des années 1930, il entretient une relation durable avec la comédienne et chanteuse Suzy Delair, qu’il dirige notamment dans L’Assassin habite au 21 et Quai des Orfèvres. En 1950, il épouse l’actrice brésilienne Véra Clouzot, interprète de rôles centraux dans ses films des années 1950, jusqu’à sa mort en 1960. En 1963, il se remarie avec Inès de Gonzalez, qui reste à ses côtés jusqu’à sa disparition. Converti au catholicisme dans les années 1960, marqué par des problèmes cardiaques, il mène une fin de carrière plus rare, sans enfant et entouré d’un réseau d’amis, d’artistes et de techniciens fidèles.


Anecdotes

1 – Après la sortie de Le Corbeau, produit par la Continental pendant l’Occupation, il est frappé d’une interdiction professionnelle à vie, finalement réduite à deux ans, avant de pouvoir tourner à nouveau en 1947.
2 – Adolescent, il souhaite intégrer l’École navale et devenir marin, mais sa myopie l’écarte définitivement de cette voie et oriente sa trajectoire vers l’écriture et le cinéma.
3 – Il vit pendant douze ans une relation de couple avec Suzy Delair, rencontrée dans un cabaret, et écrit pour elle des rôles marquants qui contribuent à leur notoriété commune.
4 – Véra Clouzot, son épouse et actrice fétiche, meurt d’un infarctus peu après le tournage de La Vérité, ce qui entraîne chez lui une profonde dépression et un séjour d’éloignement à Tahiti avant son retour en France.
5 – Avec Le Salaire de la peur, il devient l’un des rares cinéastes à cumuler Palme d’or, Ours d’or et Lion d’or, ses films étant primés dans les trois grands festivals européens.
6 – Il est inhumé au cimetière de Montmartre, dans une même sépulture avec Véra et Inès Clouzot, devenue la gestionnaire de son héritage après sa mort.


Lieux de mémoire

Né à Niort, Henri-Georges Clouzot passe une partie de sa jeunesse à Brest avant de s’installer durablement à Paris, où se déroule l’essentiel de sa carrière. Il travaille régulièrement en Allemagne, voyage à Tahiti après 1960 et revient vivre à Paris. Sa tombe se trouve au cimetière de Montmartre, où il repose aux côtés de Véra et d’Inès Clouzot, tandis que Niort et différentes institutions cinématographiques organisent expositions et rétrospectives en son hommage.


Contexte du décès

Souffrant de problèmes cardiaques récurrents, Henri-Georges Clouzot subit une opération à cœur ouvert à l’automne 1976. Il meurt le 12 janvier 1977 dans son appartement parisien, dans le 17e arrondissement, à l’âge de 69 ans. Sa disparition met fin à une période de projets non aboutis, après l’échec du tournage de L’Enfer et la sortie de La Prisonnière. Il est inhumé au cimetière de Montmartre, dans une tombe partagée avec Véra Clouzot et Inès Clouzot. Son œuvre fait rapidement l’objet d’hommages, de rétrospectives et d’éditions critiques en France et à l’international.


Points clés

• Métier(s) : réalisateur, scénariste, dialoguiste, producteur de cinéma
• Résidence principale : Paris, France
• Relations : Suzy Delair (vers 1938–fin des années 1940), Véra Clouzot (mariage 1950–1960), Inès de Gonzalez Clouzot (mariage 1963–1977)
• Enfants : aucun
• Distinctions : Lion d’or de Venise pour Manon ; Palme d’or à Cannes et Ours d’or à Berlin pour Le Salaire de la peur