Jacques Demy est un réalisateur et scénariste français rattaché à la Nouvelle Vague et spécialisé dans le cinéma musical. Auteur des Parapluies de Cherbourg, film entièrement chanté récompensé par la Palme d'or à Cannes en 1964, il a développé une œuvre où dialogues et musique fusionnent.
Diplômé de l'École technique de photographie et de cinématographie en 1952, Jacques Demy débute dans l'animation publicitaire auprès de Paul Grimault, puis seconde le documentariste Georges Rouquier. En 1955, il signe le court métrage Le Sabotier du Val de Loire, remarqué par la critique. Sa rencontre avec Jean Marais lui ouvre la porte de Jean Cocteau, qui lui cède les droits de sa pièce Le Bel Indifférent. En 1961, il réalise son premier long métrage, Lola, porté par Anouk Aimée et conçu comme un hommage au cinéaste Max Ophüls. Suit La Baie des Anges, film sur le jeu mis en route grâce à l'appui de Jeanne Moreau. En 1964, Les Parapluies de Cherbourg, drame entièrement chanté sur une musique de Michel Legrand, lance la carrière de Catherine Deneuve et remporte la Palme d'or.
En 1967, Les Demoiselles de Rochefort réunit Catherine Deneuve et sa sœur Françoise Dorléac, entourées des Américains Gene Kelly et George Chakiris, ainsi que de Michel Piccoli et Danielle Darrieux. En 1970, Peau d'âne adapte le conte de Charles Perrault avec Catherine Deneuve, Jean Marais et Delphine Seyrig. Après un séjour américain à la fin des années 1960, où il tourne Model Shop pour Columbia, Demy alterne commandes et projets personnels, parmi lesquels Le Joueur de flûte, Lady Oscar et Une chambre en ville en 1982, son second film intégralement chanté. Ses derniers longs métrages, Parking et Trois places pour le 26, sortent en 1988. Nommé à quatre reprises aux Oscars, ainsi qu'aux Golden Globes, aux BAFTA et aux César, Demy a inspiré des cinéastes comme Christophe Honoré, qui revendique ouvertement son héritage musical.
1931 : naissance à Pontchâteau
1945 : entrée à l'école Leloup-Bouhier à Nantes
1952 : diplôme de l'École technique de photographie et de cinématographie
1955 : court métrage Le Sabotier du Val de Loire
1961 : premier long métrage, Lola
1962 : mariage avec Agnès Varda
1964 : Les Parapluies de Cherbourg, Palme d'or à Cannes
1967 : Les Demoiselles de Rochefort
1969 : Model Shop, tourné aux États-Unis
1970 : Peau d'âne
1972 : naissance de son fils Mathieu Demy
1982 : Une chambre en ville
1988 : Parking et Trois places pour le 26
1990 : mort à Paris
Fils de Raymond Demy, garagiste à Nantes, et de Marie-Louise Leduc, coiffeuse, Jacques Demy grandit quai des Tanneurs, au bord de l'Erdre. Il a un frère cadet, Yvon, et une sœur, Hélène. Scolarisé à l'école Leloup-Bouhier, il suit les cours du soir des Beaux-Arts de Nantes, où il se lie au futur décorateur Bernard Evein. En 1962, il épouse la cinéaste Agnès Varda, rencontrée à la fin des années 1950. De cette union naît un fils, Mathieu Demy, en 1972. Demy élève également Rosalie Varda, fille d'Agnès Varda née en 1958.
Tôt passionné par les marionnettes et le cinéma d'animation, Demy fabrique ses premiers films dans le grenier du garage familial dès l'enfance. Le cinéaste Christian-Jaque, de passage à Nantes, convainc son père de le laisser partir à Paris. Il apprend le métier auprès de Paul Grimault puis de Georges Rouquier. Sa collaboration avec le compositeur Michel Legrand traverse l'essentiel de son œuvre. Demy et Agnès Varda travaillent côte à côte, chacun de son côté d'une même cour parisienne. À la fin de sa vie, il projette un film forain, Kobi, resté inachevé, et s'adonne à la peinture autour d'un projet consacré au peintre Vermeer.
Jacques Demy meurt le 27 octobre 1990 à son domicile parisien, à l'âge de 59 ans. La cause de sa mort est tenue discrète à l'époque, conformément à son souhait. En 2008, lors de la sortie de son documentaire Les Plages d'Agnès, Agnès Varda révèle qu'il est mort des suites du sida. Dix jours avant sa disparition, le 17 octobre 1990, est tourné le dernier plan de Jacquot de Nantes, le film qu'Agnès Varda consacre à l'enfance nantaise de son époux et qu'elle achève après sa mort. Elle lui rend ensuite hommage dans plusieurs documentaires retraçant son parcours et son œuvre.
Jacques Demy repose au cimetière du Montparnasse, à Paris, dans la 9e division. Sa ville natale de Pontchâteau et Nantes, où il a passé son enfance, entretiennent sa mémoire. À Nantes, plusieurs lieux liés à son parcours et au tournage de Jacquot de Nantes sont identifiés dans le patrimoine local.
1 - Enfant, Jacques Demy animait image par image des personnages miniatures dans le grenier du garage familial, réalisant dès 1946 de courts films comme Attaque nocturne, bien avant toute formation professionnelle.
2 - Aux côtés de Paul Grimault, il anime des publicités, notamment pour les boîtes de pâtes Lustucru, un travail alimentaire qui précède ses premiers courts métrages personnels.
3 - Pour Une chambre en ville, Catherine Deneuve, refusant d'être doublée au chant, décline le rôle principal, entraînant par contrecoup le retrait de Gérard Depardieu, également pressenti.
4 - Demy concevait ses films comme un univers relié : le personnage de Lola, incarné par Anouk Aimée dans son premier long métrage, réapparaît dans Model Shop et se trouve évoqué dans Les Demoiselles de Rochefort.
5 - À treize ans, il achète sa première caméra Pathé-Baby dans une boutique du passage Pommeraye, à Nantes, lieu qu'il a souvent associé à la naissance de sa vocation.
- Métier(s) : réalisateur, scénariste, parolier
- Résidence principale : Paris
- Relations de couple : marié à la cinéaste Agnès Varda de 1962 à sa mort en 1990
- Enfants : Mathieu Demy (1972) ; beau-père de Rosalie Varda
- Distinctions : Palme d'or 1964 et prix Louis-Delluc 1963 pour Les Parapluies de Cherbourg
15 voies portent son nom en France.
Source : fichier officiel des rues de France (TOPO), mai 2026.
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« Je veux faire des films calmes, des films sur le bonheur. »
— émission Démons et merveilles du cinéma, 19 décembre 1964
« J'étais fou de joie parce que ça veut dire beaucoup de choses dans la carrière d'un cinéaste. »
— Jacques Demy à propos de la Palme d'or, propos cités par franceinfo, 2024
« Il n'y a rien de plus effrayant que la guerre. Le bombardement de Nantes, le 16 septembre 1943, a été quelque chose d'effroyable. »
— émission Démons et merveilles du cinéma, 19 décembre 1964
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— émission Démons et merveilles du cinéma, 19 décembre 1964
« J'étais fou de joie parce que ça veut dire beaucoup de choses dans la carrière d'un cinéaste. »
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« Il n'y a rien de plus effrayant que la guerre. Le bombardement de Nantes, le 16 septembre 1943, a été quelque chose d'effroyable. »
— émission Démons et merveilles du cinéma, 19 décembre 1964