Résumé biographique
Louis Malle est un réalisateur, scénariste et producteur français, figure du cinéma d’auteur et de la Nouvelle Vague, connu pour des films comme Ascenseur pour l’échafaud, Lacombe Lucien, Atlantic City ou Au revoir les enfants, qui ont marqué l’histoire du cinéma français et international.
Parcours
Louis Malle naît le 30 octobre 1932 à Thumeries, dans une famille d’industriels du sucre du Nord de la France. Après des études à Sciences Po, il intègre l’IDHEC et devient l’assistant de Jacques-Yves Cousteau, avec qui il coréalise le documentaire Le Monde du silence, Palme d’or 1956 et Oscar du meilleur film documentaire en 1957. Il signe ensuite son premier long métrage de fiction, Ascenseur pour l’échafaud (1958), puis Les Amants la même année, qui l’imposent sur la scène internationale. Dans les années 1960 et 1970, il alterne œuvres françaises comme Le Feu follet, Viva Maria !, Le Souffle au cœur et Lacombe Lucien, et documentaires. À partir de la fin des années 1970, il travaille largement aux États-Unis avec Pretty Baby, Atlantic City, My Dinner with Andre et, plus tard, revient en France avec Au revoir les enfants puis Vanya, 42e Rue.
Repères de carrière
1955 : Coréalisation du documentaire Le Monde du silence avec Jacques-Yves Cousteau (Palme d’or 1956, Oscar du documentaire 1957).
1958 : Sortie de Ascenseur pour l’échafaud, premier long métrage de fiction, Prix Louis-Delluc.
1958 : Sortie de Les Amants, avec Jeanne Moreau, récompensé à la Mostra de Venise.
1960 : Zazie dans le métro, adaptation du roman de Raymond Queneau.
1963 : Le Feu follet, prix spécial du jury à la Mostra de Venise.
1965 : Viva Maria !, comédie d’aventures avec Brigitte Bardot et Jeanne Moreau.
1971 : Le Souffle au cœur, sélection officielle au Festival de Cannes.
1974 : Lacombe Lucien, film sur la collaboration, nommé aux Oscars.
1978 : Pretty Baby, tourné aux États-Unis, Grand Prix technique à Cannes.
1980 : Atlantic City, Lion d’or à Venise et nominations aux Oscars.
1981 : My Dinner with Andre, tourné à New York, film de référence du cinéma indépendant américain.
1987 : Au revoir les enfants, Lion d’or à Venise et trois César majeurs, dont meilleur film et meilleur réalisateur.
1990 : Milou en mai, comédie dramatique située au printemps 1968.
1992 : Damage (Fatale), drame en langue anglaise tourné au Royaume-Uni.
1994 : Vanya, 42e Rue, adaptation libre d’Oncle Vania de Tchekhov, dernier long métrage de Louis Malle.
Vie personnelle et engagements
Issu d’une grande famille industrielle, Louis Malle grandit à Thumeries et dans des internats catholiques, expérience qui nourrira plus tard Au revoir les enfants. Il est d’abord marié à l’actrice Anne-Marie Deschodt de 1965 à 1967. Il entretient ensuite des relations durables avec l’actrice allemande Gila von Weitershausen, avec laquelle il a un fils, Manuel Cuotemoc, né en 1971, puis avec l’actrice franco-canadienne Alexandra Stewart, mère de sa fille Justine, née en 1974. Il vit également une relation avec Susan Sarandon à la fin des années 1970. En 1980, il épouse l’actrice américaine Candice Bergen, avec qui il a une fille, Chloé Françoise, née en 1985. Installé à New York à partir de la fin des années 1970, il partage sa vie entre la France et les États-Unis, abordant dans ses films la mémoire de l’Occupation, les rapports de classe, la famille, la sexualité et la violence sociale.
Anecdotes
1 – Lors du tournage de Le Monde du silence, une plongée lui provoque la perforation des tympans, ce qui met fin à ses ambitions de plongeur et l’oriente définitivement vers la réalisation de fiction et de documentaires à terre.
2 – La bande originale de Ascenseur pour l’échafaud, composée et enregistrée par Miles Davis, est improvisée en une seule nuit de décembre 1957 en regardant les images du film, devenant un jalon majeur du lien entre jazz et cinéma.
3 – La sortie de Lacombe Lucien en 1974 suscite une polémique importante en France sur la représentation de la collaboration, contribuant à la décision de Louis Malle de s’installer et de travailler durablement aux États-Unis.
4 – Au revoir les enfants est directement inspiré d’un épisode vécu par Louis Malle enfant dans un internat catholique, lorsqu’un camarade juif et un prêtre furent arrêtés par la Gestapo, épisode qu’il considérait comme central dans son rapport à la mémoire de la guerre.
5 – Avec Le Monde du silence, puis Atlantic City et Au revoir les enfants, Louis Malle cumule Palme d’or, Oscar du documentaire, deux Lions d’or à Venise et plusieurs Césars, ce qui en fait l’un des rares réalisateurs distingués à la fois par Cannes, Venise, l’Académie des Oscars et l’Académie des Césars.
Lieux de mémoire
Les principaux lieux de référence de Louis Malle sont Thumeries, dans le Nord, où il naît et passe son enfance, et Paris, où il étudie et débute sa carrière de cinéaste. À partir de la fin des années 1970, il s’installe à New York, qui devient sa base de travail américaine, tout en tournant en Louisiane, au Canada ou en Europe. Il meurt le 23 novembre 1995 à Beverly Hills, en Californie, où il réside avec Candice Bergen et leur fille.
Contexte du décès
Louis Malle meurt d’un lymphome le 23 novembre 1995 à son domicile de Beverly Hills, en Californie, à l’âge de 63 ans. Sa maladie est rendue publique peu avant sa mort, après un premier épisode de lourde chirurgie cardiaque au début des années 1990.
Il est incinéré, et ses cendres sont remises à sa famille. Son décès met fin à plus de quarante ans d’activité cinématographique continue, marquée par une œuvre répartie entre la France et les États-Unis. De nombreuses rétrospectives lui sont consacrées après sa disparition, notamment à la Cinémathèque française et dans plusieurs grands festivals internationaux.
Points clés
• Métier(s) : réalisateur, scénariste, producteur de cinéma, documentariste
• Résidence principale : Thumeries puis Paris (France), New York puis Beverly Hills (États-Unis)
• Relations : mariage avec Anne-Marie Deschodt (1965-1967) ; relation avec Gila von Weitershausen (début des années 1970) ; relation avec Alexandra Stewart (années 1970) ; relation avec Susan Sarandon (vers 1977-1980) ; mariage avec Candice Bergen (1980-1995)
• Enfants : Manuel Cuotemoc (1971), Justine (1974), Chloé Françoise (1985)
• Distinctions : Palme d’or pour Le Monde du silence ; Oscar du meilleur film documentaire ; Lions d’or pour Atlantic City et Au revoir les enfants ; plusieurs César dont meilleur film et meilleur réalisateur pour Au revoir les enfants